Scolarité

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L’école secondaire se caractérise par une hausse des demandes, entre autres au niveau de la planification et de l’organisation. La charge de travail et les difficultés académiques augmentent, et les projets à long terme prennent le dessus sur les devoirs quotidiens.
Ces facteurs présentent de nouveaux défis pour tous les adolescents, et plus particulièrement, pour ceux atteints de TDA/H.

La motivation

La scolarité reste le grand défi du TDA/H. En effet, malgré les efforts fournis par le jeune, son application reste souvent peu récompensée et ses résultats scolaires généralement inférieurs à ses capacités. Sa motivation risque donc de s’émousser.

Voici quelques pistes qui vous aideront à (re)motiver un jeune qui se décourage et l’encourageront à maintenir ses efforts sur le long terme.

Évitez les clichés et les généralités. N’enfermez pas l’adolescent dans des idées négatives et des croyances toutes faites à caractère définitif qui pourraient limiter son évolution. Évitez les « Tu es nul en français ! », « Tu n’es qu’un paresseux ! », « On ne peut jamais te faire confiance ! », etc.
S’il est facile de poser un verdict négatif, il se révèle plus compliqué ensuite de décoller l’étiquette ainsi posée. Pourquoi le jeune continuerait-il à se battre pour obtenir de bons résultats en mathématiques si vous lui répétez encore et encore qu’il est mauvais dans cette matière et que seul un miracle pourrait le faire réussir ? Un élève n’est ni « bon » ni « mauvais » en maths ou en français. Ce sont ses résultats qui le sont, parce qu’il éprouve des difficultés dans une de ces matières. Heureusement, tout est réversible.
Évitez donc de le figer dans ses difficultés. Si vous voulez qu’il change, croyez en ses capacités à évoluer, faites-lui confiance et encouragez-le !

Donnez une image positive de l’école. Si vous critiquez sans arrêt les enseignants et les cours qu’ils proposent, l’adolescent, influencé par votre regard, risque de penser de même. Il rencontrera alors d’autant plus de difficultés à trouver la motivation nécessaire pour étudier des matières qu’il considère comme inutiles ou mal enseignées.

Les erreurs sont des leçons de vie qui permettent de progresser… Apprenez au jeune à s’en servir pour s’améliorer.
Au lieu de perdre votre énergie à le flageller, aidez-le à analyser ce qui est arrivé et à trouver quelles stratégies il peut mettre en place pour ce que cela ne se reproduise plus, comme lire les questions deux fois avant de répondre, penser à étudier la théorie, changer d’attitude pendant les cours, utiliser des check-lists, etc.

Aidez-le à se fixer des objectifs à court terme qui lui permettront de progresser à son rythme. Parce que l’adolescent atteint de TDA/H fonctionne principalement au plaisir immédiat qui augmente ses capacités attentionnelles, il se projette difficilement dans l’avenir.
Étudier en octobre pour réussir son année en juin, ou pour avoir une bonne situation professionnelle à l’âge adulte, n’est donc pas assez motivant pour lui.
Des objectifs à court terme l’enthousiasmeront plus que de lointaines perspectives. Encouragez-le à viser la réussite de sa prochaine interrogation, une augmentation de points dans telle matière pour le bulletin suivant, une diminution du nombre de remarques négatives pour la semaine à venir, etc. Une fois l’objectif atteint, félicitez-le et encouragez-le à se fixer un nouvel objectif à court terme.

Prodiguez vos encouragements. Félicitez-le pour chaque progrès accompli, aussi minime soit-il. Valorisez ses efforts, y compris quand les résultats ne répondent pas à vos attentes.
Si le jeune est en difficulté à l’école et fait face à des échecs fréquents, n’hésitez pas à soutenir ses moments d’études par des privilèges. Cela permettra de compenser l’absence de gratification généralement obtenue par de bons résultats. Utilisez par exemple un système d’économie de points. Il gagne un point quand il étudie une heure, et avec x points, il bénéficie d’un privilège sélectionné conjointement.
C’est seulement lorsqu’il obtiendra régulièrement des points reflétant ses efforts et qu’il aura ainsi gagné confiance en ses capacités que vous diminuerez, peu à peu, la fréquence des récompenses à la maison.

Donnez-lui l’occasion d’être valorisé dans des activités autres que scolaires.

N’hésitez pas à lui montrer votre amour et votre soutien, et à lui dire et répéter combien vous croyez en lui.

 

Pour un travail plus efficace à la maison

Épuisé par les efforts qu’il fournit tout au long de sa journée, le jeune aspire, à son retour de l’école, à un repos amplement mérité. Pourtant, un nouveau défi s’annonce : le temps des devoirs et des leçons ! Cette étape, source d’un stress considérable, est particulièrement difficile à vivre pour les jeunes atteints de TDA/H.

Il n’existe pas de modèle d’encadrement idéal pour tous les adolescents atteints de TDA/H. En effet, malgré un diagnostic identique, chaque jeune présente des caractéristiques et une évolution qui lui sont propres. Néanmoins, l’efficacité de la mise en place de routines et de structures a été démontrée à maintes reprises.

