Témoignages d'adultes
| TDA/H - Témoignages |
Léa
Ce matin je me lève. Mon mari part au travail. Il conduit les enfants à l'école.
Le soleil brille. Je me sens pleine d'énergie.
Je regarde ma maison qui ne ressemble à rien. Il y a de la vaisselle sale qui traîne, des piles de linge, des tas de papiers à classer, à trier, à payer.
OK c'est aujourd'hui que je fais le grand rangement, on va voir ce qu'on va voir.
Et je vais faire des biscuits pour les enfants. Ils en rêvent.
Je fais les biscuits mais le téléphone sonne. Je n'ai pas le temps de ranger. Pas grave, je le ferai tout à l'heure.
Hop les biscuits dans le four.
Je décroche.
J'ai encore oublié un rendez-vous. Je les note et puis j'oublie de vérifier mon agenda.
Je devais aller chez le médecin, c'est raté. J'ai oublié. C'était lui au téléphone pour me dire qu'il m'attendait. J'ai trop honte.
Je vais devoir trouver un autre médecin.
Je passe ma vie à chercher mes lunettes, mes clés, mon sac...
Je dois aller en vitesse acheter des sacs pour l'aspirateur mais plus moyen de mettre la main sur mes clés de voiture.
L'alarme incendie sonne. J'ai oublié les biscuits dans le four. Ils sont brûlés.
L'école me téléphone parce que j'ai, une fois de plus, oublié de donner à mes enfants leur déjeuner. Pas de clés de voiture, donc je dois amener les déjeuners à l'école en tram.
Une heure de perdue.
Arrivée à l'école, je constate que j'ai oublié les boissons.
Je rentre chez moi en sueur. Ma meilleur amie est devant la porte depuis une demi-heure. Elle m'attend pour notre déjeuner prévu depuis des mois.
Déjeuner ? J'ai oublié. Je ne suis même pas lavée, je ne ressemble à rien.
J'ai honte.
Mon amie est mon amie. Elle me laisse le temps de prendre une douche, de me pomponner, d'être bien.
Il est trop tard pour un resto, on va donc dans un fast food.
Ce n'est pas grave, on s'amuse, on rigole. Le temps passe. Je ne vois pas le temps passer.
Quand je rentre à la maison, je trouve mes enfants sur le pas de la porte en train de pleurer. Ils sont là depuis 20 minutes et moi je n'ai pas vu le temps passer.
Je m'excuse, j'ai honte.
Je leur dis de faire leurs devoirs. L'aînée me dit qu'elle a besoin de mon aide.
Je lui dis d'attendre un peu car je dois préparer le dîner.
La télé est allumée. Souvent. Presque toujours. J'aime bien, cela me fait une compagnie.
Il y a une émission intéressante qui commence. Je décide de m'asseoir et de regarder juste une minute pendant que je réfléchis à ce que je vais préparer comme repas.
Dans ma tête il y un monde dingue qui fait la conversation : moi, moi et moi ! Je me parle de ce que je suis en train de faire. Je me dis ce que je devrais faire, ce que j'aurais dû faire, encore, encore et encore.
La porte vient de claquer. C'est mon mari qui rentre.
Il est 19 heures. J'ai même pas commencé à faire le repas. Les enfants ont pas fini leurs devoirs.
Je passe une demi-heure à m'excuser pour le repas, les devoirs, la maison qui ressemble à rien et j'invente une histoire.
Je peux pas lui dire que c'est parce que j'y arrive pas.
J'ai honte. Je me sens nulle.
Mon mari me parle du repas de boulot auquel on doit aller demain. Zut j'avais oublié.
J'ai pas envie d'y aller. A chaque fois, je me sens de trop, pas à ma place.
Je n'arrive pas à lancer une conversation, je ne sais pas quoi répondre, je trouve toujours la conversation d'à côté plus intéressante et alors je décroche. Je passe pour une idiote et une inculte.
En plus, tout le monde se connaît et moi je devrais aussi mais d'une fois à l'autre j'oublie les noms, j'oublie les visages.
Les maris parlent travail. Les femmes parlent de leur vie.
Elles font presque toutes partie de clubs ou d'associations. Elle font du sport ou du bénévolat.
Moi je ne fais rien. Je n'ai pas le temps et puis là non plus je ne me sentirais pas à ma place.
Cela me rend folle d'être si timide, de me sentir tellement inférieure.
Mais si je commence à parler je sais bien que je parlerai trop, que je prendrai trop de place, que je ne saurai pas me taire quand il faudra, ou alors que je dirai un truc que je ne devrais pas dire. Je voudrais tellement qu'on m'accepte.
J'y arrive pas. Je me sens mal et je n'arrive pas à le cacher. Je me sens nulle et stupide.
J'ai l'impression d'être une ratée, une égarée, comme si j'étais totalement nulle et incompétente.
Mon mari me parlait. Je ne l'ai pas écouté. Mon esprit était de nouveau parti.
Je m'excuse encore.
J'ai tellement besoin de réconfort.
Désirée
A force de devoir faire face depuis mon plus jeune âge aux défis que provoquait mon TDA/H, je suis devenue mature plus vite que les autres enfants.
J'ai appris à connaitre mes forces et mes faiblesses. J'ai pris l'habitude de travailler dur pour atteindre mes buts.
Cette capacité d'adaptation, de faire face est devenue petit à petit une force.
J'ai apprivoisé mon TDA/H et maintenant je suis prête à relever tous les défis !
Mon TDA/H et moi
Grrrrrrrrrrrrrr…..
Je suis assis à mon bureau et je regarde par la fenêtre….. encore… et encore…. et encore….
Ça fait deux semaines que je dois écrire un bête texte….. rien de plus simple……. Un bête texte de même pas une page A4….
Et pourtant j'y arrive pas….. je bloque à chaque fois que j'y pense….. a chaque fois que je veux m'y mettre…..
Je veux commencer, mais je remets à tantôt, à plus tard, à demain….
Entre temps, j'ouvre une fenêtre facebook, j'écris un début de mail, je range mon bureau, je vais chercher un coca, je regarde une video sur Youtube, j'écris un autre demi-mail, je me lève, je vais aux toilettes, j'écris la deuxième partie de mon mail, j'appelle quelqu'un, je regarde sur mon gsm, j'écris un message facebook, je rappelles quelqu'un, je regarde sur mon gsm, j'envoies un sms, je commence a rechercher tout sur l'histoire des maladies modernes, je me laisse emporter par Wikipedia, par facebook, par youtube, je me relève, je dois aller chercher un café, je vais dire bonjour à une collegue, j'envoie un mail, j'ecoute une chanson, je pense à ce que je vais manger ce soir, je regarde par la fenêtre, je me lève, je m'assis, je re-regarde une video sur le net, je regarde ce qu'il se passe dehors….
Je pense à mon texte…. Une page A4…. C'est tout ce qu'il me faut….. Une épine dans le pied, qui me fait mal et qui m'angoisse depuis plusieurs semaines….
Mon patron me demande quand j'aurais terminé….. j'invente une petite excuse et je dis que je suis "sur le coup"…. Je deviens le roi de l'excuse… le specialiste du "je suis en train de terminer ça", et du "tu l'auras demain, promis"….
Ça me stresse encore plus…. J'angoisse, j'y pense, je réfléchis…. Je regarde par la fenêtre…..
Je sais pas trop….. Je retourne vers Facebook, j'essaie d'oublier quelques minutes….. les minutes deviennent des heures….. il est presque 16.00 heures et toujours pas écris une ligne….
Je me force….. je me dis que j'ai écrit un mémoire à l'unif de 100 pages…. Que je peux y arriver, qu'en réalité il me faudrait même pas une heure pour écrire ce p**ain de texte !!!!
Depuis deux semaines, la nuit je me réveille, en pensant à ce bête texte…. Je me sens nul…. J'ai l'impression de n'arriver à rien faire….. j'ai l'impression de ne rien valoir….. de servir à rien…. De ne jamais y arriver…. Alors que TOUT CE QUIL ME FAUT…. Ce serait de m'y mettre……
Je me sens frustré….. je souffre….. Je me déteste de ne pas être "comme les autres"… …… j'en ai marre…. Je déprime…. Je porte avec moi ce grand sac à dos, remplis de "choses a faire", "choses a terminer"….
Je me dis que la vie serait tellement plus belle si j'arrivais simplement à vider ce sac, jeter ces poids un par un, tout comme le font les autres personnes d….. si je n'avais pas constamment ces fourmis dans les jambes, que j'avais pas cette peur de rester assis pendant 10 minutes….. aaaaaaaaargh !
Thierry
Une (re)naissance
Merci pour votre précieux site.
C'est une vraie renaissance pour moi depuis la découverte chez mon petit frère du TDA/H, nous avons enfin ouvert les yeux sur nos vies.
Pour ma part, le diagnostic n'a pas encore été effectué; mais en lisant toute votre documentation ansi que celle remise par le médecin de mon petit frère, il semble évident que mon père, mes 2 frères et moi-même soyons TDA/H.
Ça a été pour moi comme retirer un lourd rideau en velour sur 27 ans de vie ! Et tous ces troubles qui n'avaient aucuns liens les uns avc les autres... (du moins avant).
J'ai toujours vu que rien n'allait normalement; mais on ravale tout ça en se disant que c'est la vie.
J'ai terminé mes études d'élève "brillante" facilement aux yeux des autres; alors que pour moi l'école et les études étaient un combat acharné tous les jours.
Je pensais toujours que j'allais arrêter mes examens, ce qui faisait rire tout le monde sauf moi...
Dans le monde du travail idem. Toujours cette peur vicérale de l'échec, croire qu'on est toujours limite alors que le résultat semble bon pour les autres. Mais ces 3 ou 4 dernières années, tout s'est compliqué. J'ai cru que je devenais folle, les oublis constants, la désorganisation, le stress qui monte dès qu'on ouvre les yeux au matin, l'impression qu'on ne vaut rien, qu'on a rien fait de sa vie, les angoisses pour les "moindres" risques et pour la Terre et l' humanité toute entière de manière générale, ces cauchemars de fin du monde et de mort quotidiens, ce cerveau qui n'arrête pas de fonctionner à 100 à l'heure toujours 20 "fenêtres" ouvertes à l'écran !
Comment font les autres pour faire le VIDE ? C'est quoi le vide ??? Ne pas être capable d'organiser ses journées et être fatiguée. Fatiguée de rien, c'est l'incompréhension totale, je me retrouve à n'avoir quasi rien fait de la journée et arrive à être épuisée... Parfois préférant rester des journées entières sans bouger du canapé (à part le pied qui danse ou les doigts qui chippotent toutt la journée) à zapper entre Arte et France5 de quoi en avoir encore plus pour ne pas faire le vide... lol
Avec ma première grossesse ça à été limite, à la deuxième, je craque complètement et décide d'aller voir un psy, persuadée que je suis folle, angoissée, tricotilomane et hypo-condriaque... par-ce-que même si ayant l'air dépressive, je ne me sens pas en dépression.
Et toujours cette force qui me pousse à tirer le rideau, passer la porte avec un grand sourire radieux pour tout le monde, du passant dans la rue au conducteur de bus en passant accessoirement par toute ma famille.
Tout va bien, jamais me plaindre (à part de mes angoisses) par-ce-que des enfants meurent de faim à quelques milliers de km seulement de nous. Seul mon mari savait, seul lui ramassait les pots cassés une fois la porte refermée le soir.
Mais pour combien de temps encore ? Et avec deux petits bouts de choux qui n'ont rien demandé à personne. Jusqu'à il y a 1 mois et demi et ce diagnostic qui tombe pour mon petit frère.
Quelques semaines après je peux vous dire que ce jour a été une (re)naissance ! Un vrai soulagement !
Marion
J'ai toujours su que j'étais différente, mais cela ne fait que quelques mois (2 ou 3 ? le temps chez un tdah est quelque chose d'indomptable !) que j'ai mis un nom sur cette différence.
J'ai toujours cherché ce qui faisait cette différence, mais ce qui m'a beaucoup appris, ce qui m'a permis d'avancer dans la connaissance des troubles du tdah,c'est la naissance de ma fille, et les années passées à l'élever, à l'éduquer. Le coeur d'une mère perçoit des choses que les autres ne comprennent pas.... Les difficultés de ma fille à l'école et surtout le regard des autres, m'ont plus appris que n'importe quel livre.
J'avais entendu parler d'hyperactivité, comme tout le monde, mais je ne pensais pas être concerné, car je vis entouré d'hyperactifs et pour moi, ce sont les autres qui sont lents.......
Je n'ai pas épousé mon mari par hasard, comme je n'ai pas choisi mes amis par hasard non plus, je sais maintenant que je les ai choisi pour leur différence (leur tdah). J'arrive facilement à reconnaitre les enfants ou les adultes tdah, et je sais que ce trouble est beaucoup plus répandu que ce qu'il y parait. Je pense qu'il est héréditaire et qu'en plus de cela, les femmes tdah sont attirées par des hommes tdah et inversement, ce qui finit par faire des dynasties complètes de personnes atteintes par ce trouble.
Personnellement je suis d'apparence plutôt calme, c'est plus mon esprit qu'il faut occupé que mon corps. Lorsque je fais quelque chose, je dois toujours le faire le plus vite possible. Ce qui me caractérise c'est : vouloir finir avant de commencer. J'ai souvent l'impression que ma machine s'emballe, que je suis prise dans un train d'enfer, qui me donne le vertige. J'ai beaucoup de mal à supporter les autres que je ne trouve pas assez rapide, souvent je fais les choses à leur place et cela m'épuise. Pour avoir un peu de paix et retrouver un rythme normal, je m'isole, je passe alors pour une sauvage auprès des autres.
Je suis organisée, contrairement à beaucoup de tdah, car je sais que j'ai besoin d'être très structurée pour survivre. Donc, je range, je cadre, j'organise avec parfois des petits côtés maniaques qui sont "mes " garde-fous.....
Le tdah de mon mari est différent du mien, il est plus "extériorisé", quand à ma fille âgée de 22 ans, si dans son enfance elle était plutôt du genre insupportable, aujourd'hui elle semble canaliser sont trop plein d'énergie dans ces études pour ma plus grande joie !
En conclusion, le tdah n'est pas une malédiction, ça peut même devenir un avantage, le connaître et le faire connaître, apprendre à vivre avec et faire de ses différences un atout.
Bon courage à tous,
Louise
Mais qui suis-je ? Louise ou TDA/H ?
C’est une des grandes questions que je me pose en ce moment. Après tant d’années où je me suis efforcée à me cacher de ce que je suis et bien oui, je peux dire que je me suis perdue. J’ai mis tellement de choses en place pour ne pas qu’on remarque que j’étais différente, pour effacer mes faiblesses sur lesquelles je n’arrivais pas à trouver un nom. Il m’aura tout de même fallu 24 ans pour découvrir que mon mal n’était pas un truc que je m’étais inventé et qu’il s’appelait TDA/H. Pousser les portes des bons spécialistes aura été difficile mais finalement bien moins difficile que de vivre une vie où on ne se sent jamais à sa place ou à la hauteur.
Avec comme la plupart des TDA/H une scolarité difficile où je criais à qui voulait bien l’entendre que je détestais l’école, oh oui je l’ai vraiment maudite. Malgré tous les efforts, jamais je n’arrivais au résultat que les autres avaient, ce qui était très frustrant. Petit exemple, les devoirs : certains faisaient leurs devoirs en une heure pendant que moi je restais des heures dessus sans parfois réussir à les terminer. Un véritable calvaire pour moi mais surtout pour mes parents qui ne savaient plus comment faire avec moi. Plutôt discrète et travailleuse j’ai toujours été aidée par mes profs même dans le secondaire.
Malgré tout je n’ai jamais réellement trouvé ma voie, après avoir essayé différentes options, j’ai fini par laissé tomber mais je ne pouvais quand même pas rester sans rien faire et j’ai donc dû découvrir le monde du travail, et quel monde pour une TDA/H qui s’ignorait. J’ai beaucoup souffert avec beaucoup d’échecs. Ou j’étais trop lente, distraite, les consignes difficiles à retenir et à respecter et donc vous vous en doutez mon estime de moi-même qui n’était déjà pas très élevée, s’est alors complètement éteinte.
Personne n’aurait pu imaginer une seconde ce que je vivais tellement j’arrivais à donner le change, même moi j’ai réussi à me persuader que tout était normal et que tout allait bien jusqu’au point de non retour et quelle violence je me suis faite quand je suis revenue les pied sur terre. Ca fait tout juste un an que j’ai été diagnostiquée et quelle année difficile j’ai vécue, à me battre un peu plus contre ce fameux TDA/H, une vraie guerre intérieure.
Aujourd’hui, je suis en train de reprendre sérieusement le dessus et j’en suis très fière, et pouvoir enfin être heureuse, chaque pas que je franchis deviens une victoire et quand je regarde derrière moi je peux me dire que j’en ai franchis un gros nombre, le prochain gros défi que je me lance c’est de créer un avenir professionnel qui me comble vraiment. Les idées se forment mais reste à voir si elle sont réalisables pour que je puisse en faire profiter des gens qui le méritent amplement. J’aimerais pouvoir travailler avec des TDA/H qui ont juste besoin du petit coup de pouce. Enfin c’est un début d’idée… Je continue à méditer là-dessus !!!
La dernière chose que j’ai à dire c’est que chaque être à droit à avoir sa part du bonheur, et surtout ne vous oubliez pas vous-même.
Lucie
Je m'appelle Lucie et je viens de découvrir votre site.
Celui-ci a été la réponse à toutes les questions que je me pose depuis trop longtemps.
Pourquoi je suis si différente des autres?
Pourquoi je n'arrive pas à me satisfaire de ce que la vie me donne? je veux toujours plus - je cours vers un idéal qui n'existe pas?
Pourquoi je sens que mon potentiel n'est pas utilisé à son max? que je peux faire beaucoup mieux mais je n'y arrive pas?
Pourquoi je veux tellement aider les gens autour de moi? pourquoi je me sens responsable du bien-être des autres?
Pourquoi j'oublie constamment ( mes rendez-vous, mes affaires)?
Pourquoi la distraction ne me lâche pas depuis ma tendre enfance et pourrit tellement ma vie?
Pourquoi je n'arrive pas à faire un travail méticuleux? pourquoi je ne supporte pas la routine dans mon travail?
Pourquoi je vais d'un projet à un autre sans pour autant le terminer? pourquoi ma tête déborde tant d'idées?
Pourquoi ma déprime est aussi intense que mon enthousiasme?
Pourquoi je recherche constamment des expériences intenses et je suis toujours attirée vers l'inconnu?
Pourquoi je recherche en permanence des relations justes et prends toujours la défense du délaissé?
Pourquoi l'étiquette de distraite et rêveuse ne me lâche pas?
Pourquoi mon entourage se plaint que je ne m'exprime pas correctement - de façon précise et concise- je ne peux pas m'expliquer sans passer du coq à l'âne
Pourquoi je n'arrive à rien garder pour moi et ai besoin de m'exprimer à tout prix lors d'un conflit - qu'importe les conséquences?
Pourquoi je suis toujours prête à prendre des risques et minimise les conséquences?
Pourquoi je ressens tellement fort les choses et prends tout à coeur - tout sur moi?
Après avoir lu les différents témoignages sur votre site, les points forts des TDA, fait une comparative de mon comportement avec une de mes cousines directe...
Je pense pouvoir mettre un nom à la source de mon instabilité et aux traits de caractère qui forment ma personnalité "TDA"
J'ai donc décider de voir un neurologue pour effectuer les tests nécessaires afin de mettre un nom à mes doutes....
Je fais tellement d'efforts pour m'en sortir ( post-it, agenda, rite quotidien,) rien n'y fait je reste "tête en l'air";
Combien de fois n'ai je pas entendu ( tu devrais faire un effort pour ne plus oublier tes affaires? ça risque de te coûter cher dans ta vie d'adulte et professionnelle, ou encore vérifie avant de partir que tu n'aies rien oublié).
Pire, chez chacun de mes amis où j'ai eu à loger j'ai oublié quelque chose...
La liste de mes oublis est longue ( sac à main oublié dans une station essence - courses oubliées dans le train) et je passe le nombre de fois que j'ai dû me présenter à la commune pour refaire un duplicata de ma carte d'identité-mon permis de conduire - mon passeport
Tellement de temps perdu à rechercher les objets perdus ou à recommencer les démarches administratives.
J'ai finis mes études il y a moins de 5 ans et j'ai déjà fais plus de 5 boîtes ( j'ai cumulé des cdi et j'ai fini par opter pour les cdd & interims sachant que je n'arrive pas à me poser).
Après la période d'essai, j'ai tout appris et je commence à me lasser- besoin d'aller voir autre chose et négocie mon départ...
Je travaille deux, voire trois fois plus vite que les autres mais je n'arrive pas à me concentrer longtemps, donc susceptible de faire des erreurs quand il s'agit d'un travail routinier...
je n'ai aucun problème pour retrouver du travail car je me vends bien et je suis dynamique ( peut être beaucoup trop)
Depuis quelque temps j'ai décidé de tout arrêter car avant même de commencer un boulot, je connais la fin...
J'ai voulu prendre du temps et trouver des solutions à mes problèmes afin de mieux avancer et utiliser mon potentiel à bon usage.
La médication serait peut-être une lueur d'espoir...
Ayant toujours le besoin d'aider les autres, de prendre le parti des délaissés, d'établir la justice autour de moi j'ai pensé que ma voie serait l'humanitaire, que j'y trouverais enfin la paix avec moi même?
Je refuse d'être constamment une éponge à stress. Maintenant que je connais le profil du TDA/H, je veux d'abord m'aider moi-même et m'en sortir. Seulement après je pourrai changer le petit bout de la terre que j'aurai à ma portée sans mettre ma vie de côté.
Les relations avec les autres, j'essaye d'écrire plutôt que de parler afin de pouvoir structurer mon message ( mise en forme-couleur-gras) mais rien n'y fait c'est de l'agressivité et de l'impolitesse que je laisse transparaître...
Grand merci pour ce site, maintenant je sais que j'ai peut-être une maladie ( je ne vais plus accepter ma situation " je suis une étourdie" "une impulsive" "une rêveuse") maintenant je sais que les choses peuvent changer pour moi et surtout que je ne suis pas la seule à vivre cette situation.
Nous pouvons nous en sortir, YES WE CAN...
Hortense
A 22 ans le diagnostic est là. Chez moi tout est déficitaire, tout est en dessous de la moyenne. "Troubles majeurs des fonctions attentionnelles et exécutives mis en évidence par des scores déficitaires (en précision et/ ou en vitesse) pour toutes les épreuves effectuées. Des difficultés sont mises en évidence pour toutes les fonctions attentionnelles, ainsi que pour la mémoire de travail, la flexibilité et l'inhibition".
J’ai grandis dans une famille qui a pour mot d’ordre : études. D’abord les études, puis les études et enfin les études.
Mes parents nous ont fournis tous les moyens pour avoir une vie confortable afin de ne penser qu’aux études.
J’ai réussi mes études primaires, toujours la première de classe sinon la deuxième.
Au collège j’ai eu le même parcours, avec option sciences expérimentales.
Arrivée en Belgique en 4e secondaire, j’ai été dans une école considérée parmi les meilleures à Bruxelles, très stricte et très exigeante. J’ai réussi, non pas comme la première de classe mais dans la moyenne ou du moins au même niveau que les autres. Sachant que le français n’est pas ma langue maternelle, c’était le seul élément qui pouvait poser un peu problème.
Arrivée à la dernière année : la 6e, l’année fut difficile pour diverses raisons. Mais j’ai réussi, et avec option sciences fortes.
En fait, ce n’est qu’à partir de la 5e que j’ai commencé à connaître la seconde session. En quatrième, j’ai eu un « petit » travail d’été portant sur l’étymologie des mots.
Et depuis, la seconde session n’a jamais quitté mes vacances d’été.
Le laboratoire de chimie était un vrai calvaire : toujours ailleurs, je ne comprenais pas et je ne savais pas ce qu’il fallait faire. Toujours en train de demander à une autre personne : qu’est ce qu’il faut faire ? Réponse : mais enfin, on vient d’expliquer...
Autre calvaire : le dictionnaire. Je n’aime pas chercher un mot dans le dictionnaire, car je ne le trouve jamais, tout simplement parce que j’oublie ce que je cherche, ou un autre mot m’interpelle, et c’est parti, le temps passe, après 15 min : Oups, c’est quoi le mot que je cherche ? Ou : pourquoi j’ai pris le dictionnaire ?
Le dictionnaire électronique me sauve ! Vive la technologie.
Lire un texte en classe était une vraie épreuve. Je n’arrivais jamais à me concentrer sur le contenu, toujours proie aux milles idées que je ne peux même pas mettre sur papiers car elles sont nombreuses et je ne me souviens d’aucune.
Quand tu es ailleurs à quoi tu penses ? Je pense à rien, je ne peux pas répondre à la question, je ne sais pas ce qui a tourné dans ma tête.
La vérité est que j’ai surtout et beaucoup appris par moi-même. En mathématique, je trouvais mes propres méthodes de résolution. Certes ça prenait beaucoup de temps, mais ça m’amusait. Et puis je ne savais pas toujours qu’il y a des méthodes plus simple et plus rapide, dû à mon absence totale aux cours malgré la présence physique.
La vie n’a pas toujours été belle, des problèmes personnels ont accentué mes difficultés rencontrées aux cours. Certains professeurs n’aident pas beaucoup, au contraire ils ont l’art de démotiver, de détruire la confiance dans l’être, la créativité dans l’âme, et l’espoir dans l’avenir. Et après on s’étonne d’avoir des êtres sans avenir, et des âmes défaitistes sans espoirs.
A la fin de la 6eme secondaire, je n’avais aucune idée sur les études à choisir.
En un an j’ai fréquenté trois endroits (deux écoles et une université). Peut être cette année là était un gâchis. Cependant, je ne regrette rien, car du moins je sais que je ne regretterai rien, j’ai vu en quoi ça consiste ces études, et maintenant j’ai la conviction que je peux m’épanouir dans d’autres domaines. N’est ce pas d’une modeste expérience ?
Le choix des études que je suis actuellement est le fruit du hasard. Déterminée à faire des études de psychologie après m’être bien informée, le jour de l’inscription je suis allée directement à une école de commerce. Et je ne sais toujours pas expliquer ce que c’est passé ce jour là. D’ailleurs ça m’arrive souvent de me trouver dans des endroits, destinations autres que j’avais prévues. Mais ma vie me plait. Ce côté absurde en moi, qui se traduit par des décisions absurdes, me plaît. C’est tout à fait moi.
Je n’ai pas de projets à court terme et donc forcement pas à long terme. Je n’ai pas de planning, je ne planifie pas mes vacances, et je sais rarement ce que je ferai demain, voire le soir même. Je n’aime pas les contraintes. Nous pouvons rendre notre vie facile, en limitant tout simplement nos exigences.
Personnellement, je peux passer des journées entières à rêver, à penser, à dessiner, à lire, à courir, à m’imaginer à la mer,…
Il y a tellement de belles choses qui nous entourent, mais la société devenue très individualiste et narcissique nous oppresse par cette quête incessante vers le perfectionnisme. On veut des êtres parfaits, et une vie parfaite, malheureusement plus on cherche à atteindre une perfection « absolue », plus on perd en résistance, et on se disperse pour s’éloigner de la vraie question « Qui suis-je ? Qu’est ce que je veux ? »
Dans les études de commerces & management je suis épanouie, car il s’agit d’une formation polyvalente, j’ai une palette de cours : mathématiques, statistique, psychologie, sociologie, économie, droit, informatique…les langues. Je ne m’ennuie pas en étudiant. L’ennuie mon pire ennemi.
Malgré ça, je sais déjà que je ne pourrai pas travailler dans le milieu des affaires. Je suis toujours à la quête de nouveautés. J’ai besoin d’apprendre et de découvrir ce qui se passe ailleurs.
J’ai raté ma première année, et j’ai raté la deuxième. Le premier échec était surmontable, mais le deuxième était destructeur. J’ai payé les frais en termes de confiance en moi et en l’avenir. Après de grands efforts et un travail hard, sans repos, j’étais dans l’incapacité de justifier cet échec. La plupart des notes obtenues tournaient autour de 10/20, et à l’université il faut une moyenne totale de 60%. J’ai raté avec + /-56%. Scandaleux !
Que faire ? Par où et comment commencer ? Qu’est ce qui ne va pas ? Pourquoi je n’arrive pas à atteindre les objectifs ? Je ne vais jamais réussir car j’ai déjà tout donné, je ne pourrai jamais faire mieux….milles et une question tournait sans cesse et sans réponse dans mon esprit.
Avec le recul, je me rends compte que mon déficit d’attention et le manque de concentration ont fait que j’étais dans l’impossibilité de fréquenter les cours, cet absentéisme est en partie responsable de mes échecs. Car je n’avais pas les notes, et je ne demandais pas. Je ne savais pas quelles étaient les exigences, ce que les professeurs attendaient…Pire encore je ne savais pas qu’il existe des matières à réussir à tout prix (pré requis). Je me rends compte que j’ai souvent délaissée ces matières en donnant la priorité à celles que je préfère mais qui n’avaient pas réellement une importance ou plutôt un poids dans la réussite.
Cette prise de conscience des critères de réussite n’aurait pas été possible sans être passée par la prise de Rilatine et surtout sans être passée par la rééducation.
Mais malgré tout, je ne pleure pas ce que c’est passée, au contraire parfois je suis même contente de cet échec. Je m’explique : si je n’avais pas raté, je n’aurai pas insisté et cherché à expliquer le manque de concentration dont j’ai toujours souffert, et j’aurais peut être traîné avec toutes ces difficultés le reste de ma vie. Comme quoi il faut voir le bon côté des choses dans le mal même. Un mal peut parfois être très constructif. Relativiser et Positiver ! C’est tout !
Certes, parfois j’ai peur de l’avenir, un échec est mal perçu dans le milieu professionnel, mais au même temps j’ai une certaine confiance et certainement beaucoup d’espoir dans l’avenir, parce que je sais quelles sont mes faiblesses et mes forteresses, et j’ai toujours fait preuve de bonne conduite, et bonne travailleuse là où j’avais des responsabilités.
Et, tous les jours j’apprends à accepter que je ne suis pas maître de mes facultés intellectuelles. Tout comme j’essaye d’accepter mes échecs.
Grâce à la rééducation et à la Rilatine, les nuages se dégagent pour ne laisser place qu’à un beau ciel bleu.
Pauline
Au commencement : l'école
"Pauline devrait travailler plus rapidement et plus proprement; Pauline devrait être plus attentive et moins bavarder; Pauline retourne les chiffres 5 et 6; les résultats de Pauline sont irréguliers; Pauline est très intelligente mais ne le montre pas toujours; Pauline ne fait aucun effort pour mieux écrire; Pauline doit apprendre à obéir; Pauline fait parfois des efforts mais ça ne dure pas; des résultats étonnants : des hauts et des bas; faible en orthographe (inattention); Pauline doit réagir; travail non remis; attention au bavardage; Pauline fait beaucoup de fautes; aucune méthode ni précision, manque de réflexion et de concentration; situation d'échec; Pauline est encore distraite; Pauline perd encore trop de temps en bavardages et en distractions; Pauline doit être plus concentrée; attention à la distraction; Pauline doit être moins dispersée; Pauline arrive difficilement à se concentrer pendant un certain temps; Pauline doit surveiller son attitude, moins chercher à bavarder et approfondir toutes les branches; manque de travail..."
Fin Août 1978. J'ai mal au ventre. La rentrée scolaire approche. Des problèmes en perspective. L'année passée, on m'a envoyée au PMS. Je ne joue pas avec les autres, ce n'est pas normal. Mes souvenirs sont flous. On m'a fait sauter sur un pied et puis commenter des images.
Je m'ennuie en classe. Je m'en rends bien compte, j'écris mal. Mes résultats sont mauvais. Je n'arrive pas à placer les accents dans le bon sens ce qui aggrave encore ma moyenne en orthographe. Pourquoi faire des efforts? Pour des résultats moins médiocres? Pas très motivant.
Je ne suis pas vraiment à l'aise en groupe. Les autres petites filles ont de belles écritures rondes, d'excellents résultats et plus d'amis que moi. Elles ont une aura rose et moi grise...
