Dyslexie

Dernière édition du 23 septembre 2009

 

 

La dyslexie

De façon habituelle, le terme dyslexie désigne un trouble du langage écrit; cela inclut non seulement la lecture, mais aussi l'écriture et l'orthographe. On parle en fait de dyslexie/dysorthographie. La dyslexie (trouble de la lecture) et la dysorthographie (trouble de l'écriture) forment un ensemble de difficultés durables de l'apprentissage de la lecture et de l'orthographe chez un enfant ou un adulte qui :

a évolué dans un environnement affectif, social et culturel normal;
a été normalement scolarisé;
présente un niveau intellectuel normal, mais dont les performances en langage écrit sont nettement inférieures aux capacités manifestées dans d'autres domaines;
a une absence de troubles sensoriels ou perceptifs (ouïe, vue);
a une absence de troubles psychologiques primaires.
Cette définition n'est pas vraiment satisfaisante, car elle se limite aux aspects particuliers qui permettent de déterminer les dyslexies/dysorthographies. Elle n'insiste pas suffisamment sur d'autres causes qui peuvent être à l'origine des problèmes de langage écrit: déficits globaux intellectuels, problèmes psycho-affectifs dominants, difficultés d'ordre socio-économiques etc. Il existe deux autres définitions courantes de la dyslexie; une de nature exclusive et une autre de nature inclusive.

Une définition de nature exclusive

La dyslexie, selon la définition élaborée en 1968 par l'organisme Word Federation of Neurology, est un trouble de l'apprentissage de la lecture survenant en dépit d'une intelligence normale, d'une instruction adéquate, d'une bonne acuité auditive et visuelle ainsi que de stimulations culturelles suffisantes. En outre, la dyslexie dépendrait d'une perturbation, souvent d'origine constitutionnelle, des aptitudes cognitives fondamentales.

Les tenants de cette définition considèrent en général comme significatif un retard de 12 à 18 mois par rapport au niveau scolaire, chez des enfants de moins de 9 ans.

On critique généralement cette définition en faisant remarquer qu'elle insiste sur ce que n'est pas la dyslexie. De plus, elle implique qu'il faut attendre que l'enfant entre à l'école et connaisse d'importantes difficultés en lecture avant de diagnostiquer le trouble.

Une définition de nature inclusive

La définition exclusive étant jugée insatisfaisante, les chercheurs ont élaboré des définitions inclusives qui mettent l'accent sur des facteurs apparemment présents dans le trouble de lecture. Leurs études ont permis de préciser les forces et les faiblesses des enfants qui présentent un tel trouble. Selon le comité de recherche de la Orton Dyslexia Society, la dyslexie résulte d'un trouble particulier de langage d'origine constitutionnelle qui se caractérise par des difficultés de décodage résultant d'un trouble du traitement phonologique. Ces difficultés de décodage dépassent largement celles normalement rencontrées à un âge donné, de même que les capacités cognitives et les habiletés scolaires de l'enfant; elles ne sont pas consécutives à un retard global de développement ou à un déficit sensoriel. Selon cette définition, la dyslexie se manifesterait par des difficultés variables à différents niveaux de langage, incluant généralement, en plus du problème de lecture, un problème d'écriture et d'épellation.

Ainsi, la dyslexie découlerait d'un problème plus global que d'un problème particulier d'apprentissage de la lecture. Il s'agirait d'un trouble du développement du langage dont le noyau central serait UN DÉFICIT DU TRAITEMENT PHONOLOGIQUE, tel que mentionné précédemment.

Du côté européen, on utilise souvent le terme dyslexie dans son sens large de trouble d'apprentissage du langage écrit, l'ensemble des difficultés constituant le « syndrome dyslexique ».

Les manifestations

Les anomalies les plus fréquentes découlant de la dyslexie (trouble de la lecture) se manifestent soit dans le décodage, soit dans la compréhension ou dans les deux.

