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Le TDA/H chez l'Adulte
dernière mise à jour 23 novembre 2009----------
Un jour j‘ai appris que je souffrais de TDA/H … Cliquez ici pour voir ce PPS qui décrit une journée dans la vie d'un adulte TDA/H.
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Faute de prise en charge, la maladie persévère à l'age adulte avec les mêmes symptômes, à l'exception de l'hyperactivité qui s'atténue. Le trouble de l'attention est alors moins décelable mais ses conséquences restent graves. A l'échec scolaire succède l'échec professionnel. En conséquence, le malade peut être pris dans une spirale d'exclusion. Une mauvaise insertion sociale qui s'aggrave des troubles de la conduite ou de la personnalité que peut développer l'adulte ex-enfant hyperactif.
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Les troubles de l'attention touchent aussi les adultes : pour lire l'article cliquez ici
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Déficit de l'attention/ hyperactivité : l'addiction chez les patients TDAH adultes
À l'âge adulte, jusqu'à 60% des patients TDAH conservent des limitations dues aux symptômes cardinaux de la maladie.
Dans cette population, on observe une comorbidité élevée, avec entre autres des troubles addictifs, ce qui complique le diagnostic et le traitement. Comment les aborder de manière optimale ?
En bref
La prévalence mondiale du TDAH parmi les enfants et les adolescents est de 5,29%.
De récentes études montrent que 40 à 60% des patients TDAH conservent des limitations dues à la maladie à l'âge adulte.
TDAH
Le TDAH tel qu'il est défini dans le DSM-IV-TR (1) est un trouble psychiatrique dont la prévalence mondiale atteint 5,29% parmi les enfants et les adolescents (2).
Le trouble est caractérisé par des symptômes pervasifs de déficit d'attention et/ou d'hyperactivité et d'impulsivité. Les symptômes sont plus fréquents et plus graves que la normale pour le niveau de développement. Ils apparaissent par définition pendant l'enfance et posent problème dans différents domaines de la vie.
Au cours du développement de l'enfance à l'âge adulte, les patients TDAH ont plus souvent des problèmes d'apprentissage et de travail, davantage de problèmes sur le plan du fonctionnement relationnel, sexuel et social et présentent plus souvent un comportement antisocial (3,4). Les jeunes souffrant de TDAH courent un risque élevé de développer d'autres troubles psychiatriques, tels que des troubles anxieux ou des troubles de l'humeur, une addiction et des troubles de la personnalité antisociale (5,6).
Déficit de l'attention/hyperacti vité: critères diagnostiques du Trouble selon le DSM-IV
A. Présence soit de (1), soit de (2):
(1) six des symptômes suivants d'inattention (ou plus) ont persisté pendant au moins 6 mois, à un degré qui est inadapté et ne correspond pas au niveau de développement de l'enfant:
Inattention
(a) souvent, ne parvient pas à prêter attention aux détails, ou fait des fautes d'étourderie dans les devoirs scolaires, le travail ou d'autres activités
(b) a souvent du mal à soutenir son attention au travail ou dans les jeux
(c) semble souvent ne pas écouter quand on lui parle personnellement
(d) souvent, ne se conforme pas aux consignes et ne parvient pas à mener à terme ses devoirs scolaires, ses tâches domestiques ou ses obligations professionnelles (cela n'est pas dû à un comportement d'opposition, ni à une incapacité à comprendre les consignes)
(e) a souvent du mal à organiser ses travaux ou ses activités
(f) souvent, évite, a en aversion, ou fait à contrecœur les tâches qui nécessitent un effort mental soutenu (comme le travail scolaire ou les devoirs à la maison)
(g) perd souvent les objets nécessaires à son travail ou à ses activités (p.ex., jouets, cahiers de devoirs, crayons, livres ou outils)
(h) souvent, se laisse facilement distraire par des stimulus externes
(i) a des oublis fréquents dans la vie quotidienne
(2) six des symptômes suivants d'hyperactivité -impulsivité (ou plus) ont persisté pendant au moins 6 mois, à un degré qui est inadapté et ne correspond pas au niveau de développement de l'enfant:
Hyperactivité
(a) remue souvent les mains ou les pieds, ou se tortille sur son siège
(b) se lève souvent en classe ou dans d'autres situations où il est supposé rester assis
(c) souvent, court ou grimpe partout, dans des situations où cela est inapproprié (chez les adolescents ou les adultes, ce symptôme peut se limiter à un sentiment subjectif
d'impatience motrice)
(d) a souvent du mal à se tenir tranquille dans les jeux ou les activités de loisir
(e) est souvent «sur la brèche» ou agit souvent comme s'il était «monté sur ressorts»
(f) parle souvent trop
Impulsivité
(g) laisse souvent échapper la réponse à une question qui n'est pas encore entièrement posée
(h) a souvent du mal à attendre son tour
(i) interrompt souvent les autres ou impose sa présence (p.ex., fait irruption dans les conversations ou dans les jeux)
B. Certains des symptômes d'hyperactivité -impulsivité ou d'inattention ayant provoqué une gêne fonctionnelle étaient présents avant l'âge de 7 ans.
C. Présence d'un certain degré de gêne fonctionnelle liée aux symptômes dans deux, ou plus de deux types d'environnement différents (p.ex., à l'école – ou au travail – et à la maison).
D. On doit mettre clairement en évidence une altération cliniquement significative du fonctionnement social, scolaire ou professionnel.
E. Les symptômes ne surviennent pas exclusivement au cours d'un Trouble envahissant du développement, d'une Schizophrénie ou d'un autre Trouble psychotique, et ils ne sont pas mieux expliqués par un autre trouble mental (p.ex., Trouble thymique, Trouble anxieux, Trouble dissociatif ou Trouble de la personnalité) .
Le TDAH chez l'adulte
Une méta-analyse d'études de suivi fait apparaître que 15% seulement des enfants atteints de TDAH répondent encore aux critères du trouble au début de l'âge adulte (7). L'utilisation de définitions syndromiques de la rémission donne une image excessivement optimiste: à l'âge adulte, 40 à 60% des patients TDAH conservent des limitations dues à différents symptômes cardinaux de la maladie. Cependant, les patients adultes ne répondent plus à tous les critères du TDAH et n'atteignent pas le seuil de catégorisation. Un patient n'atteint ce seuil que s'il présente au moins 6 des 9 symptômes de déficit d'attention et/ou d'hyperactivité et d'impulsivité.7 En d'autres termes, les patients sortent de la catégorie DSM-IV mais non de la pathologie.
Dans le DSM-IV, les critères du TDAH ont été initialement développés pour être utilisés chez l'enfant. De nombreuses réserves ont été émises à propos de la validité conceptuelle des symptômes décrits lorsqu'il s'agit d'adultes.8 La valeur-seuil quant au nombre de symptômes nécessaires pour un diagnostic catégoriel est également remise en question. Il en va de même pour le critère stipulant que la maladie doit s'être manifestée avant l'âge de 7 ans (8-10).