Je commence une Licence en Communication. Après 3 redoublements dans le secondaire, ce choix surprend. Les redoublements se succèdent, c’est devenu une habitude. Dans l’auditoire, je dors les yeux ouverts. Je ne prends pas note. Ecrire et écouter en même temps : trop compliqué pour moi. D’ailleurs, je n’arrive pas à relire les rares infos que j’ai finalement captées.
Et puis, en Licence, tout paraît plus simple. Pourtant, j’ai choisi la section réputée la plus dure. Je fais partie de l’élite : section Presse et Information. Tout devient intéressant. J’apprends beaucoup. Le pouvoir des mots me fascine. La quête de l’information devient pour moi la quête du graal. Mon esprit rationnel analyse, dissèque, compare, cherche, recoupe… Je suis par moment en effervescence.
Je crée. La photographie m’ouvre les portes de la Monnaie et je découvre l’opéra. Seule dans l’ombre, j’assiste aux répétitions d’ « Il Turco in Italia » de Rossini. J’aime l’ombre et la solitude de ces prises de vue. Cet univers inconnu pour moi est féerique, je suis dans la caverne d’Ali Baba.
Je réussi mon mémoire photo malgré ma désorganisation chronique et mon manque de rigueur technique. Mieux réussi d’ailleurs que certains qui avaient tenté l’Afghanistan et qui maîtrisaient mieux la photo que moi… Je jubile secrètement.
Les amis
Toujours ce mal être en groupe. Pas de nouveaux amis, quelques pathétiques bouches trous pour ne pas manger seule à la cantine... Je vis seule maintenant, c'est vraiment très dur. Le soir, l'immeuble est vide car je vis au dessus d'un coiffeur. Affreux.
Il me reste une amie de longue date qui m'héberge un temps. Je passe certaines de mes soirées avec des jeunes en plein trip d'LSD, speed, champi ou autre... Glauque. Je ne me sens pas vraiment à ma place. Quelques chouettes soirées grâce à l'ecstasy, mais en fin de compte, je me dis que si, ma couleur est le gris, ce n'est pas une pilule qui y changera quelque chose. La réalité bien que difficile me paraît plus intéressante que des sensations artificielles. Cela peut paraître bizarre mais en quelque sorte, j'ai du respect pour mon gris.
Le sport
Des résultats assez médiocres. Sport d’équipe : problèmes d’interactions dans le groupe, trop individualiste. Sport de raquettes : je chasse les mouches. Danse : je ne retiens pas la chorégraphie, tourne à droite quand il faudrait tourner à gauche… La course : mes mouvements sont tellement curieux que je suscite l’hilarité générale.
Je me rabats sur le yoga. Mais est-ce qu’on peut vraiment classer cette discipline dans les sports ?
Les hommes
Le temps passe mais les problèmes restent les mêmes. Je ne suis toujours pas populaire et vogue dangereusement entre "se suffire à soi-même" et être "seul au monde". Le couple devient mon refuge. J'y cherche tout : la reconnaissance, l'amitié, l'amour, les sensations. Mais quand ça casse, il ne reste plus rien; la princesse s'est à nouveau transformée en souillon. Un vide total et un grand sentiment d'insécurité m'assaillent.
Toutes sortes d'hommes traversent ma vie. Un dénominateur commun: pas vraiment intéressé par une relation avec moi. Normal, j’harponne le premier venu qui se présente à moi. Pas vraiment des salauds, souvent gentils, mais résolument pas intéressés par une relation durable.
J'arrive souvent à mes fins avec les hommes. Ils me trouvent jolie, gentille, pas bête mais ils notent mon nom au crayon dans leur agenda. Ma préférence va aux hommes très intelligents. Ils n'ont pas vraiment déteint sur moi et n'ont fait que de me renvoyer une image encore plus abîmée de moi-même. La beauté des maths? La physique cantique? Non, franchement, ça ne me dit rien.
Au fond, ce qui je m’attirais auparavant, c’était les sensations liées à la nouveauté. Avec un peu plus de maturité et d’estime de moi-même, j’aurais évité pas mal de psychodrames et mieux profité de ma jeunesse.
Le crayon, ce n’était pas mal comme idée finalement !
Caméléon
Il m'arrive souvent de faire illusion, je m'adapte facilement et je donne le change. Malheureusement, je développe parallèlement un sentiment d'imposture. J'ai l'air intelligente parfois, même souvent. Ca ne m'aide pas du tout, bien au contraire, je vis avec la peur d’être démasquée tôt ou tard. Ce qui arrive effectivement trop souvent.
Un test en dessous de mon niveau académique, un commentaire d'une responsable au travail sur mes capacités me rappellent qu’à tout moment le masque peut tomber.
L’orthographe
Faire des fautes d’orthographe, c’est un peu comme aller à un rendez-vous mal sapé. Vous êtes charmant, intelligent, bien de votre personne ? Peu importe. Ce qu’on retiendra de vous, c’est cette horrible cravate, ces lunettes ringardes, ce tailleur défraîchi, cette veste kitch. En plus d’avoir l’air d’un plouc, votre interlocuteur prendra ça comme un manque de respect à son égard.
Compte tenu de cette prise de conscience, je décide de ne presque plus faire de fautes. En fait, la langue française étant ce qu’elle est, je crois qu’à moins d’être prétentieux, on ne peut pas affirmer écrire sans faute. J’utilise donc le correcteur orthographique, me relis sans cesse et essaie d’assimiler quelques règles essentielles à ma survie dans le monde de l’écrit.
Relire est devenu à ce point systématique que je me surprends à relire les textes des autres (mails, …). C’est maintenant presque devenu un toc ! Mais ce toc me permet de vous le dire en connaissance de cause : tout le monde fait des fautes d’orthographe à un moment donné.
Rien que pour ce paragraphe sur l’orthographe, je viens, en me relisant et en faisant fonctionner mon correcteur d’orthographe, d’enlever sept fautes.
Chez le psy
Il me comprend. Il m'a comparé à Bridget Jones. Je suis moi-même. Même moche et conne, il serait obligé de me voir : je paie pour ça! Malgré tout, je crois que j'essaie de lui plaire. C'est le transfert, rien de grave. Je ne suis pas vraiment attachée à lui mais son attitude bienveillante à mon égard me fait du bien. Les hommes sont souvent bienveillants avec moi.
La vie se rejoue en séance. Bridget, les hommes la trouvent mignonne et sympa.
Panique
Ca arrive insidieusement. Presque toujours le soir. Une terreur incroyable m’assaille. Une peur qui vient du fond de l’âme. Elle semble sans objet, son origine inaccessible. J’ai l’impression de manquer d’air mon corps tendu est parcouru de spasmes. Corps et esprit sont unis dans cette souffrance aiguë.
Cet état qui me paraît proche de la folie, me fait honte. Je me déplace dans le lit pour que mon compagnon ne soit pas alerté par mes tremblements. Dans ces moments, le regard des autres si bienveillant soit-il, accentue encore mon sentiment de perte de contrôle. Après quelques minutes mon corps se détend et je m’endors épuisée. Je me réveille pleine de courbatures.
Mais quand la panique de la panique ne s’installe pas, je prends cela avec humour : un peu toc-toc cette Pauline !
Plus sérieusement, avec le recul, je commence à comprendre. Quelque chose s’exprime : la peur de l’inconnu, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur d’être abandonnée… Mon inconscient a des choses à dire. Tous ces échecs m’ont fragilisée. Je n’aime pas y penser, je ne pleure jamais mais j’aimerais parfois être comme ces personnes qui pleurent dès qu’elles sont contrariées. Elles m’énervent, c’est vrai, mais elles n’auront pas de crises de panique, ni d’ulcère, elles ! Il n’y a que les fictions ou éventuellement les enterrements qui me font pleurer.
L'argent
Il me brûle les doigts. Papiers chiffonnés, glissés dans le fond de ma poche, je le transforme en un temps record en d’autres objets aux formes plus avenantes : sacs, chaussures, déco … Tel sac aperçu dans une vitrine ne m’attendra pas bien longtemps. L’attente, ce n’est pas mon fort. Epargner, une résolution jusque là impossible à tenir. Les factures, je ne m’en occupe plus, je délègue. Auparavant, elles avaient tendance à s’amasser et les plans de paiement ne tardaient pas à venir…
Peut-être que je devrais fonctionner avec de l’argent de poche, j’y pense de plus en plus. C’est un peu infantilisant mais certainement moins dangereux !
Le travail
27 ans. J’ai décroché mon premier emploi : vendeuse dans un vidéo club. Voilà qui étonne avec une Licence en Communication. Pas vraiment envie de postuler pour un job en rapport avec mon niveau d’études. J’ai peur de l’échec, peur d’être confrontée à un parcours pas très brillant, peur de nouveaux apprentissages laborieux.
Mauvais calcul : vendeuse même pas cap ! J’enchaîne les catastrophes en tout genre. Je n’arrive pas à tenir la caisse. M’emmêle les pinceaux dans les réservations. Et tout ceci en plus de ma lenteur habituelle. La dernière erreur sera fatale. J’oublie de venir travailler confondant un jour de travail avec un jour de congé. Licenciement.
Je trouve tout de suite un autre job. L’immobilier m’ouvre ses portes. Rencontré au hasard, un marchand de biens m’engage pour gérer les agendas des vendeurs et faire les annonces. Ma ressemblance avec un amour de jeunesse a joué en ma faveur. Les compétences ? Peu importe, je suis une « petite main ».
L’ambiance est décontractée et familiale. Le travail pas compliqué. Peu de responsabilités. Je ressemble toujours à l’amour de jeunesse. Tout va bien.
Après quelques mois, je me rends compte que la majorité des employés de cette boite sont d’anciens toxicos avec un passé plutôt lourd. Le patron y compris alterne les périodes de sobriété et les rechutes. On se croirait dans un mauvais film, mais, bizarrement, j’ai de l’empathie pour toutes ces souffrances. Et puis, ces personnages sont plutôt haut en couleur et on ne s’ennuie pas. Sincères aussi. C’est le programme en 12 étapes des NA (Narcotiques Anonymes) qui le demande. Je me sens un peu mieux. Je ne dénote pas dans l’équipe. Chacun a son parcours un peu accidenté. Mais l’expérience se termine. Je coûte cher et une stagiaire me remplace.
J’atterris maintenant au Ministère de l’Intérieur. Je suis niveau 1. Le recrutement s’est fait sans difficultés car je n’ai dû passer aucun test. Un entretien sur la fonction et mes motivations. Aucun problème, je m’exprime bien et argumente efficacement. La fonction est rébarbative. Audition de candidats réfugiés, histoire invariable de candidat en candidat. Histoire inventée de toutes pièces la plupart du temps. Mon job consiste à traquer les incohérences dans le récit et entre les différentes auditions. Difficile pour moi de trouver quelque chose que je n’ai pas envie de trouver... Ennui mortel et démotivation totale. Les dossiers s’accumulent dans un coin du bureau. Je dois presque systématiquement réécrire les motivations de mes « refus de la qualité de réfugié » jugés trop faibles par ma responsable.
Je suis un flic rebelle. C’est un boulot nécessaire mais un sale boulot que je n’ai pas envie de faire. La souffrance qu’elle soit économique ou pas reste une souffrance. Les bourdes recommencent à nouveau. J’oublie un candidat dans la salle d’attente. J’intervertis des dossiers. Je suis constamment en retard. J’envoie un mail salé sur ma responsable…à ma responsable. Oups ! De remarque en remarque, la sentence tombe : pas capable de faire ce travail ; le contrat ne sera pas renouvelé. Nouvelle déprime.
Finalement, le dernier sera le bon. Malgré des débuts un peu foireux, période d’apprentissage oblige, je trouve mes marques. Je pense avoir l’estime de la majorité de mes collègues et ceux qui se moquaient de moi au début sont partis. Dans ma fonction actuelle, je reçois un public assez varié que j’essaie d’aider de mon mieux. Je suis sociable et empathique. J’ai acquis avec le temps une certaine expertise et j’ai repris confiance en moi. Bien que mon travail consiste plutôt en des entretiens individuels, j’anime aussi des groupes et fais des séances d’information. Ma peur viscérale de m’exprimer en public a disparu complètement. J’ai gagné en assertivité et acquis un répondant bien utile pour gérer les publics « difficiles ». Je reste néanmoins une individualiste pure et dure et préfère de loin les entretiens individuels ou les travaux solitaires. Si j’arrive maintenant à fonctionner en groupe, je n’aime toujours pas !
Cela fait 5 ans maintenant que j’exerce cette fonction qui est normalement d’un niveau académique en dessous du mien. Cela ne me gênait pas vraiment au départ mais je dois reconnaître que je commence à m’ennuyer et la perte salariale n’est pas négligeable. Je pensais avoir fait le deuil d’un travail dans la communication mais je me rends compte que ce n’est pas le cas. Cette idée vient me chatouiller de temps en temps mais la peur d’un nouvel échec et d’un retour à la case départ m’empêche d’agir. Pourtant, il y a peu, on m’a proposé une fonction dans la communication mais je me suis dégonflée… De nouveaux apprentissages avec en plus une responsable despotique, je n’ai pas pris le risque. Une nouvelle responsable est arrivée, l’ancienne étant virée, je me remets à rêver d’intégrer ce service.
Cap ou cap, l’avenir nous le dira.
Dodo l’enfant do, l’enfant dormira bientôt ?
Ca fait maintenant deux heures que je suis dans mon lit. J’étais pourtant crevée avant d’aller me coucher ! Je me sens trop éveillée pour dormir, mais pas assez pour me lever et commencer une activité quelle qu'elle soit, même la lecture qui est pourtant mon passe temps favori.
Je passe d’un idée à l’autre à une vitesse phénoménale : je planifie ma journée de demain, discours avec moi-même, m’évade en d’autres lieux plus vrais que nature. Parfois, je m’imagine en héroïne de roman fleuve mais d’autres fois, ce sont plutôt les idées noires qui me rattrapent. Un de mes proches tombe malade, meure, j’ai le cancer… Grâce à mon imagination, je passe en revue toutes les étapes qui vont du diagnostic à la mort en passant par la chimio et la rédaction du testament. Que ce soit le roman-fleuve ou les possibles accident de la vie, le résultat est le même : je ne dors pas. Comment le pourrais-je alors qu’on vient de m’annoncer qu’il ne me reste que quelques mois à vivre ou que Woody Allen m’a choisie pour son prochain film dans lequel je donne la réplique à Leonardo di Caprio. Dans le premier cas, je dois « mettre de l’ordre dans mes affaires » dans le second, je dois « apprendre mon texte » !
1 heure du matin, je ne dors toujours pas. Ma journée de demain va être un calvaire : mal de tête, irritabilité, difficultés de concentration… Difficultés de concentration ! C’est déjà compliqué en temps normal, je vais encore me faire remarquer au bureau avec mes gaffes.
Je n’y tiens plus. Un certain Zolpidem va m’aider. C’est mon pote. L’avaler, c’est comme appuyer sur le bouton off de mon cerveau. Je sais, c’est mal. Pas bien. Dangereux même : Marilyn et Michaël peuvent en témoigner.
Je ne crois pas avoir le profil d’une junkie. Je ne cherche pas les sensations artificielles. Je ne bois pas, je ne fume pas… J’ai juste envie de dormir comme tout le monde. Difficile à comprendre pour quelqu’un qui ne vit pas ce problème.
2 heures du matin, je dors enfin. Mon mari ne dort plus. Je lui ai donné un coup de coude dans le nez. Je me retourne toutes les deux secondes ce qui l’empêche de se rendormir. Un ex petit ami m’avait surnommé la machine à laver : un tour dans un sens, un tour dans l’autre sens et ce pendant tout le cycle… du sommeil.
La voiture
J’ai passé mon permis de conduire à 18 ans en province.
Je ne conduis plus. Il faut être réaliste, ma distraction, mon manque de réflexes et mes problèmes de coordination, font de moi un danger public. Je n’ai pas vraiment peur pour moi ni pour la voiture, mais pour les autres. Il n’y a que dans les jeux vidéo de très mauvais goût, qu’écraser des piétons rapporte des points ! Je ne désespère pourtant pas. Je crois en l’avenir grâce à la technologie.
J’écris maintenant pratiquement sans faute grâce au correcteur orthographique, je ne doute pas qu’un jour je roulerai sans écraser personne grâce à la conduite assistée. Les voitures se garent déjà seule, on est sur la bonne voie !
Une rencontre
Après tous ces déboires, une rencontre. Un homme s’intéresse à moi. Je ne suis pas vraiment intéressée. Mais la solitude me pèse. J’ai beau faire une liste de tous mes défauts, il les prend pour des qualités. Par moment, tout cet amour m’étouffe. Je n’ai pas l’habitude qu’un homme attende quelque chose de moi. Je culpabilise un peu et me rend compte qu’il est plus facile d’aimer quelqu’un qui ne vous aime pas. Finalement, je dois bien le concéder, on est relativement bien assorti ! Les choses et les sentiments s’équilibrent avec le temps. Vases communicants ?
Nous décidons d’avoir un enfant, j’ai quand même 30 ans ! Nous ne nous connaissons que depuis 3 mois mais je me sens suffisamment en sécurité pour me lancer dans cette aventure.
Ce que je croyais impossible est arrivé : j’ai trouvé l’amour.
La mère
Une grossesse horrible mais une résurrection à la naissance de ma fille.
J’assure un max. Je suis au top. Les relations mère-enfant me passionnent. Je me lance dans un maternage intensif et me documente un maximum. J’arrête de me regarder le nombril et c’est une libération.
Pour la première fois de ma vie, je ne doute de rien. De toute façon, je n’ai pas le choix, personne ne peut me remplacer. J’acquiers plus de structure. J’organise. Je planifie. Mes proches sont sidérés.
Adepte de l’allaitement long et du portage, je passe pour une extrémiste. J’adore ça! Personne ne me sort le couplet sur la mère fusionnelle car, après m’avoir traitée de froide individualiste pendant des années, ça ne tiendrait pas la route.Ce maternage est aussi une réparation. Je suis la mère que j’aurais voulu avoir. Je prends de l’assurance.
« Tu peux mettre le chat dans le frigo et donner à manger au rôti ? »
Mon mari et ma fille pouffent de rire. Pas sûr que le chat se plaise dans le frigo ni, que la dinde, réduite à l’état de rôti, soit en mesure de manger quoi que ce soit.
C’est comme ça presque tous les soirs. Les mots se mélangent dans ma tête. Dans certains cas de fatigue extrême, je n’arrive même pas à finir mes phrases qui se terminent dans un une langue venue d’ailleurs.
Les enfants d’abord
Ma fille me fait répéter sans cesse les consignes : va te brosser les dents, mets tes pantoufles, range ton pyjama… Elle n’obéit pas beaucoup.
Les enseignants se plaignent de difficultés attentionnelles, de faibles interactions en groupe et de problèmes liés à la psychomotricité. D’un point de vue émotionnel, tout semble amplifié. Par moment, j’ai l’impression de vivre avec le Marsupilami. De plus, elle souffre d’énurésie nocturne.
Je suis inquiète et épuisée. Les remarques de l’entourage m’exaspèrent. Pour faire bref, on est soit, « trop ceci » ou « pas assez cela », c’est de notre faute, « yaka ceci, yaka cela », et en prime, « on vous l’avait bien dit ! »
Un article lu dans la presse m’intrigue. Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité ? Une maman d’un enfant diagnostiqué TDA/H me fait un topo. J’en parle à la pédiatre et, suite à ses conseils, nous prenons rendez-vous chez un neuropédiatre. Après quelques mois de rendez-vous en tout genre et un portefeuille franchement amaigri, le diagnostic est posé: Trouble déficitaire de l’attention avec impulsivité.
Suite à la mise en place d’un traitement multimodal, des améliorations sont vite constatées tant par nous-mêmes, les parents, que le corps enseignant et les proches. Ma fille est mieux dans sa peau, s’ouvre plus aux autres et a de meilleurs résultats scolaires. Nos relations sont aussi moins tendues. Elle va mieux et le diagnostic m’aide à relativiser certains comportements.
Le TDA/H est toujours là mais ses conséquences deviennent gérables.
TDA/H ? Kesako ?
Ca fait maintenant plusieurs mois que je me documente sur le TDA/H. Au départ, j’étais noyée sous un flot d’informations plus incompréhensibles les unes que les autres. Des termes scientifiques squattaient mon cerveau en plein bug : dopamine, inhibition, fonctions exécutives, mémoire de travail, synapse, attention divisée, cellule gliale…
Cellule gliale ! Le mot est lâché en pleine conférence sur le TDA/H. Je suis mise KO par cette foutue cellule gliale. Mon visage affiche maintenant un regard bovin des plus inspirés !
Trouver de l’information sérieuse sur le TDA/H est une gageure. Le web véhicule énormément d’informations, mais il faut être capable de faire le tri. Pas simple. Ma formation journalistique m’a appris à vérifier les sources, à les recouper mais cela reste quand même assez compliqué. Je n’ai aucune formation scientifique et manque de références en la matière.
Malgré tout, à force de lire, je parviens, autant que faire se peut pour une néophyte, à faire le tri parmi les infos scientifiques et celles émanant de sectes ou d’illuminés. Je fais des liens, j’apprends de nouveaux mots… Je suis Champollion et le TDA/H, ma pierre de Rosette !
Mes connaissances reste assez superficielles mais elles me permettent de comprendre de quoi on parle et de mettre en perspective certaines choses.
Il me semble qu’il faut absolument laisser aux personnes compétentes –les scientifiques spécialisés dans la matière- le soin d’aborder les questions les plus pointues et les plus scientifiques de ce syndrome. Ca nous permettra d’une part, d’éviter de passer pour des abrutis, et d’autre part, d’éviter de faire circuler des informations non pertinentes qui risque de s’avérer nuisibles.
Le spécialiste du TDA/H
C’est le docteur House du TDA/H. Assertif, sûr de lui, il ne doute de rien : le TDA/H en Belgique, c’est lui ! Pourtant, derrière cet air un peu distant de spécialiste, on sent poindre l’empathie et l’humour.
J’imagine qu’il n’est pas simple de devoir gérer les patients dans le climat actuel de désinformation qui règne autour du TDA/H. Tout le monde semble avoir un avis sur la question et malheureusement celui-ci se base souvent sur des articles non scientifiques d’une presse racoleuse et sensationnaliste.
Le TDA/H est difficile à diagnostiquer chez les adultes. Certains d’entres nous ont appris à contourner les difficultés en compensant. Dès lors, certaines difficultés semblent avoir disparu mais c’est cependant souvent au prix d’efforts considérables. En outre, l’hyperactivité motrice est aussi moins perceptible : un adulte qui saute, grimpe et cours en tout sens, c’est heureusement plutôt rare ! Enfin, les spécialistes formés à diagnostiquer le TDA/H chez les adultes ne sont pas nombreux et leur expertise n’est pas très ancienne puisque ce n’est que récemment que les patients font cette demande. La plupart du temps, suite au diagnostique de leur enfant.
Donc mon choix fut vite fait entre, un neuropédiatre avec une grande expertise et, un neurologue débutant dans le TDA/H, mon cœur ne balance pas !
Je lui ai demandé s’il voulait s’occuper de mon cas. Il a refusé et m’a renvoyé vers l’ASBL TDA/H Belgique pour avoir les coordonnées de neurologues compétents.
J’ai maintenant la liste des spécialistes disponibles. Je n’ai pas confiance. Je ne prends pas rendez-vous. Je donne la liste à mon père qui est tout aussi distrait que moi si pas pire. Après un seul rendez-vous et aucun test de l’attention, le TDA/H est écarté. Ca ne m’arrange pas du tout car l’hérédité est très présente dans le TDA/H. Un père TDA/H aurait pu conforter mon propre diagnostic. Enfin, c’est vrai qu’il n’y pas que le trouble déficitaire de l’attention qui explique la distraction… Ceci dit, tout ceci a été tellement expéditif que pour moi le doute subsistera toujours.
Je ne me laisse pas décourager. Mon père m’a apporté mes bulletin d’école primaire et je fluote les remarques des enseignants pouvant mettre en évidence un TDA/H. Je fais aussi une liste des difficultés que j’ai rencontrées dans mon enfance et ma vie d’adulte.
Ma farde sous le bras, je me rends au rendez-vous que le neuropédiatre avait fixé pour ma fille.
J’ai pris une initiative qui ne lui a pas plu. Il était convenu d’arrêter le traitement de Juliette à une date x et je l’ai arrêté une semaine plus tôt… « D’autres confrères vous aurais mis dehors » me lance—t-il avant de rajouter « ça ne m’étonne pas de vous ».
Catastrophe ! Je me suis torpillée. Il n’a pas accepté la première fois, maintenant que je l’ai contrarié, c’est râpé ! Et puis que signifie ce « ça ne m’étonne pas de vous » ? Je ne me dégonfle pourtant pas et lui tend ma farde… il accepte ! Peut-être qu’il a trouvé mes bulletins intéressants. Peu importe ses raisons du moment qu’il accepte de s’occupe de mon cas.
La prochaine étape est une série de tests chez une neuropsychologue.
Faire de son mieux à un test auquel on voudrait échouer
La neuropsychologue consulte mes bulletins et m’interroge sur mes difficultés présentes et passées. Je fais ensuite une série de tests. Je fais de mon mieux mais espère secrètement avoir des résultats en dessous de la moyenne. Histoire de recevoir mon diplôme de TDA/H.
Sur une feuille, je dois chercher un symbole parmi une multitude d’autres lui ressemblant. Ensuite, d’autres tests, informatisés cette fois-ci, se succèdent. Tout est passé au peigne fin : attention divisée, attention soutenue, attention auditive, attention visuelle, inhibition, fonctions exécutives, mémoire de travail etc. Je fais de mon mieux. Malgré mes efforts, je fais des erreurs et je suis assez lente.
En conclusion, pour la neuropsychologue : « les résultats aux tests d’attention, le déficit de la mémoire de travail, les éléments de l’anamnèse avec notamment les remarques des enseignants dans les bulletins lorsque la patiente était enfant, et les résultats aux questionnaires de Copeland semblent tous indiquer la présence d’un trouble de l’attention. »
Un rendez-vous psychédélique
Potentiels évoqués. Moi, en tout cas, ça ne m’évoque rien du tout. Mon cerveau est relié à une machine par des fils solidement collés sur ma tête par le technicien.
Il me donne une feuille sur laquelle je dois compter des schtroumpfs. Je m’applique mais ces maudits schtroumpfs sont cachés parmi d’autres personnages de façon aléatoire. Je les compte un par un mais en plein milieu de l’exercice je ne me rappelle plus si j’ai déjà compté le grand schtroumpf ou le schtroumpf à lunette… Je recommence mais comment faire ? Commencer par le haut et descendre ou balayer de gauche à droite ? De toute façon, il ne sont pas alignés les saligauds alors peut importe la méthode, je n’y arrive pas.
C’est comme lire un chiffre du genre 111111. Vous y arrivez vous ? Moi pas. Je dois mettre mon doigt sur la feuille et me concentrer. Je ne vous dis pas sur un écran…on a quand même l’air un peu bête.
Enfin, revenons, à nos petits bonhommes bleus. Je ne peux pas mettre mon doigt sur la feuille car je ne peux pas la déposer. Je lâche une réponse un peu au hasard. Evidemment, ce n’est pas la bonne. Le technicien me propose de plier la feuille en deux pour que cela soit plus facile. Il y a effectivement moins de schtroumpfs mais je ne peux toujours pas mettre mon doigt sur la feuille… Finalement, la torture s’arrête et il me donne la réponse (il me manquait un schtroumpf). Je ne pouvais pas faire mieux de toute façon. Ce n’est pas trop grave car j’imagine que le but de l’exercice est d’analyser le cerveau en train de chercher les schtroumpfs et que la réponse importe peu.
L’exercice suivant est encore pire. Je dois accélérer ma respiration pendant trois minutes. Résultats : j’hyperventile. J’ai des vertiges, je me sens comme en transe, je commence à paniquer un peu. Je ralentis un peu mais une voix, qui se veut rassurante, m’indique que je dois continuer que je suis « déjà » à la moitié. Seulement, à la moitié ! Je continue, après tout, je suis à l’hôpital, je ne risque rien. Enfin, j’espère !
Je termine l’encéphalogramme par des flashs du genre stroboscopique dans les yeux.
Cet examen a dû être élaboré dans les années 70 par des scientifiques en plein trip d’LSD, je ne vois pas d’autres explications.
Le diagnostic tant attendu
Vendredi, 31 décembre 2010. Jour de mon rendez-vous final.
J’ai fait un affreux cauchemar cette nuit. J’avais les résultats de mes examens. Pas de TDA/H mais bien un grave problème au cerveau.
Au réveil, je me sens contrariée, je ne suis pas du genre à croire aux rêves prémonitoires mais un doute subsistera toujours tant que je n’aurai pas eu le diagnostic d’un spécialiste.
Sinon, je ne me serais pas donnée tout ce mal, je me serais autodiagnostiquée TDA/H et le sujet serait clos depuis quelques mois déjà.
14h35, j’attends mon tour dans le couloir de l’hôpital. A ma droite un enfant avec des béquilles et sa mère. La mère lui fait faire des fractions. Ca m’énerve. « Alors mon poussin, qu’est-ce qui est plus grand 3/10 ou 9/10 ? Tu peux simplifier 12/3 ? » Le gosse ne comprends rien et les explications de la mère sont peu claires. L’envie me brûle de répondre à la place du fils et de donner des leçons de pédagogie à la mère. C’est l’impulsivité, encore elle, qui me joue des tours. Ne surtout rien dire, ni à la mère, ni au fils.
Le spécialiste sort de son bureau, passe, me salue et s’en va je ne sais où. Les minutes passent. Il ne revient pas.
Je me dirige vers l’accueil pour m’assurer qu’il va bien revenir ! Il semblerait qu’il ait du se rendre en pédiatrie…
Demi tour, je le recroise. Il me fait un grand sourire et disparaît aussitôt dans un bureau – pas le sien, j’ai vérifié. Sans doute est-il allé chercher les résultats (les miens ?) d’un patient chez un confrère…
L’heure tourne, je commence à me sentir mal. Il se repointe dans le couloir, regarde à droite, à gauche, me voit toujours et fait entrer dans son bureau un mouflet et ses parents qui viennent juste d’arriver…
J’agonise mais quoi qu’il arrive je ne repartirai pas sans mes résultats, je retourne à l’accueil.
En fait, il m’a reconnu mais n’a pas fait lien avec le nom sur son agenda. Il cherchait une petite Pauline.
C’est un fait, je dénote un peu parmi tous ces diablotins et puis je ne suis même pas venue avec mes parents. Dommage, j’aurais peut-être eu droit, moi aussi, aux fractions. D’ailleurs, je vous l’ai dit, je connaissais les réponses !!! 9/10 est plus grand que 3/10 et 12/3 simplifiés fait 4. Je digresse un peu. C’est le problème d’attention.
Il me reçoit enfin. Il n’a pas mes résultats avec lui mais s’en souvient.
Le verdict tombe : TDA/H !
Toutes mes errances prennent un sens. Mes échecs passés ne viendront plus me hanter, ils n’étaient finalement que l’expression de ce trouble qui m’habitait.
« Ce qui fait l'homme, c'est sa grande faculté d'adaptation » Socrate.
Ce diagnostic va me permettre de me réorganiser pour reprendre des projets que j’avais abandonnés du fait de mes difficultés et de mon manque d’estime.
S’adapter. C’est déjà ce que j’ai fait naturellement ces dernières années mais je compte aller encore plus loin en ciblant les activités pour lesquelles mon TDA/H ne représente pas un handicap et en compensant un maximum pour celles que je n’aurai pas pu éviter.
Tout cela doit encore être mis en place mais je sais, qu’avec une bonne dose d’enthousiasme, je peux déplacer des montagnes !
« On devrait toujours être légèrement improbable » Wilde.
Le TDA/H ne m’aura pas apporté que du négatif, bien au contraire. Je lui dois certainement, en outre mes qualités d’adaptation, mon sens de l’humour et de l’autodérision, mes capacités d’empathie, ma curiosité et mon enthousiasme sans limite.
Mes actes manqués, mes lapsus, mes gaffes, font aussi partie de mon charme et je resterai comme Oscar Wilde le recommandait « légèrement improbable ».
