Pour les enseignants

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Brochure “TDA/H à l’école : comment aider votre élève à développer son plein potentiel ?”

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Vous y trouverez de nombreux outils pratiques pour vous aider, vous enseignant, à faire face au TDA/H dans votre classe.

 

Allumeur de réverbère : un brillant métier, toujours d’actualité

« Un enseignant peut changer la vie de quelqu’un. Peu de gens ont ce pouvoir. Il peut être un allumeur de réverbères, comme il peut être un éteignoir », écrivait Stéphane Laporte.

Allumer un réverbère, c’est tout un art, il faut pouvoir hisser sa flamme, la flamme de toute sa pédagogie, de toute sa psychologie, de toute sa bienveillance aussi, à la hauteur de l’enfant afin de le faire briller de mille feux. Et parfois, malgré qu’il hisse sa flamme, le réverbère tarde à s’allumer ou ne s’allume pas. Vient alors le moment du doute « suis-je un bon allumeur de réverbère ou est-ce ce réverbère qui est franchement mauvais ; au point où je risque de vouloir me passer de l’éclat de sa lumière ? ». Mais ignorer ce réverbère plonge aussi tout ce qui l’entoure dans la triste pénombre.

Le moment de doute passé, il faut se rappeler qu’un allumeur de réverbère ne fait pas que porter une flamme, il a un minimum de capacités techniques pour se tirer d’embarras en cas de panne. Cela peut être une arrivée d’air obstruée, un bec de gaz déglingué…Pour les élèves, cela peut-être toute une palette de troubles plus ou moins visibles ; il y en a tant qui sont répertoriés actuellement que l’allumeur de réverbère peut parfois se sentir dépassé parce que, pense-t-il, il n’a ni les outils ni les formations nécessaires : « je ne suis pas psychologue ou logopède… » diront même certains.

Dans la caisse à outils de l’allumeur de réverbères, il en est un qui va rendre accessible et efficace tous les autres outils, cet outil s’appelle la bienveillance.

Je me souviens de cet instituteur qui, avec une infinie patience, m’a invité chez lui durant les congés scolaires pour organiser avec un autre écolier en difficulté, un rattrapage en mathématiques. Je me souviens, de ce professeur de français et des félicitations dont il m’a gratifié lors d’une dissertation, moi qui me sentais si différent des autres, même si bête à côté d’eux, c’est « ma composition » qui était prise en exemple. Peut-être que si cet allumeur de réverbère ne m’avait pas fait briller aux yeux des autres… et à mes yeux, vous ne liriez pas ces lignes aujourd’hui. Je me souviens également de ce professeur de technique qui nous faisait une telle confiance que même durant un examen de finalité où il nous aurait suffi de nous retourner pour voir la réponse sur une affiche au fond de la classe, nous ne l’avons pas fait, parce qu’il nous a dit « j’ai confiance en vous ». C’est aussi grâce à la bienveillance de cet enseignant que je faisais un effort de calligraphie pour lui rendre mes devoirs d’étudiant, moi qui, quasi toute ma vie d’élève a reçu une mention dans la marge « soin ! ». C’est peut-être tout ça qu’on appelle les compétences transversale d’un enseignant.

Dans l’asbl où je suis bénévole, j’entends, encore régulièrement, des plaintes de parents parce que les aménagements raisonnables ne sont pas appliqués pour leur enfant en difficulté scolaire. Ceux-ci sont considérés par certains comme un privilège, comme une incitation à ne plus faire d’efforts, comme un nivellement par le bas ; parfois aussi, les enseignants pensent ne pas avoir les compétences nécessaires pour gérer et l’enfant en difficulté, et la classe. Pourtant, une seule compétence est primordiale, c’est celle de l’accueil bienveillant de la différence ; malgré les difficultés, elle ouvre les portes à toute autre compétence pédagogique. Je connais des classes ou durant les cours, un enfant hyperactif peut triturer une boule de plasticine pour répondre à son besoin de bouger ; durant un contrôle, disposer d’un casque sur les oreilles pour éviter d’être distrait par les bruits environnants… des petits aménagements qui simplifient la vie de chacun, et qui sommes toutes, sont comme l’œuf de Christophe Colomb : « il suffisait d’y penser ».

C’est par tous ces petits gestes du quotidien appliqués avec bienveillances que l’allumeur de réverbère peut faire briller son élève de mille feux. Et nous qui ne sommes pas enseignants, c’est par nos attentions bienveillantes chacun envers chacun que nous pouvons illuminer notre village.

André, bénévole à l’asbl TDA/H Belgique