Enfants
de moins de 6 ans : Hyperactivité & Pédagogie
du comportement
Rédaction
: Emmanuel Boudon, USA
Pour
: Pascale Poncelet, Belgique
1.
Particularités de lhyperactivité avant
6 ans
2.
Douze faits utiles à connaître
3.
Pédagogie, psychologie, psychiatrie et neurologie
4.
Méthodes inspirées de la psychologie comportementale
5.
Rééducation du comportement au quotidien
1. Particularités
de lhyperactivité avant 6 ans
Lhyperactivité
dun jeune enfant est déroutante. Un schéma
dévolution typique : lenfant est
hyperactif souvent dès la naissance. Le comportement
empire lentement mais sûrement. Lagressivité
apparaît. Elle devient hors de contrôle.
Lenfant est parfois exclus de son école
maternelle ou successivement exclu de plusieurs écoles
maternelles. Personne naccepte de le garder. Les
parents sont donc désemparés.
Or il existe des solutions.
Repérer lhyperactivité chez un enfant
très jeune est en réalité une chance
à saisir. Plus on agit tôt, plus les chances
de succès de la prise en charge sont grandes.
La prise en charge est avant tout laffaire des
parents. De toutes les aides extérieures envisageables
(école maternelle, pédiatre, pédopsychiatre,
psychologie), le plus important, à cet âge,
est de gagner la compréhension et si possible
la coopération de lécole maternelle.
Cela suppose dêtre prêt à changer
décole si la possibilité est offerte.
Il appartient aux parents de construire eux-mêmes
un plan daction individuel pour répondre
aux besoins spécifiques de leur enfant. Beaucoup
didées utiles naîtront en consultant
ce site ainsi que la littérature sur le TDAH.
La suite de ce texte concerne plus particulièrement
le TDAH ou ADHD, et non dautres causes éventuelles
de lhyperactivité.
2.
Douze faits utiles à connaître
-
linattention et limpulsivité-hyperactivité
sont des caractéristiques courantes chez les
enfants de deux ou trois ans. Lhyperactivité
nest à cet âge le plus souvent liée
ni à une maladie, ni à un handicap. Cest
une phase normale du développement.
-
Une
impulsivité-hyperactivité permanente et
à un niveau cliniquement anormal peut avoir des
causes variées : problème sensoriel de
la vision ou de laudition, allergies alimentaires,
difficultés psychologiques, traumatisme crânien,
épilepsie, maladie bipolaire, TDAH,
Il faut éliminer dautres causes possibles
avant de songer à un diagnostic de TDAH.
Le TDAH détectable très jeune est le sous-type
impulsif-hyperactif avec ou sans inattention.
-
Statistiquement,
parmi ces causes possibles, les trois causes les plus
fréquentes dhyperactivité anormale
sont 1) le TDAH, 2) le trouble dopposition-défiance
(précurseur du trouble du comportement), et 3)
les deux simultanément. Tous deux sont des traits
génétiques handicapants. Ce ne sont ni
des maladies du développement (autisme, Asperger),
ni des maladies mentales (trouble bipolaire, schizophrénie,
anxiété, dépression
).
-
Il
a été observé que statistiquement,
les mères de nourisson TDAH seraient plus «
protectrices » que la moyenne.
Savoir si une éducation protectrice aggrave le
TDAH, ou si au contraire le TDAH peut inciter intuitivement
une maman à une éducation protectrice,
a été étudié par le professeur
Barkley. Le résultat est formel : cest
le caractère TDAH qui pousse temporairement une
mère à une protection excessive, sans
que cela naggrave le TDAH.
-
Le
cerveau dun enfant continue à se former
les premiers mois de la vie, et ne se fige que peu à
peu les premières années. Donc il est
encore possible de modifier partiellement les comportements
et les schémas cognitifs avant 6 ans. Ce sera
beaucoup plus difficile plus tard, une fois le cerveau
« figé » et lenvironnement
devenu subitement terriblement normalisant et réducteur
à lécole primaire.
