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Existe-t-il un gène de l'hyperactivité ?

Existe-t-il un gène de l¹hyperactivité ?
Publié le 16/11/2009 par Dr Alain Cohen

L'ADHD (attention deficit hyperactivity disorder, en français le TDAH,
(déficit d¹attention avec hyperactivité) continue à susciter une (hyper ?)
activité parmi les chercheurs anglo-saxons, comme pour cette collaboration
entre des praticiens exerçant en Australie, en Irlande et au Pays de Galles.
Portant sur 115 jeunes âgés en moyenne de 13 ans (50 avec ADHD et 65 sujets-
témoins), cette étude visait à discerner la contribution éventuelle de
facteurs génétiques dans le déficit d¹attention spatiale. Elle confirme la
nature inhomogène de ce trouble, fonction d¹une « variabilité allélique »
(allelic variation) dans le statut haplotypique (homozygote ou hétérozygote)
du gène DAT1 codant le transporteur de la dopamine [1].
Lié ainsi en partie à une telle vulnérabilité génétique, et plus marqué chez
les sujets homozygotes (puisque les deux allèles du DAT1 sont alors affectés
simultanément), ce déficit de concentration sélective concerne
principalement le champ visuel gauche, comme l'ont mis en évidence des tests
d'attention et d'orientation spatiale où le sujet doit manipuler un joystick
pour indiquer la position d'un repère coloré (fugace) sur une cible. Si
l'étiologie précise de l'ADHD demeure encore inconnue, cette étude plaide
ainsi pour un cadre génétique, au moins à titre de déterminisme relatif :
conditionnées par un contexte congénital sous-tendant au moins le
fonctionnement d'un neurotransmetteur (la dopamine), les capacités
d'attention seraient donc la résultante de cette dimension organique et des
données culturelles et psycho-éducatives.
À condition, bien entendu, d'accréditer l'existence de l'ADHD au titre d'une
entité nosographique à part entière. Or ce postulat ne fait pas toujours
l'unanimité parmi les pédopsychiatres, même aux États-Unis : enfant «
différent » ne signifie pas, forcément, enfant « malade ».


[1] http://en.wikipedia.org/wiki/Dopamine_transporter

Bellgrove MA et coll. : Dopaminergic haplotype as a predictor of spatial
inattention in children with Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder. Arch
Gen Psychiatry 2009 ; 66-10 : 1135-1142.