Amélie
Je suis belge, j'ai 38 ans (nous sommes en décembre 2001), célibataire et maman de deux ados Lou 13 ans et Léa 12 ans.
J'ai un travail qui me lait beaucoup et qui me permet d'être souvent en contact avec des enfants.
Je suis dixit ma maman née insupportable, aînée de 4 enfants j'ai été à ce qu'il parait 100 fois plus épuisante à éduquer que mes trois frères.
Heureusement comme Papa était diplomate nous avons beaucoup voyagé.
Mes parents étaient et sont d'ailleurs toujours formidables.
J'étais insupportable mais maman n'a pas voulu croire une seule minute que je le faisais exprès. J'ai donc eu une éducation basée sur l'encouragement positif ce qui fait que je n'ai jamais souffert de problème d'estime de moi.
Quand j'ai eu 10 ans j'ai été diagnostiquée hyperactive et mise sous ritaline.
Maman appelle la ritaline son ange gardien. En effet je me suis du jour au lendemain transformée de monstre en enfant sage.
Puis est venue l'adolescence et les problèmes de révolte vis à vis des parents (même les plus géniaux). Eux vivaient à l'étranger, moi je commencais mes études universitaires à Bruxelles.
J'ai décidé que j'étais mature et responsable et que j'arrêtais de prendre la ritaline et que toute cette histoire d'hyperactivité, déficit d'attention et impulsivité n'était que connerie.
Après une années de ratée (au niveau scolaire mais aussi au niveau sentimental et relationnel) malgré la meilleure volonté du monde j'ai du reconnaître qu'il y avait un réel problème.
En septembre j'ai eu une grande discussion avec les parents et j'ai commencé une thérapie qui m'a permis d'admettre que je n'étais pas parfaite et que oui j'avais une maladie et que hélas pour avoir une vie correcte j'avais besoin d'un médicament.
Mon orgueil en a pris un coup mais la thérapeute était efficace et j'ai donc recommencé la médication.
Avec les années le dosage a diminué de plus en plus et même si j'ai encore toujours besoin de ritaline pour m'aider à faire face à mon déficit d'attention, mon hyperactivité et mon impulsivité je ne prend plus que 2 fois 5 mg par jour ce qui est vraiment un dosage très faible mais qui est tout à fait efficace dans mon cas.
C'est à l'université que j'ai rencontré mon mari.
Homme génial et formidable et bien évidemment hyper comme moi même si jamais diagnostiqué.
Nous avons eu deux filles qui dès la naissance dixit maman étaient mon portrait tout craché.
J'ai mis dès le départ en place une éducation valorisante pour les enfants et basée sur les encouragements tout en de faire évoluer mes filles dans le cadre le plus structuré possible.
J'ai eu beau faire, la vie avec Lou et Léa était épuisante.
C'est maman qui m'a conseillé de consulter pour les filles (lorsque Lou avait 5 ans) et avec raison.
Entretemps mon mari était mort dans un accident de voiture et je me retrouvais toute seule pour élever mes deux filles.
Heureusement que j'ai toujours pu compter sur mes parents et plus particulièrement sur maman.
Je ne sais pas comment j'aurais pu tenir le coup sans elle.
J'ai la chance d'avoir une famille formidable mais aussi une famille qui connaît le problème du TDA/H depuis plus de 20 ans. Je pense que cela aide.
Mes filles sont toutes les deux médicamentées mais souvent les profs refusent d'admettre qu'elles souffrent d'une maladie.
Elles ont déjà eu à souffrir de la mort de leur père et donc il est hors de question que je laisse l'école leur faire du mal c'est ainsi qu'elles ont changé régulièrement d'école, à chaque fois que je tombais sur un prof stupide ou borné et je peux vous dire qu'il y en a un paquet.
Elles sont suivies depuis qu'elles sont petites et ont la chance d'avoir chacune une psy formidable. Cela aide aussi beaucoup.
Bref ritaline plus une famille géniale plus une aide psy et si il n'y avait pas l'école les choses se passeraient au mieux.
Le seul problème est que je n'arrive pas à trouver un homme qui soit prêt à s'imposer dans notre petite famille.
Ce n'est pas grave et ne m'empêche pas d'être heureuse.
Marie
J'ai découvert le forum de l'association TDA/H Belgique il y a peu.
Je suis la maman de trois enfants dont le "moyen" est TDA et dyscalculique.
Je suis vraiment contente d'avoir découvert ce forum et de pouvoir partager mon expérience avec d'autres parents.
En relisant d'anciennes discussions, je me suis rendu compte de la composante génétique du TDA/H: beaucoup de familles comptent plusieurs enfants TDA/H et beaucoup de maman se rendent compte qu'elles sont elles-mêmes TDA/H.
Quand la neuropédiatre qui a enfin diagnostiqué notre fils TDA, elle m'a demandé s'il y avait d'autres cas dans la famille. En toute sincérité, j'ai dis non, il est vraiment le seul à avoir des problèmes scolaires.
Depuis quelques jours je me pose beaucoup de questions par rapport à moi-même et à ma famille.
Quand j'ai fini mes maternelles, on a voulu me mettre dans l'enseignement spécial parce que je ne tenais pas en place. Ma mère a rigolé et n'a absolument pas tenu compte de cet avis (dont elle m'a parlé il y a peu). Par la suite, j'ai récolté punitions sur punitions et jours de renvoi sur jours de renvoi. Etonnamment, j'ai très bien vécu ma scolarité puisque ma mère me félicitait toujours pour mes punitions preuve pour elle que j'avais un esprit indépendant. Pour canaliser mon énergie, j'ai fait du sport (20 h par semaine minimum).
Je me suis beaucoup ennuyée à l'école mais comme j'avais des tonnes de copines et que je faisais toujours le clown ça me plaisait beaucoup. Je n'ai jamais arrêté de faire le clown même à l'univ et après dans mon boulot. Maintenant j'ennuie mes collègues et mes étudiants et je ne tiens toujours pas en place.
J'ai toujours eu l'impression d'être différente et on me considère comme une extra-terrestre. En fait je suis incapable de faire une seule chose à la foi. Pour moi, c'est normal mais ça perturbe les autres. Par exemple en réunion je rédige un projet et en même temps je participe à la discussion. A la maison je lis et je regarde la télé en même temps. Je cuisine et je plie une manne de linge et je téléphone. Je traite toujours plusieurs dossiers en même temps, 5 minutes chacun et entre les coups j'envoie des mails et je téléphone. Et je ne reste jamais 5 minutes assise. A la fin de la journée j'ai en général fait le double du travail des autres mais à ma manière.
Pour moi c'est normal j'ai toujours vu mes parents et ma soeur faire comme ça. Aux réunions de famille on entretient tous plusieurs conversations en même temps parfois dans plusieurs langues pour mieux se repérer quand on discute de deux choses en même temps avec la même personne. Evidemment tout le monde se lève et même parfois on mange debout. Les beaux enfants sont habitués et les invités aussi ils trouvent ça marrant en général.
J'ai 38 ans et je ne me suis jamais posé la moindre question. Ma grand-mère était comme ça et on faisait des courses de vélo avec elle alors qu'elle avait 75 ans, ma mère est comme ça, elle ne s'assied jamais c'est presqu'impossible pour elle d'aller chez le dentiste, je suis comme ça et mon fils aîné est comme ça. Il ramène des punitions parce qu'il ne tient pas en place et fait toujours autre chose que ce qu'on lui demande en classe. Evidemment je le félicite pour moi c'est normal de dessiner partout y compris sur ses vêtements, je faisais la même chose.
S'il n'y avait pas mon petit deuxième qui lui est si calme et qui a tellement de problèmes d'attention, je n'aurais jamais entendu parler de TDA/H. Je ne sais pas si on est tous TDA/H non diagnostiqués mais j'ai vraiment l'impression qu'il y a des signes: hyperactivité et incapacité à faire plus de 5 minutes la même chose. A part pour mon pauvre loulou, cette différence est pour moi une chance.
Je ne sais pas si vous pensez maintenant que j'appartiens à la famille fol-dingue mais ça m'a fait du bien de raconter mon histoire, je n'en parle jamais à personne même si je vois que les gens me regardent parfois bizarrement quand je commence à travailler en multitâche.
Sofia
J'avais envie de laisser un post pour aider, peut-être et sans prétention, les parents qui ont médiqués leurs enfants, mais qui n'ont finalement que peu de retour sur comment les enfants se sentent de l'intérieur.
Mon mari est sous Ritaline traditionnelle depuis peu, surtout pour le DA. Il a 32 ans, il a donc bien pu m'expliquer comment ça marche chez lui.
Il dit qu'à la montée du médicament, il ne voit pas de différence.
Il sent seulement à partir d'un certain moment, il se sent plus efficace. Que le lien entre l'idée qu'il avait en tête et sa réalisation, le chemin est direct, de A à Z. Il est d'ailleurs souvent étonné d'avoir pu mener sa tâche à bien.
Il dit aussi qu'il peut faire plusieurs choses en même temps, scier son tronçon de bois, répondre aux questions des enfants et profiter du plaisir présent en même temps.
Il a l'impression d'être sorti du brouillard. Sa tête n'est plus prise par tous les bruits et les stimulations du quotidien. Il arrive à fixer les priorités et sent très bien que de s'organiser n'est plus un effort de titan. Du coup, il est moins fatigué et moins irritable.
Concrètement, il a remarqué mes nouvelles chaussures (que j'ai depuis 6 mois), on ne doit plus repasser derrière lui quand il range la cuisine (yes!), il sait où il a posé ses affaires et je viens de réaliser qu'en fait il sait lire l'heure!
Il arrive maintenant à voir la globalité d'une situation et répondre aux attentes de chacun. Il peut suivre des conversations et y répondre adéquatement et du coup, il reprend confiance en lui.
La fin de la médication m'a plus fait souci:
Il m'a dit, c'est comme dans le film "Daylight" (pour ceux qui l'on vu!), au moment où les personnages se retrouvent coincés dans le tunnel qui se rempli d'eau et ils n'ont pas d'issu pour fuir. Il a l'impression que toutes les informations arrivent de nouveau en même temps et là, il ne gère plus.
Il dit que le contraste entre cette limpidité de la médication et l'arrêt brutal des effets a, chez lui, un effet plutôt paniquant.
L'autre jour, la chute de la médication a eu lieu pendant le repas du soir. Mon mari a dû quitter la table. Il n'a pas supporté toutes les sollicitations des enfants en même temps, il s'est senti submergé. Alors que les repas agités sont notre quotidien depuis des années. Il n'a pas seulement pu s'isoler pour reprendre son calme. Il a dû aller courir pour décharger la tension. (bizarre, lui qui est plûtôt DA que H).
ça m'a fait réfléchir sur comment on gérait notre fils en fin de médication. Une chose est claire et on a de la peine à l'intégrer tant que l'on ne l'a pas vécu, c'est qu'ils ne peuvent pas faire autrement et que malgré toute la bonne volonté du monde, ils ne peuvent pas se contrôler pour tenir tranquilles et ne peuvent pas faire plus d'effort pour se concentrer mieux.
Tout ça pour dire que j'en étais revenue à me poser mille questions sur l'éternelle médication pour en arriver à la conclusion que nous avions choisi pour mon mari qu'il arrête de vivre avec des restes de vie, avec des éternelles "non-réalisations", avec des "peut mieux faire".
Il a choisi d'être médiqué pour être parfaitement (enfin du mieux qu'on peut), acteur de sa vie.
On peut dire alors que la médication n'est finalement que du confort. Puisqu'on ne meure pas du TDA/H en soi. (mais peut-être de ses conséquences).
La Ritaline n'est pas vitale en soi, mais elle permet la réalisation de soi. On accède à un autre niveau. On ne se contente plus faire avec ce que l'on a, mais mon mari peut maintenant faire ses choix à armes égales avec la population générale et essayer de récuperer ce qui peut encore l'être.
Alors non, la médication n'est pas un luxe (quoique le prix nous le ferait penser!), mais le choix (et souvent la nécessité) d'une vie meilleure. Nous serions bien bêtes de refuser cette opportunité de nous épanouir.
Grâce à l'expérience de mon mari, je suis plus en paix avec cette médication et j'ai arrêté de me demander ce que nous avions fait à notre fils.
Voilà, sûrement que ma longue considération en fera hurler plus d'un, mais peut-être qu'elle en appaisera un autre.
Chaque chemin est difficile et différent, mais qu'est-ce qu'on grandit à chaque fois.
Amandine
Je voulais vous faire partager mon vécu car sur le forum quand on parle de l'avenir des enfants TDA/H je lis souvent études supérieures, université et autres.
Ce n'est pas le cas de mon mari.
Mon mari est un hyperactif avec un QI limité.
C'était un enfant considéré comme retardé mental avec un QI de 70. Il souffrait aussi d'hyperactivité.
Cet enfant qui n'avait rien pour lui au départ dans notre société actuelle et bien j'ai eu la grande chance de l'épouser.
J'ai un quotient intellectuel tout à fait normal et je suis la plus heureuse des épouses.
Mon mari reste un adulte hyperactif. C'est formidable. Souvent j'ai l'impression d'avoir épousé une pieuvre qui a 12 mains. Il arrive à faire en une heure ce que parfois je mettrais une journée à faire. Il a un travail qu'il adore. Il est jardinier municipal. C'est un homme doux, tendre, drôle avec qui j'ai une relation incroyable.
Parfois les gens me demandent comment je fais pour aimer un handicapé mental. Ces gens ne regardent pas mon mari ils voient un handicapé et moi je voie seulement l'homme que j'aime.
Nous ne trouvons jamais chez la personne que nous épousons toutes les qualités dont nous rêvions.
Mon mari a presque toutes ces qualités sauf une, l'intelligence qui est calculée par les tests de QI.
Votre mari à vous s'intéresse au tricot? Non, vous faites quoi? Vous allez en parler avec vos amies alors et bien moi c'est pareil ce que je ne trouve pas chez mon mari je le cherche chez mes amis et amies mais aucun ne m'apporte autant que mon mari.
Nous avons deux enfants. Nous savions que les problèmes de QI de mon mari étaient dus à un accident pendant sa naissance et que donc ce n'était pas héréditaire. Nous avons donc fait deux enfants formidables et terriblement épuisants aussi car hyperactifs.
J'ai la chance d'avoir un mari qui fonctionne comme eux et qui contrairement à moi a une patience d'ange. Les enfants sont adolescents maintenant et au niveau scolaire mon mari ne comprend en général plus la matière mais quand il s'agit de faire étudier du par coeur il peut passer toute une journée à le faire sans jamais s'énerver, sans jamais perdre patience.
Il a appris à mes enfants à lire, cuisiner, à rouler à vélo, à nager, à jardiner et surtout à aimer.
Ils donnent 100 fois plus à nos enfants que 99% des pères et les enfants le lui rendent bien en retour et il me donne 100% plus que 99% des maris donnent à leur femme.
Camille : pourquoi aider un enfant atteint de TDA/H ?
J'avais envie de laisser un message pour toutes celles et ceux qui hésitent à mettre en route une aide (médicamenteuse ou non) pour leur enfant TDA/H.
Ceci parce qu'il y a quelque chose dont je ne m'étais pas rendue compte avant d'y être confrontée cette semaine.
Mon mari souffre d'un TDA diagnostiqué, mais pas encore pris en charge.
Il est mécanicien de formation. Mais, il a tout passé à la raclette et ses bulletins scolaires sont...médiocres. Beaucoup de remarques sur sa lenteur, son manque de discipline, son écriture, sa distraction permanente, sans parler des ses notes... d'où les lacunes d'aujourd'hui.
Il a commencé une formation post-grade en cours d'emploi.
Je n'ai jamais vraiment suivi son apprentissage me disant qu'il était quand même adulte. Jusqu'à cette semaine, car il doit rendre son travail de fin de module.
Ce travail qui devait comporter au moins 50 pages (et qu'il devait rendre aujourd'hui), n'en a que 8. J'ai vu cette semaine mon mari peiner dans l'élaboration de ce travail comme je ne l'avais jamais vu avant.
Incapable de se fixer une discipline de travail, des phrases non-terminées qui ne veulent rien dire, orthographe, grammaire, syntaxe, écriture, niveau même de français, organisation des chapitres...ce travail est une catastrophe.
Il ne peut fixer son attention sur le PC, il regarde ailleurs, joue avec ses papiers et ses stylos...
J'ai regardé ses cours...ses prises de notes sont...vierges...
J'en ai parlé avec lui et il m'a avoué qu'en fait, cela fait 6mois qu'il n'arrive pas à suivre, il décroche tout le temps.
J'ai lu dans ses yeux la honte, la déception, le découragement.
Il n'a jamais rien dit.
Mais toutes ses douleurs d'enfant qui a toujours lutté pour passer à la raclette avec son lot de remarques désobligeantes et ses humiliations ont refait surface.
Il a eu honte de m'avouer que à 32ans, il ne savait pas vraiment rédiger un texte, qu'il n'arrivait pas à lire les consignes de ses cours jusqu'au bout et à les comprendre. Que franchement, des fois, il ne comprennait pas ce que sa prof voulait.
J'ai réalisé alors tout ce que ses parents, ses enseignants de l'époque avaient raté. Et ce que moi, j'avais raté aussi en tant qu'épouse depuis 12ans.
Il avait mis en place des adaptations (parfois très subtiles) pour pallier à ses lacunes pendant la scolarité et son apprentissage. Même si ce n'était pas glorieux, c'est toujours passé.
Mais une formation post-grade est quand même plus exigeantes et ses anciennes structures n'ont plus tenu le coup.
Tout ça pour dire que je sais pas encore ce que nous allons faire de sa formation, parce que non seulement mon mari a des lacunes scolaires en tant que telles, mais aussi des lacunes au niveau des techniques d'apprentissage, de l'organisation même du travail.
J'ai l'impression de tout recommencer à zéro. De faire le travail de ses parents et de ses enseigants...mais ça ne sera jamais assez. Je ne peux pas pallier à tout.
Alors voilà, pour éviter d'en arriver là, de cumuler les lacunes scolaires et une catastrophique estime de soi, informez-vous bien et réfléchissez bien à ce qu'une prise en charge globale veut dire pour l'enfant devenu adulte, mais aussi pour les conjoints et les enfants qui d'une manière implicite vivent par procuration le TDA/H.
Le français, la grammaire, l'orthographe, la prise de notes, je peux l'aider, mais ce que j'ai lu dans ses yeux, il faudra des années pour le remettre à flot.
Ne les laissez pas couler. Après, c'est trop dur.
Frédéric
J'ai besoin d'aide.
Depuis des mois je ne savais pas qui appeler et un collègue a suivi une conférence sur le TDA/H.
J'ai bien l'impression de me sentir fortement concerné : je pense avoir une dysorthographie et je cherche son origine afin de m'aider à mieux me comprendre moi-même pour mieux accepter le déséquilibre social que je vis intérieurement.
Le problème est que je suis instit et que je rencontre de gros ennuis dans ma profession : oublis quotidiens, organisation stressante, vite sur les nerfs, confusions des prénoms de mes élèves (souvent par pair), …
Si on me distrait un rien, j'oublie des mots dans mes phrases au TN, des lettres dans mes mots, petites fautes d'orthographe au je repère en prenant du recule par rapport au TN, j'oublie de faire des photocopies, j'oublie mon journal de classe à la maison, les clés de ma classe sui sont maintenant toujours attachées à mon pantalon…
Les gens pensent que je suis très organisé car je ne peux me permettre aucun oubli ce qui fait que je note tout… Ca fait sérieux et s'il savaient que lorsque j'oublie mon papier (ce qui m'arrive aussi fréquemment), je suis perdu…
J'inverse même parfois des mots lorsque je parle…
Et ce calvaire dure depuis ma plus tendre enfance : « Frédéric et toujours dans la lune, il ne semble pas écouter les consignes, il ne lit pas les consignes convenablement, a besoin de plus de temps, devrait lire des livres » (je n'ai jamais su lire un livre en entier, cela m'épuise et m'énerve)…..
Combien d'examens ratés, malgré les bonnes réponses, à cause des fautes d'orthographe dues au stress, au manque de temps. « Manque d'attention et d'organisation dans l'ordre des tâches à accomplir » me disait-on.
Si seulement j'avais su comment m'y prendre ??? Tant d'échecs scolaires (doubler 1 X en secondaire mais il était temps), même à l'école normale (doubler 1X + pause d'un an pour être animateur…).
Je me demande toujours comment j'ai pu réussir à obtenir ce diplôme et contenter si bien mon employeur (c'est vrai que je suis dynamique, spontané, j'ai de bonnes idées d'activités que je ne sais pas mettre en page, que les enfants et les parents m'apprécie énormément mais sur le plan administratif !!!) que j'ai un peu l'impression de berner chaque jour, pas en faisant du mauvais travail mais en sachant que je pourrais le faire bien mieux si j'avais eu toutes les cartes en main.
J'ai été traité de paresseux, je ne sais pas si finalement je le suis…
Je perds courage face à beaucoup de tâches lourdes. Je me sens perdu avant de commencer : par quel bout commencer, qu'est-ce qui est important… ???
J'ai souvent voulu changer de métier mais j'ai peur car j'ai reçu une éducation très stricte et une image « pure » du travail : on ne change pas comme ça de direction. En parlant de direction, j'aurais voulu être directeur d'école mais je ne saurais jamais assuré la partie administrative du métier de plus en plus lourde !!! Dommage.
J'ai maintenant bientôt 35 ans, 4 enfants merveilleux et une femme fantastique qui est prête à me suivre dans ma réflexion que je veux POSITIVE et CONSTRUCTIVE.
Maintenant, j'ai compris bcp de choses, mais je ne sais toujours pas comment faire, par quel bout commencer…
Aucun projet ne trouve un aboutissement total : et pourtant j'ai des idées informatiques, je compose des chansons (paroles et musiques) mais tout reste en boîte et rien n'est concrétisé car EN PLUS, pour couronner le tout (c'est plus une question de caractère sans doute) mais je n'ai pas confiance en moi, je crois toujours valoir moins que les autres…
Que puis-je faire ? A l'aide. J'aimerais arrêter de faire toutes ces bêtises, de commettre ces disputes par des paroles mal placées, ces ratures que j'ai pu commettre… Veuillez m'excuser mais je suis très gêner de m'identifier : ce qui explique que je ne vous donne que mon adresse e-mail dans un premier temps.
Merci de votre compréhension et merci de me répondre.
Maria
Je connais ces fluctuations d'énergie.
Voici mon interprétation :
Mon hyperactivité me donne l'envie de faire plein de choses, sans limites. Je vais jusqu'à l'épuisement de mes forces. Puis je dois
m'arrêter pour récupérer. Mais je voudrais pouvoir continuer.
Quelquepart, je suis déçue de cette limite physique où mon corps me rappelle à l'ordre.
Difficile de résister à l'envie de me "défoncer" dans quelque chose ( ça, c'est peut-être aussi l'impulsivité !).
Comment se calmer, se modérer, quand l'énergie bouillonne en soi ???
Eh bien personnellement, j'accepte ces variations d'énergie. Elles me paraissent normales. Et quand je suis fatiguée, je me repose, sans me culpabiliser, me juger, me trouver nulle ... Je connais mon mode d'emploi, c'est déjà pas mal !
Je ne sais pas si mes considérations vont vous aider ! ( une adulte de 55 ans qui ne serait plus TDAH mais qui l'aurait été
enfant et adolescente : comme quoi on peut, non pas "guérir", mais dépasser certains troubles,en effet, je n'ai presque plus de troubles attentionnels)
Amicalement.
Agnès
Pourquoi je suis aussi sensible?
Pourquoi je suis attirée par les mecs barges?
Pourquoi je suis remuée jusqu'au fond des tripes quand y a du racisme et de l'intolérance aux actualités?
Pourquoi j'ai honte de ce que je suis, ce que je fais?
Pourquoi j'en reviens pas quand on me sourit?
Pourquoi je pleure quand on me manifeste de l'amitié?
Pourquoi je fais une fixation sur l'Algérie?
Pourquoi, pourquoi, pourquoi?
Pourquoi est-ce que je vis avec les nerfs à vif, que je suis hyper-sensible à tous les pb psychologiques des gens qui m'entourent, et pourquoi on me traite d'égoiste...
Avant, je me fermais au monde, je me protégeais, mais j'étais seule... simplement, les marques d'amitiés me perturbent autant que leur absence... Ca va passer? J'apprendrai à les accepter?
Ben
Je m'appelle Benoît et j'ai 35 ans.
Le matin lorsque je me lève je suis paniqué à l'idée d'accomplir les choses que la princesse qui partage ma vie dresse sur une liste. Je bois mon café, je mange un peu ( malgré moi, je n'ai jamais su déjeuner! ), puis je prends mes 2 comprimés et... Je "rebois" un café. Quelques temps plus tard, tout se précise je vois ou et quand je dois faire les choses. Je commence par les les plus ingrates en me disant que si je suis trop crevé je laisserai les plus futiles de côté.
Mais depuis la rilatine, non seulement je fait tout mais en plus j'ai du temps pour faire d'autres tâches.
Bien sûr je compte me faire accompagner pour pouvoir apprendre à être plus autonome.
Je serai donc plus content de moi et donc je l'espère plus heureux.
Hope and love à vous tous, je pars en vacances ce w.e. !!!
Kirikou
Je prend de la rilatine.
J'arrive à vivre sans. Bien sur !
Les aveugles savent vivre sans leur canne blanche aussi. Je n'aime pas prendre de la rilatine.
L'idée d'avoir besoin d'un médicament pour fonctionner comme il faut me dérange. Je n'aime pas ses effets secondaires.
Cela fait plusieurs années que j'en prend maintenant et certains effets sont toujours là.
Oh on me dira ce n'est pas grave. C'est vrai. La preuve est que je continue à prendre ma rilatine malgré les effets secondaires. Cela veut dire que les effets positifs sont plus nombreux que les effets négatifs.
Mais qui aime avoir la bouche pâteuse jour après jour ? Qui aime avoir le cœur qui s'accélère ?
Mais aussi qui aime se tromper dans son travail ? Qui aime être impulsif au point de voir des reproches dans les yeux de ses enfants? Qui aime oublier de payer des factures ?
Les exemples sont nombreux. Depuis que je suis sous rilatine ma vie a changé.
Je sais enfin qui je suis. Je sais quelles sont mes capacités.
Mon patron m'apprécie énormément. Je suis devenue la personne la plus efficace du service.
En fin de compte depuis que je suis sous rilatine je bénéficie enfin des avantages de mon TDA/H c'est à dire efficacité, rapidité, sens de l'à propos, vivacité d'esprit mais plus de ses inconvénients. Alors je prend de la rilatine.
Je pourrais vivre sans c'est sur.
Mais quelle vie ? Depuis la rilatine j'ai enfin l'impression de vivre ma vie.
Amitié
Erwin
Mon parcours,
D'écoles en écoles, d'échecs en échecs, pour moi d'humiliations en humiliations, bref, qualifié de turbulent, de fainéant et de très mauvais élève. À
treize ans un Médecin d'Erasme me donne de la Rilatine , mais dans cette spirale négative j'avais peur de tout et j'ai refusé le traitement, bizarre mais je n'avais que 13 ans.
Voilà les échecs qui reprennent leurs droits sur ma vie, j'en ai vraiment bavé pendant 29 ans.
À 24 ans ma Neuropsychiatre me dit que je souffre de schizophrénie, encore un coup dur, étant très perturbé par ma vie de mauvaises nouvelles, je
fais mon entrée dans les hôpitaux psychiatriques. Durant cinq ans avec toujours une hésitation sur ma maladie , on me donne tous les médicaments qu'un schizophrène prend, ils n'avaient pas d'effets positifs sur moi, cinq ans d'hôpitaux psychiatriques en hôpitaux psychiatriques.
Jusqu'au jour où ma Neuropsychiatre va à une conférence sur le TDA /H . Elle me dit : je vais te prescrire un médicament qui soit ne va rien changer du tout ou va tout changer ! Résultat, tout change et principalement ma concentration et ma spirale d'échecs prennent enfin fin. Tout reste
très dur pour moi parce que tout reste à prouver, je veux parler de ma capacité à vivre comme tout le monde. Voilà le résumé de mon parcours.
Merci de m'avoir lu.
Jasmine
Je suis heureuse de lire des témoignages d'adultes aux prises avec le TDA.
J'ai été diagnostiquée il y a trois ans. J'ai 44 ans. Depuis, je me documente à ce sujet et quel soulagement de pouvoir expliquer l'instabilité et l'impulsivité qui m'ont caractérisée depuis l'adolescence. J'ai changé plusieurs fois d'orientation scolaire, occupé plusieurs emplois, eu
plusieurs amoureux et j'ai déménagé bien souvent avant de prendre conscience de mon trouble de déficit d'attention.
Aujourd'hui, j'ai une médication, je suis plus calme et plus stable. Cependant, j'hésite encore à m'engager dans des projets ou des relations, hantée par la peur
d'abandonner de nouveau. Mais au moins, je n'éprouve plus cette honte qui m'habitait à l'époque où je me demandais quel était mon problème.
Merci et au plaisir!
Colienne
je suis en congé de maladie pour deux mois, il y a une semaine et demie j'ai craqué : impossibilité de me concentrer qui m'a amenée à faire une erreur et à être ridiculisée par une consoeur
de travail. Tout l'étage l'a su. Moi qui fait des énormes efforts pour me concentrer, qui essaie de contrôler médicalement mon déficit d'attention, qui essaie en mettant d'énorme efforts et qui n'a pas eu d'effets des médicaments jusqu'ici, eh bien je n'en pouvais plus!
Je suis à la maison, mon médecin m'a conseillé d'écouter de la musique et d'arrêter d'avoir honte de ma vie, je n'arrive pas.
La consoeur de travail qui m'a ridiculisée ainsi que sa comparse m'ont pendant des années ridiculisée ou ri de celles qui ne vivaient pas comme elle.
Moi qui était pourtant une personne combative et indépendante je me retrouve aujourd'hui complètement controlée par ces personnes, je n'ose plus rien faire parce que je pense que tout ce qui compose ma vie n'est pas correct.
Rationnellement je sais que cela n'a aucun sens que ces personnes ne sont pas le centre du monde mais seulement le centre stupide d'un bureau, je n'arrive pas à les éliminer de ma tête. Tout ce que je fais dans ma vie c'est dans le but de faire comme elles, ou au contraire de faire des choses pour m'y opposer et non seulement parce que ces choses me plaisent.
Dans ma tête ça roule tout le temps, je suis comme un hamster qui tourne dans sa roue.
Avez-vous des trucs pour vous concentrer et mettre le bouton sur pause?
Etre adulte atteint de TDA/H pour Jess cela veut dire que :
- je me laisse distraire facilement (et c'est peu dire)
- j'ai des difficultés à me concentrer (je me demande même encore quelle est la signification du mot « concentrer »)
- j'ai tendance à sortir ou à m'écarter des sujets de conversation (et j'ai aussi beaucoup de mal à cesser de parler quand je commence)
- je suis impulsive ( oui mais juste ce qu'il faut mais pas forcément quand il faut)
- je prends des décisions de façon précipitée sans toujours en envisager les conséquences (parce que dans le cas contraire, je me serais pas mariée avec un monstre)
- je suis agitée, souvent hyperactive et extrêmement nerveuse (moi c'est plus à l'intérieur, surtout l'hyperactivité qui se planque a l'heure du ménage)
- je suis fatigante pour mon entourage mais bien plus encore pour moi-même (j'ai plus l'impression que c'est les autres qui me fatigue, surtout les cons !!!!)