-
Les
méthodes de rééducation du comportement
sont dautant plus efficaces quelles sont
commencées jeune. La rééducation
et les traitements alternatifs ont statistiquement davantage
de chances de marcher chez des enfants qui présentent
les TDAH les plus sévères avec trouble
du comportement comorbide avant lâge de
6 ans. Pourquoi ? Non pas quun cas très
sévère soit plus facile à traiter.
Mais probablement parce que les cas sévères
sont détectés très tôt. Cest
un avantage : ils obligent à agir bien avant
lâge de 6 ans.
-
Le
médicament méthylphénidate est
efficace dans près de 80% des cas de TDAH, parfaitement
sûr, et autorisé à lusage
après 6 ans. Il est vivement déconseillé
à lusage avant 6 ans. Cette règle
est transgressée dans certains pays.
-
Sauf
cas exceptionnel (par exemple en labsence de parents),
on devrait veiller à ne pas donner de psychostimulant
à un enfant avant 6 ans. Dune part parce
que la rééducation et les traitements
alternatifs marchent beaucoup mieux avant 6 ans, lorsque
le cerveau est encore plus ou moins malléable.
Dautre part parce que les médicaments sont
à la fois moins efficaces et présentent
davantage deffets secondaires ou de risques avant
6 ans. Dans les cas réellement exceptionnels,
nécessitant hospitalisation, il existe des psychostimulants
autorisés à partir de 3 ans (dextramphétamines
par exemple Dexédrine ou Aderral) et des anticonvulsants
autorisés encore plus tôt (valproate Depakote,
utilisé au départ pour la maladie bipolaire
et maintenant utilisé aux USA pour le TDAH également).
-
Des
signes révélateurs du TDAH sont outre
limpulsivité : une grande vivacité
desprit associée à une altération
de la mémoire de travail (oublis fréquents,
difficulté à planifier, concentration
sur linstant présent), de lintériorisation
du langage (se parler constamment à voix haute),
du contrôle de soi (comportement impulsif) et
de la reconstitution psychomotrice (mauvaise coordination
actes/pensées/sentiments).
-
Le
trouble du sommeil serait fréquent chez les jeunes
enfants TDAH. Mais il ny aurait aucun lien de
causalité. Les deux sont indépendants,
si ce nest quun manque de sommeil excessif
exacerbe les symptômes du TDAH.
-
Il
faut agir immédiatement. Il est inutile dattendre
un diagnostic officiel. Obtenir un premier rendez-vous
avec un spécialiste demande souvent plusieurs
mois. A ce rythme, une à trois années
sécoulent vite avant un diagnostic définitif.
Le diagnostic du TDAH est dautant plus délicat
que lenfant est jeune.
Différents problèmes psychologiques, maladies
psychiatriques, épilepsie, handicaps ou lésions
physiologiques répondent sans quil ne sagisse
du TDAH aux critères de diagnostic du manuel
de psychiatrie DSM4. Ces critères seraient en
effet quelque peu dépassés. Quant aux
tests psychométriques ou « neuropsychologiques
» qui servent au diagnostic, la plupart ne sont
valides quà partir de lâge
de quatre ans ou de six ans.
Aux USA, nombre denfants souffrant de maladie
bipolaire auraient ces dernières années
été demblée diagnostiqués
par erreur comme étant TDAH. Depuis, un livre
publié en 1999 par le docteur Demitri Papolos
permet de distinguer très tôt TDAH et maladie
bipolaire.
-
Laction
la plus immédiate à prendre est la rééducation
du comportement (voir paragraphe 5).
3.
Pédagogie, psychologie, psychiatrie, et neurologie
Dans le management du TDAH, il appartient à chacun
dutiliser les outils qui lui conviennent. Il nexiste
pas de solution toute faite. Il est donc bienvenu de se
construire ses propres outils en faisant jouer sa créativité,
et de considérer les outils disponibles, issus
de diverses disciplines médicales ou pédagogiques,
comme de simples supports.
La
neurologie et limagerie cérébrale
sont utilisées pour confirmer ou infirmer une hypothèse
de lésion cérébrale ou dépilepsie.