Les problèmes les plus fréquents sur le plan du décodage sont :

des confusions auditives ou phon étiques (a/an, s/ch, u/ou);
des inversions (or/ro, cri/cir);
des omissions (bar/ba, arbre/arbe);
des adjonctions (paquet/parquet, odeur/ordeur);
des substitutions (chauffeur/faucheur);
de la contamination (dorure/rorure, palier/papier);
une lecture du texte lente, hésitante, saccadée, avec un débit syllabique;
une difficulté à saisir le découpage des mots en syllabes, une ignorance de la ponctuation.
Sur le plan de la compréhension, le dyslexique ne saisit qu'un sens partiel, ou pas de sens du tout, de ce qu'il a déchiffré; le message du texte lui échappe totalement ou partiellement. Il n'aime pas lire et rejette souvent les matières ou les activités qui font appel à l'écrit.

On rencontre le plus fréquemment des cas où il y a conjonction de ces deux types de troubles, c'est-à-dire où le décodage et la compréhension sont déficients.

Les anomalies les plus fréquentes découlant de la dysorthographie (trouble de l'écriture) se manifestent par :

des fautes d'orthographe et des difficultés à l'écrit semblables à celles du dyslexique;
d'autres anomalies particulières à la mise en écrit (encodage);
des erreurs de copie (des mots);
des économies de syllabes (semblable/semble);
des découpages arbitraires (l' égume, il sé lance);
des omissions (bébé/bb, liberté/librt);
des mots soudés (l'image, limage, son nid/soni);
des fautes de conjugaison, de grammaire, d'analyse;
une lenteur d'exécution, des hésitations et une pauvreté des productions.
Les causes

Les neurosciences, en particulier la neuropsychologie, ont fourni une meilleure connaissance des mécanismes du langage humain qui se situent à un niveau « supérieur » dans le fonctionnement général du cerveau. Ces mécanismes sont très complexes et mettent en jeu des fonctions cérébrales multiples. Les dyslexies et les dysorthographies sont dues à un mauvais fonctionnement de ces mécanismes fondamentaux du langage écrit, et notamment;

des fonctions langagières proprement dites (réseaux particuliers à la lecture/compr éhension);
des fonctions permettant l'acquisition et l'utilisation du langage (attention, mémoire, notions d'espace, notions de temps, capacités de logique, de s équentialisation, d'abstraction, etc.).
Les dyslexies/dysorthographies sévères se manifestent généralement dès le cours primaire, alors que les atteintes plus légères peuvent passer longtemps inaperçues et ne se révéler qu'ultérieurement.

Ces troubles du langage écrit sont internationalement reconnus et classifiés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Il est établi qu'ils concernent entre 8% et 10% des enfants qui fréquentent des classes ordinaires - troubles légers inclus - et qu'ils affectent 3 à 4 fois plus de garçons que de filles. Cette fréquence est stable dans l'histoire des données connues et atteint de la même manière toutes les populations.

Le dépistage et le diagnostic

Il est indispensable que le diagnostic se fasse le plus tôt possible, de préférence dès la maternelle, afin que soient recensés les signes prédictifs des difficultés pouvant survenir au moment des apprentissages du langage écrit. L'élève doit être suivi étroitement tout au long de son cours primaire afin d'éviter que l'échec s'installe.

Le dépistage ne doit pas être effectué uniquement par l'école. Il faut que les parents, l'entourage, le médecin de famille et les enseignants s'associent dans cette tâche capitale.

La dyslexie est une des principales causes de l'échec scolaire et, plus tard, de l'échec professionnel et même social. Dans bien des cas, les attitudes développées par l'environnement familial, scolaire ou professionnel envers l'enfant sont inadaptées. Ceci entraîne alors chez l'enfant un dégoût pour l'écrit et un désintérêt progressif pour les matières qui demandent un effort de lecture. Dans ces conditions, le langage reste pauvre, le travail se fait lentement et on observe une fatigue et une difficulté à transcrire le contenu de la pensée et à intégrer le discours des autres. Il importe donc de diagnostiquer la dyslexie, de la comprendre et de fournir à l'enfant qui en est atteint les outils nécessaires à son adaptation afin d'alléger sa souffrance.

