Parent atteint de TDA/H


Etre parent atteint de TDA/H

Que l’on soit atteint de TDA/H ou pas, devenir parent est une étape qui amène de nombreux bouleversements.
Des joies, des découvertes, beaucoup d’amour, mais aussi des peurs et des frustrations : « Est-ce que je vais être à la hauteur ? Vais-je faire les bons choix éducatifs ? Pourquoi mon enfant rencontre-t-il des difficultés alors que je fais de mon mieux ? ».
Ces inquiétudes, normales pour un parent, peuvent être exacerbées par les échecs vécus dans votre passé.
Le stress et l’angoisse vous gagnent ? Respirez profondément, lisez ces quelques pistes, inventez vos propres solutions et, si vous frôlez le burn out parental, demandez de l’aide à un professionnel pour vous aider à trouver vos marques et à dédramatiser.

Passé le cap de l’accueil du nouveau membre de la famille, il faut s’organiser. C’est très certainement là que réside le principal défi pour le parent atteint de TDA/H. L’enfant a besoin de structures pour grandir, de repères et, même sans tenir compte du côté éducationnel, s’occuper de l’agenda familial et de la logistique afférente n’est déjà pas une sinécure !

Toute cette « galère » organisationnelle commence dès les premiers jours. Les horaires des biberons, les quantités à donner, le matériel à stériliser, les réserves de lait maternisé, etc. Pour celles qui le souhaitent, l’allaitement allégera la gestion liée aux repas. Mais ce n’est là qu’un aspect des tâches des nouveaux parents. Il faudra aussi gérer les couches, les bains, les rendez-vous chez le pédiatre, le matériel de puériculture, etc. En cas de maladie, il faudra respecter l’horaire et les quantités des médicaments, prendre la température et trouver, pour celles et ceux qui travaillent, une personne de confiance pour garder le petit malade.

Ne croyez surtout pas que tout ceci s’arrête avec l’entrée à l’école. Bien sûr, en prenant de l’âge, votre enfant gagnera en autonomie, mais vous devrez encore être très présent, maintenir les structures et règles mises en place et superviser notamment, les devoirs, exercice qui peut virer au cauchemar dans certains cas.

Il vous faudra rester calme, faire preuve de patience et, il faut bien l’avouer, ces deux qualités ne sont pas innées chez vous. Cela pourrait être encore plus difficile si votre enfant est atteint de TDA/H. Dans ce cas précis, vous devrez redoubler d’efforts pour rester positif et maître de vous-même face à un enfant qui rechigne à faire ses devoirs, est opposant, oublie ou ne suit pas les consignes, travaille trop lentement ou trop vite. Cependant, vous serez aussi la personne la plus à même de comprendre ses difficultés.
Vous êtes déjà passé par là et vous savez, mieux que quiconque, ce à quoi il est confronté.
Dans tous les cas, courage ! Il se peut que vous soyez mis à contribution pendant un certain temps, parfois jusqu’à plus de 25 ans !

Compte tenu de toutes ces difficultés, il est important de prendre le temps de souffler et d'enrichir la relation avec vos enfants par des moments de qualité.
Trouver des activités ludiques où les tensions sont réduites, où les compétences ne sont pas mises en avant mais bien le plaisir d’être ensemble et de coopérer.
Pour certaines familles, ce sera une balade dans la nature, pour d’autres, un jeu de société, pour d’autres encore, une sortie au cinéma ou un gros câlin.
A vous de trouver ce qui fait l’unanimité au sein de votre famille.

L’investissement des deux parents est bénéfique à toute la famille. Se répartir les tâches en fonction des compétences de chacun permettra un fonctionnement plus efficace. Le parent atteint de TDA/H aura ainsi la possibilité de démontrer sa compétence dans le domaine qui est à sa charge.
Si le parent non TDA/H accepte de prendre en charge certains des aspects qui posent problème au conjoint TDA/H, cela s'avèrera une aide précieuse. Néanmoins, il est important que le conjoint atteint de TDA/H assume sa part de responsabilités, le trouble ne doit en aucun cas servir d’excuse pour justifier un désinvestissement des obligations familiales. De plus, il ne serait pas gratifiant de rentrer dans une relation mère-fils ou père-fille infantilisante avec son conjoint.
De l’aide appropriée, oui ! De la dépendance, non !

Si vous êtes tous les deux atteints de TDA/H, jouez sur vos complémentarités. Pour les aspects qui posent problème dans l’éducation de vos enfants et pour lesquels vous ne trouvez pas de solution, reconnaissez vos limites et demandez de l’aide. Des grands-parents, une marraine, un parrain, un ami ou un professionnel pourront certainement vous épauler.

Les aides dont peuvent bénéficier les parents atteints de TDA/H sont multiples. Comme nous l’avons souligné plus haut, la collaboration du conjoint est essentielle. D’autres outils sont également utiles : un agenda familial bien tenu et accessible à tous permet de planifier les activités et d’éviter les oublis. La liste journalière des choses à faire a aussi démontré son efficacité, elle vous permet de vous rappeler les choses importantes à faire et de visualiser ce que vous avez déjà réalisé. Si vous planifiez trop de choses, elle vous aide à en prendre conscience et à améliorer la gestion de votre temps.

Malgré tous vos errements futurs, ne soyez pas trop dur avec vous-même. TDA/H ou pas, le parent parfait n’existe pas. Il n’y a pas non plus de recette miracle pour éduquer les enfants. La diversité des personnes (qu’ils soient parents ou enfants), des situations, des valeurs et des ressources, font que chacun doit construire sa manière d’éduquer son enfant. Dans la joie !



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