Les critères diagnostiques sont de préférence adaptés à l'âge développemental des patients (enfants/adultes) . Toutefois, plusieurs articles généraux assurent que la définition du TDAH telle qu'elle se présente actuellement dans le DSM-IV est un concept utile et valide, qui permet aussi de diagnostiquer de manière fiable un TDAH chez l'adulte (11-13). Chez les adultes souffrant de TDAH selon les critères du DSM-IV, les observations sur les plans neurocognitif et biologique (génétique moléculaire, examen neuropsychologique et examens d'imagerie) correspondent à celles qui sont faites chez les enfants atteints de ce trouble (12).
La validité du TDAH chez l'adulte est de plus en plus reconnue. Dès lors, le TDAH a été récemment repris dans une étude épidémiologique à grande échelle. Sur la base des résultats de cette étude, la prévalence mondiale du TDAH chez l'adulte est actuellement estimée à 3,4% (1,2-7,3%) (14).
En bref
Chez les adultes atteints de TDAH, on observe un degré élevé de comorbidité.
Il y a notamment un chevauchement important avec les troubles addictifs.
Le risque d'addiction est encore majoré par la présence d'un trouble du comportement, d'un trouble bipolaire ou d'un trouble de la personnalité antisociale.
TDAH et addiction
Chez les adultes souffrant de TDAH, on observe un degré élevé de comorbidité, dans les populations cliniques comme dans la population générale. Le fait avait déjà été suggéré par de précédentes études de suivi (14-16). Chez les adultes souffrant de TDAH, il existe un chevauchement relativement important avec les troubles addictifs: selon les critères du DSM-IV, 17 à 45% des adultes souffrant de TDAH ont des antécédents d'abus ou de dépendance à l'alcool; 9 à 30% ont des antécédents d'abus ou de dépendance à des substances illicites. Le chevauchement existe également dans le sens inverse: le TDAH est une comorbidité fréquente dans les populations d'adultes présentant un trouble addictif (10 à 25%) (16-18).
Les patients présentant un TDAH et une addiction sont vulnérables vis-à-vis d'une rechute; ils éprouvent des difficultés à rester abstinents (17). Le TDAH augmente donc le risque de développer des problèmes d'addiction; toutefois, ce risque est surtout majoré par la présence d'un trouble du comportement pendant la jeunesse, d'un trouble bipolaire ou d'un trouble de la personnalité antisociale (17,19,20).
Chez les patients TDAH, la consommation de substances commence plus tôt que chez les patients chez qui il n'y a pas de TDAH (17). Les problèmes d'addiction qui apparaissent pendant la jeunesse sont mis en rapport avec un degré plus élevé de désinhibition au niveau du comportement et de la cognition. Cela se traduit entre autres par de l'impulsivité, de l'agressivité et des troubles du comportement (21,22). Des problèmes précoces d'autorégulation des émotions et des comportements augmentent sensiblement la vulnérabilité à l'addiction (23). L'hyperactivité pendant l'enfance est liée de différentes manières aux problèmes d'addiction ultérieurs. Cette caractéristique est, entre autres, en rapport avec le développement d'une problématique d'internalisation et d'externalisation (névrose et troubles du comportement) , l'aliénation sociale, des problèmes scolaires et l'association à des groupes de pairs délinquants (20,23). À son tour, l'abus de substances contribue à accentuer le dérèglement du comportement et de la cognition (20).
En bref
Les patients TDAH développent plus souvent des problèmes de drogue que des problèmes d'alcool. Il ne s'agirait cependant pas seulement d'«automédication» .
Automédication ?
Les études suggèrent que, par rapport à un groupe témoin, les patients TDAH développent relativement plus souvent des problèmes de drogue que des problèmes d'alcool. Chez les adultes souffrant de TDAH, il apparaît que le risque d'abus ou de dépendance à des substances (selon le DSM-IV) est 2 fois plus élevé que dans le groupe témoin. Le risque d'abus ou de dépendance à une combinaison de drogue et d'alcool était 4 fois plus élevé (19). La dépendance à la nicotine a également une prévalence élevée chez les adolescents et les adultes souffrant de TDAH. Ces données peuvent suggérer que les patients TDAH font de l'«automédication» . Cette hypothèse n'est cependant pas confirmée.
D'une étude cas-témoins longitudinale (adolescents TDAH contre témoins sans TDAH), il ressort que l'amélioration du sommeil ou la stabilisation de l'humeur ne constitue la principale motivation de la consommation que chez environ 1 patient sur 3 (24). L'étude n'a pu mettre en évidence aucune différence entre les groupes étudiés sur le plan de la motivation de la consommation de drogues. La fréquence et la distribution de la symptomatologie du TDAH ne semblaient avoir aucune influence non plus (24).
En outre, plusieurs études antérieures (adultes TDAH contre témoins sans TDAH) avaient montré qu'à l'intérieur du groupe des toxicomanes, il n'y avait pas de préférence pour les stimulants, contrairement à ce que l'on croit généralement. Le cannabis était la drogue préférée, tant chez les adultes TDAH que dans le groupe témoin (19).
En bref
Le diagnostic de TDAH est posé sur la base d'une évaluation clinique approfondie.
Le patient est interrogé de manière détaillée. Une hétéro-anamnèse, les livrets scolaires et les questionnaires peuvent également être utiles. Le processus diagnostique est surtout compliqué par la présence d'autres troubles psychiatriques.
Diagnostic
Le diagnostic de TDAH est posé sur la base d'une évaluation clinique approfondie. Cette évaluation doit montrer si les symptômes cardinaux typiques du TDAH (tels que décrits dans le DSM-IV) sont présents de manière suffisamment fréquente et sévère pour générer des désagréments personnels, des désagréments chez autrui et/ou interférer avec le fonctionnement psychosocial ou la santé en général (25-28). Un examen mental et une anamnèse détaillée du patient sont indiqués. En cas de TDAH, il faut délimiter un schéma chronique de symptômes qui sont apparus pendant la jeunesse du patient et qui génèrent des limitations dans différents domaines de la vie. Les symptômes ont un caractère de trait typique. Il s'agit de caractéristiques plus ou moins stables, présentes depuis l'enfance.
Anamnèse
Il est certainement judicieux de s'informer des antécédents médicaux personnels et familiaux, de l'histoire développementale et du fonctionnement scolaire et socioprofessionnel. Idéalement, les membres de la famille, le/la partenaire ou les autres intéressés de l'entourage proche du patient seront également interrogés. Les informations complémentaires fournies par l'hétéro-anamnèse permettront probablement un diagnostic plus fiable et plus valide. Si l'on ne tient compte que du récit fait par le patient lui-même, il existe en effet un risque de sous- ou de sur-rapportage (29,30). Les livrets scolaires et les questionnaires complétés à propos des symptômes apportent une information collatérale, complémentaire.
Diagnostic différentiel
La symptomatologie d'autres troubles doit être abordée en fonction du diagnostic différentiel et/ou des comorbidités constatées. Ici, il est généralement intéressant de réaliser un examen psychodiagnostique complémentaire (sous la forme d'une évaluation neuropsychologique et/ou d'une évaluation de la personnalité) .
Les troubles suivants peuvent être associés au TDAH: troubles anxieux et troubles de l'humeur, addiction, troubles de la personnalité et troubles pervasifs du développement. Toutefois, cette liste n'est pas exhaustive.