Elles permettent aussi de différencier statistiquement
des populations TDAH de populations non-TDAH. Mais à
cause des fluctuations statistiques dans la population,
elles ne peuvent pas caractériser le TDAH chez
un individu pris isolément. Elles ne fournissent
pas non plus de méthode de traitement à
lexception éventuelle du neurofeedback-EEG,
utilisé de façon seulement anecdotique.
Deux
outils utiles à la réduction du handicap
sont fournis par la psychiatrie (pharmacologies psychostimulantes
après 6 ans) et par la pédagogie psychomotrice
(dont la théorie est lune des quatre branches
de la psychologie).
Les bénéfices des deux méthodes (psychostimulants
et rééducation psychomotrice) sont temporaires
: les psychostimulants nagissent que quelques heures.
Et léducation psychomotrice est un effort
permanent dont les bénéfices, lentement
acquis, disparaissent dès que lon relâche
leffort.
Depuis létude comparative des modes de traitement
publiée par linstitut américain NIMH
en 1999, on sait quaprès 6 ans, les psychostimulants
utilisés à dosage optimal sont très
efficaces, et quune psychothérapie intensive
de 14 mois ne laisse pratiquement aucun bénéfice
résiduel une fois la thérapie terminée.
Pour être efficace, la rééducation
doit donc rester un effort continu au quotidien, et non
pas une thérapie limitée dans le temps.
A noter cependant concernant les divers modes de gestion
du TDAH:
-
Psychostimulants (seulement pour mémoire car
déconseillés avant 6 ans) : Ils ne contrôlent
pas le comportement. Ce ne sont pas des camisoles.
Ils ne font que corriger temporairement la déficience
cérébrale en dopamine pour filtrer des
signaux parasites superflus. Ils autorisent ainsi,
mais seulement pendant quelques heures, un fonctionnement
exécutif quasi-normal. Une conséquence
en est un meilleur contrôle de soi.
-
Rééducation
du comportement : Cest le plus important. La
rééducation par lenvironnement
et par les renforcements est indispensable et efficace
en partie pour maîtriser le TDAH, et plus encore
pour corriger ou prévenir les complications
fréquentes (principalement : le trouble du
comportement sil y a déjà opposition-défiance,
ou encore des complications psychologiques futures).
Chacun peut la pratiquer. Dans létude
du NIMH, si les parents et les psychiatres ne relevaient
pas damélioration par la thérapie
du comportement, en revanche les enseignants constataient
une amélioration. Létude du NIMH
ne conclut pas que la rééducation est
inefficace. Elle conclut simplement quelle doit
être quotidienne, continue et permanente pour
rester efficace, car les bénéfices disparaissent
dès quon arrête.
-
Techniques
de relaxation / maîtrise du stress physiologique
et Alimentation enrichie en acides gras oméga-3
: Ce sont des méthodes utiles en particulier
en prévention de la maladie bipolaire, autre
risque comorbide fréquent.
-
Entraînement
des fonctions exécutives : Il est possible
d « entraîner » les fonctions
exécutives à mieux performer. La gymnastique,
les arts martiaux (surtout le Tae Kwon Do), certains
jeux éducatifs (logiciels ou jeux comme le
Master Mind), la musique, différents modes
dexpression artistique le permettent. Ils ne
sont praticables que lorsque limpulsivité
est déjà en partie sous contrôle,
via rééducation du comportement. Lenseignement
du Tae Kwon Do commence vers 5 ans. Mais linstructeur
nacceptera un enfant que si son impulsivité
est déjà en partie sous contrôle.
Il existe aussi des techniques de gymnastique sensorielle
et exécutive : La rééducation
psychomotrice améliore la planification et
lexécution des mouvements. Une des pratiques
en sont la kinésiologie et le programme «
Brain-Gym » (Dr. Paul Dennison), consistant
à relier gymnastique et fonctions cérébrales
exécutives : équilibre latéral
(qui coordonne les mouvements et lapprentissage),
focalisation cérébrale zoom avant-arrière
(qui coordonne la mémoire long-terme et les
connaissances nouvelles), équilibre vertical
(qui balance émotions et pensées). Par
contre, les bénéfices pour le TDAH de
la rééducation sensorielle, gymnastique
des systèmes vestibulaire, proprioréceptif,
et tactile développée par le Dr. Jean
Ayres, sont incertains.