Il est indispensable que le diagnostic soit fait par un spécialiste, la nature, l'intensité et le contexte des troubles étant très variés. Une fois le diagnostic posé, on commence l'étape des examens qui seront d'autant plus complets et pluridisciplinaires que les troubles sont complexes et sévères.

La rééducation

Les élèves dyslexiques doivent bénéficier d'un programme personnalisé d'orthopédagogie et, au besoin, d'orthophonie axé sur leurs forces, leurs faiblesses, leurs intérêts et leur style d'apprentissage. Dès la maternelle, une intervention peut être faite sur le plan phonologique, la phonologie étant le traitement des sons quant à leur fonction dans la langue. Quant à l'intervention de l'orthopédagogue, elle commence habituellement dès la première année scolaire afin de favoriser l'intégration du code écrit. Les interventions orthopédagogiques doivent être suffisamment intensives et durer une période de temps assez longue pour permettre à l'élève de développer ses capacités.

Le pronostic

L'évolution des troubles du langage écrit va dépendre de plusieurs facteurs qui varient en fonction des enfants concernés et selon :

le type de dyslexie/dysorthographie;
l'intensité des troubles (les troubles sévères sont évidemment plus résistants à la rééducation);
la précocité du dépistage;
l'existence, la régularité et l'intensité de la rééducation qui peut durer plusieurs années;
les soutiens visant la motivation, la réparation des vécus d'échec, la réhabilitation de l'écrit et de l'école qui est perçue très souvent jusque là comme un lieu de punition;
la vigilance, la coopération et la coordination entre la famille, l'école et les rééducateurs.
Dans de bonnes conditions de traitement, d'environnement et de soutien, les troubles dyslexiques et dysorthographiques s'atténuent et peuvent pratiquement disparaître s'ils sont d'intensité légère. Dans les cas sévères, il restera toujours une faiblesse à l'écrit, mais le rendement sera considérablement amélioré et moins handicapant, permettant même l'accès à des études et à des informations intéressantes.

Extrait de « Les troubles d'apprentissage: comprendre et intervenir »
Auteures: Denise Destrempes-Marquez et Louise Lafleur
Éditions Hôpital Sainte-Justine, 1999
 

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La dyslexie :

 

Pour les enfants dyslexiques c'est selon toute vraisemblance lors de l'étape du traitement des informations et de leur mise en relation que se situe un dysfonctionnement. Chez les élèves dyslexiques-dysorthographiques, les difficultés d'accès au sens seraient dues à une sorte de trouble de la pensée symbolique. Ces difficultés ajoutées aux troubles instrumentaux rendent l'apprentissage de la lecture beaucoup plus difficile pour un élève dyslexique.

Il est complètement utopique de croire que tous les problèmes s'arrangent automatiquement avec le temps, suite à un soi-disant "déclic" qui se produira nécessairement avec l'âge.

Il existe des dyslexies légères, ainsi que des échecs scolaires liés aux déficits d’attention et de mémoire qui occasionnent des troubles proches de la dyslexie sans s'enraciner tout à fait de la même manière. Ces difficultés ne sont cependant pas remarquées par le système scolaire. Les familles vivent alors des problèmes d’orientation, frustrées par l'impossibilité de voir les autres capacités souvent importantes de leur enfant, mises en évidence autant que les performances scolaires. Avant 6 ans, très peu de cas sont mentionnés, c'est dire le manque de dépistage systématique de la dyslexie et la lenteur voire l'absence de diagnostic. En effet en général, les problèmes de langage font l'objet d'un signalement en troisième maternelle, vers 5 ans. On devrait donc commencer à parler de dysphasie et de dyslexie au moins à ce moment-là, après examens efficaces. Or il faudra du temps, un véritable combat des parents et une bonne part de chance pour obtenir un bilan autre qu'approximatif et plus ou moins intuitif ou pré formulé du pédiatre ou du pédopsychiatre consulté.