- j'ai souvent le sentiment profond de ne pas donner mon plein rendement, de ne pas utiliser tout mon potentiel (sauf pour les conneries, les bavardages et pour « négativer » à fond)
- j'ai des difficultés dans mes relations humaines ( apparemment le vide autour de moi c'était pas ma faute, mais difficultés relationnelles sont concentrées surtout avec les assistances sociales, banquiers et artisan )
- je ne peux pas tolérer l'ennui et suis toujours en train de chercher quelque chose à faire ( avec Estelle plus aucune chance de m'ennuyer, et j'ai toujours trop de trucs a faire et pas assez de temps)
- il m'est difficile de m'organiser ( je suis une pro de manque d'organisation et j'arriverais à désorganiser une caserne entière)
- je suis impatiente et tolère mal les frustrations ( en vieillissant j'apprends)
- je suis d'humeur variable (comme le baromètre puisque je marche avec la météo du jour, en ce moment c'est pluie et vent, une chance ici y a pas de tornade)
- je passe par des épisodes d'anxiété, de dépression et de solitude. ( moi c'est la solitude qui me déprime et m'angoisse, il me faut plein de monde gentil autour de moi)
- je trouve difficile de suivre les sentiers battus ou les procédures habituelles. (certainement pour ça que je ne m'en sort pas côté paperasse)
- je mène toujours plusieurs projets de front (déjà rien que faire le tri dans mes idées c'est du boulot)
- je suis mauvaise observatrice de moi-même et souvent je ne me rends pas compte de l'effet que je produis sur mon entourage. ( je crois bien me rendre compte de l'effet négatif que je suis capable de produire et souvent je mérite des baffes )
- j'ai tendance à dire tout ce qui me passe par la tête sans tenir compte du moment ou de la pertinence discutable de mes propos. (et en + je mélange tout, ça peux sortir en vrac et tout à l'envers)
- j'ai peu d'estime personnelle, ce qui m'amène à être sans pitié pour moi-même et pour autrui. ( c'est bien pour ça que je suis la plus nulle ici et sur la planète non ?)
- je suis inquiète, anxieuse et manque de confiance dans plusieurs domaines de ma vie. ( pour le moment ma vie est bien trop perturbée et incertaine pour que je trouve confiance en moi-même)
- je suis trop perfectionniste et m'oblige indûment à performer. ( pas moi et toc !!!)
- je me rebelle et met l'autorité au défi comme pour couvrir le déficit d'attention qui me fait me sentir tellement différente des autres. ( là je ne sais pas quoi dire, mon déficit d'attention fait partie de moi et je me sens comme les gens que j'aime puisque les autres ne comprennent pas)
- je suis souvent sur la défensive ( héhé les armes dans la poche, prète à bondir on sait jamais)
- je réagis mal à la critique personnelle ou à l'indifférence. ( moi aussi parce que les autres sont pas juste et ils disent n'importe quoi na !!!)
- il m'arrive d'être trop attentionnée ou paternaliste afin de me sentir utile et de ne pas être rejetée ou abandonnée (si j'avais été moins attentionnée et moins utiles, je ne serais peut-être pas dans cette galère, alors maintenant c'est on m'aime comme je suis et si on m'abandonne et bien tant pis pour l'autre)
- la négation ou le déni sont parfois pour moi une question de survie afin de me protéger de la réalité ( c'est pour ça que je suis restée marié 22 ans a un monstre sans ouvrir les yeux sur la triste réalité, c'est long comme délai de réaction)
- je peux être manipulatrice ou contrôleuse afin de mieux gérer ma vie et de rendre plus tolérables les symptômes de mon déficit d'attention. (moi je suis celle qui se fait manipuler)
- je me sens parfois mal en société et quand c'est le cas, j'ai tendance à m'isoler. ( moi c'est le contraire, sauf que j'ai pas l'occasion d'être en société)
- je souhaite ardemment me soustraire au déficit d'attention qui m'affecte de manière si négative. (moi aussi, c'est trop galère car il faut faire attention à ne par perdre l'attention qui se barre tout le temps, alors forcément que c'est impossible de se concentrer et de s'organiser, et que tout ça fini par un gros coup d'impulsivité qui part dans tout les sens puis on fini par raconter n'importe quoi, et les autres pensent qu'on est dingue ? mais y a de quoi avec nos cerveaux en ébullition et nos serpillières dégoulinantes a la main) (Vous avez suivis ou je recommence en moins vite ) Je vous invite, ce soir, à ne pas nier les problèmes des personnes atteintes de TDA/H mais à croire...
- Croire profondément en leur capacité d'évolution ( Pascale en est l'exemple)
- Croire en eux et faire confiance à leurs multiples talents (ou vous passe les détails)
Etre atteint de TDA/H est difficile ... invivable parfois,
Il ne faut pas le nier mais, cela peut aussi être formidable et cela, il ne faut jamais l'oublier.
Etre atteint de TDA/H cela veut aussi dire que :
- Nous sommes intelligents et les défis intellectuels sont pour nous une grande source de motivation. ( les défis pas intellectuels peuvent être tout aussi motivant, par ex lire les délires de certaines dingues de serpillières)
- Nous sommes créatifs et créateurs. (j'ai tricoté des chaussettes pour mobile, c'est une preuve et même que pour un devoir de Paulette en art plastique, j'ai crée un sac avec une serpillière et elle a eu une super note)
- Nous faisons preuve d'une grande imagination et avons une façon unique de nous exprimer. ( et même que parfois l'imagination déborde, on peux pas avoir une façon unique de s'exprimer puisque nous sommes tous différents même quand on est hyperactif)
- Nous débordons d'énergie et d'enthousiasme face aux défis. ( ça dépend de quel défis, car mon énergie devant les défis de « paperasserie » administrative est plutôt momifiée)
- Nous avons une intuition juste et nous percevons facilement les besoins et le ressenti des autres. (oh oui, on est super doué pour ça)
- Nous avons beaucoup de ressources et pouvons trouver bien des moyens et plus d'une manière de faire les choses. (en ce moment les ressources sont basses et j'ai plus de moyens pour imaginer des manières de faire sans)
- Nous avons un très grand cœur et aimons nous dévouer. (surtout moi, et mon cœur est vraiment très grand pour aimer)
- Nous avons le sens de l'humour et sommes capables de faire rire. (enfin c'est surtout notre déficit d'attention qui fait rire)
- Nous sommes vaillants et avons tendance à dire : «Rien n'est impossible». ( moi c'est plutôt vacillante avec mes 45kg mais je me dis quand même que « c'est encore possible »
- Nous sommes prêts à prendre des risques puisque, ceux-ci, sont pour nous une source d'excitation. ( et vous pensez que c'est pour ça que j'ai épousé P. ? )
- Nous sommes loyaux, honnêtes et dignes de confiance. ( oui et on ne supporte pas les hypocrites)
- Nous faisons preuve de souplesse et nous adaptons facilement aux changements. ( d'autant que souvent on a pas le choix)
- Nous sommes de bons observateurs du monde qui nous entoure et sommes capables de trouver des solutions rapides à des situations compliquées. ( oui mais des solutions rapides pour les autres, pour moi je sais pas)
- Nous sommes productifs et efficaces quand nous aimons ce que nous faisons. ( 4 enfants THADA !!!!!)
- Nous pardonnons et gardons rarement des rancunes. ( Pascale , tu me pardonnes donc d'avoir fait quelques commentaires)
Etre atteint de TDA/H est difficile ... mais, nous devons croire en nous car nous sommes notre meilleur thérapeute. ( aide toi et le ciel t'aidera, en bref c'est ça )
Yannick
Bonjour, pour tous ceux qui ne savent pas encore ce que cela change, voici mes premières impressions, forcément très subjectives.
Tout d'abord, je dois vous dire que je ne m'attendais à rien, non par pessimisme, mais parce que j'étais absolument incapable d'imaginer "l'avec" : je n'ai jamais vécu autrement qu'avec mon
déficit d'attention, je me trouvais normal, c'est-à-dire avec des qualités et des défauts. Me projeter mentalement dans une phase sans TDA s'averais donc impossible.
Et puis, ce matin, vers 11h, de retour de la pharmacie, la première pillule de Chlorhydrate de Méthylphénidate 10 mg passe dans mon gosier, descend dans l'estomac, se diffuse dans mes artères jusqu'à mes récepteurs dopaminergiques : vous dire que j'ai immédiatement ressenti une
différence, une révélation, un flash ? Non.
Un quelquonque effet indésirable, une nausée, un mal de tête, un vertige ? Pas le moins du monde.
Simplement, je suis allé cherché ma fille à l'école et, sur le chemin du retour, j'ai discuté avec elle en conduisant calmement, elle n'a jamais eu besoin de me répêter ses questions, le dialogue
était fluide, la radio chantait et ma conduite restait sûre et simple, sans fatigue.
Puis nous sommes allé faire quelques courses, sans liste, sans rien oublier tout en discutant encore.
Puis nous déjeunâmes en famille, j'écoutais mon épouse me raconter quelques anecdotes, je répondais aux demandes des enfants sans perdre le fil de la conversation, la radio diffusait faiblement quelques tubes des années 80 et il m'était facile d'évoluer dans ce flot de son, tout en servant de l'eau à la grande, félicitant le cadet pour son bon appétit, mémorisant le programme de l'après-midi : et voilà comment les choses les plus évidentes et simples pour tous sauf moi,
deviennent évidentes et simples; voilà comment la pesante fatigue de midi n'était même plus un souvenir; voilà comment je suis passé d'irracible à attentif et même, attentionné.
Voila, ce n'étaient que les 10 premiers mg. Marraine la bonne fée, ne m'a pas accordé la permission de minuit et ce soir, le carrosse redeviendra citrouille mais d'ici-là, j'aurais commencé d'apprendre la valse et demain, je recommancerai et bientôt, je saurais danser.
Marie-Noëlle : LETTRE OUVERTE AUX POLITICIENS BELGES
Mesdames, Messieurs,
Si je m'adresse aujourd'hui à vous par le biais de cette lettre, c'est pour la simple raison que je me sens abandonnée par les pouvoirs publics.
Mon histoire est simple et tout à fait banale, cependant, elle n'est pas facile tous les jours. Je suis maman de quatre enfants (entre 3ans et 14 ans), il y a de cela 10 ans le père de mes trois aînés est décédé brutalement des suite d'un cancer fulgurant, j'avais à l'époque 27 ans. La vie a repris ses droits et depuis 5 ans, j'ai fondé une nouvelle famille avec mon compagnon (divorcé et père de deux autres enfants).
Tout paraît merveilleux, mais la réalité est tout autre…
L'aîné de mes enfant (14 ans) est déclaré hyperactif à l'âge de 6ans, rien de bien grave me direz vous et pourtant! La vie de notre petite famille a bien changé depuis quelques années, la MALADIE dont souffre mon fils est un véritable enfer (pour lui et pour ceux qui l'entourent).
Au-delà du fait qu'il est très nerveux, il est également atteint de troubles du comportement et de l'attention, cela fait maintenant 8 ans qu'il est en thérapie régulière et qu'il prend des médicaments ( Rilatine pendant 5 ans mais suite à de trop nombreux effets secondaires, nous avons du arrêter, nous sommes donc passé au Concerta, il prend aussi des médicaments pour pouvoir dormir de manière plus paisible)
Si je vous explique tout cela, c'est pour vous demander de penser à nous, famille d'enfants malades mais pas reconnus, en effet, nous ne bénéficions d'aucune aide financière pour pouvoir soigner nos enfants. De plus, je bénéficie d'une pension de survie d'un montant de 970 euros par mois, mes allocations d'orphelins m'ont été supprimées quand mon compagnon c'est domicilié chez moi, je suis donc revenu à des allocations normales (pour mes quatre enfants j'ai droit à 748 euros par mois), ce sont les seules revenus dont je dispose pour vivre (paiement du loyer, nourriture, frais scolaire, voiture,…) et soigner mes 4 enfants.
Il faut savoir qu'une boîte de Concerta coûte 56 euros, rien n'est remboursé par la mutuelle (il lui en faut une par mois), une visite chez le pédopsychiatre en coûte 62, je suis remboursé de 46 euros ( nous y allons en moyenne deux fois par mois). Pour la deuxième fois en deux ans, il doit être hospitalisé dans un service spécialisé car ses troubles sont trop importants, nous envisageons même de le placer en internat dans un centre médico pédiatrique, j'ignore aujourd'hui comment je vais payer les factures…
Il est beau de vouloir aider les pays en voie de développement mais ne serait-il pas plus judicieux d'aider les citoyens belges à sortir la tête hors de l'eau et à s'occuper des vrais problèmes qui nous touchent de près?
A vous de me répondre et peut-être de me proposer des solutions pour éviter que mon fils ne finissent un jour comme un marginal parce qu'il est malade et que je n'ai pas les moyens financiers de le traiter comme il le mérite. Ne croyez vous pas qu'il serait temps de considérer les enfants atteints de troubles du à l'hyperactivité comme des enfants malades au même titre que tout autre maladie.
Thadée
Madame la Directrice,
Je voulais vous parler de mon fils Thadée ; sans rancœur, je ressens le besoin de vider mon cœur de maman.
Aujourd'hui, vous avez refusé qu'il participe à l'excursion de fin d'année comme tout le monde…
Je sais que Thadée est difficilement gérable, c'est pour cela que je me suis proposée de vous accompagner. Vous refusez sous prétexte qu'aucun parent n'a jamais accompagné une excursion… Soit.
Qu'auriez- vous fait si une petite fille en fauteuil avait fait partie de vos classes ?
Qu'auriez - vous fait si un élève mal-voyant ou nécessitant des soins avait voulu y participer ?
Auriez- vous empêché un accompagnement ?
Je ne penses pas.
Seulement Thadée, lui, a une maladie « invisible »
Votre leitmotiv est et reste de ne pas faire de différences. Pourtant Madame, Thadée EST différent , c'est un fait.
Sans le vouloir, sans responsabilité…
Ca me fait penser aux gauchers qu'on obligeait à écrire de la main droite pour ne pas faire de « différences ».
Savez- vous seulement ce qu'il endure depuis ses 4 ans ?
De docteur en docteur, un diagnostique est posé : TDAH.
Que de souffrance dans ce mot. Différent, hors norme, inacceptable…c'est ce qu'il est.
Une tête sur une autre planète, un moteur à réaction en lui, de la colère qu'il ne peut maitriser, une voix criarde, trop d'impulsivité, une écriture non- soignée dûe à une dypraxie…
De grandes difficultés à se faire des amis et néanmoins, une grande imagination, un grand cœur , un enthousiasme débordant pour le découverte et un courage…mais quel COURAGE madame, vous ne savez pas à quel point !
Une journée d'école pour Thadée est deux fois plus fatigante que pour un autre.
Il doit se concentrer, ne pas crier, surveiller son écriture, ne pas trop se faire remarquer et toujours cette angoisse d'en faire trop, d'être puni, rejeté à nouveau…
Pensez- vous qu'il le fasse exprès de vous contrarier ?
Pensez- vous que ça l'amuse d'être différent ?
Mais quel enfant de 8 ans voudrait l'être ???
Depuis ses 4 ans il se fait jeter de partout. On lui dit qu'il est fou, qu'il est bizarre, débile… Qu'il n'est pas soigné, qu'il est dangereux…
On ne l'invite pas chez un copain, pas à un anniversaire, on le prive de classe verte, on le rejette du foot, du basket, d'une école…
Que pensez- vous qu'il ressente ? Vous croyez toujours que ça l'arrange d'être « hyperactif » ??
Nous essayons vraiment de faire tout ce que nous pouvons pour que tout aille pour le mieux.
En plus d'un suivi thérapeutique et de la rilatine, Thadée prend un neuroleptique depuis ses 4 ans. On ne donne pas un médicament de cette sorte à un enfant de gaieté de cœur croyez- moi.
S'il n'était pas malade, croyez- vous qu'un médecin le lui prescrirait ?
Je comprends vos efforts quotidiens avec Thadée, je vous demande aussi de comprendre ma tristesse et ma profonde détresse aujourd'hui. J'ai mal pour mon fils et je ne peux rester silencieuse.
C'est difficile pour tous, mais je croyais encore en des valeurs comme l'égalité des chances, l'intégration des handicapés ; parce que quoi qu'on en dise, cette maladie est un handicap à vivre au quotidien.
Merci de m'avoir lue.
Lionel
Je vous rejoins ce jour, sans savoir si oui ou non je suis atteint de TDA/H.
Mon prénom est Lionel. J'ai 48 ans. Depuis des dizaines d'années, depuis mon enfance en fait, je souffre de problèmes psychologiques qui n'ont jamais été diagnostiqués. Ma scolarité a été très irrégulière, très brouillonne et toujours en dessous de mes réelles possibilités. J'ai eu (et j'ai encore) de gros problèmes de socialisation, j'ai été un enfant colérique qu'on n'a jamais recadré, je suis un adulte colérique qui peut à l'occasion faire souffrir son
entourage.
Depuis quinze-vingt ans, je constate que la persistance de mes problèmes, la difficulté d'être organisé, de démêler l'important de l'accessoire, de mener à bien les projets qu'on me confie, mes tâches même banales, d'écouter les demandes de mes clients ou de mes collègues, ma difficulté à maintenir de l'ordre dans ma tête et autour de moi, tout cela mine lentement ma vie professionnelle, familiale et conjugale.
J'ai vu des psychiatres, des psychothérapeutes, des hypnothérapeutes, qui m'ont parfois soulagé mais dont l'aide n'a jamais été déterminante ni durable.
Par hasard il y a deux mois, j'ai entendu parler du TDA/H, et je me suis documenté à ce sujet. J'ai lu le livre du Dr Gabor Maté "L'esprit dispersé" et je me suis reconnu presque entier dans le tableau qu'il dresse de l'adulte avec TDA:H.
Je ne peux pas conclure mais je suis troublé. Dans le même temps, je me heurte à la méfiance ou à l'ironie de mon entourage sur ce sujet (mon médecin traitant, le psychiatre qui me suit actuellement, mon épouse, une psychologue à laquelle j'en ai parlé).
J'ai besoin de conseils, de compréhension, d'un peu d'écoute. Peut- être ai-je besoin d'un diagnostic. Mais j'ai surtout besoin de retrouver un peu de paix avec moi-même.
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Je faisais quelques recherches sur le TDA/H, trouble dont souffre mon compagnon depuis son enfance, et je suis tombée sur ce site très bien fait. |
Kate
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On m'a diagnostiquée hyperactive il y a quelques mois maintenant et je suis suivie par un psychiatre, j'ai déjà un peu expliqué mon histoire sur votre forum il y a quelques semaines. Mais à cause de mon trouble et bien que je suis sous traitement, ma vie reste très compliquée et difficile.
J'ai commencé une psychothérapie avec un psychologue et mon psychiatre va continuer à me suivre une fois par mois pour mon traitement et pour mon hyperactivité. Cette fois j'avais la ferme intention de faire un travail sérieux, mais mon cerveau est tellement compliqué que même avec les meilleures intentions du monde, j'arrive toujours à tout faire foirer. Les trois quarts du temps, je ne sais pas ce que je veux et même quand je prends une décision est prise, je la remets en question.
Voilà, je ne sais pas très bien quoi faire de moi et j'en ai marre d'exaspérer mon entourage et mes médecins, ainsi que de me plaindre. J'ai vu que vous organisiez parfois des séances de groupe pour adulte, j'aurai voulu en savoir plus. |
Paul
Un "truc" qui m'aide sur le sujet ...(j'y pense pas toujours ,ok) et qui m'aide à me centrer dans mes relations :
Cette phrase : " JE NE SUIS PAS RESPONSABLE DE CE QUE L'AUTRE FAIT,DIT OU PENSE"
Cette notion m'aide à relativiser...
Bien sur il y a la deuxième partie : " JE SUIS RERSPONSABLE DE CE QUE JE FAIS, DIS OU PENSE !!!"
sûr, là, en tant que TDA, ça coince de partout !!!
Ceci dit, personellement, je ne cherche plus à expliquer, faire comprendre à mes proches ce déficit...disons que j'ai fait le deuil de la reconnaissance de cette différence !
Après tout , je suis ce que je suis : doux-dingue, fou-fou gentil, bordélique mais hyper créatif, attirant de belles rencontres quand je suis "up", tétanisé-rideau baissé- circulez il n'y a plus personne, quand je suis "down"...ingérable et complétement irresponsable.
Bref : je suis ce que je suis, ....et qui m'aime me suive.
Je viens d'apprendre la deuxième chimio-thérapie qu'un exellent pote : trés égoistement, je préfaire mon TDA (même si c'est pas le top tous les jours ) que sa leucémie! (ok, je sais bien que c'est une idée
tordue, qu'il n'y aucun rapport entre ces deux domaines...mais ...bon.. )c'est mon resenti du jour!
P.S. Sorry pour les parenthèses, c'est ma façon d'exprimer par écrit une pensée en saut de puce-du coq à l'âne... (là , je suis sûr que vous comprenez ce que je veux dire !!!)
Séverine
Je me présente,je m'appelle Séverine. Je voudrais réussir ma vie,être aimée(balavoine).
Et oui, j'ai rien inventé.
Pourquoi je suis ici? Parce que j'en ai marre d'avoir une mémoire d'éléphant dans une cervelle de moineau. Je me souviens de tout mais j'oublie...
Pas plus tard que cette semaine, des rembousements à donner à la sécu, tous les matins je me mets dans la tête de les apporter et tous les soirs c'est pas fait, pourquoi je ne sais pas? et pourtant c'est important (300euros pour les lunettes).
Bien sûr, il y a le classique des clés, ou encore la tasse de café qu'on laisse dans le micro-ondes alors qu'on vient juste de la faire chauffer. Tant que c'est des petits tracas quotidiens de la maison c'est pas trop grave mais dès que ça se fait en dehors de son chez soi c'est problématique. ..
Au boulot, on me surnomme Mme Lagaffe, on me dit que je n'ai pas de tête ou que je suis trop impulsive, les trucs classiques. Et le problème dans mon cas c'est quand on recherche la reconnaissance des autres...on est pas crédible.
J'ai une (multitude) de capacités mais je n'arrive pas à les exploiter (c'est frustrant!!! ).
Et dans la vie en groupe, c'est la cata ...Au secours, je m'enfui!!! En réunion, avec des amis, si le nombre de personnes est supérieur à deux voir trois, je suis inexistante, en gros j'ai du mal à suivre et je me mets en retrait .Alors on me trouve inintéressante, ou les gens croient que je les trouve inintéressants ( complexe l'affaire). Mais ce qui est le plus difficile à supporter, c' est mon comportement vis à vis de mes enfants. Nombre de fois ou ils me parlent et que je ne les entends pas (et je ne suis pas sourde, enfin je crois) ou encore que j'oublie leur affaires pour l'école.
Je garde la tête haute mais au fond je suis meurtrie, je me suis toujours sentie si différente des autres... Un parcours scolaire chaotique, une adolescence effrayante (mutilation, envie de suicide, désordre alimentaire). .Des histoires amicales, sentimentales et professionnelles à répétition (ça durait pas plus d'un mois pour les 3)Un Besoin perpétuel d'aventures et de changements. Aujourd'hui, je me suis posée même si ça me démange par
période (amour=5ans et boulot=1an) mais bon avec deux marmots on essaye de se contrôler.
En bref, j'étais venue pour avoir des conseils, je ne sais pas si je suis tdah? Peut-être que c'est le cas, mais ça changera quoi? Avoir un traitement : si ça fait comme la pillule j'y penserai jamais...
Bon je vais arrêter mon roman et vous féliciter de m'avoir lu jusqu'au bout...
A bientôt.
Pierre
J'ai besoin d'aide.
Depuis des mois je ne savais pas qui appeler et un collègue a suivi une conférence sur le TDA/H.
J'ai bien l'impression de me sentir fortement concerné : je pense avoir une dysorthographie et je cherche son origine afin de m'aider à mieux me comprendre moi-même pour mieux accepter le déséquilibre social que je vis intérieurement.
Le problème est que je suis instit et que je rencontre de gros ennuis dans ma profession : oublis quotidiens, organisation stressante, vite sur les nerfs, confusions des prénoms de mes élèves (souvent par pair), … Si on me distrait un rien, j'oublie des mots dans mes phrases au TN, des lettres dans mes mots, petites fautes d'orthographe au je repère en prenant du recul par rapport au TN, j'oublie de faire des photocopies, j'oublie mon journal de classe à la maison, les clés de ma classe qui sont maintenant toujours attachées à mon pantalon…
Les gens pensent que je suis très organisé car je ne peux me permettre aucun oubli ce qui fait que je note tout… Ca fait sérieux et s'il savaient que lorsque j'oublie mon papier (ce qui m'arrive aussi fréquemment), je suis perdu… J'inverse même parfois des mots lorsque je parle…
Et ce calvaire dure depuis ma plus tendre enfance : « Pierre est toujours dans la lune, il ne semble pas écouter les consignes, il ne lit pas les consignes convenablement, a besoin de plus de temps, devrait lire des livres » (je n'ai jamais su lire un livre en entier, cela m'épuise et m'énerve)…..
Combien d'examens ratés, malgré les bonnes réponses, à cause des fautes d'orthographe dues au stress, au manque de temps. « Manque d'attention et d'organisation dans l'ordre des tâches à accomplir » me disait-on.
Si seulement j'avais su comment m'y prendre ???
Tant d'échecs scolaires (doubler 1 X en secondaire mais il était temps), même à l'école normale (doubler 1X + pause d'un an pour être animateur…).
Je me demande toujours comment j'ai pu réussir à obtenir ce diplôme et contenter si bien mon employeur (c'est vrai que je suis dynamique, spontané, j'ai de bonnes idées d'activités que je ne sais pas mettre en page, les enfants et les parents m'apprécient énormément... mais sur le plan administratif !!!) j'ai un peu l'impression de les berner chaque jour, pas en faisant du mauvais travail mais en sachant que je pourrais le faire bien mieux si j'avais eu toutes les cartes en main.
J'ai été traité de paresseux, je ne sais pas si finalement je le suis… Je perds courage face à beaucoup de tâches lourdes. Je me sens perdu avant de commencer : par quel bout commencer, qu'est-ce qui est important… ??? J'ai souvent voulu changer de métier mais j'ai peur car j'ai reçu une éducation très stricte et une image « pure » du travail : on ne change pas comme ça de direction. En parlant de direction, j'aurais voulu être directeur d'école mais je n'en aurais jamais pu assurer la partie administrative du métier de plus en plus lourde !!!
Dommage. J'ai maintenant bientôt 35 ans, 4 enfants merveilleux et une femme fantastique qui est prête à me suivre dans ma réflexion que je veux POSITIVE et CONSTRUCTIVE.
Maintenant, j'ai compris bcp de choses, mais je ne sais toujours pas comment faire, par quel bout commencer… Aucun projet ne trouve un aboutissement total : et pourtant j'ai des idées informatiques, je compose des chansons (paroles et musiques) mais tout reste en boîte et rien n'est concrétisé car EN PLUS, pour couronner le tout (c'est plus une question de caractère sans doute), je n'ai pas confiance en moi, je crois toujours valoir moins que les autres…
Que puis-je faire ? A l'aide. J'aimerais arrêter de faire toutes ces bêtises, de commettre ces disputes par des paroles males placées, ces ratures que j'ai pu commettre…
Oui c'est injuste !
Oui, c'est injuste de passer son enfance a recevoir comme seul compliment "manque d'attention", "a les capacités mais peut mieux faire", "trop distrait"
Oui c'est encore plus injuste de vivre des années en souffrance avec ses parents. C'est horrible d'être passif devant notre propre
capacité à décevoir, a ramener au néant les rêves d'aveni^r qu'ils font pour nous.
Ne jamais pouvoir répondre au "Quand vas-tu arréter de réver ?" ; s'entendre souvent dire "Tu étais si intelligent petit","je suis
tellement déçu"...
Et pourtant, je comprends. Tout. Vite. Et heureusement car si je ne comprenais pas vite, je ne pourrai pas faire vite et ma vie sociale serat entiérement détruite.
Cette capacité mise au seul profit de la mascarade de ma propre impuissance de controler ces jambes en constant mouvement, cette incapacité a discuter sans couper la parole, ce combat du quotidien
voué a l'oeuvre mort-née.
La frustration de pouvoir tout imaginer et de ne pas avoir la force de s'imposer la réalisation.
Des années à subir l'étonnement des uns, la jalousie de la facilité, les moqueries, et jusqu'où les mots vont ?
"tu t'auto détruis"
"tu n'arrive à rien"
"pourquoi tu n'utilises pas tes capacités"
"tu n'es que mon fils biologique"
Oh, bien sur, j'ai appris à faire la part des choses, certains maux ne sont que les effets d'une même cause.
J'ai pleuré ne me rendant compte que d'autres vivaient ma vie.
Et pourtant , je me suis cru aliéné, malade, désaxé. Mais pas, je ne suis pas anormal.
Oui quand tu me parles, je sens tes émotions, je suis réceptif aux changements de tes intonations, au langage de ton corps.
Oui je ne sais pas finir, je ne sais pas me concentrer.
Mais j'aimerai.
Je vis conscient de cela depuis une vingtaine d'année. Plus précisement depuis le collége, où le degré d'attention requis
augmente. Et forcemment, j'ai plus suivi.
Du premier de la classe, je suis devenu un éléve moyen, puis au fur et à mesure, un des cancres. Paniqué, j'ai cherché des moyens de faire oublié.
J'ai volé, j'ai menti, j'ai triché.
J'ai changé 150 fois de centre d'intérêt.
Péniblement, j'ai obtenu mon bac. Cela fait maintenant 8 ans, pardon 9 ans, j'ai perdu mon année d'avance, que je n'ai jamais pu apprendre une leçon 'par coeur'. Je lis des livres, oh oui, mais j'y lis des dizaines de pages en diagonale.
Je fume. Je savais que je ne devais pas commencer : je ne peux pas lutter contre mes addictions.Tant pis : je les agrémente. Ca m'aide.
Pendant 2 heures, mon esprit s'ouvre, ma conscience est appaisée.
Pourtant, je continue mes études. C'est encore pire. Non seulement les cours durent 4 heures, autant dire une éternité, mais le rythme est lent, très lent. J'essaye, je bute. Notamment sur le droit...Rire...Je le savais à l'avance, trop long, trop théorique,
trop de lignes.
J'excelle en finance, en economie...Facile, il suffit de comprendre l'idée directrice, et pour le reste, je développe dans ma tête.
Je décroche les maths. La prof est chiante. 4 heures pour rè- apprendre le chi deux, c'est trop pour moi.
Je décroche les cours. Je me réfugie dans le cuites rituelles du vendredi soir.
Je vis à découvert, dans un studio que j'ai rendu insalubre au grands éclats de rire de ma bande de copains que depuis j'ai ecoeuré.
Bah oui, je suis pas drôle, et puis faut que je te dise, toutes ces années ont rendu ma mére très castratrice. Je lui en veux pas, je
l'ai tellement déçu. Pour mon pére, comme il le dit si bien "je ne suis que son fils génétique"
J'arréte l'école. Je craque. C'est insoutenable de se sentir toujours plus médiocre.
Je trouve un job. Par hasard. Il est facile. Ca parle de chiffre, de plus value et il suffit de convaincre quelqu'un pour qu'il
m'embauche. Pas de tache trop longue, je travaille vitre, très vite. Trop vite. Je fais en 2 heures ce que les autres font en 6 heures (quoi que je les soupconnes de ne pas se voir affecter plus de
travail)
J'y rencontre une fille, je tombe amoureux. Mon dieu, c'est la premiére fois. Toutes les autres sont tombés dans l'oubli au premier
baiser.
Je reste, je la veux. Le jeu dure 1 an.
Je fume 25 G d'herbe par semaine, même le matin avant d'aller travailler. Je me sens à la limite, mais c'est ce qu'il me faut pour
supporter.
Je vais voir un psychiatre, il me parle de ma mére, mais il fait fausse route. Au bout de quelque temps, il me dit que je n'ai pas
besoin de lui, que je n'ai rien, sauf des angoisses, normales à mon age. Ca fera 400 F pour la derniére.
Nous nous marions, je travaille. Serait-ce le début de la normalité ?
Non, faut remplir les impôts, faire des paperasses débiles pour diplomés egotiques, gérer un compte, payer les charges, le loyer...Ca m'effraye rien que d'y penser.
Je vais voir un médecin, lui dit au combien il m'est difficile de dormir, que je me sens seul, pas mal, mais désabusé. Ma tension est toujours excellente. Les psychotropes seront légaux maintenant.
Au bout de deux mois, j'arrête ces médocs, ok, je dors , mais c'est quand je suis conscient que ca bloque.
Nous en avons un enfant. Mon fils. De suite après un autre, Ma fille.
Je les aime fort.
Je décide de faire ce que je fais le mieux au monde : manipuler les gens. C'est pas bien, mais je veux pas que leur vie soit médiocre. Je 'travaille' presque, je me vends, je communique, mais souvent, ca reste du vent. Parfois un sujet me passionne et m'absorbe, mais bordel, j'arrive toujours pas à finir.