Psychologie
et psychiatrie sont des disciplines méconnues et
mystérieuses tant quon y a pas à faire.
Dans le traitement des maladies mentales, les deux se
sont historiquement opposées. Des deux, la psychiatrie,
qui corrige les déséquilibres fonctionnels
biochimiques, sest vite établie comme la
discipline médicale. Déjà Hippocrate
associait troubles mentaux et « humeurs »,
quon appellerait aujourdhui hormones. La psychologie
est devenue un outil complémentaire de diagnostic
(par exemple examens neuropsychologiques) et de conseil
en accompagnement de traitements. La psychologie a aussi
trouvé de nombreux autres débouchés
(en management, en pédagogie, en techniques de
rééducation, en criminologie, en art militaire
tactique, etc
).
4.
Méthodes inspirées de la psychologie comportementale
Chacun peut appliquer une pédagogie inspirée
par des principes simples de psychologie. La psychologie
est létude des comportements humains et des
processus mentaux. Les fondements philosophiques remontent
à lantiquité grecque. La psychologie
a été établie comme telle en 1879
par lécole de Leipzig en Allemagne (Wilhelm
Wundt) et par lécole de Vienne en Autriche
(Josef Breuer). La psychologie se divise aujourdhui
en deux disciplines:
-
les études psychologiques, dont les applications
vont de la conception des jouets (jouets éducatifs,
jouets déveil, jeux de société)
à celle des chars de combat (raison pour laquelle
le canon de certains chars est décentré
sur sa tourelle), en passant par les normes de sécurité
des bâtiments (conception des issues de secours)
et les théories du management (par exemple les
sept habitudes du manager efficace selon Stephen Covey).
-
la psychothérapie est un conseil en personnalité.
La personnalité est définie comme un ensemble
de « traits » de caractère. De 4000
traits répertoriés par Gordon Allport
en 1936, la classification a été réduite
à 5 familles de traits (Robert Mc Crae,1992).
En coupant à la serpe, la psychothérapie
comprend en gros quatre branches :
-
la
psychanalyse, initiée par Freud et Carl Jung,
qui motive la personnalité par linstinct.
Elle recherche les expériences inconscientes,
cest-à-dire survenues chez lenfant
à un âge oùles circuiteries de sa
mémoire nétaient pas encore bien
fonctionnelles. Cette branche historique a vite été
critiquée pour son inefficacité. Des méthodes
plus efficaces se sont développées. Puis
elles ont été rationalisées en
des techniques simples, par exemple aux USA durant la
deuxième guerre mondiale puis durant la guerre
du Vietnam, pour prendre en charge les soldats à
leur retour des conflits. Ces méthodes sont :
-
la
thérapie cognitive de Albert Ellis, Aaron Beck,
Richard Lazarus, sintéresse aux schémas
de pensée
-
la
thérapie humaniste de Maslow et Carl Rogers motive
la personnalité par les besoins. Elle vise à
réaligner pensées et actions sur les objectifs,
maximiser le potentiel individuel. Ce sont les principes
du management déquipes et de la thérapie
de groupe.
-
la
thérapie comportementale de John Watson, Ivan
Pavlov puis B.F. Skinner (comment modifier les comportements
en conditionnant lenvironnement, rééducation
psychomotrice, méthodes pédagogiques).
-
Modification du comportement TDAH
Les théories du développement de la personnalité(*)
sont le fondement de la pédagogie en général,
et des méthodes employées pour le TDAH.
La thérapie cognitive « pure » ne fonctionne
jamais avec le TDAH. Il est impossible de convaincre un
enfant TDAH de la nécessité de modifier
son comportement. Par contre, la branche utile au TDAH
est la thérapie comportementale, notamment psychomotrice,
technique de rééducation différente
de la psychothérapie traditionnelle.
Les
comportements sont :
-
innés, issus de la sélection naturelle
(gènes), et
-
acquis,
issus de la sélection adaptive (renforcements
par lenvironnement).
Les
symptômes handicapants du TDAH (attention à
toute stimulation, impulsivité-hyperactivité)
sont des comportements résultant de structures
cérébrales et de fonctionnements cérébraux
différents. Ils sont strictement innés,
issus de plusieurs réplications de gènes.