Quand la famille a un enfant de 10 ans ou plus, la situation est déjà extrêmement compliquée. La famille est dans un grand désarroi et éprouve un immense sentiment de frustration (aussi bien les enfants que les parents).

Définition :

Les difficultés en lecture et orthographe représentent l'expression la plus fréquente des difficultés scolaires et peuvent se manifester dès le début du cours préparatoire .

La dyslexie est une maladie qui rend l'enfant incapable malgré son expérience de la classe traditionnelle d'acquérir les techniques du langage qui lui permettraient d'apprendre à lire, à écrire, à s'exprimer oralement. L'enfant est cependant normalement intelligent et ne souffre d'aucun déficit auditif ou visuel. Une dysorthographie succède souvent à la dyslexie. Le dépistage de la dyslexie doit être précoce (4 ou 5 ans). La rééducation orthophonique s'impose.

C'est au début de la 2° année scolaire (CE1) que le dépistage est le plus sûr car tout enfant, à ses débuts en lecture, peut présenter les symptômes apparents de la dyslexie et faire des inversions. Ces difficultés normales ne deviennent pathologiques que lorsqu'elles persistent au delà de la première année. La dyslexie entre dans le cadre global des "troubles spécifiques (=sélectifs) du développement" observés chez l'enfant.

Il importe en effet, avant de parler de dyslexie, d'éliminer les difficultés de lecture dues à :

    • un déficit auditif (hypoacousie : le langage oral est perturbé dans son ensemble avec confusion de phonèmes et non pas seulement à la lecture);
    • un trouble de la vue (amblyopie);
    • un trouble de l'élocution;
    • un déficit intellectuel (les résultats scolaires sont bons dans les autres domaines);
    • un désintérêt global d'origine affective;
    • le bilinguisme...
 

Symptômes :

La dyslexie est caractérisée par des erreurs, soit dans l'enchaînement des graphies, soit dans la transcription graphique des phonèmes. La dyslexie atteint 5 à 10% des enfants d'âge scolaire. Un dépistage précoce (avant l'entrée au C.P.) et une rééducation individuelle (pré-lecture) ou en classes spécialisées doivent permettre une réinsertion de l'enfant dans une scolarité normale.

 

La dyslexie est un trouble du langage et de l'écriture persistant au-delà de l'âge normal d'apprentissage de la parole. Bien souvent, l'installation du langage est retardée. La prononciation des mots, association de plusieurs sons désignant une personne ou un objet, débute la 2° année ; le langage, association de mots ayant valeur de signification, devant être obtenu vers 4 ans et demi. Un premier examen orthophonique à cet âge devrait mettre en évidence la déformation persistante des mots, des phrases mal construites ou l'incapacité de retenir des phrases. Trop souvent, la dyslexie est découverte lors du bilan d'un échec scolaire déjà installé ou d'une dysorthographie.

L'enfant confond à la lecture certaines lettres de formes voisines ou proches phonétiquement : m, n, et u, p, b, d, q et g, s et ch, f et v, a et an, a et o, u et ou, on et o, un et u, in et i, les consonnes constrictives (s, ch, j, z, f, v) sont remplacées par les consonnes occlusives (t, k, p, d,g) , les consonnes sonores (b, d, g, v, j, s) sont remplacées par les consonnes sourdes (p, t, k, f, ch, s) etc... "Piton" devient "bidon", "hippopotame" devient "hippopapame"... Ces confusions ne sont pas systématisées et selon les moments, l'enfant peut lire correctement ou substituer une lettre à une autre lettre.