Complications
Le processus diagnostique peut être compliqué par toute une série de facteurs, notamment par la présence d'autres troubles psychiatriques. Chez certains patients, la présence de symptômes du TDAH en amont et à côté de l'apparition d'un trouble de l'humeur ou d'un abus de substances ne fait aucun doute. Souvent cependant, la situation concernant la présence prémorbide du TDAH et du dysfonctionnement neurocognitif qui y est associé est peu claire. En cas d'abus fréquent, prolongé et sévère, la prudence est très certainement de mise. En effet, diverses substances peuvent imiter le tableau du TDAH tant au niveau comportemental qu'au niveau cognitif. Une stabilisation de l'addiction et une éventuelle désintoxication sont alors primordiales.
En bref
Les adultes TDAH répondent mieux à un traitement par stimulants et atomoxétine qu'à un traitement au moyen d'antidépresseurs. Idéalement, les patients qui présentent une problématique d'addiction associée seront traités au moyen de méthylphénidate à libération prolongée.
Traitement
Les opinions d'experts et les récentes directives de la British Association for Psychopharmacology soulignent l'efficacité de quelques traitements pharmacologiques et, dans une moindre mesure, de certaines interventions psychothérapeutiques (28,31).
Pharmacothérapie
L'efficacité des stimulants semble comparable chez les adultes, les enfants et les adolescents atteints de TDAH (28,31). Les symptômes cardinaux répondent en général mieux aux stimulants et à l'atomoxétinea qu'aux antidépresseurs, bien qu'il n'existe pas d'études comparatives directes (28). Un traitement au moyen de stimulants ou d'atomoxétine peut également diminuer les symptômes oppositionnels et le dérèglement émotionnel associés (25,32).
Pour le traitement des patients TDAH adultes qui présentent une addiction, les stimulants à courte durée d'action (méthylphénidate à libération immédiateb et amphétaminec) ne sont pas indiqués en raison du risque d'abus et de vente.28,33 Les formulations à base de méthylphénidate à libération prolongéed sont plus sûres d'un point de vue pratique; en raison de leur forme, l'abus est plus difficile. Elles auraient également un effet moins euphorisant que le méthylphénidate à courte durée d'action (34).
Les produits non stimulants comme l'atomoxétine, les antidépresseurs tricycliques et le bupropione constituent des alternatives. Toutefois, les études cliniques montrent que leur effet chez les adultes TDAH est moindre que celui des stimulants. Les antidépresseurs tricycliques sont en outre associés à un risque plus élevé d'effets secondaires et d'interactions.
En bref
Il est recommandé de stabiliser d'abord l'addiction actuelle avant d'envisager une éventuelle pharmacothérapie spécifique pour les symptômes du TDAH.
L'utilisation de stimulants ne mènerait pas à une augmentation de la consommation de drogues.
Approche séquentielle
Jusqu'à présent, il y a peu de preuves que le traitement pharmacologique du TDAH soit efficace en cas d'addiction actuelle. Des études ouvertes ont donné des résultats positifs mais diverses études en double aveugle n'ont pas pu conclure de manière non équivoque à une diminution des symptômes du TDAH et de l'usage de substances (35,36). Dès lors, les experts recommandent de d'abord stabiliser l'addiction. Ensuite, on pourra envisager si une pharmacothérapie spécifique est nécessaire pour les symptômes du TDAH. L'expérience clinique montre qu'il est judicieux
d'amener le patient à comprendre le lien et le chevauchement entre les troubles (17,37). Il est difficile de dire depuis combien de temps l'addiction doit être stabilisée avant de pouvoir envisager une pharmacothérapie spécifique; les avis restent partagés (28).
Influence protectrice
On craint souvent que l'utilisation chronique de stimulants mène à l'addiction. Cependant, des études de suivi montrent que, chez les enfants TDAH, la pharmacothérapie a une influence protectrice vis-à-vis de l'apparition d'addictions pendant l'adolescence et au début de l'âge adulte (38). Il est pour l'instant difficile de savoir si c'est également le cas pour les adultes (28). Toutefois, il est rassurant de savoir que l'utilisation de stimulants ne mène pas à une augmentation de l'usage de drogues. Chez des adultes TDAH, une étude rétrospective n'a pas pu établir de lien entre
l'usage thérapeutique de stimulants et les troubles addictifs (17,39).
En bref
Il est recommandé d'offrir un soutien psychothérapeutique général et une psycho-éducation au moment où le diagnostic est posé et où le traitement pharmacologique est instauré.
Les traitements structurés axés sur les compétences exécutives, l'image de soi et la régulation des émotions du patient donnent de bons résultats.
Interventions psychosociales
Les données confirmant l'efficacité des interventions psychosociales chez les adultes souffrant de TDAH sont rares (28,31). Il est recommandé d'offrir un soutien psychothérapeutique général et une psycho-éducation (individuellement et/ou en groupe) au moment où le diagnostic est posé et où le traitement pharmacologique est instauré. C'est ce que montre l'expérience clinique. Quelques études ont pu mettre en évidence les résultats positifs de traitement individuels basés sur un principe cognitivocomporteme ntal (40,41) et d'une thérapie de groupe basée sur une forme adaptée de thérapie comportementale dialectique (42,43). Ces traitements développent les compétences exécutives et orientées solutions. On s'intéresse beaucoup à la structure des séances ainsi qu'à l'image de soi et à la régulation des émotions du patient.
Conclusion
Les études cliniques et épidémiologiques font apparaître que le TDAH est un trouble fréquent chez les enfants et les adultes. Il devient de plus en plus clair qu'il existe un important chevauchement entre le TDAH et les problèmes d'addiction. C'est très certainement le cas lorsqu'il y a un trouble du comportement et/ou un trouble bipolaire associé. Le chevauchement entre les troubles complique le diagnostic et le traitement; toute la prudence nécessaire est donc requise lors de la prise en charge.
Bien qu'il n'y ait pas d'indice que l'usage thérapeutique de stimulants débouche sur une addiction, il n'y a, inversement, pas encore suffisamment de preuves de l'efficacité du traitement pharmacologique du TDAH chez les adultes qui présentent une addiction. Pour l'instant, on recommande donc une approche séquentielle, avec stabilisation primaire de l'addiction. Dans cette phase, il peut être judicieux d'aborder avec le patient le rapport entre le comportement addictif et les antécédents de TDAH et de troubles du comportement.
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Copyright © Patient Care Neuropsychiatrie, Novembre 2007
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Votre Attention SVP: des tas de conseils intéressants pour faire face au TDA/H chez l'adulte
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Article : Quand les enfants hyperactifs deviennent adultes par le Docteur Oswald
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L’impact des traitements chez l’adulte atteint du TDAH et de dépendance aux substances
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Déficit d'attention : dix conseils pour vous aider à augmenter votre concentration
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Déficit de lattention/hyperactivité chez ladulte: quen est-il?
