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Le TDA/H de l'enfance à l'âge adulte


Les découvertes récentes démontrent que le TDA/H - Trouble Déficitaire de l'Attention avec ou sans Hyperactivité - ne disparaît pas spontanément au sortir de l'enfance.
Le TDA/H persiste dans la vie de l'adulte atteint et perturbe sa vie affective ou professionnelle, de manière directement proportionnelle à la sévérité de son trouble et aux stratégies compensatoires qu'il a mises en place.
Le TDA/H chez l'adulte est la continuité du TDA/H présent dès l'enfance, même si celui-ci n'a pas été diagnostiqué à cette période.
Le TDA/H ne se guérit pas. Il évolue plus ou moins favorablement tout au long de la vie selon les traitements mis en place, la personnalité du patient et l’aide apportée par l’entourage.

Jusqu’il y a peu, les experts croyaient que ce trouble disparaissait à l'adolescence suite au développement du cerveau ainsi qu'aux changements hormonaux et développementaux.
Actuellement, le monde médical reconnaît que les symptômes du TDA/H persistent chez l'adulte dans 90% des cas, même si leurs expressions évoluent avec le temps et selon l’histoire de chacun, ses échecs, ses réussites, son environnement personnel, professionnel...

Parmi ces 90%, 60% des adultes arrivent à gérer les déficits liés à leur TDA/H et fonctionnent donc mieux que pendant leur enfance. Ce sont en général les patients qui ont été, dès leur plus jeune âge, diagnostiqués, accompagnés et traités, qui ont trouvé dans leur entourage le soutien nécessaire et ont appris à mettre en place des moyens de compensation efficaces.
Les 30% restant gardent des symptômes majeurs qui handicapent leur quotidien.

Le trouble de l'attention, moins visible à l’âge adulte, apporte encore de nombreux désagréments (les fautes de distractions peuvent avoir des conséquences autrement plus graves que de mauvaises notes). Les difficultés d'organisation, de planification et de gestion des priorités restent à l'avant-plan et leurs conséquences s’aggravent avec les responsabilités grandissantes.
A la distraction et aux pertes de matériel scolaire succèdent les rendez-vous manqués et les pertes de documents.

L'hyperactivité motrice devient moins intense. Elle reste pourtant fréquemment vécue comme un inconfort en situation d’inactivité ou d’attente et est canalisée avec plus ou moins de succès dans le travail, le sport ou autres défouloirs.

L’adulte atteint de TDA/H reste fort impulsif. Il ne réfléchit pas assez avant d’agir ou de parler, prend des décisions trop rapidement, interrompt, a des difficultés à écouter les autres, à apprendre de ses erreurs et supporte mal les frustrations.

Son humeur variable passe, d’un jour ou d’une heure à l’autre, de la bonne humeur à un état de déprime et vice versa.

Le ratio de diagnostic homme/femme varie selon les tranches d’âge. Cela s’explique notamment par le rôle discriminant que joue le sexe dans l’expression des symptômes.
Chez l'enfant, les garçons sont 4 à 10 fois plus fréquemment diagnostiqués que les filles. A l’âge adulte, la tendance s'inverse.
Ce déséquilibre est dû au fait que, dans l'enfance, chez les garçons, les symptômes d’hyperactivité et d’impulsivité prédominent, alors que chez les filles ce sont les troubles de l’attention qui sont prépondérants. Avec des symptômes plus discrets et moins dérangeants pour l’entourage, ces filles sont généralement suspectées de TDA/H beaucoup plus tardivement.

Déjà délicat chez l'enfant, le diagnostic différentiel est encore plus difficile à poser chez l'adulte. Les symptômes peuvent parfois être injustement attribués à d’autres causes, telles qu’un mode de vie stressé, de la toxicomanie ou des problèmes psychologiques. Ils peuvent aussi être interprétés à tort comme les manifestations d'un trouble de la personnalité ou de comportement.

Pour certains patients adultes, c’est seulement lorsque la reconnaissance et le traitement du TDA/H ont été bénéfiques pour leur enfant qu’ils franchissent le pas et viennent consulter. «Mon enfant est atteint de TDA/H et je m’y reconnais, pouvez-vous m’aider ?»

Avec le temps et sans prise en charge, les symptômes s’accentuent et la souffrance s’aggrave.
Aux symptômes propres au trouble (problèmes d’attention, hyperactivité, impulsivité), viennent petit à petit s’ajouter des troubles consécutifs : manque d’estime et confiance en soi, anxiété, troubles dépressifs, addictions, procrastination et recherche de comportements à risques.
Les échecs et les déceptions s’accumulent.
Il en résulte des dysfonctionnements parfois importants tant sur le plan professionnel que socio-familial.

C’est pourquoi, à tout âge, en cas de suspicion de TDA/H, il est important de consulter un médecin spécialisé dans ce trouble, apte à poser un diagnostic différentiel et proposer au patient le traitement multimodal qui lui sera adapté.

 


 

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