Ils me disent 'ingérable', 'ne sais pas ecouter', mais 'brillant', 'créatif' et 'vendeur'. Ca leur suffit, en échange
de quelques problèmes par manque d'analyse, ils s'enrichissent tranquillement et me payent doublement : la paye et la paix.
Je gagne bien . C'est le meilleur moyen de ne pas avoir à gérer mon compte. Malheureusement, je me lasse, alors à 28 ans, je suis déjà à 5 boites.Mes enfants ne manquent de rien, ils sont pleins de vie et m'emméne à disneyland, s'accrochent à mon cou et me disent qu'ils "m'aiment très fort". Ca me fait pleurer. Pleurer qu'un jour
ils auront peut être honte de moi.
Cela fait 1 ans que j'essaye de monter un projet, pour monter ma boite. J'ai de superbes idées. Un concept sexy et des clients
surement intéressés. Voilà, le tout c'est de s'y mettre, mais c'est là que c'est compliqué.
J'ai revu un médecin, qui m'a donné d'autres drogues, las j'ai appelé pour arrêter le traitement.
Je vous demande pas de me faire voir les étoiles, juste d'empêcher mes jambes de bouger sans cesse, de pouvoir finir ce que j'ai commencé.
J'ai lu le témoignage d'olivier et comme un con j'en ai pleuré, j'ai qu une mére qui endure ce qu' enduré ma mére et ca m'a touché.
Je veux pas vous faire mal moi, je veux juste arréter de réver.Je veux juste pouvoir finir ce que j'ai commencé.
C'est confus tout n'y est pas, mais grace a vous, je me suis senti moins seul. Je l'ai bien reconnue celle qui est avec moi depuis tout petit.
Et promis je ferai ce qu'il faut, mais j'arrêterai cette jambe droite qui s'agite tout le temps, ce pied qui bouge tout seul, ce besoin de se lever d'un coup pour ne rien faire.
Merci.
Victor - Papa de Louis
Je suis le père de d'un garçon de 11 ans qui a été diagnostiqué hyperactif en 1998 à mon arrivée en Belgique.
Après avoir bien observé Louis, et ayant lui même un enfant hyperactif, le docteur L. a diagnostiqué immédiatement l'hyperactivité.
La rilatine s'est imposée ! Quasiment dans l'heure qui a suivi la prise du médicament, un silence étonnant a envahi la maison. Montant à l'étage pour voir Louis, je le découvrais assis en train jouer avec ses k-nex, reproduisant de manière fidèle le modèle de la boite de jeux. Ce n'était jamais arrivé auparavant.
Aujourd'hui, il prend le concerta et à 11 ans, Louis est devenu un enfant adorable. Son problème de comportement se fixe aujourd'hui de manière récurrente à un problème d'organisation dans sa scolarité. Il est devenu bon élève, mais au prix d'efforts énormes et épuisants de la part de sa mère.
En l'observant et en réfléchissant à ma propre enfance, je me retrouve dans Louis. J'ai donc conclu sur le tard que je suis aussi hyperactif.
Mieux se connaître, c'est mieux vivre. Epris de liberté, j'ai toujours été à mon compte. Sans passer par le salariat traditionnel, mon parcours professionnel a été plus long à se dessiner et plus dur. J'ai exercé des métiers à forte montée d'adrénaline, ce qui après coup ne m'étonne pas. Il me fallait de fortes émotions!
C'est à reculons que je suis devenu caviste (un métier bien paisible) ou j'ai végété 2 ans.
Puis ma prise de conscience m'a donné du ressort et m'a dynamisé dans mon commerce J'ai trouvé des subterfuges pour mieux m'organiser (organiseur qui sonne pour les RDV et les tâches à accomplir, post it nombreux sur mon bureau). Je me suis mis à travailler plus qualitativement, à moins perdre de temps tout en étant plus efficace.
J'ai de nouveau souvent toujours trop de choses à faire, mais mon organisation fiable à 99% me permet d'assurer tout en ayant ces montée d'adrénaline qui me permettent de me surpasser toujours un peu plus.
J'ai aussi gagné du temps pour me consacrer plus pleinement à mes enfants (et plus qualitativement).
Par contre, mon mariage n'a pas tenu. Après 15 ans de vie commune, et une prise de conscience tardive que ma femme et moi n'étions pas compatibles, la séparation de notre couple s'est imposé récemment. Je suis certainement responsable, car, émotionnellement, je me suis aperçu que je m'ennuyais avec une femme, qui voulait du calme et du repos, pendant que moi, je voulais
toujours plus d'action. Notre couple s'est épuisé dans l'incompréhension de l'autre.
QUESTION ? - Les hyperactifs ne peuvent-ils vivre qu'ensemble ?
Doris 37 ans
C'est en regardant une émission sur les troubles du comportements ou j' ai vu une famille dont chaque membre est atteint de TDA/H que j'ai eu comme une révélation !!!!
Je me suis vraiment reconnue dans ce témoignage, peut-être était-ce enfin la réponse à toutes mes questions, mes interrogations, mes errances , mes frustrations..
Toutes ces heures passées à réfléchir, à me torturer l'esprit à me demander pourquoi je me sens si différente.
Aujourd'hui j'ai 37 ans, je suis mariée et maman d'un gamin de 10 ans .
On m'a tout trouvé : dépression ,cyclothymie, bipolarité , maniaco-dépression, hyper-émotivité ...la totale , mais jamais le TDA/H et pourtant je m' y retrouve tellement dans les témoignages divers que l'on peut trouver concernant ce trouble.
Bien évidement , les ennuis ont commencé à l'école ou en famille, je me suis toujours sentie rejetée, "à part", on m'appelait "la nunuche" car je n'osais rien , j'étais complexée et angoissée . Je rentrais en pleurant à la maison...je vivais dans ma bulle , les profs me demandaient tout le temps "il y a des éléphants roses dans la cour " ?
Fille unique mes parents me disaient capricieuse, nerveuse, sensible etc ...je passais mon temps à leur dire que je m'ennuyais, j'ai consacré tout mon temps d'enfant seule devant la télé .
Vers l'age de 11 ans j'ai commencé à faire des hallucinations( bourdonnement dans ma tête) lorsque je devais me concentrer sur les maths, je cassais tous mes crayons , je mordillais tout ce que j'avais sous la main, j'étais angoissée.
J'ai toujours eu des difficultés à intégrer la matière, je n'ai jamais eu de "méthode" pour étudier.Je me rappelle que ça ne "rentrait" que lorsque j'étais en mouvement !
Mes parents n'ont pas voulu voir mes problèmes ...sans doute qu'à cette époque, c'était tabou ! En plus ils étaient enseignants ....mais points n'étaient pas trop mauvais .
Je faisais semblant d'étudier pour rassurer mes parents, mais je restais couchée dans ma chambre à rêvasser...
Mes difficultés scolaires essaient plutôt ciblées sur les matière scientifiques , pas moyen de calculer normalement et cela me handicape encore maintenant ...par contre je suis très littéraire , je peux pondre des textes en un rien de temps !
A l'adolescence, j'ai choisis des études artistiques qui me permettait d'être plus "créative" ,de pouvoir être en mouvement, j'ai doublé deux années mais j'ai fini mes humanités, les profs m'appréciaient pour ma vivacité d'esprit et mon humour , nous étions "égaux" , je ne ressentais pas d'autorité de leur part, on se respectaient simplement.
J'ai eu une adolescence très pénible ( pour les autres !), j'étais " indomptable" et ma mère était dépassée, on a mis ce comportement sur le compte d'un divorce mal vécu.
Lorsque j'ai voulu entreprendre des études sup. , je me suis complètement plantée et j'ai très mal vécu cette période , vu que je n'arrivais pas à synthétiser les infos qui me parvenaient et que les cours se donnaient de manière "Ex cathedra" c'était vraiment trop pénible et lors des examens oraux j'étais complètement pétrifiée.
Je me suis alors décidée à travailler comme vendeuse, alors ont commencé la danse des boulots ,l'instabilité professionnelle et affective ...c'était la galère !!!!
Mes difficultés résidaient surtout dans le refus de l'autorité , je ne tenais pas en place, j'avais tjs des remarques sur mon comportement , ma "spontanéité " excessive , mon agressivité parfois que je qualifierais plus d'arrogance .
Très susceptible et extremement indépendante également, je refuse encore de suivre les consignes car j'estime que "peu importe la façon dont on s'y prends , tant que l'on y arrive c'est tout ce qui compte " ...
Les seuls jobs ou j'ai tenu le coup étaient ceux ou je travaillais seule.
Pas surprenant !!! ni maître ni esclave !
Dans ma vie affective , j'ai une certaine stabilité depuis 12 ans, souvent je doute , je me révolte mais mon mari est patient et calme.
Mon fils est aussi "agité " ...nous sommes en questionnement par rapport à lui , nous envisageons de le faire dignostiquer également.
Actuellement je suis en arrêt maladie ,le boulot ou je suis ne me convient pas du tout, ça se passe très mal pour toutes ces causes là ajoutées a un problème interne à la boite .
J'ai craqué ...j'avais choisis le social en me disant que ce serait plus "humain" je me suis bien trompée ...pffff
C'est alors que je me suis dis qu'il fallait comprendre ce qui se passe en moi .
Tous ces échecs me minent et je me culpabilise terriblement d'être en difficulté alors je suis depuis peu en démarche de diagnostique.
Je tiens à ajouter que lors du premier groupe de parole à l'association je me suis vraiment sentie permis "Les miens" et que ça m'a fait un bien fou.
Mes enthousiasmes me font peur et me fascinent à la fois car ils sont terriblement "porteurs" j'aime vivre dans l'intensité, l'urgence , la nécessité... sans doute est ce cela se sentir " Vivant " !!! Mes découragements ont hélas là même intensité...détruire est parfois tellement plus simple que de construire....
Peut-être qu'enfin je vais voir le bout du tunnel ...avec une médication et un soutien psychologique adaptés et surtout m'accepter telle que je suis aujourd'hui.
Merci de m'avoir lue
Courage et force à ceux qui se retrouvent dans mon témoignage
Guillaume
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Chaque matin il faut se lever, surtout arrêter de penser et se lever, vivre, agir, faire comme tout le monde alors que tout se bouscule tellement dans ma tête. |
Margaux
Voilà je me présente, Margaux, 45 ans maman de trois ado-rables ados et mère au foyer. Je suis la troisième d’une famille de 4 enfants (1 garçon et trois filles – moi je suis la fille du milieu qui ne c’est jamais sentie fille –( plutôt genre garçon manqué)).
Aussi loin que je m’en rappelle l’école et moi nous avons eu un rapport assez conflictuel.
D’abord étant gauchère, j’ai le souvenir que l’on m’a attaché la main pour que j’utilise la « Belle main », la droite, pour écrire et il me semble que au niveau du graphisme je n’ai utilisé que des verticales et des horizontales et de temps à autres quelques vagues.
Pour les devoirs à la maison, j’écrivais à la main gauche, mais je réentends ma mère me dire : «comme tu as appris à l’école» et là j’étais mal à l’aise, je restais sans bouger et ma mère en prenant ma main redessinait chiffres et lettres.
J’affirme que c’est ma mère et non l’institutrice qui m’a appris à écrire.
Les souvenirs qui me viennent après c’est lorsque j’ai changé d’école (à 9/10 ans) en quatrième primaire ; c’est à ce moment que je me souviens des premières remarques ; l’instit. debout au milieu de la classe : « pour Margaux j’ai mis 1 point pour le papier et la date bien orthographiée » Des remarques assassines de ce genre j’ai l’impression que cela a jalonné tout mon parcours scolaire. Souvent j’entends dire que l’on ne garde que les souvenirs positifs eh bien moi c’est ce que je garde comme souvenir.
Qu’est-ce que cela a du être réellement si de manière sélective mon inconscient n’a gardé que çà.
L’année suivante, je m’en souviens comme si cela venait de se produire. Une après-midi, vers la fin de la journée scolaire ; la prof me désigne pour lire une partie de texte ; horreur… je ne sais même pas où nous sommes sur le livre, et derrière moi ma meilleure amie qui dit : «ok, les gars c’est Margaux qui lit le texte ça y est le cours est fini … vive la rigolade ! »
Je ne sais pas ce qui m’a pris, je me suis retournée et boum…mon poing est arrivé sur son nez. Conclusion ma copine à l’infirmerie et Margaux chez le préfet des études (le directeur).
Mes parents ont été appelés et moi illico chez le psycho et depuis étiquette dans le dos enfant difficile et caractérielle. De plus, dans les famille il faut toujours un mouton noir j’ai souvent entendu cette phrase quand don parle de moi. N’en fait qu’à sa tête, paresseuse voir fainéante.
Enfin nous voilà donc le lendemain, au centre Psych-Médico-Social [PMS pour les intimes (humour)] Là, je suis prise en charge par une psychologue et ma mère en réunion avec l’assistance sociale pour discuter du cas mais aussi de la famille.
Bien sur la famille va très bien il n’y a jamais eu de problème, on ne comprend pas ce qui m’a pris…
Moi de mon côté, je passe une batterie de test et une fois ces derniers finis, la dame va voir si ma mère a fini de discuter avec cette brave Madame V., l’assistante sociale.
Comme, elles n’ont pas fini la psy me propose un test que l’on fait passer en 1èr ou 2ème primaire et là c’est comme si la psy a eu une révélation… Impensable, cette gamine a un QI époustouflant qui a masqué une dyslexie et une dysorthographie gigantesque. La psy ne comprend pas que personne n’ait découvert cela beaucoup plus tôt.
La visite médicale d’après (1 ou 2 mois plus tard) le médecin me demande de lever ma main droite en fermant les yeux, de lui dire si les fenêtres sont à droite ou à gauche enfin que des questions que je trouve bizarre. Chaque année on va à la visite médicale et jamais encore on m’a posé ces questions… D’un coup, il dit à son assistant tu vois ça c’est normal et caractéristique : pas de repère spatio-temporels (là, la gamine de 11 ans que j’étais alors se croit transporter dans la 4ème dimensions)
Je demande ce qui se passe et le toubib me répond : «Rien ! Pas de problème, tu peux aller t’habiller » Toujours de remarques et pas de réponse aux interrogations que cela crée dans ma tête ; c’est frustrant, je dois être conne, pour qu’on ne me réponde jamais ou qu’on m’ignore, on parle de moi et je n’ai pas de droit de comprendre !
A partir de ce moment, je vais chaque semaine deux heures voir une logopède.
J’ai encore des remarques sur le fait que je me ronge les ongles que je joue avec mon stylo que….
Chaque fois que mes résultat ou mon comportement n’est pas jugé bon ou adéquat on me répète : « Je dois contacter ou téléphoner à Madame V.» C’est à cet age aussi que j’ai de crise d’éruption géante (d’après le médecin de famille, j’ai fait 7 fois la varicelle !!!) Un autre toubib homéopathe m’a dit vous êtes hyper sensible, une sensibilité à fleur de peau (mon pépère, tu crois pas si bien dire ça me sort de partout par la peau). Ma mère me dit que cela survient toujours après une grande joie ou une grande peine d’après ce qu’elle a constaté.
J’ai terminé mes années scolaires primaires en rase motte juste les 50% obligatoire pour aller dans le secondaire. Les trois premières années se sont passées avec éternellement les mêmes remarques et les travaux à recopier inlassablement. Avec ATTENTION et soin, il manque souvent des paragraphes tu veux raccourcir la punitions mais cela ne marche pas tu feras le double pour demain !!!
Quand j’ai pu choisir mes options (cours et orientation en rapport avec ce que je voulais faire) mes résultats ont été un peu meilleurs mais certains professeurs ont préféré me faire passer les examens en seconde session et oralement.
L’écrit était trop embrouillé et je me contredisait et me sabotait à chaque fois voulant trop bien faire.
Le seul regret que j’ai par rapport à l’école, c’est que j’ai obtenu un certificat d’étude secondaire supérieur et pas le diplôme de fin d’humanités.
Ma prof. de français m’a dit en début d’année scolaire : «vous, on se revoit en septembre et vous ne réussirez pas votre année». Comme, c’était cette prof qui devait corriger ma copie, je n’ai pas passé «l’examen de maturité» qui couronnait le certificat de fin d’études secondaires supérieures et en faisait dès lors un diplôme.
L’école, j’en ai un souvenir amer et bizarre. Je ne m’en rendait pas compte jusqu’ à maintenant que j’ t’écris ce témoignage…
J’ai le sentiment de n’y avoir jamais été moi-même mais de devoir coller à ce que l’on voulait que je sois !
J’ai souvent répété que pour rien au monde, je ne voudrais retourner à cette période là. Des amis et amies, je n’en ai aucune de cette période scolaire, ou je n’en ai jamais gardé de contacts.
De la période de l’enfance ou adolescence ; il n’y a qu’une seule vrai amie : M-C «On se surnommait patate» parce que à chaque bêtise que l’on disait ou faisait en cœur on disait : «Patate c’est pas cela !» et de fil en aiguille quand on se téléphonait ou que l’on se voyait c’était : «Salut Patate !» Son époux est/était le parrain de mon second garçon et depuis son décès (décédé trop tôt à 32ans) elle est devenue la parraine (ce terme n’existe pas mais c’est le gamin qui à sorti cela quelque jours après les funérailles et c’est resté)
A la fin de la dernière année scolaire, pendant l’été 1979, Antoine mon amoureux et sa maman sont venus nous rejoindre sur notre lieu de vacances pour passer 5 jours avec moi (Bruxelles – Milliau c’est une belle preuve d’amour !!!).
Pendant leur séjour, nous avons annoncés à nos parents réunis que nous voulions nous marier. Ils ont été d’accord que nous fiancions en mars pour mes 20 ans et de se marier l’année après pour mes 21 ans.
Finalement nous nous sommes marié en septembre 6 mois après les fiançailles et pas par obligations. Parce que je le voulais et je leur ai dit que si je devais attendre plus longtemps… ça devait déjà être mon côté impulsif !
Il fallait encore passer les examens de passage pour ne pas devoir refaire une rhéto (nom de la dernière année avant l’université. Je vous dit pas la tête de mes CONdisciples de classe et de mes profs qui pendant les trois dernières années n’avaient pas arrêté de me charrier.
J’arrive la bouche en cœur chercher mes résultats, « Je vous présente mon fiancé les noces sont prévues pour le 20 septembre l’an prochain ! » Tous sur leur cul… «Oui et autre bonne nouvelle, je commence le 1er février à travailler à la banque au service télex, il me faut juste mon papier de fin d’école !».
Le plaisir que j’ai éprouvé ce jour là… indescriptible ! Ils m’avaient toujours pris pour une conne voilà pourquoi CONdisciples. Je leur ai expliqué pourquoi je prononce en insistant sur le «CON».
A l’heure actuelle, je pourrais leur en remettre plein la vue, une seconde fois ! Toujours mariée au même charmant petit (mais costaud) chouchou. Nous fêterons nos 25 ans de mariage.
Quand les problèmes du fiston ont débutés, un incontrôlable sentiment de déjà vu, déjà vécu m’a envahie. Je me suis retrouvée 30 ans en arrière ; impossible de me retrouver en face d’un prof sans me sentir coupable. De quoi ? Je ne sais pas ! Peut-être de ressentir une rage folle en me disant : «l’école m’a brisée mais ils n’y arriveront pas avec mon gamin».
Ce sont là mes souvenirs par rapport à l’école.
En ce qui concerne la vie de famille, je me souviens que maman a souvent été alitée pour raison de dépression nerveuse et avec quatre enfants dont les trois premiers en cinq ans et une petite dernière cinq ans après, il y a de quoi, parfois, avoir besoin de repos.
Souvent je me suis retrouvée en colo ou dans des les mouvements de jeunesse. La colo, j’en garde un assez bon souvenir, 15 jours à la côte belge, ou 15 jours à Spa, pas au «Francofolies», quoi que niveau folies les 400coups, on les a fait. (Humour : nous étions sages comme des gamins de 12 à 15 ans dans les années 70).
Quant au mouvement de jeunesse, les deux premières années, il a fallu trouver sa place. Une fois intégré, et après un changement de chef, je crois bien que c’est là que je me suis le plus épanouie. J’y ai rencontré M-C. Et comme on dit par ici, c’est la plus grande et la meilleure agence matrimoniale. Mais oui bien sur, c’est là, qu’Antoine et moi, nous nous sommes rencontrés. Le 20 septembre prochain, nous fêterons nos 25 ans de mariage. On ferait bien une petite virée en amoureux, (WE à Paris, shopping à London, ou Venise sous la pluie….).
Revenons au témoignage promis (lol) tu vois je m’égare – c’est sans cesse la cas – j’ai du effacer et faire des couper coller heureusement sur l’ordinateur tu peux te le permettre.
Cela aussi, la rédaction de travaux combien de fois ? Il ne fallait pas faire une boulette avec la feuille, «oubli de phrase ou paragraphe, nouvelle idée qui complète le premier paragraphe alors que l’on se trouve à la fin du sujet».
ALORS on arrive en fin de travail enfin satisfait. Et pour faire de la place sur le bureau et mettre un peu d’ordre,… On prend toutes les feuilles et dans un auguste geste scrchhh… une belle et grosse boule bien chiffonnée. On ne fait pas dans le détail dans ces cas là. Jusque là pas de problème…sauf que «elle est où ? Ma copie, mon travail mis péniblement au propre ?»
Bien DANS LA BOULETTE (faire une boulette = faire une bêtise voir une petite connerie) et pour une boulette c’est une boulette.
Pour énième fois, je reprends une belle feuille bien lisse, mon stylo et c’est reparti ; on recopie ! Cela m’arrive régulièrement du temps de l’école, pour les lettres au chéri et même actuellement pour les mots d’excuses pour les professeurs des enfants.
La dernière fois, c’est le travail de math d’Oscar. (Le loulou dans le plâtre, donc j’écris pour lui le devoir après 7 tentatives, voilà c’est fini, on range et scrchhh les vieux brouillons à la poubelle. Puis un cri : «Maman il est où mon devoir ???» «Oh non, c’est pas vrai, regarde la boulette dans la poubelle» Eh oui, il est bien là, monstrueusement chiffonné.
Pas question de rendre un devoir dans cet état là…
On râle et quand on se regarde les yeux dans les yeux Oscar et moi on est parti dans un fou rire. Dis maman, tu ne serais pas un peu … Tda…!
Eh oui «le fruit ne tombe jamais bien loin de l’arbre» n’est-ce pas ? … ou … dans le genre «les chiens ne font pas des chats» !
Dans la vie domestique c’est parfois folklorique : au menu du soir œufs dur ; oui mais dur à cuire ! Pourquoi, …soit j’oublie d’allumer la cuisinière sous la casserole …soit j’allume le feu mais je pars faire les lits, discuter par la fenêtre avec la voisine « et pan ! ». C’est quoi cette explosion ? Et oui les œufs dur après 1h30, il n’y a plus d’eau et ça explose. Il y en a partout sauf sur les assiettes le soir.
Si tu n’allumes pas la gazinière, n’essaye pas de les peler, bonjour l’omelette.
Il y a ces jours où je suis persuadée que j’ai tout ce qu’il faut pour faire la nouvelle recette que j’avais décidée de testée, et bien non je suis partie avec une autre liste de courses.
Pour les courses, bien sur il faut la sacro-sainte liste sans quoi je reviens le coffre plein, sauf avec ce qu’il fallait parce que cela fait deux semaines qu’il manque ce qui est noté sur la bonne liste.
Ce n’est pas du à l’age, c’est depuis toujours. Il y a aussi le nombre incalculable de fois où je rentre dans une pièce et je venais y faire quoi ? Je repars sur mes pas et parfois oui je me souviens !!!
Cela fais rire les enfants qui me disent : «ça y est maman a rattrapé ou récupéré son idée, elle sait pourquoi elle allait dans la pièce !» Et on en rit tous ensemble.
L’autre jour en vidant le lave-vaisselle, à chaque fois je me suis surprise à ouvrir la porte du frigo pour y ranger les assiettes, les verres et les casseroles. Par trois fois je me suis retrouvée à me dire : «mais Margaux, tu le sais que ce n’est pas leur place !!!»
Quand ce n’est pas les objets qui disparaissent et dont je suis incapable de dire ou je les ai rangés, la dernière en date une toute nouvelle loupe, je crois me souvenir d’avoir dit je la range là, comme cela je la retrouve quand j’en ai besoin… et bien je la cherche depuis le mois de septembre et je suis certaine que les enfants ne l’ont pas eu en main.
Mieux vaut le prendre avec humour.
Heureusement que ma tête tient à mon corps je serai capable de la perdre ou de l’oublier sans savoir où.
J’ai toujours entendu cette réflexion aussi loin que je me souvienne. Il faut surtout pas dire «oui, il sais je vais le retenir». Que j’allais m’en souvenir cela je sais l’avoir dit mais --- je devais me souvenir de quoi ?
Voilà mon parcours chaotique, qui depuis août 2004 porte un nom TDA/H.
Je peux mettre un nom sur 44 ans de souffrance psychologique.
Ce que je ressens en tant adulte différente, ayant été sans cesse jugée, critiquée parce que j’étais et suis toujours TDA/H
C’est quoi pour moi être TDA/H maintenant ?
Si je devais faire un bilan de mon vécu, c’est :
20ans de gâchis (enfance et adolescence inexistanteè d’ailleurs je n’ai aucun de souvenirs heureux de cette période) + 24 ans de difficulté à comprendre pour quelles raison quelqu’un peut me trouver quelques choses d’intéressant et surtout pourquoi tout simplement j’ai un mari qui m’aime (ça je ne comprends pas, c’est pas parce que je l’aime) = 44 ans de dénie et autodestruction consciente ou inconsciente de moi.
C’est pire que de me sous-estimer parce que j’ai tiré un trait sur ma vie, je suis une chose vide sans vie, sans âme mais terriblement autodestructrice et dont l’hyperactivité se situe au niveau cérébral. Comme je l’expliquais au Dr X. je ressens quand mes neurones travaillent et je pense être capable rien que par autosuggestion de me nuire.
[En guise d’exemple de ce que je suis arrivée à faire, sous contrôle médicale, par autosuggestion, c’est couper les montée de lait en moins de 24h, parce que j’ai du arrêter de nourrir ma petite dernière, le toubib n’en revenait pas lui-même ; en salle d’opération l’anesthésiste à du demander au gynéco pourquoi le rythme cardiaque n’était pas stable alors que l’électrocardiogramme de la veille était parfait. C’est normal je m’amusais à passer le temps en attendant que la péridurale fasse son effet. Ils m’ont demandé de restée tranquille et en fait ils sont passés à l’anesthésie générale.]
Maintenant à ce jour, être TDA/H c’est être la responsable d’avoir transmis ce que d’autre m’ont donné et dont ils disent ne pas souffrir, il suffit de vouloir, de se remuer, de se secouer ….
Jean-François
Bonjour, cela fait quelques fois que je fais la lecture de votre site.
Il est très intéressant. Les propos me touchent car je souffre moi-même du TDA.
Je suis hyperactif depuis ma tendre enfance.
J'ai 31 ans et cet état d'être me cause bien des soucis. Je ne suis pas capable de me concentrer bien longtemps sur les choses du quotidien.
Il m'arrive fréquemment d'avoir une faible estime de moi car j'ai peu confiance en moi.
C'est sûrement le fait d'être conscient de mon manque d'organisation. J'ai peine à faire le ménage dans ma propre paperasse, ce n'est qu'un exemple.
Mon TDA me cause parfois des ennuis avec ma conjointe car elle ne souffre pas de ce mal. Elle est organisée, contrairement à moi.
Il m'arrive fréquemment d'oublier comme la liste d'épicerie sur la table de la cuisine et je réalise cet oublie lorsque je suis au marché.
J'oublie des fois mon lunch à la maison pour le travail, parfois mes cigarettes, etc. Je dois retourner chercher ce que j'ai oublié. Dans une réunion avec les collègues, je m'égare dans mes pensées, je perds le fil de ce qui se dit, je vais regarder inutilement par la fenêtre parce que j'ai entendu, par exemple, un gros camion passer sur le boulevard où se trouve le bureau,
etc. Je pourrais vous en raconter longuement.
Malgré mon TDA, j'ai une carrière intéressante. Je suis animateur de radio et mes collègues m'apprécient. Je suis un bon gars dans le fond. Mon travail exige une grande concentration mais il cadre avec le fait qu'un hyperactif a besoin de défis.
La radio est le domaine idéal. Je suis également informaticien à mes heures. Je suis conscient que je pourrais pas effectuer un
travail dans un bureau d'assurance, par exemple. Je passerais mon temps à '' cogner des clous '' à cause de la monotonie.
Je ressens le besoin d'être stimulé fortement, sinon, je risque de m'endormir. À l'école, j'étais comme ça malgré que j'ai réussi à faire des études jusqu'à l'université. Je me demande comment j'ai fait !?!? Ma situation fait souvent que je suis un peu exclu dans un groupe social. Parfois les gens ne me parleront pas car j'ai souvent des propos peu ou pas appropriés dans la conversation courante. Mes idées sont souvent confuses.
Je remarque souvent que les gens de mon entourage réussissent mieux que moi. Je perçois la vie comme une lourde montagne à monter et pour les autres, le tout semble normal, simple, etc. J'ai toujours peur de manquer de temps. Si je dois apprendre une nouvelle tâche, un nouveau jeu, j'ai peur et je deviens impatient. Les règles de cette tâche ou de ce jeu me semblent impossible à comprendre.
Ce n'est qu'un court récit de ma vie quand même agréable dans l'ensemble mais avec bien des manques...
Mon mari ... caricature du déficit de l'attention
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Très gentil, honnête ….MAIS J'ai l'impression de vivre avec une girouette. Il est incapable de penser à plusieurs choses différentes en même temps, n'a pas d'ordre ni dans ses idées ni dans ses affaires, Il n'a pas de méthode et remet toujours en questions les autres avant lui même, Il est incapable de prendre des leçons de ses erreurs et surtout n'écoute pas les autres (à table ou ailleurs ). Très peu confiance en lui et rarement positif. Il est excessif en tout, face au enfants donc aussi incapable souvent de trouver un compromis. Au niveau éducatif ça pause d'énormes problèmes face à un des enfants TDA/H et ado ! Ne pense que rarement aux conséquences de ses actes et cela au quotidien dans toutes les petites choses de la vie ; on répare quelque chose en forçant donc on casse autre part…), donc il faut toujours quelqu'un derrière pour recadrer en permanence. Il est persuadé que quand il pense quelque chose il ne doit pas le dire, on est sensé savoir ce qui se passe dans sa tête !!!, Quand il pense à quelque chose il faut qu'il agisse tout de suite… donc rare sont les choses achevées, il passe d'une chose à l'autre en permanence sans se soucier de ce que ça peut représenter pour les autres et surtout quelle perte de temps et d'énergie pour tous. Est d'une lenteur… oublie tout le temps quelque chose, trébuche CHAQUE fois qu'il monte un escalier….. Lors de conversations il interrompt tout le temps les autres et part sur ses idées sans tenir compte de celles des autres (avec le problème qu'il arrive rarement au bout d'un raisonnement et nous dit souvent en plein milieu qu'il ne sait plus où il voulait en arriver…) !!!! Quand je discute de chose importantes je me retrouve dans une position de monologue…Il dit que j'ai réponse à tout mais en fait il n'arrive pas à suivre un raisonnement jusqu'au bout…. Donc c'est plus facile de remettre sur le dos de l'autre. Voilà je voulais partager un peu de ma vie avec mon mari qui est une véritable caricature du déficit d'attention. |
Arnold
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C'est dingue mais quand je lis le témoignage des enfants sur ce site je m'y retrouve pour certaines choses. Par la suite je me suis engagé à l'armée et en fin de compte c'est là que j'ai pu m'épanouir. |
Miss, adulte qui vient d'être diagnostiquée TDA/H
suite au diagnostic de son enfant
Je suis la dernière d'une famille de 5 enfants , mon père était alcoolique et ma mère faisait tout ce qu'elle pouvait pour nous éviter le spectacle lorsqu'il avait trop bu et qu'il tapait tout le monde .