Il inverse l'ordre des lettres ("on" est lu "no", "bras" est lu "bar" ou "rab", "plat" est lu "pal" ou "lap", "aéroplane" devient "aréoplane"...), de certaines syllabes, de certains mots. Il omet certains sons : "fil" est lu "il", "bar" est lu "ba", "parapluie" devient "parapuie"...Il en ajoute d'autres : "poltron" est lu "polteron", "escapade" est lu "cascapade" etc...

La lecture est hachée, hésitante, incompréhensible. L'enfant ne réussit pas à transformer les symboles écrits en phonèmes. Des antécédents familiaux sont fréquents.

Le test du Poucet permet d'apprécier le degré de dyslexie à partir de deux critères décelés par la lecture de ce texte déterminé : le nombre d'erreurs au cours de la lecture et le temps de lecture. Ces deux paramètres en effet ont été étalonnés par rapport à une moyenne d'enfants normaux en fonction de leur âge et de leur scolarisation.

"Le Poucet.
Robin est petit comme un pouce.
Il habite la forêt dans une jolie petite cabane pas plus grande qu'un nid
Il s'amuse avec ses amis les oiseaux et les animaux du bois. Un jour, il alla le matin faire une promenade bien loin.
Un soir que la pluie l'obligeait à s'abriter sous un gros champignon, il rencontra un lièvre. Alors, il grimpe sur son dos. Il s'accroche à ses longues oreilles. Le lièvre s'élance. Il court vite. Le Poucet craint de glisser. Soudain, ils s'arrêtent : attention au chasseur ! sauvons-nous dans ce buisson. "Quel poltron!" pense Robin qui veut poursuivre son escapade.".

Lu par un enfant dyslexique, le texte devient :

"Le son te.
Co din est pe tite comme un pu ce
il cha te la pe dans une jaune petiteca dan pas lune que din ni..."
A la fin du cours élémentaire, l'échec d'un enfant dyslexique à cette lecture-test peut être partiel ou total. Le temps de déchiffrage statistiquement normal est de 1 minute 20 secondes. On parle de retard modéré à 2 minutes et de retard important à plus de 3 minutes. On compte les erreurs, les distorsions auto-corrigées, les pauses etc...

Causes :

Les théories explicatives de la dyslexie sont nombreuses, faisant intervenir un défaut de latéralité, des troubles psychoaffectifs et surtout un défaut de vigilance, d'attention, nécessitant une pédagogie spécifique qualitativement différente et non une quantité supplémentaire d'heures d'enseignement réalisées avec la même pédagogie que pour les autres enfants.

D'autres causes sont discutées dans l'échec de l'acquisition du langage écrit:


un trouble mineur lésionnel du fonctionnement cérébral;
un environnement socio-culturel et économique défavorable;
des méthodes d'apprentissage de la lecture inadaptées;
des rythmes de progressions des acquisitions non respectés;
une mauvaise formation pédagogique des maîtres;
des classes surchargées etc..
La majorité des auteurs s'accordent toutefois à réserver le terme de "dyslexie-dysorthographie" à la difficulté isolée, spécifique, de l'acquisition de la lecture et de l'orthographe, se développant dans un environnement familial, scolaire et social de bonne qualité, en l'absence de déficit intellectuel et de perturbations affectives.

C'est le contraste entre l'échec en lecture et en orthographe, et l'intégrité sensorielle et intellectuelle (bonnes aptitudes en arithmétique et mathématiques par exemple) chez un enfant qui est l'élément fondamental du diagnostic.

Certains troubles sont souvent associés à la dyslexie :

    • trouble de l'orientation spatiale;
    • trouble de l'orientation temporelle;
    • trouble de la motricité oculaire (non latéralisation du regard);
    • défaut de discrimination et d'évocation des graphies à partir des sons;
    • trouble de la perception du rythme de la lecture;
    • trouble du langage avec inversion des phonèmes;
    • trouble affectif...
    • réactions psychologiques d'agressivité ou de passivité face à l'échec scolaire.
 