Texte paru dans le numéro 5 de la revue " Neurone" à la page 148 et publié avec l'aimable autorisation de l'auteur ainsi que de la revue "Neurone" dans lequel cet article a été publié
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Les répercussions émotives du TDA
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Le Trouble de l'attention chez les adultes: la souffrance intérieure
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Vidéo vers conférence: le TDAH chez l'adulte Dr Véronique GAILLAC, Luis VERA
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Interventions psychothérapeutiques chez l’adulte atteint de TDA/H
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Comment gérer la colère et la frustration
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par Edward M. Hallowell, M.D. et John J. Ratey, M.D. Droits Réservés, 1992
Le traitement du déficit d'attention doit débuter dans une mise en confiance. Car la plupart des gens qui se découvrent un TDA/H [ 1 ], qu'ils soient adultes ou enfants, ont déjà beaucoup souffert. Ils ont vécu la honte, l'humiliation, et l'auto-accusation. Ils ont perdu toute confiance en eux-mêmes, au moment de prendre connaissance du diagnostic.
Plusieurs ont consulté différent(te)s spécialistes, sans recevoir d'aide véritable. Finalement, plusieurs d'entre eux perdent goût en leur avenir. En premier lieu, dès le début du traitement, il faudra, refaire cette confiance. Ces individus qui présentent un TDA/H auront oublié le meilleur d'eux-mêmes. Ils ont perdu, depuis longtemps, le goût de s'en sortir. Ils se croient coincer dans un solide étau, et s'inventent diverses croyances ou moyens de survie, seulement pour se garder la tête hors de l'eau. Abandonner le combat de la vie, aussi rapidement, pourrait constituer une perte tragique. Mais ces personnes n'auront connu que des échecs répétés. Espérer, pour eux, c'est risquer de se faire démolir encore une fois. Et cependant, leur capacité d'espérer et rêver reste immense. Plus que la plupart des gens, ils ont une imagination fertile. Ils s'imaginent de grands idéaux et rêvent à de grands projets. Ils peuvent utiliser la plus petite occasion et la transformer en une grande opportunité. Ils peuvent faire d'une rencontre fortuite une grande tournée de nuit. Ils peuvent profiter de leurs rêves, mais auront besoin d'inventer des méthodes d'organisation pour donner un sens à leurs affaires et les conserver sur la bonne voie. Mais comme la plupart des rêveurs, ils vivent avec peine quand leur rêve s'écroule. D'habitude, avant que le diagnostic du TDA/H ne soit fait, cette perte d'illusion s'est produite assez souvent pour les rendre circonspects avant de reprendre confiance. Le petit enfant va préférer le silence plutôt que risquer la moquerie une fois de plus. Les adultes choisiront plutôt le retrait que le risque d'une autre gaffe. Alors le traitement doit vraiment commencer dans un sentiment de confiance en soi.
Nous allons diviser le traitement du déficit d'attention en cinq sections de base : [ 2 ] 1. Diagnostic
2. Éducation
3. Structure, soutien, et guidance
4. Diverses variantes de psychothérapie
5. Médication
Dans cet exposé, nous allons faire l'esquisse de quelques principes généraux qui s'appliquent autant aux enfants qu'aux adultes, à propos des aspects non-médicamenteux du traitement du TDA/H. L'une des façons d'organiser ce traitement du déficit d'attention se trouve dans ces suggestions pratiques ou " trucs " sur la gestion du problème.
1- Autocritique et Éducation
1. Soyez certain du diagnostic. Assurez-vous que vous travaillez avec un(e) professionnel(le) qui comprend vraiment le TDA/H et a éliminé des conditions similaires telles les états anxieux, la dépression agitée, l'hyperthyroïdie, la maladie maniaco-dépressive ou le trouble obsessif-compulsif.
2. Instruisez-vous vous-même. Peut-être qu'à un niveau individuel, le plus puissant traitement du TDA/H, c'est l'élaboration de votre propre traitement qui tient compte de votre propre TDA. Lisez des livres. Parlez aux professionnel(le)s. Parlez aux autres adultes qui ont le TDA/H. Vous serez capable de concevoir le traitement qui tient parfaitement compte de votre type de TDA/H.
3. L'entraînement. Il est utile que vous ayez un(e) entraîneur(e), l'un(e) de vos proches pour prendre soin de vous, mais toujours dans l'humour. Votre entraîneur(e) peut vous aider à vous organiser, à vous fixer sur une tâche, à vous donner des encouragements ou vous rappeler le retour au travail. Un(e) ami(e), un(e) collègue ou un(e) thérapeute —c'est possible, mais risqué de prendre le(la) conjoint(e) comme votre entraîneur(e), —un(e) entraîneur(e), c'est quelqu'un(e) qui reste près de vous pour vous amener à faire des choses, vous exhorte comme peut le faire un(e) entraîneur(e), garde un œil sur vous, et en général demeure dans le coin de l'arène. Un(e) entraîneur(e) peut devenir une aide indispensable, dans le traitement du TDA/H.
4. L'encouragement. Les adultes soufrant du TDA/H ont besoin de beaucoup d'encouragement. C'est en partie dû à leurs doutes personnels et multiples qu'ils ont accumulé au fil des années. Mais ça va bien au-delà. Davantage que la personne moyenne, le TDA/H adulte se démoralise sans encouragement et reprend vie et brille comme un Arbre de Noël quand on lui en donne. Ils travailleront souvent pour un(e) étranger(e) comme jamais pour eux-mêmes. Ce n'est pas "mauvais," c'est seulement comme ça. On doit le reconnaître et en tirer avantage.
5. Réalisez que le déficit d'attention n'est PAS un conflit avec la mère, etc.
6. Instruisez et impliquez les autres. Comme c'est capital pour vous de comprendre le TDA/H, ça l'est également sinon davantage pour ceux autour de vous de le comprendre- la famille, le travail, l'école, les ami(e)s. Une fois qu'ils assimilent cette compréhension, ils pourront vous comprendre beaucoup mieux et vous aider en même temps.
7. Cessez de vous culpabiliser sur le comportement à forte stimulation. Comprenez bien que les stimuli intenses vous entraînent. Essayez de les choisir sagement, plutôt que de ruminer le "mauvais" côté du problème.
8. Écoutez la réflexion de gens de confiance. Les adultes (et enfants aussi) en TDA/H sont notoirement de pauvres observateurs d'eux-mêmes. Ils utilisent beaucoup de ce qu'on peut nommer la dénégation.
9. Pensez joindre ou organiser un groupe de support. Une bonne partie de la meilleure information sur le TDA/H ne se retrouve pas toujours dans les livres mais demeure emmagasiner dans l'esprit de gens qui ont le TDA/H. Dans le groupe, cette information peut ressortir. De plus, les groupes servent vraiment en donnant le genre de support qui est tant nécessaire.
10. Essayez de vous débarrasser du négativisme qui a pu infester votre système si vous avez vécu des années sans savoir que vous aviez le TDA/H. Un bon psychothérapeute peut vous aider à cet égard.
11. Ne vous sentez pas enchaîné à des carrières ou façons conventionnelles de vous adapter. Donnez-vous l'autorisation d'être vous-même. N'essayez plus de devenir la personne qui vous avez pensé toujours devoir être—l'étudiant modèle ou le cadre supérieur bien organisé, par exemple—et laissez-vous devenir vous-même.