Mais de cela , je n'ai que quelques brides de souvenirs puisque mes parents ont divorcés lors de mes 3 ans .
Du plus loin que je me souvienne , jamais je ne me suis aimée et jamais je n'ai laissé la possibilité à quelqu'un de m'aimer . Jai toujours eu cette sensation d'être de trop , que ce soit en famille ou ailleurs .
Étant bavarde ( trop) , on me le faisait remarquer ce qui amplifiait mon sentiment de gêner .
Lorsque j'ai eu 7 ans mon père fut assassiné , de là commença pour moi l'engrenage , l'élément déclencheur pour que je laisse ma rage s'évacuer !
La spirale infernale du refus d'aller à l'école qui pourtant était soit disant faite pour moi puisqu'on voulait me faire sauter des classe et que maman avait refusé .
A l'école , le temps était long , j'avais peur des autres qui me brusquaient , me rejetaient et se moquaient sans cesse de moi . Ce qui se terminait bien souvent par des bagarres et c'est justement cette réaction qui m'affolait car je ne contrôlais plus
rien , je tapais encore et encore !!
J'avais aussi cette peur de ne pas comprendre qui m'angoissait à longueur de temps , cette façon de buter sur des choses si simples alors que certaines plus compliquées me paraissaient si logiques .
A la maison , j'étais agressive envers tout le monde , je tapais beaucoup .
J'avais des accès de colères phénoménaux , incontrôlable et pour que cette rage qui montait en moi puisse exploser je trouvais n'importe quelle excuse.
Ensuite , je fracassais la plainte du mur du couloir , je criais , j'hurlais comme une hystérique , tapais sur tout ce qui se trouvait autour de moi et n'arrivais pas à m'arrêter . Maman me traînait tant bien que mal sur mon lit pour être certaine que je ne me fasse pas de mal , ensuite je me débattais jusqu'à épuisement . Les fessées , les disputes , l'eau fraîche
sur le visage , rien ne me calmait , il fallait attendre que la " crise" passe . Tout cela se terminait bien souvent à l'hôpital ou j'entendais dire que c'étaità cause de maman ce qui me rendais encore plus malade car je culpabilisais du mal que cela pouvait lui faire .
J'avais très fréquemment des migraines terribles qui me clouaient sur place allant jusqu'aux vomissements . Rien ne fut trouvé lors des examens qu'on m'a fait passer .
J'étais soignée pour l'insomnie , mais je ne dormais pas beaucoup mieux malgré les gros traitements ! Les nuits étaient longues , pleines de pensées embrouillées , et pleines d'angoisses et de pleurs .
Vers l'âge de 8 ou 9 ans , ont commencées les idées noires . J'en avais marre , ras le bol de passer pour une folle ! Je ne m'aimais pas et de toute façon tout le monde serait mieux sans moi .....
J'ai commencé par des couteaux que j'essayaient d'enfoncer dans mon ventre mais malgré de nombreux essais je n'avais pas compris qu'une pointe ronde ça n'irait pas .
Puis , un jour , alors que maman était dans son bain , j'en ai profité pour avaler une bouteille entière du sirop qui devait m'aider a dormir . Lorsque maman s'en aperçu elle m'empêcha de m'endormir , la gorge me brûlait , on me conduisit à l'hôpital .
Je refusais l'idée de ne pas avoir réussit et à mon retour je tentais sans cesse de nouvelles choses : sauter par la fenêtre ( si souvent que maman y fit mettre des chaînes) , marcher sur la route , trancher mes veines avec un rasoir (trop vieux pour bien couper ) etc....
Je n'étais plus capable d'approcher quelqu'un sans que cela ne finisse en bagarre , j'avais cette impression que personne ne me comprenait , j'étais différente et je ne savais pas pourquoi .
Je me sentais rejetée , repoussée et en marge de toute sociabilité .
En CE2 , je me suis même battue avec une institutrice , c'était bien la première fois que je me laissais aller ainsi en classe , car même si c'étaittrès dur je réussissais à me contenir à l'école pour mieux exploser à la maison .
Je passais mes nuits entre livres et cahiers , ce qui fait que malgré mes nombreuses absence je réussissais a garder un niveau scolaire correcte .
Le temps passa ainsi , entre angoisse et folie , jusqu'à l'adolescence .
Cette adolescence que j'ai passée bien trop seule , enfermée dans ma chambre , à vivre dans mes rêves , dans mon univers .
J'avais un mal de vivre immense et je ne voulais pas l'exprimer pour ne plus faire de mal à personne , alors je me réfugiais dans mes livres mais malheureusement la charge était souvent bien trop lourde et je finissais
dans des excès de colères injustifiées . Ou alors , je partais en courant avec dans l'idée de fuir le plus loin possible .
Cette adolescence ou j'ai commencé à fumer à l'âge de 14 ans , ou je pleurais si souvent , ou je me sentais encore plus différente qu'avant , ou je ne pouvais plus sortir seule et ou la vie n'avait plus ni sens ni but .
Cette adolescence ou les autres ne se moquaient plus de moi seulement pour mon comportement mais aussi pour mon physique marqué par les traits précis du Syndrome X.
J'avais toujours autant de mal à aller à l'école mais j'essayais de passer outre cette angoisse , même si c'était une torture .
Je passais mes nuits à apprendre et mon travail bien que correcte me paraissait peu récompensé .
Mes absences répétées dues non seulement à la déprime mais aussi aux différentes interventions chirurgicales que j'ai subit au niveau des jambes me firent perdre le fil et je n'y arrivais plus .
C'est alors que je rencontrais mon futur mari , j'avais 17 ans . Je décidais d'arrêter l'école sur un coup de tête , niveau 3°sans diplôme .
Je me suis mariée à 18 ans . Les gens m'effrayant de plus en plus , ayant toujours cette angoisse et ce sentiment d'être de trop , je ne gardais pour seul contact que la famille proche .
Aujourd'hui j'ai 25 ans passé ,2 enfants magnifiques qui ont chacun des problèmes de comportements que j'espère de tout coeur régler le plus rapidement et le plus efficacement possible mais je culpabilise beaucoup .
Mais je suis toujours là , avec mes angoisses , ma sensation de ne pas êtreaimée , de n'avoir ma place nulle part . Avec ma tendance agressive et mes réactions au quart de tour , mes paroles qui partent bien au delà de ce que
je veux dire ....
Ma vie trop routinière est parsemées de colères démesurées , d'un besoin d'occupation permanente (je pense que cela doit m'éviter de penser) de nuits blanches ou ma tête est trop pleines de pensées confuses et surtout cette déprime qui fait quasi partie de moi .
Je ne me sent capable de rien sauf d'agir et réagir trop vite et trop fort et j'ai le coeur lourd de tout cela .
Je viens d'apprendre que je souffre de TDA/H... peut être que la lumière est au bout du chemin?
Témoignage d’une maman tardivement diagnostiquée THADA
Aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours eu un mal être et j’étais rejetée des autres.
A l’école victime de toutes les moqueries, considérée comme débile et nulle, je suis restée le souffre douleurs des autres enfants jusqu’en 6 ième, où là je me faisais carrément taper dessus.
A la maison, mes parents ne comprenaient pas mes difficultés scolaires et encore moins mon comportement.
Je me rappelle parfaitement que le médecin de famille, disait que j’avais un sale caractère, aucune volonté et qu’il n’y pouvait rien.
Mon père ma toujours reproché d’être nulle et différente, ma mère disait que je faisais que des châteaux en Espagne, que je m’intéressais qu’au luxe.
Moi j’aimais l’art, les belles choses, et je lisais énormément sur tout. C’était la façon que j’avais trouvée de m’évader de ce monde ou j’étais la nulle de service qui ratait tout.
J’ai toujours appris mes leçons et fais mes devoirs, sans que rien ne rentre et je n’avais aucune aide. La plupart des enseignants ou profs que j’ai eu au fil des années m’ont toujours rejetée et souvent insultée.
A l’adolescence, mon mal être n’a fait qu’empirer, je me suis mise a fumer et a traîner avec des voyous, je me suis souvent prise des bonnes cuites.
Au moins j’avais enfin des amis, je faisais partie d’un groupe et ma scolarité était de toute façon au point mort, on m’a mise dans un circuit voie de garage puis en CAP de vente ce que je détestais, moi j’ai toujours voulu être médecin, le reste ne m’intéressait pas du tout.
Je voulais faire des études, apprendre un maximum des choses, cette chance m’a était enlevée dès l’entrée au collège, car avec un CM2 avec 12/20 de moyenne, le directeur a estimé que je devais aller en 6 ième allégée, cela m’a coulé illico, je me suis retrouvée dans une classe d’élève en grandes difficultés, certains mentalement très déséquilibrés.
Le niveau de la classe étant très faible et les cours ennuyeux, je n’ai pu que subir ce sort.
Je me suis intéressée à la psychologie vers 16 ans, et à partir de là j’ai toujours essayé de comprendre ce qui ne collait pas chez moi.
J’ai rencontré celui qui allait devenir mon mari a 17 ans, cela m’a coupé de mes anciens amis, et étant déscolarisée j’ai passé la majorité de mon temps à lire et à déprimer, tout en sortant le WE en boite ou autres.
Je n’ai jamais eu l’aide des médecins, qui n’ont fait que me donner des calmants divers, en disant a mes parents que je n’avais pas de volonté, et toujours mauvais caractère.
Je suis partie de chez mes parents a 18 ans pour vivre avec mon copain, j’ai travaillé 3 mois comme caissière dans une grande surface et cela fut un échec épouvantable pour moi, je ne faisais que des erreurs, d’un jour à l’autre je ne savais même plus me servir de la caisse enregistreuse, je ne supportais pas les remarques désagréables des clients, je ne pouvais accepter d’être insultée juste parce que j’était une débutante.
Je me suis mariée a 19 ans, et je n’ai jamais été d’une réelle efficacité dans mon appartement, c’était le bordel et je ne m’en sortais pas vraiment dans le ménage, mais mon mari ayant des horaires cool on faisait tout ensemble.
Notre fille est née 2 ans après, et c’était un adorable bébé qui ne posait pas de problème.
J’ai continué d’avoir du mal à gérer la maison, les repas et ce n’était pas toujours facile de faire face aux besoins de ce bébé, j’avais des moments de déprime mais j’étais très entourée par la famille et beaucoup d’amis.
Notre deuxième enfant est né 2 ans après, et là tout est devenu vraiment compliqué puisque bébé était très difficile, il m’a épuisée moralement et physiquement.
Tout l’entourage me critiquait, j’étais encore la nulle incapable de bien entretenir sa maison et de s’occuper des enfants.
Malgré les difficultés et les nombreuses catastrophes dans notre vie, nous avons fait un petit troisième 7 ans après le N° 2.
Là ce fut un grand bonheur, un bébé adorable et tellement simple. Notre vie au quotidien était tout de même très perturbée par notre N°2, ayant d’importants troubles du comportement malgré une prise en charge qui ne changeait rien, j’ai passé beaucoup de temps en déprime et je ne supportais plus d’être rejetée de partout.
Je me suis mise à lire tout ce que je trouvais sur la psychologie de l’enfant, sur des méthodes d’éducation et je continuais ma recherche pour me comprendre. Je me suis reconstruite et je me suis fait moi-même ma psychothérapie puisque aucun médecin n’a voulut m’aider et me comprendre.
J’ai dépassé des tas de blocages, et j’ai commencé a vraiment me sentir mieux à 35ans et j’ai continué de progresser mais il restait de nombreuses choses que je m’expliquais pas. Et pour les enfants rien n’était simple, l’aînée qui malgré un travail acharné se retrouvait en difficulté scolaire, mon N°2 en institut sans aucune évolution et le petit dernier en CP avec des difficultés lui aussi ainsi que de plus en plus de rejet de la part de ses camarades.
Je crois bien que j’en serais a ce stade sans de réelle solution, si mes 38 ans juste passé, une aînée de 17 ans en grande difficulté scolaire alors qu’elle voulait vraiment réussir, le N° 2 ayant atterrit en famille d’accueil spécialisée 1an ½ au avant et en souffrance morale et le petit dernier en difficulté dès les premières semaines de CE2 et pas toléré par l’enseignante.
Il fallait que quelque chose bouge, j’était hyper mal, je n’arrivais plus a rien.
C’est un magazine fin sept 01 qui m’a ouvert la porte de la solution, tout au moins la porte d’un site sur l’hyperactivité ou j’ai en quelques heures de visite trouver toutes les réponses à mes questions, là d’un coup tout ce que je ne m’expliquais pas chez moi mais aussi chez mes enfants, était clairement écrit et j’ai pu mettre un nom sur notre différence : THADA
Pourtant hyperactivité, je connaissais et j’en avais parler aux nombreux médecins qui suivaient mon N° 2 depuis 8 ans et qui m’avaient clairement dit que « l’hyperactivité était un truc d’américain et que le problème de mon fils, c’était moi »
Jamais la piste neurologique ne m’a été indiquée, ni pour mon fils, ni pour moi.
Je n’étais certes pas au bout de mes peines, mais en visitant le forum de Pascale, j’ai compris le plus important : je n’étais pas seule au monde avec mes problèmes de fonctionnement, mes enfants en difficultés et mes différences.
A partir de là, j’ai été guidée vers un médecin et conseiller pour mieux vivre avec les troubles. J’ai eu des passages difficiles, j’ai du admettre en premier que je venais de passer plus de 38 ans, concernée par des troubles neurologique sans le savoir et sans jamais avoir eu de l’aide, j’en ai payé le prix fort puisque je n’est pas pu faire d’études et que je ne serai jamais médecin mais en plus les enfants ont fait les frais de tout mon mal être.
Au moins en agissant vite et bien, mes enfants eux pouvaient être aideés, avant qu’il ne soit trop tard.
Et surtout mon N° 2 allait pouvoir, en étant diagnostiqué et médicamenté, revenir vivre chez nous même si pour cela nous devions passé par une bagarre juridique.
Nous avons étés diagnostiqués en février (l’aînée en mai), et médicamentés en mars (l’aînée en juin).
Notre vie a changée, notre quotidien plus simple agrémenté de bulletins scolaires avec des notes en hausses.
Moi la nulle, déprimée, sans volonté, moi qui ratait tout, qui commençait tout sans jamais finir, moi qui n’a pu faire « médecine », j’ai repris confiance en moi grâce aux amis (ies) rencontrés sur le forums, j’ai repris en main l’avenir de mon N°2 qui vit maintenant avec nous avec le sourire et le projet de faire des longues études, j’ai sur-motivité les enfants, je leur ais appris à apprivoisé leurs troubles, je leur ai transmis ma confiance pour qu’ils réussissent à croire en eux.
Passionnée par la médecine, j’étudie les troubles pour mieux comprendre, mieux expliquer, mieux informer et mieux gérer.
Complètement interpellée par le déficit d’attention et les conséquences qui peuvent être graves en sous-estimant ce trouble qui n’est que trop caché par « l’hyperactivité elle étant très voyante ».
Moi j’ai choisi de faire avec la ritaline pour les enfants et moi-même, car au-delà d’être moins impulsif et de pouvoir se concentrer, cela nous permet d’avoir une meilleure mémoire, et surtout d’éviter les nombreux accidents dûs a cette « attention » qui se défile sans prévenir, sans que l’on s’en aperçoive. En début de traitement vous n’imaginez pas comme j’ai apprécié de ne plus me cogner partout, et de ne plus voir les enfants se percuter plusieurs fois par jour dans la maison.
Et qu’elle joie de pouvoir parler sans emballement et de bien comprendre une conversation dans son intégralité. Et au fil des semaines que de surprises inattendues, suppression des maux de tête, plus de sensation de malaise, plus besoin de ma dizaine de café et de doliprane/ jour. Plus de lumières allumées en continu, des activités qui s’enchaînent et surtout qui se terminent.
Une conduite en voiture tellement simplifiée et tellement moins dangereuse, je perçois mieux les distances, je n’ai plus besoin de partir une heure à l’avance, je réagis plus vite et mon attention n’est que sur la route. Comment peut-on sous estimer à ce point le diagnostic attentionnel, alors qu’une bonne attention est aussi importante.
Aujourd’hui je me sens bien avec un cerveau qui fonctionne dans le bon sens, cela me permet d’avoir des projets ce qui ne m’était jamais arrivé. Cela me permet d’accomplir mon travail au bureau pour l’entreprise de mon mari, sans faire des grosses erreurs, de ne plus perdre des heures à chercher un papier égaré. J’écoute mieux les demandes des enfants, je peux les aider pour leurs devoirs sans agacement, et eux me comprennent du premiers coup, plus besoin de répéter 10 fois ou +.
Ma tête s’en trouve être reposée, je n’ai plus cette fatigue mentale comme avant, ni d’ailleurs cette horrible impression de cerveau engourdi. Ce n’est pour moi que le début d’un long parcours, tout n’est pas évident, il faut continuer d’apprendre à toujours mieux gérer d’autant que la ritaline ce n’est pas 24H/24H, alors que les troubles eux sont là tout le temps.
Donc le matin, je continue d’avoir beaucoup de mal a me lever et ce n’est pas rare que le bol de déjeuner se renverse, que le lait se verse à coté du bol, ou que je sois là à rêvasser devant une tartine en attente d’être croquée. Avec les enfants idem, tout ne va pas toujours dans le bon sens, et il reste des emportements, des gestes impulsifs, des inattentions qui fâchent. Mais, comparé au début d’année sans traitement, c’est au moins 80% de complications chaque jour en moins. Alors pour moi cela s’appelle le bonheur, c’est un avenir pour notre famille sous le signe du progrès et de la réussite des enfants, pour la première fois de ma vie j’ai de l’espoir et j’ai envie de profiter de chaque minute après avoir perdu 38 ans de rejet, de mal être.
Mais cela reste regrettable d’avoir passé tant d’année sans qu’un seul médecin soit capable de poser un diagnostique d’autant que ce soit pour les enfants ou moi-même, sur plusieurs années on a vu un certain nombre dont des spécialistes pour enfants.
Je n’ai pas mon diplôme de toubib, mais moi j’ai trouvé alors qu’eux avec leurs années d’études non jamais étés capables de proposer des tests qui correspondaient à nos déficits, pire ils ont nié se bornant à me rendre responsable.
Alors que si on avait seulement gagné quelques années pour être pris en charge, nôtre vie en aurait étée vraiment meilleure.
Je finirai en disant que cela vaut vraiment le coup de se battre, et de se faire confiance même quand les autres vous font douter.
Merci a ceux qui m’ont soutenue et aidée.
J’ai choisi de me battre pour changer notre destin, pour que nos enfants puissent réussir leur avenir avec leurs différences.
Zéphylia
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Je viens témoigner de mon parcours et celui de mon fils par la même occasion en effet nous avons étés diagnostiqués et reconnus médicalement hyperactifs, souffrant du Trouble de l’Hyperactivité & Déficit de l’Attention, le neuro psychiatre nous a prescrit à tous les deux de la ritaline, (mon fils prend de la Ritaline depuis maintenant 2 ans, pour ma part j’ai refusé jusqu'à maintenant de prendre mon traitement car je ne suis pas vraiment pour les substances psychotropes). merci beaucoup |
Katherine - Adulte TDA/H
Avant tout je voulais te remercier pour ce site formidable.
C'est pour moi une véritable redécouverte de moi même. Je trouve enfin une explication à beaucoup de mes comportements "bizarres" (ou vus comme tels par les autres) et à ce que je trouvais être de si vilains défauts ou mauvais traits de caractère: ce manque total de patience, cette spontanéité impulsivité qui font tant de "dégâts" vis à vis de mes enfants - c'est ce que je supporte le plus mal dans mon caractère -
Peut-être après tout ne suis-je pas une si mauvaise mère que je pensais?
Encore merci pour ton aide et pour la qualité de documentation du site....
Je vais peut-être le faire lire à mon mari. Peut-être comprendra t il pourquoi je ne sais pas "réfléchir avant de répondre ou réfléchir avant d'agir ou être patiente avec les enfants ou....la liste est si longue......
Adeline
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Il est tard tout le monde dort et moi je pense, seule d'une certaine façon je souffre. |
Dionysia
Bonjour, je suis psychologue et suis âgée de 35 ans. Cela ne fait qu’une année que j’ai pu mettre un nom à la longue litanie de symptômes qui a compliqué à souhait ma vie depuis ma tendre enfance. Cet auto-diagnostic vient de m’être confirmé (nous sommes en décembre 1999) par une collègue expérimentée que je suis allé voir suite à une conférence au cours de laquelle elle a dit qu’elle dépistait aussi les adultes… Il est rare, m’a-t-elle dit en début de consultation, qu’une personne atteinte de ce syndrome termine une formation universitaire, aussi était-elle dubitative, … mais les résultats des tests (entretiens semi-structurés ainsi qu’un test computérisé) étaient si parlants qu’elle s’est rendue à l’évidence : je suis atteinte d’un Trouble Déficitaire de l’Attention / Hyperactivité avec prédominance de déficit attentionnel !
Soit, je peux donner aujourd’hui l’impression d’être bien accomplie en regard des objectifs de la société grâce à ma réussite professionnelle. Je pourrais même laisser croire que ce n’est somme toute pas si gênant de vivre avec un déficit d’attention, et cela surtout à ceux qui me connaissent depuis peu. Pourtant, je reviens de loin. J’ai failli être anéantie par une sévère dépression, la première à 11 ans et la suivante qui a bouffé ma vie de 16 à 28 ans. Cette dépression a rendu mes études de gymnasienne excessivement difficiles, dans tous les sens du terme, avant de rendre franchement impossible ma première formation universitaire, en orthophonie. Ce n’est qu’à force de ténacité et en payant le prix fort que j’ai fini par réussir à la fac. Comme quoi l’entêtement, un trait de caractère qui accompagne typiquement le TDA/H, a aussi ses avantages ! J’ai pu braver le jugement hâtif de presque tout mon entourage qui affirmait que je n’avais «qu’à arrêter mes études»… les uns décrétant carrément que je n’étais pas à la hauteur de mon ambition et les autres, qui me prêtaient tout de même quelques dispositions, affirmant que je perdais beaucoup d’énergie, tout cela uniquement pour pouvoir prouver ce dont je suis capable ! Que ma vocation fût grande, à la hauteur de l’effort que j’y ai consenti, nul d’entre eux n’a su le prendre en compte. C’est aussi ça, avoir un TDA/H, se voir conseiller de toute part, que l’on soit demandeur ou non, et pas toujours dans le sens de ses intérêts ! Difficile de ne pas abriter plein de colère devant tant de «personnes qui nous veulent du bien» et nous jaugent avec des critères si normatifs. J’ai refusé de me plier, mais j’ai dû mettre toute mon énergie dans mes études, au détriment des autres expériences normales de la jeune adulte que j’étais. Pour ça, je n’ai pas lésiné sur les moyens. Je me suis servie de mon impulsivité et de mon intuition, autres caractéristiques parfois bien venues et n’en ai fait qu’à ma tête !
À 25 ans, j’ai quitté le milieu familial pour entamer mes études de psycho, à Genève, avec un programme bien chargé : les journées consacrées aux cours et à mes 4 séances hebdomadaires de psychanalyse (pour soigner ma dépression et, accessoirement, apprendre mon futur métier, même si j’ai décidé par la suite de ne pas devenir psychanalyste), les soirées et un week-end sur deux à mon poste de travail (afin de financer mes études pour lesquelles je ne pouvais plus prétendre au moindre subside suite à mon premier échec – comme quoi les erreurs de parcours, aussi involontaires soient-elles, se paient parfois cher et très longtemps –). Il me restait la nuit pour réviser mes cours, rédiger les quelques mémoires à remettre (si possible à temps et souvent après avoir dû négocier un délai !). Quant aux vacances… et bien elles étaient destinées à préparer les examens ! Au vu de mes difficultés, endosser une telle charge de travail était pure folie, mais ça a fonctionné, peut-être parce que j’ai eu moins de temps pour ruminer mes craintes !
J’ai réussi peu à peu à compenser mes déficits (les adultes TDA/H ont d’énormes difficultés à travailler régulièrement, sont peu structurés, ont tendance à repousser au lendemain – quand ce n’est pas aux calendes grecques – leurs tâches quotidiennes qui leur paraissent trop lourdes…). Difficile de reconnaître une maladie chez des adultes qui présentent des symptômes que présente une fois ou l’autre Monsieur-Tout-Le-Monde. Seuls les critères de fréquence et d’intensité de ces comportements permettent d’opérer une distinction entre le normal (tel que cela pourrait être le cas d’un adulte qui a tendance à travailler au dernier moment et qui est peu organisé) et le pathologique (un adulte TDA/H, pour qui s’organiser et accomplir les simples tâches de la vie quotidienne dans des délais raisonnables relève, à peu de choses près, de la science-fiction ! Et j’en passe…).
Pourquoi suis-je si convaincue de l’organicité du TDA/H (en fait des troubles neurobiochimiques) ? Comment expliquerions-nous sinon, à la lueur d’un seul facteur psychique, qu’une substance psycho-active – et d’autres excitants, à l’instar du café – puissent apaiser les personnes TDA/H, sur lesquelles, en revanche, les calmants exercent une action sur-stimulatrice ? Comment expliquer, de même, que l’ingestion d’aliments qui contiennent certaines substances comme des phosphates ou d’autres additifs, parviennent à interférer sur le bon fonctionnement du cerveau de certains hyperactifs et leur fassent perdre tout contrôle d’eux-mêmes ?
Vous pouvez me croire, je n’ai pas attendu de connaître le bon diagnostic pour tenter de me soigner, et les psychothérapies entreprises m’ont certes quelque peu aidée à dépasser mes échecs (attribués à un auto-sabotage par peur de la réussite par mes précédents thérapeutes d’obédience psychanalytique !!!) parce que j’ai pu améliorer le peu d’estime que je me portais. Je ne cherche pas à dénigrer le travail de mes précédents psys, ils n’ont simplement pas pensé que je puisse souffrir d’un déficit d’attention. Quant à moi, j’ignorais que mon étourderie, mes fréquents retards, mes difficultés d’organisation,… certes gênants, avaient un lien avec le reste de mes symptômes. Je m’étonnais juste de réaliser que, bien que de moins en moins dépressive, je conservais les symptômes qui s’étaient majorés au plus fort de ma dépression : la difficulté de me lever le matin et d’affronter la vie de tous les jours, mon humeur changeante et mes capacités de travail fluctuantes… ce qui me faisait déprimer en retour et douter de moi,… un véritable cercle vicieux !
Ces difficultés dans ma vie d’adulte, je les attribuais à maintes expériences négatives vécues lors de mon enfance, expériences fréquemment provoquées, je m’en rends compte rétrospectivement, par mon déficit d’attention. Mes thérapeutes m’ont tout de même aidée à traverser bien des tempêtes, à construire patiemment une meilleure image de moi-même et je leur en sais déjà gré ! Grâce à leur aide, plus sûre de moi, je me suis mise à réussir dans ma formation, en fait dans mes deux formations, car ma réussite en psycho m’a même donné suffisamment de confiance en moi pour me lancer, parallèlement, dans une deuxième, en sophrologie, un bon choix car cela m’a ouvert des horizons nouveaux. Cette réussite a libéré une soif inextinguible d’apprendre et le besoin de rattraper le temps perdu en déprime ! J’ai appris à me servir de mon potentiel et développé les qualités propres à ceux qui ont un TDA/H : l’intuition, la créativité et l’originalité. J’ai aussi appris à donner l’impression, à l’extérieur dans les premiers temps, de bien fonctionner, ce qui était nécessaire pour ma crédibilité, m’a permis de me lancer dans un domaine qui me passionne, domaine dans lequel je peux utiliser mon potentiel. Sauf que dans la vie concrète et pratique, en dehors de mon métier, j’étais toujours autant dans la lune (ce qui était interprété comme une fuite de la réalité) et désorganisée. Derrière le miroir, dans les moments où j’étais seule face à moi-même, je continuais à être saisie des mêmes doutes déchirants : «Suis-je la hauteur ? Comment m’y prendre pour terminer, dans les délais, mes travaux qui traînent ?… Venait ensuite la phrase qui tue : «Les autres y arrivent simplement, pourquoi pas moi ?», cette même phrase qui emplissait ma tête lorsque, gymnasienne, je ne décollais pas de ma page blanche lors de dissertations et que je voyais le stylo de mes camarades gratter allègrement le papier…
La providence a voulu que j’apprenne le bon métier pour que ma prédiction d’enfant «un jour on saura ce que tu as !» devienne réalité… Par « hasard » j’ai été mise en contact, par l’intermédiaire d’une amie, avec une maman qui s’occupait d’une association pour parents d’enfants hyperactifs. Je suis allée la trouver pour qu’elle m’explique les principes du régime pour les hyperactifs parce que je m’occupais de plusieurs enfants qui présentaient ces symptômes. À l’époque, où les professionnels débattaient essentiellement sur les symptômes d’hyperactivité / impulsivité et se contentaient de polémiquer au sujet de la ritaline au lieu de s’intéresser aux enfants et aux différents moyens que l’on peut mettre en œuvre pour les aider, je n’avais pas encore fait le rapprochement entre eux et moi, qui présentais essentiellement des difficultés d’attention ! Mais plus j’écoutais cette maman qui me racontait les témoignages d’enfants qu’elle avait récoltés, plus je ressentais comme une troublante familiarité alors que j’avais été une fillette autant timorée que les enfants dont on me brossait le portrait étaient téméraires ! Même en sachant cela, plus elle me parlait, plus mon corps entrait en résonance : je parvenais sans peine à deviner le ressenti des enfants, leurs réactions dans telle ou telle situation. De plus, fait encore plus étonnant, je présentais moi-même de nombreux troubles sensoriels et/ou perceptifs ainsi que d’autres symptômes couramment décrits dans la littérature comme étant fréquemment associés au TDA/H. C’en était trop ! Il fallait que j’en aie le cœur net ! Je me suis mise à consulter diverses grilles qui permettent d’orienter le diagnostic. J’ai eu entre les mains un document qui provenait d’un site Internet québécois : j’y ai trouvé le listing de 20 comportements typiques des adultes ayant un TDA/H. Un florilège de mes propres difficultés !!!
Or il est impossible de devenir hyperactif à l’âge adulte, ce syndrome débute toujours dans l’enfance. Il fallait donc que j’approfondisse mes recherches pour savoir si je l’avais été. J’ai enfin pris connaissance de la dernière édition du DSM « Diagnostic and Statistical Manuel of Mental Disorders » publié depuis 1960 par L’American Psychiatric Association. Si dans la IIIème édition révisée, qui était en vigueur du temps de mes études, on ne parlait que d’hyperactivité avec déficit de l’attention, la IVème édition distingue 3 sous-catégories, dont celle dont je suis personnellement atteinte, la forme avec prédominance de déficit attentionnel ! J’ai bien quelques traits d’hyperactivité (recherche de stimulations, mouvements d’agacement des jambes en position assise surtout dans l’enfance, une nervosité intérieure parfois importante même si je donne souvent une fausse impression de calme, une surabondance de pensées qui circulent sans que je puisse débrancher, ce qui ne m’aide pas à trouver le sommeil lorsque je suis pourtant fatiguée et qu’il est l’heure de dormir…),, mais je ne présente pas suffisamment de symptômes pour pouvoir parler d’un type combiné.
C’est à ce moment de mes recherches que j’ai ressenti le besoin de consulter ma collègue qui connaît bien le TDA/H et qui a définitivement mis un terme à mes hésitations.
Ce diagnostic a été réparateur aussi bien pour mes parents que pour moi-même. Eux ont enfin compris pourquoi ils avaient eu tant de difficultés à m’élever - car un enfant TDA/H n’est pas de tout repos - et de mon côté j’ai enfin pu faire la paix avec mon passé : je n’étais pas responsable de mes troubles ce que mes parents ont enfin compris et ce n’est par manque de volonté que j’avais connu tant d’échecs. Ce n’est qu’une fois le bon diagnostic posé que j’ai pu mettre en œuvre tous les moyens possibles pour apprendre ce qui va de soi pour les adultes qui n’ont pas ce syndrome et enfin mieux gérer le quotidien, en connaissance de cause.