Traitement :

 

Les principes de rééducation sont nombreux, élaborés avec la collaboration des parents. Ils utilisent des stimuli de voix humaine ou de musique enregistrés sur bande magnétique, des stimulations de coordination des rôles respectifs de chaque hémisphère en donnant la même information aux deux oreilles avec des filtres différents, des stimulations grapho-auditives. Une pédagogie spécifique doit tenir compte de l'incapacité du dyslexique à prendre des notes écrites et privilégier l'utilisation du manuel, réaliser un plan écrit du travail, tenir compte de la difficulté d'abstraction corrigée par des exercices en équipe sur un thème donné exploité par des textes de lecture, dictées, récitations, repris en éducation physique ou en travaux manuels. Une telle pédagogie nécessite des classes particulières comportant un petit nombre d'enfants.

La méthode Borel-Maisonny vise à établir une relation gestuelle entre le schéma écrit et le phonème correspondant.

La méthode Chassigny consiste à laisser l'enfant s'exprimer par écrit, et à l'arrêter à chaque erreur pour lui dicter sur un mode rythmique une succession de mots apparentés au mot erroné.

La psychothérapie est souvent utile.

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Nicole Laporte, vous êtes logopède, spécialiste de la dyslexie. Quelle est la définition de ce trouble du langage?

La dyslexie développementale est un trouble de l'apprentissage du langage écrit, qui n'est pas justifié par un déficit intellectuel, par des troubles neurologiques acquis, par des troubles ORL sévères ou un cursus scolaire inadapté_(auquel cas, il peut y avoir une dyslexie, mais considérée comme secondaire).

Il y a principalement deux types de troubles dyslexiques. Le premier concerne le processus de décodage (transcodage progressif des unités graphiques en unités phonétiques correspondantes): on parle alors d'un trouble du processus d'assemblage. Le second est lié à la reconnaissance globale du mot (il y a toute une série de mots que l'on reconnaît directement), signe d'une difficulté au niveau du processus d'adressage.

Dans la plupart des cas, les enfants font des erreurs au niveau des deux processus, bien que ce soit souvent un problème d'assemblage qui perturbe secondairement l'élaboration du stock mnésique de mots et donc leur reconnaissance globale. Les mots sont reconnus, mais confondus avec d'autres mots proches: cousin/coussin, parlera/parlerait, ...

De plus rares enfants présentent plus spécifiquement une perturbation du processus d'adressage: au début de leur scolarité, tout s'est passé "normalement", mais vers la 3ème, 4ème année primaire, leur lecture reste fort syllabée et ils commettent énormément d'erreurs sur les mots irréguliers, même très fréquents (le/les, et/est, ...).


- A partir de quel moment les parents doivent-ils s'inquiéter et consulter?

Les erreurs de lecture ne diffèrent pas fondamentalement entre normolecture débutante et dyslexique: certaines lettres ne sont pas décodées (partir devient patir), permutées (tur au lieu de tru) ou sont substituées, les confusions pouvant par ailleurs être phonologiques ( t et d et p et b) ou visuelles (m et le n, p et q).

Les erreurs seront souvent beaucoup plus nombreuses chez l'enfant dyslexique et surtout elles perdureront bien au-delà des premiers mois d'école.

Une dyslexie peut donc être suspectée dès février, mars de la première année (et c'est à ce moment qu'idéalement, il faut consulter). Chez un certain nombre d'enfants, un déficit dans l'installation des habilités phonologiques ou métaphonologiques laisse pronostiquer plus tôt encore un risque important de difficultés d'ordre dyslexique.

- Que sont ces habilités métaphonologiques?

Bien avant l'apprentissage de la lecture, les enfants vont comprendre que "le mot" n'est pas un ruban sonore indissociable, mais une suite de sons qu'ils vont apprendre à discriminer, segmenter, permuter, fusionner. Concevoir les unités phonétiques et en manipuler l'enchaînement en séquence constitue l'habileté métaphonologique.

