Le TDA/H

image_pdf

 

TDA/H est l’acronyme de « Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité ».

Comme son nom l’indique, il s’agit d’un trouble, c’est-à-dire d’une variante de la norme.
Le terme de « trouble » est évoqué quand il y a souffrance du patient ou de son entourage, ou quand des altérations significatives du fonctionnement social, scolaire, professionnel ou familial sont mises en évidence.
Il n’est donc pas question d’évoquer un diagnostic de TDA/H lorsque « tout va bien ».

Ce trouble polygénique qui touche environ 5 % des enfants d’âge scolaire et 3% des adultes entraîne des difficultés à moduler les idées, les gestes, les émotions et les comportements.
Il affecte la mise en œuvre et l’organisation, la vigilance et l’attention soutenue, la mémoire de travail, l’effort constant et le maintien de la motivation et de la planification.

Le TDA/H se manifeste par une triade de symptômes qui s’expriment, varient et évoluent tout au long de l’existence, selon la personnalité de la personne atteinte, son âge, les comorbidités, les circonstances de vie, le contexte, les différentes prises en charge mises en place et le soutien apporté par l’entourage.

Le déficit d’attention

Les différentes formes d’attention sont :

  • l’attention soutenue qui permet de rester concentré sur une longue période, de traiter la même information longtemps sans « zapper », par exemple l’attention nécessaire pour étudier, lire un livre ou regarder un film sans décrocher ;
  • l’attention divisée qui permet de traiter plusieurs informations en même temps, par exemple celle qui permet d’écouter en classe tout en prenant des notes ou d’avoir une conversation téléphonique tout en cuisinant ;
  • l’attention sélective qui permet de choisir l’information à traiter au milieu d’autres parasites, par exemple pouvoir étudier dans une pièce bruyante ou écouter ce que la personne en face de vous raconte sans être distraite par ce qui se passe tout autour.

Contrairement à ce que l’on pense généralement, les personnes atteintes de TDA/H ne sont pas incapables de se concentrer. C’est la gestion de leurs ressources attentionnelles qui est problématique.

Dispersés, hypersensibles aux stimuli distrayants (extérieurs ou intérieurs), les patients atteints de TDA/H, quel que soit leur âge, éprouvent de grandes difficultés à mobiliser ou à maintenir leur attention.

Peu attentifs aux détails, ces rois de l’oubli et des pertes d’objets en tous genres font de multiples erreurs d’inattention. Mal organisés, ils commencent et terminent difficilement leur travail, s’éparpillent, procrastinent et ont des difficultés avec la notion et la gestion du temps.
Ces symptômes s’aggravent dans les situations qui manquent d’attrait ou de nouveauté, ou dans les tâches monotones et répétitives.
Ils peuvent diminuer quand l’environnement est nouveau ou s’ils sont absorbés par des activités particulièrement intéressantes. Le cerveau fabrique alors des substances chimiques qui améliorent la concentration et la vigilance, et lui permettent de fonctionner normalement. Il est, en quelque sorte, « réparé » par la passion. Hélas, cette action n’est que provisoire.

TDA/H = Trouble dysfonctionnel de l’attention !
Je fais quelque chose en pensant à autre chose
ou
Je fais tellement attention à quelque chose que je ne perçois plus rien d’autre.

L’hyperactivité

L’activité motrice est augmentée et désordonnée chez un enfant atteint de TDA/H par rapport aux jeunes du même âge. Elle est le plus souvent désorganisée et non constructive (agitation permanente, instabilité, nervosité, incapacité à tenir en place).
En vieillissant, l’hyperactivité change en termes de « qualité ». Elle passe d’une activité motrice manifeste et observable à une agitation « interne » plus subtile et subjective. Celle-ci est souvent interprétée comme étant de la nervosité, de l’impatience ou de l’ennui.
L’hyperactivité intellectuelle se caractérise par une cadence de pensées accélérée. Les idées fusent à un rythme effréné, sans qu’il soit possible de les contrôler.

L’impulsivité

L’impulsivité se caractérise par des difficultés à freiner les actions, les gestes, les paroles, les pensées et les émotions.
Enthousiaste, passionné, trop spontané et vivant mal les situations d’attente, le patient atteint de TDA/H, se précipite, interrompt fréquemment les autres dans leurs activités, leurs jeux ou leurs discussions, sans réfléchir aux conséquences de ses actes.

Terriblement sensible, il gère difficilement ses émotions. Vite frustré, d’humeur changeante, il démarre au quart de tour et perd facilement son sang-froid.

Tout en regrettant et en souffrant des répercussions de ses comportements, il apprend peu ou pas de ses erreurs.

On utilise encore trop souvent, pour parler de TDA/H, les termes d’« hyperactivité ». Cette manière erronée de nommer la pathologie est loin d’être sans conséquence. Elle met uniquement en évidence le côté « agitation » sans évoquer les problèmes d’attention, qui sont pourtant les plus handicapants. De plus, de nombreux patients présentent un trouble de l’attention sans aucune manifestation d’hyperactivité physique.