Curieusement, la vie est devenue singulièrement plus facile et la réussite ne me fait pas peur, mais alors pas peur du tout, quoi qu’en aient pu dire certains psy… Je suis venue me réinstaller sur le lieu de mes études, à Genève, où cela bouge beaucoup dans la mise au point de traitements du TDA/H, pour y ouvrir mon cabinet. J’accompagne ces enfants qui me ressemblent tant… je les accompagne pour que leur chemin de vie ressemble le moins possible à celui que j’ai emprunté durant mes 35 premières années, avant que je ne puisse me mettre à courir, à grandes enjambées, vers la liberté…
Que dire de plus ? Cela fera bientôt 4 ans que j’ai rédigé ce témoignage, et comme je l’avais pressenti, les progrès se font à pas de géant dans la mise au point des thérapies possibles du TDA/H. Si ce que je rapporte de mon vécu reste toujours en vigueur, ma manière de comprendre le syndrome a évolué.
J’ai entrepris des formations supplémentaires pour pouvoir adapter mon approche thérapeutique en fonction des enfants et des adultes qui viennent me voir, qu’ils aient ou non un TDA/H, dont le décodage biologique, la psycho-généalogie et je découvre actuellement avec délices la kinésiologie à laquelle les enfants qui ont un TDA/H répondent souvent très bien, ce qui est aussi mon cas qui plus est (car bien sûr je commence toujours par essayer les outils thérapeutiques sur moi avant de suivre les formations ad hoc - si l’approche essayée m’a permis d’avancer - et de les intégrer plus tard dans ma pratique).
Vécu de l’adulte
Nous remercions Daniel qui nous autorise à publier sur notre site cette lettre qui est aussi le témoignage de son vécu personnel.
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J’ai 49 ans et je travaille, actuellement, comme conseiller juridique en relations de travail dans un établissement du réseau de la santé et des services sociaux de la région. Je suis le père d’un garçon de 10 ans atteint d’un TDA/H, et moi-même atteint d’un TDA/H résiduel, avec impulsivité. Pour commencer, j’aimerais vous poser quelques questions.
Parcours scolaire et cheminement professionnel : Si je vous parle de ma scolarité et de mes expériences de travail, ce n’est pas par prétention, mais pour que vous sachiez qu’on peut avoir un TDA/H et réussir au plan académique et, peut-être professionnel, même si personne ne s’est occupé de nous. Mais là-dessus, je vous laisse tirer vos propres conclusions. De toutes façons, ces réussites ne sont pas, à mon avis, celles qui sont les plus importantes ; mais, là n’est pas l’objet de mon propos, ce soir. Cependant, ce qui est sûr, c’est que, si on sait ce qu’il en est et si on est aidé, la probabilité de réussir sa vie, à tous les niveaux, est définitivement beaucoup plus grande.
Vie professionnelle Au printemps 1980, sur un coup de tête, j’ai décidé, en l’espace d’une fin de semaine, de quitter la pratique du droit et de retourner à nouveau aux études pour faire mon MBA. Soit dit en passant, l’impulsivité est très certainement l’une de mes caractéristiques principales. Je suis fortement porté à penser que l’impulsivité liée au TDA/H a joué, encore une fois, un rôle déterminant, car il était déraisonnable de prendre une telle décision, de façon aussi précipitée, et sans m’être préparé financièrement en conséquence, le programme s’étendant sur 28 mois. Dans le premier centre hospitalier où j’ai travaillé de 1986 à 1992, à partir plus particulièrement de 1990, ma situation professionnelle se dégrade sérieusement, entre autres, parce que j’ai toujours ma grande gueule, et que je ne peux m’empêcher de dire tout ce que je pense. À titre d’exemple : dire, en comité, au vice-président du C.A., qu’il s’“enfarge” dans les fleurs du tapis, et qu’il ne fait ainsi que retarder la progression des travaux du comité. Même si cela était vrai, personne ne l’aurait dit. Mais, voilà, c’était ce que je pensais, et je n’ai pas pu m’empêcher de lui dire. Évidemment que, lorsqu’on ne sait pas ce qu’est le TDA/H et qu’on ne sait pas, par voie de conséquence, ce que c’est que d’être un adulte atteint d’un TDA/H résiduel, on a bien peu de chances de corriger seul le tir. SUGGESTION : J’aimerais souligner ici ce qui est une autre particularité me décrivant bien et qui, je le crois, s’applique, de façon générale, aux adultes atteints d’un TDA/H. En effet, les plus grands moments de satisfaction professionnelle, je les ai trouvés lorsque je devais régler des situations problématiques au travail, des situations tout à fait “merdiques”, des situations à très forte intensité où l’on dirait que “ ça va mal en maudit à shop ”. J’étais alors tellement sollicité, l’intensité requise était tellement grande que je pouvais enfin m’amuser à travailler, car il y avait alors matière à vraiment me concentrer au maximum. SUGGESTION : Quelques mois après être arrivé au centre hospitalier où je travaille, je me suis, à nouveau, retrouvé avec les mêmes problèmes d’impulsivité et de manque de retenue – certains diraient même de jugement. J’ai alors consulté dans le cadre du PAE ; mais, malgré ce qui me paraissait être une révélation, je n’ai pas plus été capable de vraiment m’empêcher de dire tout haut ce que je pensais, même si je savais que je ne devais pas le faire. Je ne savais pas encore quel était mon problème. CONSÉQUENCE : Je conclurais sur cet aspect professionnel en vous disant donc que, très souvent, lorsque j’ai eu des problèmes au travail, et je ne suis même pas sûr que je n’en ai plus ou que je n’en aurai pas, c’était à une époque où j’ignorais tout du TDA/H, encore plus chez l’adulte; j’ignorais que ces problèmes au travail résultaient de mon impulsivité qui faisait que je ne pouvais m’empêcher de dire ce que je pensais, même si les conséquences risquaient d’être désastreuses. Vie personnelle et sociale La faible estime de soi qui caractérise les personnes atteintes du TDA/H a évidemment eu un impact majeur sur mes relations interpersonnelles. Il est en effet difficile de s’aimer lorsqu’on a, depuis qu’on est enfant, l’impression de n’avoir jamais été à la hauteur. Il est également plus difficile d’aimer les autres lorsqu’on a l’impression de ne pas avoir été aimé pour ce que l’on était, surtout qu’on a régulièrement reçu le message de ne pas être à la hauteur des attentes des gens qui, en principe, sont ceux qui ont la responsabilité de nous aider à grandir. RECOMMANDATION : Mes relations personnelles ont aussi été assez houleuses considérant que mon impulsivité va généralement heurter les sentiments des autres, même si mes interventions ne sont, bien sincèrement, animées par aucune intention malveillante, sans compter que je ne “ lis ” pas facilement les autres. Toute ma vie, j’ai eu l’impression d’un peu brûler la chandelle par les 2 bouts, étant incapable de m’arrêter, même pour dormir. À titre d’exemple, je vous dirais que je dois me faire violence pour aller me coucher, en me disant qu’il faut, très souvent, si ce n’est pas la plupart du temps, que je me lève moins de 5 heures plus tard. Je tente de me rassurer en me disant, comme le faisait Einstein, qui vivait, semble-t-il, de la même façon, que l’important, c’est la longueur de la chandelle. Parlant de l’importance de la longueur de la chandelle pour ce qui est de brûler la chandelle par les deux bouts, je vous dirais qu’à l’inverse, en ce qui concerne l’impulsivité, c’est comme si la longueur de ma mècheétait inversement proportionnelle à celle de la chandelle. Diagnostic et prise en charge À 46 ans, à force de m’occuper de mon fils et de m’informer sur le TDA/H, j’ai dû commencer à faire face à la réalité et à me dire que j’étais peut-être atteint d’un TDA/H. C’est ainsi que j’ai cherché un spécialiste qui pourrait peut-être m’aider. DANGER QUI VOUS GUETTE : La première réaction de la majorité des gens, qui me connaissaient et à qui je disais que je voulais explorer ce qu’il en était, était de me répondre : “ Voyons, ne t’occupe pas de cela… Tu n’as pas de problèmes… Regarde, tu as réussi dans tes études, dans ton travail, dans la vie ”. Pourtant, ma conviction profonde était que j’avais raté ma vie parce que j’avais l’impression que, toute ma vie, j’étais passé à côté de quelque chose, que je ne m’étais pas réalisé, ayant l’impression que je n’avais pas fait ce que j’étais capable de faire. Lorsque j’ai appris que j’avais un TDA/H, et comme j’en connaissais les conséquences, ce fut tout un choc. Au début, la 1ère phase en est une de soulagement ; je comprenais, enfin, un peu, à tout le moins, ma souffrance morale en lien avec ce que je considérais avoir été une vie de misère intérieure. Par contre, la 2e phase en a été une de rage et de rancœur ; rage et rancœur de croire que la vie avait été si dure avec moi, d’avoir l’impression de ne pas avoir été aidé par ma famille. Mais, par après, i.e., après avoir commencé à comprendre ce qu’était le TDA/H, j’ai alors senti le besoin, la nécessité de pardonner aux autres et de me pardonner à moi-même, puisque personne ne savait ce qu’il en était quand j’étais enfant ou adolescent. J’ai compris qu’à partir du moment où les gens font de leur mieux, avec ce qu’ils sont et ce qu’ils ont, on ne peut pas leur en vouloir. D’ailleurs, je dis maintenant à tous les parents d’enfants atteints d’un TDA/H que je rencontre et qui s’inquiètent de leur compétence ou de leur performance parentale : “ Informez-vous ; renseignez-vous. Mais, après cela, à partir du moment où vous avez fait de votre mieux, avec ce que vous êtes et ce que vous avez : pardonnez-vous pour les erreurs que vous pourriez faire! ”. La 3e phase est celle de l’espoir ; l’espoir de croire que j’aurai pu aider mon fils, parce que je sais mieux ce qu’il vit, et parce que nous, ses parents, aurons fait tout ce que nous pouvions faire pour l’aider dès son plus jeune âge. Comme je l’ai déjà mentionné dans un autre cadre, je dirais que c’est mon fils qui m’a permis de naître, en fait, de renaître, en me faisant découvrir ce qu’est le TDA/H chez l’enfant, en général, et le TDA/H chez l’adulte, en particulier. Mais, rien de tout cela n’aurait été possible sans Dr Claude Jolicoeur. De plus, dites-vous qu’il n’en demeure pas moins rassurant, à titre d’adulte atteint d’un TDA/H résiduel, avec impulsivité, de savoir ce qu’il en est, parce qu’à partir de ce moment, vous pouvez entreprendre différentes démarches susceptibles de vous aider à être mieux dans votre peau et à pouvoir être plus heureux dans la vie. Ainsi, à compter du diagnostic, et aussi grâce à l’aide apportée par Dr Jolicoeur et à mon suivi par celui-ci, grâce aussi à la formation sur la méthode Barkley donnée par Christiane Gravel, il s’est produit ce que j’appelle un élargissement de la conscience qui fait en sorte que je peux affirmer être probablement plus présent, maintenant, au moment présent, et moins impulsif que je ne l’étais auparavant, quoique cela ne soit jamais facile. De plus, en recourant à des approches cognitivo-comportementales, j’ai commencé à faire davantage de retours analytiques sur les différentes crises afin de mieux comprendre ce qui se passe pour apporter les correctifs appropriés, en espérant empêcher que ces crises ne se reproduisent, du moins qu’elles soient moins sérieuses et moins fréquentes. De plus, j’ai commencé à prendre du Ritalin afin de diminuer mes comportements impulsifs. Comme le dit Dr Jolicoeur, à la lumière de ce que je considère personnellement comme des échecs professionnels, à tout le moins comme des échecs dans mes relations interpersonnelles en milieu de travail, le Ritalin est possiblement ce qui me permet d’atteindre la note de passage qui, comme dans les écoles, est exigée au sein des organisations. Cette troisième phase s’est aussi traduite par un passage à l’action plus sociale et politique ; je pense, entre autres, ici, à la mise en place de l’Association PANDA ou à d’autres modes d’interventions. J’insiste, ici, pour vous dire que je ne voudrais pas que ce que vous reteniez de mon témoignage, c’est que je me plains et que la vie va donc être difficile pour vos enfants... au contraire. Cependant, il est vrai qu’elle pourra être moins facile pour eux qu’elle ne le sera pour les enfants qui n’ont pas à vivre avec le TDA/H. Mais, dites-vous qu’ils ont aussi de grandes forces et de grandes qualités qui les aideront dans leur vie et dont vous êtes, tout comme vos enfants, responsables de développer. C’est pour cela qu’il faut que vos enfants aient des parents qui, comme vous, s’informent, des parents qui prendront fait et cause pour eux, des parents qui ne craindront pas de se faire entendre, et des parents qui sauront se regrouper s’il le faut. En terminant, je nous souhaite de pouvoir établir un véritable partenariat entre la famille et l’école car, sans lui, c’est tout l’avenir de nos enfants qui est hypothéqué. |
Daniel Létourneau
Repentigny, 1er septembre 1998
Madame Catherine Elie, Rédactrice en chef
Madame Jacinthe Tremblay
Magazine Châtelaine
Mesdames,
La présente fait suite à l’éditorial et à l’article parus dans votre revue sur le Ritalin[1].
J’ai 48 ans et je suis le père d’un enfant de 8½ ans atteint du trouble du déficit de l’attention (TDA/H)[2] ; j’ai moi-même été diagnostiqué, en février 1997, comme atteint d’un TDA/H, et j’aimerais vous donner un point de vue peut-être différent de ce qu’on peut être habitué d’entendre.
Une compréhension du trouble du déficit de l’attention qui consisterait à croire que le TDA/H se résume au fait que l’enfant n’aurait jamais appris à se maîtriser parce que ses parents seraient trop débordés ou indulgents me paraît bien superficielle, mais malheureusement bien près de la croyance populaire. En effet, comme parents d’enfants atteints d’un TDA/H, que de fois n’a-t-on pas entendu quelqu’un dire : «Ah ! Si c’était mon fils, cela ne se passerait pas comme ça», ou encore : «Si ses parents faisaient preuve de plus de discipline, cet enfant ne ferait pas cela».
Un expert américain du TDA/H, Dr Edward M. Hallowell[3], donne comme exemple de l’effet du Ritalin, pour l’enfant qui en a besoin, celui des lunettes pour la personne qui souffre de presbytie ou de myopie. La volonté de voir ne pourra jamais lui permettre de bien voir si elle ne porte pas ses verres correcteurs. Il en est de même pour l’enfant qui a besoin du Ritalin. Le TDA/H est avant tout un trouble neurobiologique qui n’a rien à voir avec la volonté pure.
Sans contester qu’il puisse y avoir des cas d‘abus dans l’usage du Ritalin[4], et sans être un expert du problème du TDA/H, je me permets tout de même d’avancer quelques hypothèses sur un recours croissant au Ritalin :
- une sensibilisation accrue à l’existence du TDA/H due à une information meilleure et mieux diffusée, entraînant, de ce fait, un meilleur dépistage des enfants atteints d’un TDA/H;
- la chute de certains tabous d’avoir un enfant atteint d’un TDA/H, ou d’en être soi-même atteint;
- la mise en place du régime public d’assurance-médicaments qui a probablement permis à de nombreuses familles, comptant un enfant atteint d’un TDA/H, de pouvoir maintenant recourir au Ritalin alors qu’elles n’auraient pas les ressources financières pour le faire sans aide. Et ici, on peut peut-être penser plus particulièrement aux familles de certains quartiers défavorisés;
- la manipulation des chiffres mentionnés, résultant de la confusion entre le nombre de personnes prenant du Ritalin et le nombre de prescriptions de Ritalin dans une année. Si, au cours de l’année, un enfant reçoit du Ritalin en vertu d’une prescription, bonne pour un mois et répétable pour 12 mois, il s’agit alors d’un seul enfant, prenant du Ritalin pendant 12 mois, et non pas de 12 enfants différents prenant du Ritalin pendant cette année.
Comme on semble avoir voulu provoquer les gens et inquiéter les parents d’enfants ayant un TDA/H quand, dans le même alinéa, on parle de « speed », de cocaïne et de morphine! Devrait-on refuser l’amélioration de la qualité de vie de l’enfant ayant un TDA/H et de sa famille, sous prétexte qu’un abus pourrait mener au pire? … Ma réponse est non.
À mon avis, le Ritalin ne fait pas qu’améliorer essentiellement les dispositions de base à l’apprentissage. Et s’il ne faisait que cela, ce serait déjà beaucoup.
Ainsi, je pense que madame Tremblay aurait certainement pu parler du cas d’enfants pour qui le Ritalin, et les autres thérapies complémentaires, ont eu un effet extrêmement bénéfique. Il aurait aussi été utile qu’elle rapporte les propos de parents d’enfants atteints d’un T.D.A, avec ou sans hyperactivité, et pour qui le recours à la médication et aux autres thérapies leur permet de retrouver une vie familiale plus harmonieuse et de voir grandir leurs enfants « en beauté et en sagesse ». En effet, les effets bénéfiques d’un traitement adéquat du TDA/H ne se font pas sentir que chez l’enfant ; un tel traitement, qui devrait inclure différentes thérapies complémentaires, profite à toute la cellule familiale, aux ami(e)s de l’enfant et autres enfants de sa classe.
De plus, il ne faut pas, à mon avis, confondre le TDA/H avec le trouble des conduites[5] ou le trouble oppositionnel avec provocation[6], quoi que, dans le cas de notre fils, la prise de Ritalin par celui-ci a aussi eu un effet bénéfique significatif sur sa tendance marquée à l’opposition/confrontation.
J’aimerais plus particulièrement vous parler, ici, de notre vécu comme parents d’un enfant atteint d’un TDA/H.
Notre fils avait cinq ans lorsque la monitrice de sa classe de pré-maternelle nous a dit croire qu’il pourrait être à propos que nous consultions afin de savoir s’il n’était pas atteint d’un TDA/H. Dans un premier temps, une psychologue du C.L.S.C. local a travaillé avec nous et notre fils. Puis, comme elle n’arrivait pas à une conclusion claire quant à un possible TDA/H, nous avons consulté auprès d’une clinique de pédopsychiatrie où notre fils a été suivi pendant plus d’un an, presque à chaque semaine, par un pédopsychiatre, pendant que nous, ses parents, avons rencontré, pendant trois ans, presque à chaque mois, une travailleuse sociale qui nous a aidés à mieux comprendre notre fils et ce qu’il vit.
De plus, selon le pédiatre de notre fils qui le suit depuis cinq ans, il était clair que notre fils allait être aidé par la prise de Ritalin qu’il prend depuis trois ans maintenant. Et il ne s’est pas trompé.
À nouveau, au printemps 1998, notre fils a été réévalué par l’équipe de la Clinique des troubles de l’attention de l’Hôpital Rivière-des-Prairies. Il doit, à l’automne prochain, entreprendre une thérapie visant à l’aider à mieux contrôler son impulsivité, à utiliser un processus adapté de résolution de problèmes et à être davantage attentif. Nous pensions, en effet, qu’il était arrivé à un âge où il fallait lui donner certains outils, lui enseigner certaines méthodes d’auto-observation et d’auto-contrôle qu’il lui appartiendra de s’approprier. Nous pensons qu’il doit se responsabiliser, mais uniquement dans la mesure qui est celle d’un enfant de 8½ ans.
Lorsque notre fils a commencé à prendre du Ritalin, il était en maternelle. Il n’en prenait alors que deux doses de quatre heures chacune, soit de 08h00 à 12h00 et de 12h00 à 16h00, du lundi au vendredi. Il était alors comme un enfant à deux vitesses : une, normale, du lundi au vendredi, de 08h00 à 16h00, et une autre, élevée, après 16h00 ainsi que la fin de semaine où, par exemple, il n’arrivait, qu’avec la plus grande difficulté, à compléter son cours de natation du samedi, soit parce qu’il n’était tout simplement pas là, inattentif, soit encore parce qu’il était en retrait, étant trop dérangeant pour le groupe.
Avant qu’il ne commence à prendre du Ritalin, à l’automne 1995, notre fils, trois jours après le début de l’année scolaire, était « barré » dans l’autobus scolaire, s’était déjà retrouvé au bureau de la directrice de l’école et avait « brûlé » trois gardiennes en un mois.
Il est remarquable que, sur une période de trois ans, les deux autres fois où notre fils s’est retrouvé au bureau de la directrice furent lors d’oublis de lui administrer sa médication. La première fois, nous n’avons réalisé cet oubli que quatre jours plus tard; cependant, nous nous sommes alors très bien rappelés quelle journée cela avait été. La deuxième fois, son professeur s’est rendu compte qu’il n’avait pas eu sa médication du matin en constatant comment il était, comme à l’habitude, plus calme et plus attentif en après-midi, après avoir reçu sa médication au dîner.
Dès que notre fils eût débuté en 1ère année, soit à partir du moment où il a eu des devoirs et de l’étude à faire, ce fut l’enfer, les soirées de semaine se transformant en cauchemars. En effet, notre fils était absolument incapable de se concentrer suffisamment pour faire ses devoirs et leçons qui pouvaient prendre jusqu’à une heure et demie, deux heures chaque soir, alors que les autres enfants ne prenaient qu’environ 45 minutes et ce, sans compter les crises de nerfs ou de larmes de notre fils et des parents parce que nous ne comprenions pas encore alors que son attitude n’était pas due à de la mauvaise volonté de sa part, mais bien à une incapacité physique de se concentrer. Si notre fils réussit très bien à l’école, c’est fort probablement grâce au Ritalin qui l’aide à mieux se concentrer, ce qui lui permet de travailler aussi fort qu’il le fait.
Depuis son début en 1ère année, notre fils prend du Ritalin pour être « couvert » 12 heures/jour, sept jours/semaine, et profiter ainsi d’une vie où ses relations interpersonnelles, en dehors de l’école, sont beaucoup plus harmonieuses. Avant de prendre du Ritalin, notre fils, à cause de son impulsivité, était, à toutes fins pratiques, incapable de jouer avec des amis et souffrait énormément de cette solitude. Et je peux vous dire qu’en ce qui concerne son développement physique, il se situe au 75e percentile.
Même si je ne suis pas un spécialiste du problème du TDA/H et que je ne dispose pas de données à ce sujet, je peux être d’accord que, dans certains cas, il peut y avoir eu, et y avoir encore, abus dans l’usage du Ritalin, sans compter que le recours au Ritalin n’est qu’un « outil » parmi d’autres, avec les autres thérapies complémentaires, dans le traitement du TDA/H.
Par contre, je crois qu’il faut aussi se demander ce que serait la vie des enfants à qui le Ritalin aurait été bénéfique, mais qu’on leur a refusé pour toutes sortes de raisons, dont la peur des effets secondaires, effets secondaires qui ne sont pas mis en perspective avec les effets bénéfiques du Ritalin.
Dans un article récent publié dans la revue Québec Science[7], l’auteure, madame Anne-Marie Simard, disait n’avoir pu s’empêcher d’éprouver un malaise lorsque elle aurait observé un enfant sous médication[8]. Cela ne doit pas faire oublier ces milliers d’autres enfants ostracisés, mal-aimés, marginalisés, avec une estime de soi à zéro parce que, sans le Ritalin, il leur est impossible d’être suffisamment attentif à l’école pour pouvoir apprendre, suivre les consignes, que ce soit à la maison, à l’école ou lors d’activités organisées, et réfléchir le moindrement avant d’agir ou de parler, comme leur entourage le souhaiterait.
Pour ce qui est des effets secondaires possibles[9] chez les enfants pour qui le Ritalin est nécessaire, doit-on, par analogie, refuser un « pace maker » ou un pontage cardiaque aux personnes souffrant de maladies cardiaques, sous prétexte qu’il y a certains risques inhérents à toute intervention chirurgicale? Doit-on les laisser mourir à cause de ces risques? Je ne le crois pas.
Il ne faut pas confondre ce que madame Élie appelle le débordement ou l’indulgence des parents avec l’usure de ces parents d’enfants atteints d’un TDA/H et qui ne bénéficient pas, en raison de leur inexistence à peu près totale, des ressources leur permettant de prendre un peu de répit, ne serait-ce qu’une ou deux fins de semaine par année. En effet, il ne faut pas se leurrer; à peu près personne ne s’offre pour recevoir cet enfant tornade qui risque de tout briser, qui peut se blesser ou blesser quelqu’un à cause de ses étourderies et qui peut facilement dire tout ce qui lui passe par la tête. Et je ne parle pas des ami(e)s des parents qui disparaissent à cause du comportement de cet enfant atteint du TDA/H.
Il faut savoir que ces parents d’enfants atteints d’un TDA/H non traité n’entendent que des critiques négatives sur leur enfant et en viennent, eux-mêmes, et bien malgré eux, à oublier les forces et les qualités de leur propre enfant en raison de tous ces commentaires négatifs provenant de l’école, de la parenté, des amis, etc.
C’est pourquoi il est essentiel que la thérapie du TDA/H englobe toute la cellule familiale, et que les parents soient bien informés de ce qu’est le TDA/H, et soient formés pour mieux vivre le TDA/H de leur enfant, tout en l’aidant lui aussi.
Évidemment, je ne peux qu’être d’accord avec le fait qu’avant de prescrire le Ritalin à un enfant, il soit nécessaire qu’il soit bien évalué.
Par ailleurs, je ne crois pas qu’un enfant atteint d’un TDA/H est un enfant anormal, mais c’est très certainement un enfant différent des autres. Je parlerais même de handicap[10], mais non visible, à la différence d’un enfant handicapé physiquement. Et, dans ce sens-là, je ne peux que féliciter la Clinique des troubles de l’attention de l’Hôpital Rivière-des-Prairies, plus particulièrement docteur Claude Jolicoeur[11] et madame Christiane Gravel, pour la formation de dix rencontres que cette clinique donne à l’intention des parents d’enfants ayant un TDA/H.
Avec le système de récompenses/conséquences enseigné lors de cette formation, nous avons redécouvert les grandes forces et qualités de notre fils qui, lui, par effet conséquent, a, de façon très significative, amélioré son comportement à la maison et son estime de soi, sans compter que nous nous sommes découverts une nouvelle compétence parentale.
Oui, il est vrai que certaines directions d’école peuvent ne pas en faire assez pour ces enfants. Oui, il est vrai que certains professeurs peuvent ne pas en faire assez pour ces enfants qui dérangent et qu’ils souhaiteraient voir dans une autre classe que la leur. Oui, il est vrai que les écoles manquent de ressources spécialisées pour supporter les professeurs et aider les enfants. Oui, il est vrai que le Ritalin ne doit pas être le seul moyen thérapeutique utilisé. Oui, tout cela est vrai, mais cela ne justifie aucunement de faire peur aux gens et de condamner le recours au Ritalin pour tous ces enfants qui en ont vraiment besoin.
En terminant, laissez-moi maintenant vous parler un peu de moi.
Je suis avocat (1974), j’ai un M.B.A. (1983) et j’ai complété ma scolarité de maîtrise en droit de la santé (1993); pour certains, j’ai réussi[12]. Mais à quel prix !
Ainsi, lorsque je faisais mon M.B.A., je me levais à 08h00 (encore endormi, au réveil, comme n’importe quel enfant atteint d’un TDA/H qui dort peu parce qu’il n’arrive pas à décrocher ! ! !) et je me couchais, à 04h00 (par obligation de me lever quatre heures plus tard), le lendemain matin. Je suivais cet horaire à cause de mon inattention et de mon manque de concentration qui me faisaient perdre mon temps, mon esprit vagabondant d’un sujet d’intérêt à l’autre. À moins que ce ne soit par manque d’intelligence pourraient être tentés de dire certains ?
Aujourd’hui encore, parce que je n’arrive pas à mettre mon esprit à «off», hors-circuit, je dois me forcer pour aller me coucher, dormir étant vu comme une perte de temps.
La vie d’un adulte atteint d’un TDA/H non diagnostiqué et non traité, particulièrement quand dominent l’inattention et la distractibilité, cela veut dire, par exemple, travailler plus longtemps et plus fort pour arriver au même résultat que les autres.
La vie d’un adulte atteint d’un TDA/H non diagnostiqué et non traité, particulièrement quand dominent l’irritabilité et l’impulsivité, cela veut dire, par exemple, avoir peu d’amis, avoir des relations interpersonnelles chaotiques et tendues, tant au niveau du couple, de la famille que du travail avec, par exemple, des pertes ou des changements d’emplois fréquents.
La vie d’une personne atteinte d’un TDA/H non diagnostiqué et non traité, cela veut dire qu’on n’a que très peu d’estime de soi, de confiance en soi et qu’on est bien malheureux dans notre peau.
C’est cela que veut dire être atteint d’un TDA/H non diagnostiqué et non traité ; vous voyez qu’on est très loin de ma conception de ce que c’est que de réussir sa vie.
C’est pourquoi, en attendant que tous les autres facteurs facilitants, que tous souhaitent évidemment, ne soient réunis et mis en place, je crois qu’au lieu de chercher à faire peur aux gens, de façon irresponsable à mon avis, quant à l’utilisation du Ritalin dans le traitement du TDA/H, il faille plutôt, à l’inverse, songer à tous ces enfants atteints d’un TDA/H qui souffrent et souffriront toute leur vie parce que leurs parents auront eu peur de faire face à la réalité et d’entreprendre les démarches nécessaires afin que leur enfant puisse mieux affronter son handicap, bien vivre sa vie, être bien dans sa peau et avec les autres.
Parce qu’il faut bien le dire : une personne atteinte d’un TDA/H est une personne handicapée qui s’ignore jusqu’à ce qu’elle soit diagnostiquée comme telle. Par la suite, elle demeure une personne handicapée dont les autres ignorent ou refusent souvent de reconnaître le handicap, plus particulièrement s’il s’agit d’une personne adulte.
En terminant, je souhaite que plus de parents d’enfants atteints d’un TDA/H, et qui conservent eux-mêmes un TDA/H[13], soient enfin diagnostiqués et traités en conséquence. D’une part, cela leur permettra de jeter un peu de baume sur une vie souvent remplie de misères, et qui leur aura demandé énormément plus qu’aux autres pour réussir et bien vivre leur vie. D’autre part, cela leur permettra de supporter leur enfant atteint d’un TDA/H et de mieux l’aider à surmonter les difficultés qui attendent toute personne ainsi atteinte d’un TDA/H et ce, afin que leur enfant n’ait pas, comme eux, ce sentiment profond et persistent de sous-réalisation qui est propre à la très grande majorité des adultes atteints d’un TDA/H et qui n’ont pas été traités en conséquence.
Daniel Létourneau
- Catherine Elie, Le Prozac des enfants, Châtelaine / Septembre 1998.
Jacinthe Tremblay, Ritalin – La drogue que l’école aime, Châtelaine / Septembre 1998. - Je référerai, de façon générale, au trouble du déficit de l’attention (TDA/H) qui est, d’après ce que j’en sais, comme un arbre dont le tronc peut porter une ou plusieurs des différentes branches suivantes : l’inattention, l’hyperactivité et l’impulsivité.
- Voir, entre autres, Hallowell, E. M. et Ratey, John J., Driven to Distraction, Éd. Touchtone, 1994.
- Lorsque je parle du Ritalin, je réfère, de façon générale, au Ritalin et autres médicaments utilisés dans la thérapie médicamenteuse du TDA/H.
- Voir le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (D.S.M.-IV).
- Ibid.
- Anne-Marie Simard, Ritalin - ce qu’il faut savoir, Québec Science, Septembre 1998.
- Ce n’est pas l’image que nous renvoie notre fils qui, lorsqu’il prend son médicament, est définitivement plus calme et plus réfléchi ; il est aussi, alors, capable d’interagir socialement de façon beaucoup plus adéquate.
- Nadeau, Kathleen G., Adventures in Fast Forward – Life, Love and Work for the ADD Adult, Brunner/Mazel, 1996, p. 15 (traduction libre) :
« La médication utilisée dans le traitement du TDA/H figure parmi les plus sûres sur le marché. Il ne s’agit pas de médicaments nouveaux. Plusieurs études longitudinales existent sur les effets de cette médication. La mauvaise presse faite au Ritalin et à la Dexedrine origine principalement de groupes mal informés qui ont adopté une attitude extrême face à la médication. Pour la très grande majorité des gens, la médication est sûre, efficace et, dans l’ensemble, sans effets secondaires marqués. » - Aux E.-U., les enfants atteints d’un TDA/H, et qui rencontrent les critères de l’une ou l’autre loi applicable (The Disabilities Education Act (IDEA) et The National Rehabilitation Act, Section 504), ont droit de recevoir des services adaptés.