Aidez le jeune à établir des routines de travail et une étude régulière à heures fixes (entre une à deux heures par jour au minimum). Déterminez ensemble, en fonction de ses caractéristiques, le moment le plus propice à l’étude. Ensuite, planifiez un horaire quotidien immuable. La routine ainsi établie rendra plus facile l’amorce du travail.
Si le jeune prétend n’avoir rien à faire, cette heure lui permettra néanmoins de mettre en ordre, relire et classer ses cours, de s’avancer dans des fiches pratiques, des résumés, etc.

Certains ont besoin d’étudier dans un endroit calme, libre de toute distraction. D’autres sont plus efficaces en étant dans la même pièce que vous. Déterminez avec l’adolescent le lieu d’étude qui lui convient le mieux.
Dans les deux cas, créez une atmosphère studieuse en éliminant au maximum les stimuli qui pourraient le distraire (télé, radio, cris des frères et sœurs, GSM…).

Proposez-lui d’utiliser des écouteurs ou de mettre un fond musical qui, en masquant les bruits ambiants, favorisera sa concentration.
Vérifiez que sa table de travail est correctement éclairée et dégagée de tout matériel inutile.
Certains apprennent mieux assis que debout, d’autres en griffonnant, d’autres encore en marchant.
À chacun sa technique !

Donnez-lui les moyens de réussir en l’aidant à acquérir une bonne méthode de travail. Elle l’aidera notamment à mieux structurer ses pensées, et ainsi, à travailler plus efficacement. Aidez-le par exemple à se fixer des objectifs avant de commencer une période de devoirs. Ensuite, suggérez-lui d’alterner les tâches qui exigent plus d’attention et celles qui en demandent moins, et de diviser une tâche complexe ou plus longue en plusieurs petites.

Ayez recours aux ressources externes : remédiation, étude dirigée, aide aux devoirs à la maison (par un proche, un voisin, un étudiant…) ou à l’extérieur : stages de méthode de travail, etc.

Si le temps des devoirs et leçons est particulièrement long et difficile, discutez-en avec son titulaire. Vérifiez auprès de lui quel est le laps de temps initialement prévu à cet effet. Celui-ci pourra alors, après concertation avec les autres enseignants, apporter les modifications nécessaires et décider de fixer le temps de travail à une période prédéterminée (trois heures par jour au maximum, par exemple).

Responsabilisez le jeune en ne faisant pas ses devoirs et ses travaux à sa place. Obtenir de bonnes notes pour un travail que vous avez fait n’apportera de satisfaction à personne. Si ce comportement se reproduit régulièrement, votre enfant risque, de plus en plus, de baisser les bras à la moindre difficulté au lieu de se battre pour surmonter les obstacles.

Demandez à votre ado de vous rendre des comptes. C’est en sachant que son travail scolaire vous intéresse, que ses travaux seront vérifiés, que vous lui demanderez de recommencer un devoir mal fait, que vous vous sentez concerné par ses résultats que le jeune apprendra, lui aussi, à accorder de la valeur à ses apprentissages scolaires.

 

Les aménagements raisonnables à l’école

Les aménagements scolaires s’inscrivent dans le cadre de la prise en charge multimodale dont le corps enseignant fait partie intégrante. Il est en effet nécessaire de structurer une équipe solide et cohérente autour du jeune afin de lui donner toutes ses chances.

Pour ce faire, établissez dès le début de l’année scolaire un partenariat parents / enseignants efficace, en rencontrant le professeur titulaire de votre enfant. Lors de ce premier contact, abordez avec lui le fait que votre enfant est atteint de TDA/H, la manière dont son trouble l’affecte, la prise en charge mise en place pour l’aider à y faire face, les procédures qui ont démontré leur efficacité tant à la maison qu’à l’école avec ses enseignants précédents, etc.
Un enseignant averti que l’adolescent est suivi à l’extérieur de l’école sera plus enclin à chercher et voir les efforts, les progrès, et à les valoriser, qu’un enseignant qui se sent seul face à un élève en difficulté. Tout au long de l’année, maintenez ce partenariat qui facilitera la vie de tous.

Comment entrer en contact avec l’enseignant du secondaire pour être entendu ? Lire l’article.

N’hésitez pas à proposer des outils qui aideront les enseignants dans leur pratique.
Vous trouverez de nombreuses pistes dans ces deux brochures téléchargeables en ligne.
« Viser le succès : enseigner aux élèves ayant un Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité »
« Plan Match TDA/H »

La législation prévoit que tout élève en situation de handicap a droit à des aménagements raisonnables. Cette mesure individuelle, spécifique et adaptée se révèle souvent indispensable dans le cadre du TDA/H. Il ne s’agit pas de favoriser les jeunes qui en sont atteints mais de compenser les désavantages liés aux différents symptômes de leur trouble.

Toutes les informations à ce sujet se trouvent dans notre brochure  “TDA/H à l’école, comment aider votre élève à déployer son plein potentiel” que vous pouvez commander via notre page boutique.