Néanmoins, sans évidemment agir sur le capital
génétique, une façon de modifier
ces comportements est dagir comme sils étaient
acquis : en structurant lenvironnement par des renforcements.
Ce constat est à la base dune multitude de
méthodes de conditionnement du comportement et
dune littérature prolifique sur le sujet.
Certaines de ces méthodes ont été
spécialement adaptées au TDAH. Ce sont toutes
plus ou moins les mêmes : Barkley, Flick, Voucher,
etc
Russell Barkley en résume huit principes
de base applicables aux enfants TDAH (daprès
« The ADD Report », Guilford Publications
Inc., 1993):
-
Utiliser
des conséquences plus immédiates quavec
dautres enfants
-
Utiliser
des conséquences beaucoup plus fréquentes
quavec d autres enfants.
-
Utiliser
des conséquences beaucoup plus marquées
quavec dautres enfants (récompenses
et punitions)
-
Dabord
encourager le comportement approprié, ensuite
réprimander le comportement inapproprié
-
Assurer
une cohérence absolue
-
Anticiper
les situations à problème et les transitions.
Par exemple en quatre étapes : 1) sarrêter
pour se concentrer quelques secondes, 2) répéter
les règles à suivre, 3) rappeler quelle
sera la récompense en cas de bon comportement,
4) rappeler quelle sera la punition en cas de mauvais
comportement
-
Se
souvenir que les comportements inappropriés sont
le résultat dun handicap
-
Pardonner
les mauvais comportements à la fin de la journée
En plus de ces huit principes généraux,
le Dr. Lewis Mehl-Madrona (médecine traditionnelle
de la tribu des indiens coyotes) propose une pratique
plus élaborée : Adapter le conditionnement
du comportement au cas par cas, en se posant la question
du pourquoi de chaque comportement inadéquat, et
en bâtissant une réponse ou un plan dactions
individualisé en conséquence.
(*)
Théories du développement de la personnalité
en cinq lignes:
-
serait
selon Freud une succession d'étapes de développement
psychosexuel
-
serait
selon Erik Erikson une succession de 8 phases de développement
psychosocial
-
serait
selon Jean Piaget une succession de 4 phases de développement
cognitif intellectuel du nourrissonà ladolescent.
Cette théorie a inspiré les pédagogies
européennes.
-
serait
selon Kohlberg et Hersh une série simultanée
de 6 phases morales
-
se
construit selon Albert Bandura principalement par imitation
de schémas sociaux et cognitifs. Le développement
vu comme imitation de schémas est à lorigine
de toute la pédagogie américaine actuelle,
et des techniques de rééducation du comportement
par renforcement et conditionnement.
5.
Rééducation du comportement au quotidien
Dans ce qui suit, les techniques de renforcement et la
cohérence éducative valent à la fois
pour prendre en charge lopposition-défiance,
le trouble du comportement, et le TDAH.
-
Comprendre
le mode de pensée dun enfant TDAH
-
Pour
97% des enfants, les méthodes usuelles de pédagogie
permettent aux parents de les éduquer et aux
enseignants de leur enseigner. Mais : La pédagogie
usuelle est en échec complet sur les enfants
TDAH. Il faut leur appliquer des méthodes particulières.
-
Se
souvenir que chez un enfant TDAH, chaque seconde qui
passe dure une minute. Une minute dattente dure
en réalité une heure. Lenvironnement
est fait de gens inactifs qui restent assis des jours
entiers sur leur chaise, et qui ont besoin dune
heure pour prendre la moindre décision. Vus par
un enfant TDAH, les gens sont incapables de se concentrer
sur ne serait-ce quune dizaine de choses à
la fois. Lenvironnement est frustrant.