12. Souvenez-vous que ce que vous avez, c'est une condition neuropsychiatrique. Elle se transmet par la génétique. La biologie demeure la cause de cette condition, car c'est elle qui câble votre cerveau, à sa manière. Ce n'est PAS une maladie de la volonté, ni une défaillance morale. Il ne s'agit PAS d'une faiblesse du caractère, ni d'un manque de maturité. On ne pourra trouver le traitement dans le pouvoir de la volonté, ni dans la punition, ni dans le sacrifice, ni dans la douleur. SOUVENEZ-VOUS TOUJOURS DE CELA. Même s'ils le veulent, beaucoup de gens en TDA/H auront peine à croire que ce syndrome s'enracine dans la biologie et non la faiblesse de leur caractère.
13. Essayez d'aider les autres souffrant de TDA/H. Vous apprendrez beaucoup sur cette condition à travers cette activité, et aurez le plaisir de soutenir quelqu'un.
II. La gestion de la performance
14. La structure externe. La structure, c'est le pilier du traitement non-pharmacologique de l'enfant en TDA/H. Il peut être également utile pour les adultes. Ennuyeux à installer, une fois en place il fonctionne comme les murs d'un corridor de bobsleigh, gardant le traîneau-bolide à l'intérieur de la piste. Surtout, faites un usage fréquent d'aide-mémoire, en code-couleur, dans des fichiers faciles d'accès.
15. Le codage-couleur. Tel que mentionné ci-dessus, le codage-couleur favorise l'accentuation. Beaucoup de personnes en TDA/H s'orientent bien au plan visuel. Tirez avantage de cela, en rendant vos affaires inoubliables par l'usage de la couleur : dossiers, aide-mémoire, textes, programmes, etc. Virtuellement n'importe quoi, en noir et blanc, peut devenir plus facile à mémoriser, et finalement retenir l'attention par le moyen de la couleur.
16. Utilisez votre énergie. Dans la suite du #15, essayez de rendre votre entourage aussi enthousiaste que vous le souhaitez sans qu'il devienne trop effervescent.
17. Arrangez votre environnement en fonction de la récompense davantage que de l'humiliation. Pour comprendre ce qu'un environnement humiliant veut dire, tout ce que la plupart des gens en TDA/H-adulte auront besoin en fait, c'est de repenser à école. Maintenant que vous avez la liberté de l'âge adulte, essayez d'organiser vos affaires pour ne pas vous rappeler constamment vos limitations.
18. Reconnaissez et anticipez la chute inévitable de X% des relations ou projets entrepris, des obligations encourues.
19. Soulevez des défis. Les gens en TDA/H peuvent prospérer face à de nombreux défis. En autant que vous fassiez qu'ils n'échouent pas tous, que vous ne deveniez pas trop perfectionniste et méticuleux(se), vous allez obtenir pas mal de succès et rester en dehors des difficultés.
20. Donnez-vous des date-limite.
21. Divisez les grandes tâches en petites parties. Mettez des date-limite à ces parcelles d'activité. Alors, comme par magie, la grande tâche va se faire. C'est l'un des plus simples et plus puissants moyens de structuration. Souvent une grande tâche apparaît insurmontable à la personne en TDA/H. La simple pensée d'essayer une tâche vous en fait détourner. D'un autre côté, si la grande tâche se divise en petites parties, chaque composante peut sembler tout à fait faisable.
22. Créez des priorités. Évitez les remises à plus tard. Quand ça devient trop occupé, l'adulte en TDA/H perd la perspective : payer un billet de parking impayé peut devenir aussi urgent que d'éteindre le feu qui vient de prendre dans la corbeille à papier. Créez des priorités. Prenez une grande respiration. Mettez les premières choses en premier. Les remises à plus tard, c'est la grande marque de commerce des adultes en TDA/H. Vous devez vraiment vous discipliner, vous surveiller et éviter cela.
23. Apprenez à craindre les choses qui vont bien. Restez sur vos gardes quand c'est trop facile. N'amalgamer pas les situations pour les rendre plus stimulantes.
24. Prenez notes du comment et du lieu où vous travaillez le mieux : dans une pièce bruyante, dans un train, enveloppé dans trois couvertures, en écoutant la musique, n'importe quoi. Les enfants et les adultes en TDA/H peuvent fonctionner le mieux dans des conditions plutôt bizarres. Permettez-vous de travailler dans n'importe laquelle condition qui paraîtra la meilleure.
25. Sachez que c'est correct de faire deux choses à la fois : faire la conversation et tricoter, prendre une douche et réfléchir sérieusement ou jogger et planifier une réunion d'affaires. Souvent les gens du TDA/H ont besoin de faire plusieurs activités en même temps pour en terminer au moins l'une ou l'autre.
26. Travaillez dans ce que vous excellez. De nouveau, si ça paraît facile, c'est bien, car il n'y a pas de règles pour vous dire où les choses iront bien ou mal.
27. Laissez-vous du temps entre vos engagements pour réfléchir. Les transitions sont difficiles pour les gens en TDA/H, et les minidétentes peuvent adoucir cette transition.
28. Conserver un bloc-notes dans votre voiture, près de votre lit, et dans la poche de votre veste. Vous ne savez jamais quand une bonne idée vous arrive, car sinon vous aurez vite oublié.
29. Lisez un stylo à la main, non seulement pour des notes de marge ou pour souligner, mais pour le flot inévitable des "autres" pensées qui vont survenir.
III. La Gestion de l'Humeur
30. Structurez vos moments de défoulement. Réservez un peu de temps, chaque semaine, pour seulement vous laisser aller. Tout ce que vous aimez faire—vous étourdir avec une musique bruyante, faire une virée à la piste de course, organiser une fête ; choisissez un genre d'activités de temps à autre qui vous permettent de libérer vos énergies, de façon sécuritaire.
31. Rechargez vos batteries. En relation de #30, la plupart des adultes en TDA/H auront besoin, sur une base journalière, de gaspiller du temps, sans devoir se sentir coupable à ce propos. Une façon non culpabilisante de le conceptualiser, c'est de nommer cela : "Temps de recharge de mes batteries". Prenez une petit somme, regardez la télé, méditez. Quelque chose de calme, de paisible, tout à votre aise.
32. Choisissez de "bonnes," et utiles habitudes, en fonction de l'exercice. Beaucoup d'adultes en TDA/H auront le tempérament qui favorise le phénomène de dépendance ou de compulsion : quelque chose les accroche toujours. Essayez de choisir au moins une activité positive.
33. Comprenez vos changements d'humeur et les façons de les diriger. Sachez que vos humeurs changeront n'importe quand, indépendamment de ce que vous faites dans la réalité. Ne gaspillez pas votre temps à rechercher les pourquoi ou quelqu'un à blâmer. Focaliser davantage sur l'apprentissage pour tolérer une mauvaise humeur, sachant qu'elle passera ; apprenez des stratégies pour la faire passer rapidement.
34. En relation avec #33, reconnaître le prochain épisode qui est très commun, parmi les adultes en TDA/H : quelque chose "surprend" votre système psychologique, un changement, une transition, une déception ou même un succès. Ce facteur précipitant peut être tout à fait insignifiant. Une mini-panique suivra cette " surprise " avec une perte soudaine de la perspective ; le monde se renverse sens dessus dessous. Vous essayez de gérer cette panique en tombant dans les obsessions et les ruminations de l'un ou l'autre aspect de la situation. Ça peut durer des heures, des jours, même des mois.