Ces fonctions sont primordiales à l'apprentissage du langage écrit et constituent un facteur pronostic d'autant plus intéressant qu'il peut être objectivé avant même l'école primaire. Il est regrettable que les habiletés métaphonologiques ne fassent pas l'objet de plus d'entraînement ni d'évaluation en classe de 3ème maternelle.


- Le "zozotage" est-il un phénomène connexe à la dyslexie?

Non. Le zozotage n'est pas un problème phonologique, on parle de dyslalie. L'enfant discrimine bien le son, mais l'articule mal. C'est différent: il n'y a pas de confusion.

- Que pensez-vous de l'utilisation de la méthode globale pour apprendre à lire?

Pour les enfants qui ont un trouble d'assemblage, la méthode globale leur permet, au début, de "lire" sans problème, puisque le principe de la méthode globale est d'apprendre une série de mots "par coeur". Tant qu'il y a 10, 20, 30 mots à retenir, cela se passe en général très bien.

Ensuite, la seconde étape de cette méthode prévoit de repasser par une période de décodage, avec parfois un soutien en classe, mais souvent, en tablant sur une démarche personnelle des enfants. Cette étape est fondamentale à la lecture de mots nouveaux.

L'enfant qui a une faiblesse de codage aurait eu probablement du mal à franchir cette étape avec un soutien pédagogique, mais laissé à lui-même.... Le problème n'en est que plus accentué. Et souvent, ces enfants consultent en fin de la 2ème année primaire, ce qui est déjà fort tard.


- L'aide gestuelle proposée parfois lors de l'apprentissage de la lecture peut-elle aider?

Cette gestuelle aide énormément les enfants qui ont un problème de codage, en particulier si les gestes soutiennent une relation logique entre le son et la lettre, sa graphie.

- Devant un enfant dyslexique, quelle est la rééducation à mettre en oeuvre?

Il n'existe pas de programme type de rééducation. Une thérapie concerne toujours un programme individuel établi très étroitement par rapport à chaque patient. Reste toutefois des principes fondamentaux et constants tels l'analyse des erreurs spécifiques et des fonctions cognitives associées, la recherche d'aides efficaces, des entraînements ciblés, une gestion de progression des étapes de complexités, et l'autonomisation face aux procédés d'aide.

- Garde-t-on des séquelles de sa dyslexie?

Il est rare qu'un dyslexique puisse dire: plus aucun mot nouveau, aucune situation complexe ne me cause problème.

Par exemple, certains enfants, adolescents ou adultes garderont des difficultés de lecture de mots rares et complexes, d'étude de grandes quantités de matière écrite ou d'apprentissage des langues étrangères. Ils accumulent souvent un retard en grammaire, en conjugaison, en orthographe.

Certains enfants réagissent mieux, car ils sont plus volontaires, plus patients, plus intelligents. L'association de troubles associés joue également, particulièrement le trouble de l'attention et de la mémoire. La dyslexie dépend de tout un système cognitif, d'où l'importance d'un bilan multidisciplinaire.


- Un enfant dyslexique serait-il plus fort en math?

Il est difficile de répondre à cette question, tant les observations cliniques sont variées. Lorsque l'enfant dyslexique présente des troubles de codage (association du graphème à son phonème correspondant), les difficultés de codage des chiffres et signes opératoires apparaissent de concert.

Dans d'autres cas, ce codage, la numération et les concepts opératoires s'installent normalement.

Toutefois, la plupart des enfants dyslexiques son en difficulté face aux situations plus complexes impliquant une stratégie séquentielle de calcul (ex: 8+5 =8+2+3) et des fonctions cognitives associées, qui peuvent être indispensables tant aux processus de lecture que de calcul (mémoire de travail, attention, ...) Sans compter enfin que, pour résoudre un problème, il s'agit d'abord de pouvoir le lire!