-
Lorsquun
enfant TDAH auquel on refuse un caprice se met à
crier, jeter des affaires, frapper et tout casser
avant
que lon finisse après 15 minutes de résistance
par céder à son caprice, quapprend-il
? 1) Plus jinsiste, plus jai de chance dobtenir
ce que je veux. 2) La prochaine fois, si je nobtiens
pas ce que je veux, je crierai plus fort, plus longtemps
et je frapperai plus fort pour être certain datteindre
mon objectif. 3) Dans une confrontation avec des adultes,
je gagne toujours. 4) Les adultes sont lâches,
ils ne vont pas au bout de leurs paroles ni de leurs
actes. 5) Je nai plus confiance dans les adultes
car ils mentent. Ils disent non et ensuite ils disent
oui. 6) Cest bien de mentir, puisque les adultes
montrent lexemple. Conclusion : pour un caprice
très minime, mieux vaut ruser de diplomatie pour
arriver à faire accepter le « non »
avec habileté en évitant laffrontement,
ou à défaut dire « oui » immédiatement.
Pour un caprice inacceptable, mieux vaut adopter la
devise « la fin justifie les moyens » et
rester inflexible sur le non quelle quen
soit la conséquence.
-
Ne
pas oublier que le TDAH nest pas seulement un
handicap, cest simultanément un don.
-
Renforcements
positifs du comportement:
-
économie
de jetons et dautocollants qui servent dindicateur
quantifiable. Les règles du jeu et la récompense
finale sont fixés de commun accord par avance.
La règle nest plus jamais modifiée
jusquà obtention de la récompense.
Curieusement, chez les enfants TDAH, cest une
méthode très simple qui marche souvent
bien.
-
Activités
sociales (visite au zoo, sport
)
-
Encouragement
permanent (beaucoup plus fréquent et avec beaucoup
plus dinsistance que pour un enfant non-TDAH).
-
Utiliser
lhumour et le rire pour éviter laffrontement
-
Renforcements
négatifs du comportement:
Une
règle de base est que tout renforcement négatif
doit avoir lieu en moins de 10 secondes après
le comportement à réprimander. Punir un
enfant TDAH 5 minutes après une mauvaise action
na strictement aucun effet. Cest beaucoup
trop tard. Exemples dactions possibles pour un
enfant jeune en fonction de la gravité du comportement:
-
Ignorer
un comportement à éliminer sil est
mineur. Ignorer signifie trois choses : 1) aucun contact
visuel (pas déchange de regard), 2) aucun
contact physique et 3) aucune parole. La méthode
la plus simple est de sen aller calmement.
-
Assurer
une maîtrise physique pour réprimander
un comportement à éliminer et faire valoir
lautorité. Typiquement : assis, enrouler
les jambes, immobiliser avec les mains les épaules
et les bras. Se protéger des mouvements brusques
de la tête vers le côté (risque de
morsure) ou en arrière (risque de collision contre
le crâne de ladulte et de fracture du nez
ou des dents).
-
Timeout
pour comportement dangereux : Enfermer dans un endroit
ennuyeux mais sûr, par exemple toilettes sil
ny a pas de produits dentretien ni de médicaments,
éventuellement serrure sur couvercle des WC.
Utiliser une minuterie pour contrôler la durée.
Les livres recommandent une minute par année
dâge. Il faut souvent davantage.
-
-
Check-lists
dorganisation de la vie quotidienne (listes, étiquettes,
indicateurs visuels et logos à coller un peu
partout
)
-
-
cohérence
entre toutes les personnes qui soccupent de lenfant
-
cohérence
dans le temps. Il faut persévérer souvent
des semaines, parfois des mois avant datténuer
un comportement.
-
cohérence
entre les circonstances et les lieux : les règles
qui valent à la maison valent aussi à
lextérieur, même si le public se
sent choqué.
-
adopter
des règles écrites. Porter par écrit
permet 1) de sen souvenir, 2) de ne pas les modifier
ne serait-ce quinvolontairement par trou de mémoire,
3) dassurer une meilleure cohérence entre
parents, et 4) de réagir immédiatement
et efficacement quel que soit le niveau de stress provoqué
par la situation.
-
Donner
des instructions claires et concises. De préférence
formulées comme un ordre en commençant
par appeler le prénom, ou comme un choix à
faire entre deux alternatives simples. Donner la raison
avant lordre, jamais linverse. Ne jamais
utiliser la forme très ambiguë de linterrogation
négative (question qui comporte le mot «
pas »).
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