35. Planifiez des scénarios pour faire face aux inévitables baratins de la vie. Ayez une liste d'ami(e)s que vous pouvez appeler. Ayez quelques vidéo qui vous captivent toujours et vous libèrent l'esprit. Soyez prêt à faire des exercices. Ayez, disponible, un sac ou un oreiller de boxe, en cas d'excès d'énergie colérique. Faites-vous des discours, comme " Je connais bien ces émotions. Ce sont les " bleue " du TDA/H. Ils passeront bientôt. Je suis OK ".
36. Attendez-vous à la "déprime" après le succès. Les personnes en TDA/H se plaignent communément de sentiments dépressifs, paradoxalement, après un grand succès. C'est parce que la stimulation intense de la poursuite, du défi ou de la préparation n'existe plus. Fini l'action. Après le gain ou la perte, l'adulte en TDA/H manque de conflits, de stimulations intenses, et se sent déprimé(e).
37. Apprenez des citations, des slogans, des proverbes comme une façon de sténographier des étiquettes et mettre rapidement en perspective les glissades, les erreurs ou les changements d'humeur. Quand vous tournez à gauche plutôt qu'à droite, et emmenez votre famille dans un détour de 20 minutes, c'est mieux de se dire, "voilà encore mon déficit d'attention" que d'analyser, pendant 6 heures, ses pulsions inconscientes et saboter le voyage au complet. Il ne s'agit pas d'excuses. Vous devez toujours prendre la responsabilité de vos actions. C'est seulement bon de savoir d'où vos actions proviennent et d'où ils ne proviennent pas.
38. Utilisez des "pauses" comme chez les enfants. Quand vous êtes renversé(e)s ou surstimulé(e)s, prenez une pause. Partez. Apaisez-vous.
39. Apprenez à plaider en votre faveur. Les adultes en TDA/H ont l'habitude de se faire critiquer, ils deviennent souvent inutilement défensifs en se mettant trop à nu. Apprenez à vous sortir de la défensive.
40. Évitez la fermeture prématurée d'un projet, d'un conflit, d'une affaire ou d'une conversation. Ne coupez pas court à la "poursuite" trop tôt, même si vous en avez très envie.
41. Laissez durer le plaisir de la réussite et souvenez-vous en : devenez votre propre souteneur, avec le temps. Vous devez vous entraîner, consciencieusement et délibérément, à le faire car vous aurez trop tôt oublié votre chance.
42. Souvenez-vous que le TDA/H présente habituellement une tendance à surfocaliser ou hyperfocaliser à l'occasion. Cette hyperfocalisation peut s'utiliser de manière constructive ou destructive. Soyez conscient de son effet destructeur : une tendance à s'obséder ou ruminer quelque problème imaginaire, sans pouvoir s'en libérer.
43. Exercez-vous vigoureusement et régulièrement. Vous devez établir un programme dans votre vie et y tenir fermement. L'exercice demeure, c'est certain, l'un des meilleurs traitements du TDA/H. Il permet de libérer un excès d'énergie et d'agressivité dans la bonne voie, il permet une réduction du bruit mental, il stimule le système hormonal et neurochimique dans un sens des plus thérapeutique, et il apaise et calme le corps. Quand vous ajoutez cela à tous les bénéfices bien connus de l'exercice sur la santé, vous pouvez voir comment l'exercice devient important. Faites en quelque chose d'amusant afin de pouvoir l'utiliser à long terme, i.e. le reste de votre vie.
44. Faites le bon choix de conjoint(e), qui vous fait sens. Évidemment c'est un bon conseil pour quiconque. Mais c'est frappant de voir comment l'adulte en TDA/H peut bien ou mal fonctionner selon le choix du compagnon/compagne.
45. Apprenez à plaisanter sur vous-même et les autres au sujet de plusieurs de vos symptômes, du manque de mémoire aux fréquentes pertes d'orientation, au manque de tact à l'impulsivité, n'importe lequel. Si vous pouvez vous détendre et en rire avec humour, les autres vous pardonneront beaucoup plus.
46. Programmez des activités avec des ami(e)s. Adhérez à ces programmes fidèlement. C'est crucial de garder contact avec d'autres personnes.
47. Trouvez et joignez des groupes où l'on vous aime, apprécie, comprend, où vous prenez plaisir.
48. Revenir au #47. Ne restez pas trop longtemps là où l'on ne vous comprend ou n'apprécie pas.
49. Sachez faire des compliments. Donnez de la place aux autres. En général, recherchez une meilleure compréhension des relations sociales, avec l'aide de votre entraîneur(e).
50. Mettez-vous des limites dans vos rapports avec les autres.
FIN
Voir en ligne : http://www.deficitattention.info/DAadulte.html
P S :
Correspondances de l'adresse à : Edward M. Hallowell, M.D. 328 Broadway, Cambridge, MA 0213
Texte original : "50 Tips On The Management Of Adult Attention Deficit Disorder", disponible sur Internet, avec la gracieuseté des auteurs, qui ont écrit :"Driven To Distraction", et "Answers to Distraction", éditions Pantheon, Bantam ou Touchstone 1994/96.
Traduction non-autorisée, selon le style et l'esprit de l'auteur.
Dr Claude Jolicoeur, pédopsychiatre, Montréal, 1996.
Notes
[ 1 ] (N.B. : En abréviation, trouble du déficit d'attention avec ou sans hyperactivité = TDA/H)
[ 2 ] (en regard des chapitres du livre " Driven to Distraction ")
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Le THADA chez l'adulte – Un guide pour les médecins généralistes.
Hal Elliott, Docteur en médecine
Résumé
Le Trouble Déficitaire de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (THADA) présent chez l'enfant persiste à l'age adulte dans 60% des cas. La présence de THADA dans l'enfance est une condition préalable pour pouvoir diagnostiquer le THADA chez l'adulte. L'échelle d'auto estimation de Utah, Copeland et Brown est utile pour aider le médecin généraliste à confirmer le diagnostique. Un historique de développement approfondi, un historique d'abus de substances toxiques, et un examen médical et neurologique doivent être établis pour éliminer d'autres causes de mauvaise concentration et attention. Les interventions médicamenteuses peuvent inclure des stimulants et/ou des antidépresseurs « noradrégéniques » et « dopaminergiques ». Les interventions non médicamenteuses doivent inclure l'éducation, l'orientation vers des groupes de soutien, et l'orientation vers une thérapie individuelle et/ou de couples. Si le diagnostique n'est pas clair ou s'il y a une réponse inadéquate à une intervention, l'orientation vers un psychiatre ou un psychologue est indiquée.
Introduction
Le DSM-IV décrit les caractéristiques essentielles du Trouble de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (THADA) comme « un comportement persistant d'inattention et/ou d'hyperactivité-impulsivité plus fréquent et sévère qu'on le trouve chez les individus d'un niveau comparable de développement .» Comme le nom le laisse entendre, les patients avec THADA présentent des symptômes liés à l'incapacité de réguler leur attention et/ou l'incapacité de contrôler leur comportement moteur ou leurs impulsions.