Texte publié avec l'aimable autorisation de Madame Laporte - Logopède spécialisée en neuropsychologie

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Liens concernant la dyslexie :

Exercices pour aider son enfant dyslexique

Mon expérience de la dyslexie- dysorthographie par Alain Lennuyeux

37 Signes révélateurs de la Dyslexie

Troubles psychomoteurs et dyslexie

A lire : Ligueur HS spécial dyslexie.

Voici un lien pour la découverte d'une collection de livres scolaires et « plaisir » spécialement conçue pour les enfants dyslexiques…avec bande son pour faciliter la lecture dans certains livres pédagogiques et autres détails étudiés pour aider l'enfant à profiter pleinement de ce qu'il lit… 

Lire, ils ne savent pas comment faire.
Aide à l'apprentissage et au renforcement de la lecture pour les enfants en difficulté.
Guide pour les enseignantset les parents avec matériel pour les enfants.


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Quelques dyslexiques célèbres :

Albert Einstein - Hans Christian Anderson - Sir Winston Churchill - George Patton -
Leonardo da Vinci - Nelson Rockefeller - Walt Disney - George Washington - Thomas Edison - Albert Einstein - Henry Winkler - Whoopi Goldberg - Tom Cruise - Alexander Graham Bell ... et pourquoi pas un jour mon fils Grégoire ou alors votre enfant?

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Bibliographie concernant la dyslexie :

- Le don de dyslexie : Ronald D.Davis

- Vive la dyslexie ! : Béatrice Sauvageot, Jean Métellus
Pour les 12 % de dyslexiques que compte la population française, leurs difficultés à maîtriser le langage sont sources de difficultés tout au long de la vie : échecs scolaires et professionnels ne sont pas rares, ce qui n'est pas normal lorsqu'on sait qu'un dyslexique est intelligent et très créatif. Plutôt que les obliger à apprendre à lire de façon traditionnelle – une méthode inefficace et rebutante – les deux auteurs, tous deux spécialistes du langage, proposent une approche différente, ludique et épanouissante. Partant du principe que les dyslexiques font des associations d'idées suivant une logique très différente de celle des non-dyslexiques, leur rééducation fait appel à leur mode de pensée si particulier. Si la méthode Sensonaime aborde le monde de l'écrit par des approches artistiques créatives – chants, danses, théâtre, jonglage, art martial, etc. – c'est que la créativité des dyslexiques est inépuisable. Aux dires des auteurs, les résultats sont encourageants : non seulement les dyslexiques ne perdent rien de leurs talents artistiques mai en plus, ils apprennent à manier la langue française comme une seconde langue !

- Dyslexie, où est la différence ? : M. Klees - Ed. I.P.E.J. asbl. Ouvrage où alternent B.D. et textes. Avis perso : Facile et agréable à lire, mon fils dyslexique a beaucoup apprécié . Disponible chez M. Klees 02/343 90 39. (250FB)
Cette bande dessinée n'est pas commercialisée. Elle a été réalisée à l'intention des enseignants et distribuée dans les écoles de la communauté française de Belgique. C'est un outil de sensibilisation à la prévention de la dyslexie. Il est magnifique. L'histoire raconte les aventures de deux enfants dyslexiques. C'est également un bon outil de base pour les parents, car il est très simple et très positif.

- Les dyslexies : Simon L. - Editions Masson - isbn 2.294.00961.4
Cet ouvrage traite du problème des dyslexies, l'un des thèmes abordés au cours des XXXes Entretiens de médecine physique et de réadaptation de 2002. Après un chapitre sur les aspects théoriques de cette pathologie, les différents intervenants et auteurs présentent les outils de dépistage et d'évaluation clinique et les résultats de l'imagerie cérébrale fonctionnelle. Les auteurs répondent par ailleurs à la question de la prise en charge des dyslexiques, tant au niveau médical que scolaire et abordent les aspects psychologiques, le devenir des enfants dyslexiques et le rôle joué par le réseau associatif dans ce domaine.

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

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