- Dr Jolicoeur a un excellent site Internet sur le TDA/H qu’on peut trouver à l’adresse suivante : http://www.aei.ca/~claudej/
- D’ailleurs, à mon avis, la réussite, ce n’est pas la réussite scolaire, professionnelle ou financière. À mon avis, la vraie réussite, c’est la réussite personnelle, la réussite humaine ... la réussite de sa vie.
- Le facteur génétique joue un rôle important dans l’atteinte de l’enfant par le TDA/H. Dans plus d’un cas sur trois, un des deux parents a lui-même été atteint d’un TDA/H (http://www.mentalhealth.com). D’autre part, de 30% à 50% des enfants atteints d’un TDA/H conserveront, à l’âge adulte, un TDA/H résiduel (http://www.chadd.org/).
Carla
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Je souffre. J’ai souffert toute ma vie d’être comme je suis sans arriver à comprendre pourquoi. Je suis un coeur grand ouvert que j’offre aux autres et souvent ils en profitent pour y faire du mal. Je ne suis pas comme les autres personnes. Je suis atteinte de déficit d’attention et d’hyperactivité. Depuis que je suis enfant je suis trop. Trop joyeuse, trop triste, trop volontaire, trop envahissante, trop, toujours trop. J’ai appris depuis peu que ce que j’ai est une maladie. Il y a une raison médicale à mon comportement mais cela ne change rien à ce que je suis. Dans mon cas la médication n’est pas nécessaire pour l’instant. J’ai appris à vivre avec ma différence mais cette différence aurait aussi pu me tuer. Mon hyperactivité est combinée avec une impulsivité majeure. C’est cette impulsivité souvent qui me fait agir à tord et à travers et parfois de manière dramatique. En effet j’ai déjà fait plusieurs tentatives de suicide. Ma manière de fonctionner est simple, je ne vais pas bien, je veux mourir, j’essaie de me suicider et j’agis, sans aucune réflexion. Je joue donc avec ma vie à la roulette russe, enfin je jouais car depuis que je sais ce que j’ai et pourquoi j’agis comme cela je suis suivie par un médecin qui m’apprend à mieux gérer cette maudite impulsivité. J’ai une manière de fonctionner qui ne correspond absolument pas à ce que l’on attend dans notre société actuelle. En effet je ne suis absolument pas politiquement correcte. Je suis une femme qui dérange et qui perturbe. Même parmis les gens confrontés à la même maladie que moi j’ai trouvé des personnes qui n’admettent pas mon comportement car je suis TROP. Mon comportement semble agressif. Je donne tout et trop vite, je m’ouvre aux autres et ceux ci le prennent non comme un cadeau mais comme une agression. Ils ont l’impression que je veux les vampiriser, que je veux être la "vedette", toujours en avant avec les spots braqués droit sur moi. Non je n’agis pas comme je le fais pour cela mais tout simplement parce que je suis comme ça. Je suis gentille et généreuse et cela de manière naturelle et spontanée. Les "autres" ne comprennent pas, ils n’imaginent même pas que l’on puisse être "gentil" gratuitement alors ils cherchent des raisons à mon comportement et me juge. Cela me fait mal de me sentir jugée moi qui ne demande qu’à être aimée. Comme je suis. Tout simplement. Elle est adolescente et suivie depuis son enfance. C’est par elle que j’ai appris ce que j’avais. Je constate qu’elle souffre aussi. Rejetée par les autres qui ne comprennent pas sa manière d’agir. Pourtant elle est médicamentée et son TDA/H ne se voit pas extérieurement mais rien ne pourra hélas changer le coeur d’une personne atteinte de TDA/H. Et ce coeur souffre bien souvent. Je voie ma fille qui souffre comme j’ai souffert. Comme aide je lui offre mon amour inconditionnel pour ce qu’elle est. J’aurais aimé que l’on me fasse ce cadeau, on ne me l’a jamais fait mais je jure ici que quoi qu’il advienne j’aimerai ma fille pour ce qu’elle est, toujours. Oui pour ce qu’elle est et pas parce qu’elle est ma fille, je l’aime et la soutiendrai toujours.
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Zoé
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C'est toujours difficile de faire un témoignage car cela t'engage à être très honnête envers soi. Lors du secondaire les choses ont basculées car il y avait plus beaucoup d'encadrement à la maison. Donc plus de leçons, plus de devoirs, des absences non-motivées, et un comportement délinquant. À 18 ans j'ai eu ma fille. Elle ne dormait jamais, ni le jour ni la nuit, bougeait beaucoup, incapable de regarder un livre, très impulsive, alors lorsqu'elle a eu 5 ans nous sommes allés consulter.
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Jex
L'histoire dont je vais vous parler, vous la connaissez, sans le savoir vous savez, sans le savoir vous sentez mais qu'est-ce donc...
L'hyperactivité nous transforme tous, pourquoi est-ce que l'extérieur semble si décevant, pourquoi ces personnes sont si inintéressantes, pourquoi la solitude semble le meilleur moyen de se comprendre, tant de réponses qui trouve une solution ici.
L'hyperactivité accélère l'organisme, plus d'énergie, plus de temps pour vivre, plus grande rapidité de réflexion, plus de choses à découvrir, aller de plus en plus loin, ne jamais s'arrêter, vivre de combats et de défis sur la réalité, cette réalité tellement décevante qu'elle en devient terne, qu'elle en devient lourde.
Mais le prix de tout ça, une mauvaise estime, des excès de franchise, de l'inattention, combattre les dangers, un manque de
confiance, une mauvaise mémoire, un malaise permanent, personne ne comprend ce que je suis mais je ne veux pas qu'elles comprennent, je ne veux pas qu'elles sachent, ce mystère, je l'ai en moi et je le garde tel qu'il est, c'est un secret, c'est une force exceptionnelle qui peut être apprivoisée si on comprend son déroulement, si on évite ses pièges qui nous tentent, supra
énergie ne veut pas dire invulnérable, juste différent, juste étonnant.
Ceci n'est qu'un vision intérieure, aucune analyse psychologique ou médicale n'ont été opérées sur mon cas, ceci n'est que la conclusion de ce que je ne comprenais pas depuis toujours.
Gauthier
Mon histoire doit ressembler à celle de beaucoup de personnes maintenant adultes, qui après avoir beaucoup souffert sans comprendre pourquoi ils étaient "différents", et qui finalement se retrouvent "bloqués", découvrent la description du trouble déficitaire de l'attention (qui correspond d'une façon très troublante à ce que l'on ressent).
Pendant mon enfance, je ne semblais pas trop gêné ; c'est-à-dire que je n'ai jamais vraiment été très hyperactif au sens physique du terme, même s'il y avait des moments de forte émotion et d'impulsivité. J'étais toujours très actif, à l'affût de la nouveauté, prêt à tout démonter, pour "comprendre le mécanisme" ; comme une attraction irrésistible.
On aurait pu croire à un caractère d'enfant simplement plus sensible et, "sérieux". En fait toujours préoccupé et comme investi du devoir de comprendre tout son environnement, jusqu'à oublier ses propres intérêts.
Le problème est que, n'ayant jamais vraiment changé, celaa posé de sérieux problèmes pour le choix et la réussite de mes études. Cela fini par m'épuiser et me paralyser.
Après avoir déjà beaucoup consulté en France, je me retrouve bloqué et sans issue, car soit le TDA est méconnu, soit il est carrément méprisé : je suis considéré comme dépressif, maniaco-dépressif, TOC, voire psychotique, etc, avec des médicaments qui ne font que me rendre plus malade.
Le papa d'Elliot
J'ai besoin de libérer tout ce que j'ai gardé toutes ces années et sans aide ni compréhension car j’ai un enfant hyperactif et c’est très difficile au quotidien.
Affronter les autre parents, leur regard quand votre enfant fait une crise en public, le fait de pas pouvoir aller ou vous voulez sans risque, car aucun danger ne lui fait peur. Quand il a une crise plus rien ni personne ne l’arrête et à force ça use.
Mon histoire débute ainsi mon fils Elliot dans sa troisième année de maternelle avait un grand trouble d'élocution et était très instable àl école comme àla maison.
J’ai donc pris l'initiative de le faire voir par un orthophoniste et il a été suivi par un psy.
A aucun moment on ne me tient au courant de ce qu’il faisait pendant toutes ces séances malgré mes questions et l’année passe.
Je déménage fin août 99 et je l’inscris dans sa nouvelle école en CP et là le problème s’amplifie.
Il pique des crises de violence dans la classe s'en prenant aux autre élèves, jetant divers objets, montant sur les placards désorganisant toute la classe.
Je me suis trouvée convoquée à plusieurs reprises à l école puis avec le psy de l'école, le directeur de l'académie, une assistante sociael et une représentante du CMP de ma ville.
Lors de cette réunion on me dit que mon fils doit être suivi au CMP en thérapie une fois par semaine.
L ’année passe et les problèmes continuent avec les parents des autres élèves.
Septembre 2000 la rentrée suivante en CE1 je fais une demande d'école spécialisée sur le conseil du CMP mais, il y a beaucoup d’attente et j’appelle tous les jours ou presque l’école pour les talonner tellement la vie devient insupportable.
Elliot est même exclu de l ‘école 4 mois avant la fin de l année scolaire par l'académie et je suis obligée de lui faire les cours à la maison pour qu’il ne perde pas trop.
Pendant toute ces années passées, à aucun moment on ne m'a parlé de sa maladie ni comment elle s’appelat ni des aides qui existaient.
Personne ne m'a donné de renseignements. Ni l'AES, ni l'APP , ni par le service social, ni le CMP qui le suivait et connaissait nos difficultés, malgré leur avoir demandé si il existait une aide ou l’on ma répondu que non.
En juillet 2001 j'ai une réponse positive pour son entrée en école spécialisée et là j’apprend par sa nouvelle école qu’il existe une aide, je fais donc une demande àla CAF fin juillet en précisent que sa mère est obligée de cesser son activité pour pouvoir suivre notre enfants près de son école.
La demande d'AES est accepté au taux de 50% mais on ne me parle pas de l'APP suiteàa la cessation d'activité de sa mère malgré le fait de l’avoir signalé.
Elle est restée garder les 2 autres enfants pendant que moi j'étais hébergé proche de l'école d' Elliot en attendent de trouver un logement et cela jusqu’au 1 er novembre 2002.
Quelque mois plus tard après mon déménagement suite à quelques problèmes avec mon dossier CAF je décide d'aller voir une assistante sociael sur ma ville pour qu'elle démêlecses problèmes et c‘est à la suite d’un coup de fil à la CAF qu’on lui dit que j'aurais du ouvrir des droits à l APP, alors je fais une demande et on me répond qu’il faut le faire lorsque l'on cesse une activité, mais c’était le cas il y a cela quelque mois. Il aurais fallu faire la demande ce jour là, faut il en être informé.
Aujourd’hui la CAF refuse le recours malgré qu’il ont omis de m’en informer, il me reste plus que le tribunal des affaires sociales et d’espérer un peu de compréhension de la parr des tribunaux.
Je crois avec toutes les difficultés que l‘on a rencontrées avec cette maladie très dure a vivre, on n'a pas toujours la tête au papier et on est pas aidé dans notre détresse.
Daniel - Une lueur dans la nuit, moi je suis hyperactif et vous...
A vous tous, je vous adresse un message d’espoir ou de réconfort, vous qui êtes hyperactif, vous qui ne voulez souvent pas le reconnaître et qui avez des enfants hyperactifs, vous devez savoir que ce syndrome s’il en est un, peut devenir un formidable stimulateur de la vie.
Je me permet de vous adresser à tous mon témoignage personnel.
Je suis un adulte hyperactif … Un point c’est tout, c’est comme ça et pas autrement depuis que je suis né…..
Je suis marié et nous avons trois enfants hyperactifs……. Nous faisons partie d’une association de parents hyperactifs, j’ai participé à une émission de télévision et je prends le temps de témoigner pour aider les autres à trouver une LUEUR DANS LA NUIT , auprès de nombreux parents, enfants et adultes qui ne sortent et ne voient plus le bout du tunnel…
Il faut témoigner, il faut prendre le temps de parler et de dire que nous ne sommes pas seuls et perdu dans ce monde où tout vas à 200 Km/h.
Plus nous serons de parents, d’adultes, d’enfants rassemblés plus nous arriverons à faire avancer nos demandes…
Voici donc mon témoignage….
Je suis né prématuré à 6 mois et ½, avec un pied bot, la couveuse et l’hôpital comme maison pour mes premiers mois de vie. J’ai donc très vite déjà quitté maman et papa, ainsi que toute la famille pour des raisons bien évidentes de santé. La vie venait de commencer pour moi prématurément.
Après de nombreux mois d’hospitalisation et de nombreuses opérations chirurgicales pour tourner mon pied et commencer de le positionner dans le sens de la marche, je suis rentré à la maison, plâtré jusqu’au ventre…
Mon enfance, je ne me souviens pas de grand chose, mis à part de nombreux séjours à l’hôpital pour encore de nouvelles opérations…
Mes premiers souvenirs remontent à l’âge de 7 ou 8 ans, et c’est à partir de ce moment que les choses commencent à prendre un lien avec l’hyperactivité.
Les vacances en famille étaient des périodes complexes et très agitées. Papa hyperactif en puissance, ne tenait pas en place, Maman hyperactive militante, régissait tout ce qui était à faire. Les vacances avaient un goût de ressort, de dynamite, de …. le calme n’était jamais là. Il y avait une dissipation d’énergie incroyable. Notre famille était souvent le centre d’attraction du camping ou de la plage…
En règle générale, les temps morts en famille étaient des périodes d’instabilité et de problèmes réguliers. Week-ends, etc… Cela me concernait aussi, il fallait continuellement trouver quelque chose pour exciter mon esprit et mon intérêt.
La vie à la maison, Papa, décédé depuis quelques années était une homme extrêmement gentil et aimant. Il avait traversé une vie extrêmement difficile et rencontré de nombreux échecs.
Hyperactif, il ne s’était jamais fait soigné, à l’époque peut-être il n’y avait pas encore de possibilité de le faire. Mon père était un homme renfermé, il gardait en lui énormément de choses, il avait apprit dans sa vie à garder les choses que pour lui…Il n’était pas facile de rentrer en communication avec lui, mais c’était un homme merveilleux.
Maman est aussi hyperactive, elle commence seulement aujourd’hui à l’admettre. C’est une maman merveilleuse, elle a fait ce qu’elle a put avec nous, et comme elle a put. Je lui doit beaucoup… Mon souhait est qu’elle puisse un jour trouver la paix en acceptant de se faire soigner et d’utiliser la Ritaline ou …. Peut-être que se sera possible…un jour…
Mon frère est sûrement aussi hyperactif, il présente toutes les qualités pour y être apparenté complètement. Quand à ma soeur, je ne sais pas… Si c’est le cas, c’est d’une manière plus légère, avec elle, impossible d’aborder le sujet…
Ma scolarité s ’est déroulée sans trop de problèmes, j’étais un élève moyen, avec des notes moyennes et des résultats moyens… La seule difficulté que j’ai rencontrée c’était avec mon langage, je bégayais et cela me demandait des efforts incroyable pour m’exprimer.. Il y avait tellement d’agitation à la maison que je passait la plupart de mon temps chez un amis, pour le week-end et quelquefois les vacances. J’avais besoin de calme.
Mon adolescence : là commence mes premières difficultés. A la fin de ma scolarité, j’ai décidé de faire une apprentissage de cuisinier. J’ai commencé à 16 ans et terminé 6 mois plus tard, cela ne m’intéressait déjà plus… L’année suivante, j’ai recommencé un autre apprentissage que j’ai terminé 3,5 ans plus tard. Les cours étaient pour moi une vraie galère, un jour par semaine, le temps ne passait pas…. quel ennui.
Je me rappelle que je m’ennuyais extrêmement vite et que dans la plupart des cas, toutes les choses que je commençais je ne les terminais jamais, maquettes, sport, etc…
A 20 ans j’ai rencontré mon épouse, ce fut pour moi une révélation, j’avais une raison de quitter la maison et toute son agitation quotidienne.
C’est elle qui me fit prendre conscience qu’il y avait certains de mes comportements qui lui semblait anormaux ou pas corrects. En discutant, nous arrivions à cerner différents moments ou comportements et voir que ceux-ci étaient souvent disproportionnés.
Après quelques années ensemble et après notre mariage, nous avons eu notre premier enfant, T…., après quelques années nous avons eu notre deuxième enfant J….., et enfin notre troisième et dernier enfant B….
J’étais un angoissé permanent, j’avais en permanence peur de tout et de rien, je découvris également que j’était dépressif et sûrement depuis toujours. Je suis aujourd’hui convaincu qu’il y a un lien extrêmement fréquent chez les hyperactifs entre l’hyperactivité et la dépression. De mon avis il n’est pas possible de soigner correctement l’hyperactivité sans parallèlement faire quelque chose pour s’assurer de la présence ou non de la dépression, de son niveau et de soigner celle-ci. Pour ma part, j’ai décidé de soigner ma dépression et de perdre mes angoisses permanentes. Aujourd’hui, après 5 ans de traitement, je sors de la dépression, je n’angoisse plus du tout et ma vie et celle de mon entourage s’en porte bien mieux.
Je ne savais toujours pas que j’étais hyperactif à cette époque, c’est en allant chez mon médecin de famille que j’ai commencé à parler de mes comportements et qu’un diagnostic fut posé. Je pris le temps de lire tout ce qui avait sur la Ritaline et de m’intéresser à ce que ce médicament provoquait chez des sujets hyperactifs.
Pour la première fois de ma vie, une grande partie des documents relatifs à l’hyperactivité et à son traitement décrivaient des faits semblables à mes comportements.
Mon médecin me proposa alors de faire un test à la Ritaline et d’évaluer les changements…. Ce fut pour moi un choc, dès la première fois, ce médicament à provoqué en moi un changement tellement fort que j’ai presque eu peur.
Dans mon travail, je passais énormément de temps à produire quelque chose de A à Z et terminé. Je ne tenais pas en place, toutes les 5 à 10 minutes, je me levais et allais déranger un collègue, boire un café, faire quelques pas, etc, etc…
La prise de la Ritaline me permettait de travailler une demi-journée sans arrêt et sans rencontrer la moindre difficulté à y arriver. Il était pour moi possible de produire quelque chose et de le terminer complètement sans y revenir.
Les semaines suivantes furent extrêmement intéressantes pour moi au niveau du feed-back extérieur. De nombreux collègues de travail me demandèrent si j’avais un problème… si ma santé allait bien… Mais aussi si je faisais la tête ou si j’étais fâché. Je ne dérangeais plus personne, du jour au lendemain avec cette petite pastille……
3 semaines plus tard, je retournais chez mon médecin avec mon premier feed-back, nous en avions parlé avec mon épouse et elle m’avait aussi donné ses constatations.
Aujourd’hui je sais combien nous les hyperactifs devrions connaître parfaitement la vision des autres sur nous c’est l’une des premières choses à faire pour se faire diagnostiquer à mon avis.
Comment mon entourage juge mon comportement quotidien ? Il est vite facile de comprendre et de faire un rapprochement avec l’hyperactivité. Je décidais de continuer mon auto-évaluation et mon traitement à la Ritaline. Aujourd’hui, je prends toujours ma petite pastille en fonction de mon emploi du temps. En effet lorsque je suis dehors au grand air avec ma famille et mes enfants, je n’ai pas besoin de prendre la Ritaline.
Nos enfants, aujourd’hui ont : T….. 12 ans, J…. 10 ans et B…. 7 ans.
Les trois sont hyperactif à des niveaux différents. J…. à aussi un grand retard de développement et il ne suit pas un scolarisation normale. T… lui est à l’école et nous devons être derrière lui continuellement quand à B… les problèmes commencent mais nous seront derrière lui aussi pour l’aider. Nos trois enfants prennent donc la Ritaline et les trois ont subi une évaluation complète pour définir s’ils étaient oui ou non hyperactif.
Ce qui a sauvé notre famille, mais surtout notre couple c’est le dialogue et l’amour, en effet, une des choses les plus fédérative dans notre famille c’est l’amour de l’autre et le respect de sa différence. Sans cette approche, notre famille serait vraisemblablement dissoute aujourd’hui……
Je pourrais encore parler de nombreuses autres choses, mais ce serait trop long dans ce type de message. Prenez le temps de parler, trouvez un médecin qui soit à l’écoute de vos besoins et ceux de votre famille, si ce n’est pas le cas, changez de médecin.
Parlez, parlez et parlez encore en famille et avec votre conjoint. Prenez le temps de vous évaluer et d’évaluer votre comportement. Demandez à vos amis de vous donner du feed-back, à vos collègues de travail, à vos proches. Observez-vous et observez les membres de votre familles. Le fruit ne tombe jamais loin de l’arbre, vos parents, vos frères, vos soeurs, etc, vos grand-parents, etc, vos cousins, etc…. Prenez le temps d’observer les comportements des uns et des autres dans votre entourage proche.
Vous verrez que dans la plupart des cas vous ne serez et n’êtes pas seul dans votre cas et celui de votre famille. Vous constaterez peut-être aussi que vos amis le sont, Informez vos collègues de travail, vos chefs, etc, l’hyperactivité doit être UNE SOURCE DE DÉVELOPPEMENT, un capital personnel à développer et le meilleure cadre pour cela c’est votre travail….
Aujourd’hui je suis cadre supérieur, j’ai appris les langues étrangères, je voyage souvent et j’aime mon travail. Mais dans tous les cas, mon bien le plus précieux c’est mon épouse et mes enfants….
Sachez que dans tous les cas vous n’êtes pas seul….. Il y a toujours un lumière dans la nuit….
Henri
Chère Madame
Je suis étudiant à l'université, et vous aurez sans doute remarqué que je suis passé par votre site ce matin. Je ne voudrais pas trop adresser d'éloges émotionelles envers ce site car je viens de découvrir ce qu'était l'hyperactivité, mais j'ai comme la certitude qu'il me libère déjà.
J'ai passé par moi même un temps fou à essayer de trouver ce qui n'allait pas en moi. Au début, lors de mes investigations, je me suis infligé des tas de maladies mentales, car je lisais des listes de symptômes caractéristiques de telle ou telle maladie, dans les livres aussi bien que sur le net. Ne sachant pas alors être juste envers moi même, je m'accordais à jouer le rôle du malade imaginaire et à prendre les symptômes pour réalité, voire à simuler les symptômes qui n'existaient pas chez moi.
Depuis 2 ans maintenant, j'ai développé un sens critique principalement après des cours à l'université , et je dois reconnaître que toutes ces maladies n'étaient que dans ma tête...
A mon grand plaisir, je ne parvenais plus à m'infliger de nouvelles maladies. Ce n'est pas pour autant que mon mode de vie s'est amélioré, que du contraire. Ceux qui étaient mes amis en rhétos ont poursuivi leur chemin, et moi aussi. Je ne peux pas dire que je me sois fait de vrai ami ici à l'université. La confiance qu'on a en moi est vite rompue et quand je m'apprêteà ouvrir ma bouche, on ne m'écoute déjà plus. Je me suis comme pour tout habitué à ce mode de vie solitaire et monotone.
Après m'être distrait devant la série TV "l'instit" qui abordait l'hyperactivité ce soir, j'ai découvert votre site.
Mon parcours scolaire s'est jusqu'aujourd'hui même trouvé en chute douce, de 95% en première primaire, au redoublement de ma première candidature à l'université.
Je me souviendrai à vie de ce qui figurait sur mon bulletin à l'âge de 8 à 10/11 ans. "Henri rêve, si çà continue.... ...la rêverie emporte Henri... ... si çà continue..."
Ces remarques sont peut être justes mais elles n'ont pas réglé beaucoup de problèmes. Pourquoi? Car j'ai alors appris moi-même à simuler d' être attentif. [évidemment, personne ne s'en est aperçu] et dès lors, bizarrement, les bulletins suivants annonçaient: "Henri est beaucoup plus attentif... de beaux progrès..."
C'était bien beau, MAIS LES POINTS, EUX NE SUIVAIENT PAS et continuaient leur douce descente; et alors on a cru que j'étais paresseux, et [tiens tiens] c'est ce qui m'a été reproché ensuite...
J'ai comme çà mené un parcours du combattant jusque maintenant. L'année passée, je redoublais ma première année à l'université, et j'ai très mal vécu cet échec : parce qu'on ignore ce qui ne va pas, et que tout le monde autour de vous dit: "MAIS NON ÇA VA ALLER !"
Cette évolution des points est incroyablement en descente constante.
Je pense bien avoir cette fois reconnu à juste titre beaucoup des symptômes listés sur votre site. Il y a vraiment peu de temps que je cessais de croire au génie qui est en moi (sans prétention et sans envie d'en changer la face du monde), mais ce soir, c'est bizarre, j'y crois à nouveau.
Cette année académique a été douloureuse pour moi et n'est pas encore finie. J'espère évidemment la mener à bien. J'ai pratiquement aucune chance d'obtenir un grade, mais en étant réaliste, j'ai réellement une chance d'obtenir une satisfaction, c'est comme défi, et ce soir, j'ai retrouvé beaucoup de confiance.
Connaissant déjà un peu l'université, je sais que les jeux sont déjà un peu faits, mais j'en ignore les résultats.
Je ne pense pas que j'aurai besoin d'un traitement par la parole (ayant appris moi même à extérioriser positivement mes difficultés), mais plutôt par médicament (étant donné que je manque cruellement de concentration et que j'ai un terrible besoin de faire quelque chose à tout moment). Enfin, je ne tarderai pas à aller consulter la personne adéquate...
Merci de partager votre expérience sur le net, tout le monde en profite ;-) C'est pour moi ce qui rend des gens fantastiques : ils ne changent pas la face du monde mais ils l'améliorent chacun à sa façon. J'espère qu'un jour aussi je pourrais y faire quelque chose... Déjà des perspectives : j'ai découvert par votre site que mon domaine de recherche était aussi impliqué dans l'hyperactivité. Aussi je sais que des projets interfacultaires sont possibles ici à l'université, je pense notammentà la faculté de psychologie. Peut être que de tout çà un jour pourrait sortir un produit. Je ne perdrai rien de vue en tout cas.
Je vous laisse à présent en vous remerciant une fois de plus.
Une directrice d'école témoigne
| Je vous lis depuis longtemps et je voudrais vous dire combien ce forum peut avoir un effet positif sur d'autres personnes y compris celles qui ne participent pas et qui viennent seulement lire les messages. Je suis directrice d'école et j'ai dans mon école plusieurs enfants qui correspondent totalement au profil des enfants hyperactifs ou ayant des problèmes de déficit d'attention. J'ai communiqué l'adresse du forum aux différents professeurs de mon école en leur conseillant d'aller lire les messages des parents. Suite à cela plusieurs réunions ont été organisées afin de pouvoir mettre sur pied une stratégie pour pouvoir aider aux mieux les enfants diagnostiqués et les autres. Avec presque une année scolaire de recul on ne peut que constater que les effets positifs à tous les niveaux. Une personne très concernée par le problème de l'hyperactivité a pris la peine de venir à l'école pour répondre à nos questions. Elle a soulevé certains points auxquels l'équipe enseignante n'avait pas pensé comme par exemple que un enfant hyperactif a tendance à provoquer des sentiments très forts chez l'adulte et que l'adulte doit pouvoir admettre qu'il n'arrive pas à faire ce qu'il faudrait malgré sa bonne volonté. Cette année deux enfants ont ainsi changé de professeur et les choses se sont beaucoup mieux passées pour tout le monde y compris surtout les enfants. Les enfants diagnostiqués hyperactifs rencontrent maintenant les différents professeurs de l'année suivante lors d'activités et cela nous permettra je l'espère de donner à chaque enfant le professeur qui lui conviendra le mieux. Cette personne nous a aussi donné quelques trucs afin de pouvoir faire face aux situations de crise tout en essayant toujours de préserver au maximum l'enfant. Là aussi les résultats se révèlent très positifs et je ne peux que encourager les équipes pédagogiques des autres écoles à faire appel à la webmaster de votre site afin que comme chez nous elles viennent parler de l'hyperactivité et du déficit de l'attention avec toute son expérience de femme et de maman. J'ai aussi donné l'adresses du forum et du site à certains parents dont un couple dont j'étais certaine que l'enfant était atteint mais dont les parents ne voulaient pas faire le pas d'aller consulter un neuropédiatre car ils considéraient que ces médecins ne s'occupaient que des fous. |
Alicia
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Il n'y a pas à avoir peur de souffrir ou non de troubles de l'attention. Pas d'inquiétude, le principal c'est de "savoir" pour ses enfants, et si DA il y a de leur faire prescrire un traitement afin qu'ils puissent éviter de se mettre en Bon courage à vous tous et toutes qui êtes comme moi et à très bientôt |
Juliette
J'ai 2 enfants : Guillaume 16 ans, qui souffre de déficit d'attention avec hyperactivité et Grégoire 12 ans souffrant de déficit d'attention, de dyslexie et encore divers troubles commençant par dys...
Guillaume est mon hypersuper.
Grégoire est mon hyperdys.
Grégoire a été diagnostiqué à l'âge de 5 ans, Guillaume 6 ans et leur père qui souffre lui aussi de TDA/H à l'âge de 39 ans.
Ils ont tous les trois été traités et notre vie en est grandement facilitée.
J'emploie souvent le mot souffrance dans notre histoire car cette souffrance a été bien présente dans notre vie. L'hyperactivité et troubles associés inclut un ensemble de symptômes persistants comme un manque de concentration, de la bougeotte continuelle, de l'impulsivité, de l'irritabilité, un manque d'autonomie et de sociabilité. Pour ces raisons, mes enfants ont été et sont encore rejetés par les autres et ont ou ont eu des difficultés au niveau scolaire.
Nous avons, nous aussi, en tant que parents passés des moments difficiles.
D'abord il nous a fallu faire face à la maladie de nos enfants puis l'admettre, la comprendre, l'apprivoiser et apprendre à la soigner.
Il a aussi fallu se battre contre les autres, les médecins, les enseignants et surtout notre propre famille.
Trop rarement les parents vivant ces problèmes sont soutenus par l'extérieur.
Nous avons heureusement eu de la chance contrairement à beaucoup d'autres parents; notre pédiatre avait un enfant hyperactif et a donc su établir un bon diagnostic et nous envoyer vers un service de neuropédiatrie efficace. La plupart des enseignants qui ont du s'occuper de nos enfants sont des enseignants formidables.
Guillaume a eu la chance d'être toujours soutenu, compris, aidé et encouragé par ses professeurs.
Grégoire a eu moins de chance au départ... mais il est maintenant parfaitement entouré.
Quant au soutient familial... il est inexistant... et il n'y a pas deux mois on m'a encore accusée d'être responsable de l'hyperactivité de mes enfants, cela dans ma propre famille.
Je crois que le plus dur à supporter pour nous parents ou personnes atteintes est surtout le manque d'intérêt.
Personne dans le milieu familial n'a essayé de se renseigner ni de comprendre ce qu'était l'hyperactivité et le déficit d'attention (pourtant ma bibliothèque est bien fournie et je suis toujours prête à les renseigner).
Je pense que au plus profond d'eux-mêmes les gens n'admettent pas la différence.
La différence de nos enfants dérange et c'est cela qui cause le plus de souffrances.
Maintenant nous allons mieux car nous avons pu trouver de l'aide. Hélas en Belgique tout comme en France cette aide est difficile à trouver.
Juin 2000, 6 ans que mon fils aîné est diagnostiqué TDA/H, 6 ans que je vis là dedans chaque jour entre deux enfants et un mari atteints..... heureusement que mon dynamisme m'a aidé jour après jour à tenir le coup, enfin c'est ce que je pensais...
j'ai été ce matin diagnostiquée hyperactive par mon neurologue, c'était tellement évident et pourtant je n'y ai jamais pensé.
Je souffre d'hyperactivité mais sans aucun trouble d'attention et mon hyperactivité ne me gène absolument pas dans la vie de tous les jours même si mon impulsivité me joue encore parfois des tours.
Le TDA/H peut se manifester de biens des manières et il ne faut jamais l'oublier.
Marion
Mis à jour (Mardi, 08 Mai 2012 12:32)