Le diagnostique et le traitement du THADA chez les enfants est commun, mais le même diagnostique chez les adultes reste controversé. En 1994, Shaffer a noté plusieurs raisons d'un tel scepticisme. Premièrement, il est relativement difficile d'obtenir un historique précis pour vérifier le commencement des symptômes de l'enfance comme il est requis.
Deuxièmement, la comorbidité significative chez les adultes THADA rend difficile le tri entre ce diagnostique et d'autres troubles. Troisièmement, bien qu'il y ait énormément d'évidences anecdotiques pour le traitement de l'adulte THADA avec des médicaments stimulants, il y a un manque relatif de littérature documentant son efficacité. Egalement, comme Spencer et al l'ont souligné, le fait que le THADA soit souvent une condition auto-diagnostiquée accroît encore plus le scepticisme. Ce scepticisme est peut-être accru dans le cadre de la médecine généraliste puisque le traitement le plus commun pour la condition auto-diagnostiquée est un médicament contrôlé.
Les premières recherches suggèrent que le THADA doive se dissiper avec l'age et la maturation et que la perception initiale du THADA comme étant principalement un trouble de l'enfance a été un obstacle pour le diagnostique et le traitement des adultes. Cependant, des études de suivi ont suggéré que jusqu'à 60% des enfants avec THADA souffriront de symptômes persistant à l'age adulte. Dans leur revue de plus de 1 700 cas d'adultes avec THADA diagnostiqués dans l'enfance, Spencer et al ont trouvé que 663 de ceux étudiés continuaient à vérifier les critères du THADA à l'age adulte. Borland et Heckman ont comparé les adultes qui souffraient de THADA avec leur fratrie normale. Ils ont trouvé que 50% des adultes avec THADA diagnostiqués pendant leur enfance avaient un syndrome d'agitation, de difficulté de concentration, et d'impulsivité persistant à l'age adulte, à l'opposé de seulement 5% de leur fratrie non affectée. Que le THADA persiste vraiment à l'age adulte et la perception croissante que la version adulte s'accompagne d'une significative comorbidité avec des troubles de l'anxiété, de la personnalité et d'abus de substances toxiques ont entraîné une reconnaissance grandissante qu'attaquer le problème de l'adulte THADA doit être un domaine d'investigation et de traitement.
Un diagnostique exact et le traitement du trouble déficitaire de l'attention dans le cadre de la médecine générale requiert un historique développemental fidèle et approfondi, la reconnaissance des caractéristiques essentielles du trouble, et une connaissance professionnelle de la neurobiologie, psychopharmacologie, et du traitement comportemental du THADA.
Diagnostique
Le DSM-IV sépare l'hyperactif, l'inattentif, et la combinaison d'hyperactif et inattentif sous-types du trouble du déficit d'attention. Le diagnostique du THADA chez l'adulte comporte comme condition préalable la présence de symptômes du THADA pendant l'enfance. A cause de la fréquente difficulté de diagnostiquer le THADA chez l'adulte, l'Echelle d'Estimation d'Utah a été développée pour aider au diagnostique rétroactif du THADA dans l'enfance. Essentiellement, les critères de l'Utah requièrent un diagnostique dans l'enfance à l'aide de l'étroit Critère DSM-IV pour enfants, les résultats dans les 95 e percentiles de l'Echelle d'Estimation Parentale de Connors, ou la vérification de critères étendus par l'histoire du patient. Ces critères étendus pour le diagnostique de l'enfance incluent l'hyperactivité, le trouble de l'attention, et au moins un des critères suivants : problèmes de comportement à l'école, impulsivité, excitabilité exagérée, ou explosion de colère. Les critères d'adultes incluraient hyperactivité motrice, troubles de l'attention, assujettissement affectif, « tempérament chaud », suractivité émotionnelle, désorganisation et incapacité de terminer les travaux entrepris, impulsivité, et autres « critères associés ».
Cependant, les critères d'Utah ont tendance à exclure les patients qui ont un historique d'inattention sans hyperactivité. Le sous-type inattentif du THADA peut se présenter en soi de plusieurs manières. Incapacité de sélectionner les stimuli non pertinents (distraction), mauvaise capacité organisationnelle, et incapacité de focaliser pendant des périodes importantes sur une tâche spécifique, sont tous des exemples des symptômes d'inattention du THADA. Egalement, l'incapacité de prêter attention aux détails au travail ou à l'école, les oublis, et les erreurs d'inattention répétées aux détails, aux tâches administratives, types de tâches séquentielles, ou aux directives sont caractéristiques du THADA chez l'adulte. Parce que le trouble déficitaire de l'attention est un trouble de la régularisation de l'attention et de la prioritisation, les patients signalent souvent qu'ils peuvent hyper-focaliser sur des détails relativement peu importants, en excluant des sujets plus importants et plus pressés.
Fréquemment, les symptômes visibles d'hyperactivité de l'enfance disparaîtront ou au moins changeront chez l'adulte. Les caractéristiques courantes chez l'adulte THADA comprennent l'entêtement, les conflits chroniques avec l'autorité, les difficultés relationnelles avec les époux(ses) ou l'entourage, les fréquents changements de poste, la mauvaise tolérance à la frustration ainsi qu'à la performance académique en dépit de capacités intellectuelles adéquates ou même supérieures. Ils signalent souvent se sentir éparpillés, et être chroniquement en retard aux rendez-vous, anxieux, irritables, et dépassés par les tâches de la vie quotidienne. Un précipitant commun de l'accroissement des symptômes de dépression et d'anxiété est l'accroissement des responsabilités à la maison, au travail, ou à l'école.
Deux échelles d'auto-évaluation, la Check-list pour Adultes THADA des Symptômes de Copeland, et l'Echelle pour Adultes DA de Brown sont utiles pour le médecin généraliste. La liste de Copeland consiste en 63 questions évaluant un large éventail de symptômes cognitifs et émotionnels aussi bien qu'une évaluation de l'impact émotionnel de ces symptômes . L'échelle de Brown consiste en 40 questions évaluant les symptômes cognitifs associés avec la difficulté d'engager et de maintenir une concentration et un niveau d'éveil optimal.
Les patients adultes avec THADA vont souvent voir le médecin généraliste, se plaignant d'anxiété, de symptômes dépressifs ou affectifs, d'abus de substance toxique, et/ou de conflits à la maison, au travail ou à l'école. Il peut être difficile d'organiser et d'isoler le diagnostique au milieu d'une comorbidité significative, surimposée par de nombreuses années passées à faire face à ce trouble. Si le diagnostique reste obscur après l'obtention de l'historique et d'une note à une échelle d'auto-évaluation, ou s'il y a un chevauchement significatif et déroutant déconcertant avec des troubles psychiatriques comorbides, une orientation vers un psychiatre ou un psychologue est indiquée.
