enfant hyperactif : quête du calme

Enfants hyperactifs: La quête du calme

Agitation, échec scolaire, mise à l'écart. Pour eux comme pour leur famille, c'est l'enfer. Avec un médicament comme délivrance?

Bébé, Adrien ne dormait que deux fois vingt minutes par jour!

Il est 16h, Pauline vient chercher sa fille Juliette, une blondinette de 7 ans, à l'école. "Et ton pull?" Oublié dans la classe fermée. Les gants, les sandales de gym: habituée aux oublis de sa fille, Pauline achète tout en quatre exemplaires. Sur le chemin du retour, Juliette ne marche pas, elle saute. "J'ai parfois l'impression de vivre avec le Marsupilami", sourit sa maman, le regard un peu fatigué. L'excitation de la fin des classes? Sans doute. Mais pas seulement. Car Juliette souffre d'un trouble déficitaire de l'attention avec impulsivité. Il y a quelques années, on l'aurait étiquetée "hyperkinétique". Aujourd'hui, on en sait un peu plus sur ces troubles de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H), un problème génétique dans la plupart des cas, qui touchent 5 % de la population. On estime à 120.000 les enfants qui en souffrent en Belgique. Un tiers seulement serait diagnostiqué.

"C'est un trouble dans la fonction cérébrale qui gère les priorités", explique le Dr Denis Verheulpen, neuropédiatre à l'hôpital Erasme. Quand vous lisez, votre cerveau distingue instinctivement les bruits suspects des bruits familiers, auxquels il ne faut pas prêter attention pour conserver sa concentration. "En cas de déficit d'attention, l'enfant est sans cesse sur le qui-vive, sensible à l'ensemble des informations qui lui arrivent par les cinq sens", explique la brochure TDA quoi?, de la Fondation Roi Baudouin. Dans un cas sur deux, le TDA/H persiste toute la vie.
Anne-Marie se souvient des premiers mois de son aîné, Adrien, hyperactif. "Les livres où l'on dit qu'un bébé dort 16 h sur 24, on peut oublier: Adrien dormait deux fois vingt minutes par jour! Ces enfants sont à vif pour tout, dit Anne-Marie. C'est l'omniprésence du bruit et du mouvement." A l'arrivée en maternelle, la situation se dégrade encore. Car les instituteurs n'ont pas de formation au TDA/H. Et si certains se documentent, c'est à leur propre initiative.
C'est le cas de Juliette Dubois, qui donne cours de maths à des enfants de 5 à 8 ans. Chaque année, au moins un de ses élèves souffre d'un TDA/H. Elle les reconnaît facilement: sur leur chaise, ils gigotent, ils tombent, font le clown. "Les enfants "TDA sans H", ceux qui, au fond de la classe, regardent les papillons voler, sont plus difficiles à repérer." Pourtant, des oublis répétés, des erreurs d'attention lui mettent la puce à l'oreille. "Je donne à tous les enfants des devoirs prévus pour durer dix minutes. Si ça prend une heure et demie, il y a un problème", explique-t-elle. Dès qu'elle a un doute, elle suggère aux parents de se renseigner auprès de l'association TDA/H Belgique. "Il ne faut pas laisser l'enfant dans sa souffrance. Il se prend des remarques toute la journée alors qu'il travaille plus que les autres." Outre les difficultés scolaires, ces petits ont du mal à se faire ou à garder des amis.

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