Cas Illustratifs
Cas 1
Cet homme de 39 ans avait un historique de trouble bipolaire. Son médecin de famille rapporta que le patient apparaissait « maniaque » pendant sa dernière visite au cabinet. Le patient décrivait toute une vie d'hyperactivité et une histoire scolaire significative pour ses résultats décevants (en dépit d'une intelligence au-dessus de la moyenne), une distraction, des bagarres et un comportement impulsif. Durant l'entretien, il était anecdotique, tangentiel, et bavard ; il interrompait souvent l'examinateur et il était difficile d'avoir un entretien structuré. Il décrit un passé d'adulte de dépensier impulsif, d'irritabilité, d'éclats de colère, et de multiples changements de postes et de relations. En dépit du diagnostique de trouble bipolaire, il n'avait jamais eu d'épisode maniaque distinct, par rapport à son comportement habituel. Il rapporta qu'il se mettait en colère facilement et avait été renvoyé de plusieurs postes pour cause de conflits avec les représentants de l'autorité. Il se décrivit aussi comme mauvais gestionnaire d'argent ; cependant, il dénia, dans le passé, avoir fait des folies dépensières, d'hyper-religiosité, de grandiosité, de comportement hyper-sexuel, ou autre symptôme de maniaque.
Il avait été traité au lithium dans le passé. Bien que le lithium ait légèrement amélioré son irritabilité et ses sautes d'humeur, il n'a pas diminué son hyperactivité ou accru son attention. Il se sentait «émoussé» et abattu quand il prenait du lithium et déclara catégoriquement qu'il ne voulait plus en reprendre.
Le THADA adulte, de type essentiellement hyperactif, a été diagnostiqué. Après que les valeurs du pouls et de la tension artérielle furent enregistrées, et les valeurs d'analyses en laboratoire furent obtenues, le traitement commença avec de l' « Adderall » (mélange de sel d'amphétamine) à une dose progressivement accrue de 20mg trois fois par jour. Il s'améliora avec le stimulant, qui réduit significativement l'hyperactivité, l'irritabilité et l'impulsivité. Il reporta une amélioration de ses performance au travail, et sa femme et ses collègues notèrent une amélioration dramatique de son attention, son irritabilité, et l'achèvement de ses tâches. Il a continué la thérapie par Adderall avec aucune augmentation de dosage, ni évidence d'abus de médicament.
Cas 2
Un homme de 50 ans avait un passé d'épisodes distincts et répétés de symptômes dépressifs significatifs, avec humeur dépressive, mauvaise concentration, léthargie, insomnies, inquiétude excessive, anhédonisme, et pensées suicidaires. Le traitement avec une combinaison de paroxetine ( Paxil ) et mirtazipine ( Remeron ) améliora efficacement ses symptômes dépressifs. Des essais de consolidation de son régime médicamenteux n'eurent pas de succès. Diminuer la paroxitine entraîna un accroissement de son inquiétude obsessive, et les essais d'arrêter, diminuer ou substituer le mirtazipine causa un retours de la dépression. Cependant, il soufrait d'effets secondaires significatifs au traitement, comprenant un dysfonctionnement sexuel, un gain de poids, et il était émotionnellement abattu. Il continuait également à se plaindre d'une mauvaise concentration persistante et continuait d'avoir des difficultés à conserver un travail. En dépit de posséder un diplôme supérieur, il avait des difficultés de produire un certain minimum de ses rapports à temps et se sentait fréquemment submergé lorsque de multiples demandes lui étaient faites ; au cours d'un tel épisode, il se plaignait d'une incapacité d'organiser ses pensées, de confusion, et de pensées suicidaires intrusives. A ce moment là, il prenait du rispéridone ( Risperdal ) en plus de la paroxétine et du mirtazipine. Son incapacité d'organiser ses pensées et ses tendances suicidaires s'arrêtèrent.
Quand ses symptômes dépressifs se furent atténués et qu'il revint à son humeur habituelle, on obtint un historique développemental plus exact. Il rapporta une vie passée d'inattention, de distraction, de mauvaise exécution de son travail, d'irritabilité, et de procrastination chronique. Il établit un lien entre ses épisodes les plus sévères de dépression et une période de sa vie quand il avait été submergé soit à la maison, au travail ou à l'école. Il déniait tout historique d'hyperactivité ou d'agitation.
Un diagnostique provisoire de trouble du déficit d'attention chez l'adulte, essentiellement du type inattentif, fut posé, et du méthylphénidate ( Ritaline ) fut ajouté aux antidépresseurs. Le patient décrit une amélioration immédiate, un « changement de vie » en ceci qu'il avait une amélioration presque instantanée de concentration, d'achèvement de ses tâches, de rendement professionnel, avec une diminution de l'inquiétude et de la distraction. Il fut également orienté vers une psychothérapie pour l'aider dans ses compétences organisationnelles. Il diminua et arrêta la prise de paroxétine et actuellement continue de prendre du mirtazipine (30mg le soir) et du méthylphénidate (20mg trois fois par jour). Le dysfonctionnement sexuel, l'abattement émotionnel, et la prise de poids s'estompèrent. Il n'a pas eu de retours d'inquiétude obsessive qui apparaissait lors des précédentes tentatives d'arrêter de prendre de la paroxétine. Il a conservé son travail actuel depuis plus d'un an et n'a eu aucun retours de ses syndromes dépressifs.
Neurobiologie
Il existe une évidence substantielle d'un trouble métabolique du cerveau chez les enfants et les adultes THADA. Chez les patients THADA, la tomographie crânienne (TC) et l'image de résonance magnétique (IRM) ne montrent aucun modèle uniforme d'anormalité de structure chez les adultes ou les enfants qui serait d'un bénéfice significatif dans le diagnostique du THADA. Néanmoins, plusieurs études ont indiqué quelques variations dans la symétrie des ganglions basiques et dans le corpus collosum chez les patients THADA, à l'opposé des sujets sans THADA. Les études utilisant un IRM fonctionnel et la tomographie avec émission de positron (TEP) ont également montré une évidence d'anormalités chez les patients THADA. En 1990 et 1993, Zametkin et al ont découvert, à l'aide du TEP, une évidence du métabolisme de glucose dans le cerveau dans les ganglions basiques chez les adultes et adolescents THADA. Une étude SPECT récente (tomographie avec émission unique de photon) chez 10 adultes THADA a indiqué un accroissement de disponibilité striée des transporteurs de dopamine ; cette disponibilité diminue et les adhérences spécifique décroissent avec un traitement de méthylphénidate.
Des études génétiques offrent la plus convaincante évidence de la base biologique du THADA. Des études effectuées sur des jumeaux chez des patients THADA montrent un taux plus haut de symptômes THADA chez les jumeaux monozygotes que chez les jumeaux dizygotes. Les études effectuées sur la fratrie de patients THADA montrent une incidence plus élevée de symptômes similaires chez la fratrie directe que chez la demi-fratrie.
La dopamine et la norépinéphrine ont les rôles les mieux documentés dans l'inattention et la concentration. Stahl implique la dopamine comme médiateur des fonctions cognitives telles que la « fluidité verbale, l'apprentissage séquentiel, la vigilance dans le fonctionnement exécutif, le maintien et la focalisation de l'attention, la capacité de prioritiser, ainsi que de moduler le comportement, basés sur le contexte social». Il décrit la norépinéphrine comme jouant un rôle dans «le maintien et la focalisation de l'attention, aussi bien que dans la modulation de l'énergie, la fatigue, la motivation et l'intérêt.» La voie noradrénergique va du locus caeruleus au cortex frontal, et la voie dopaminergique va du tronc cérébral à la zone préfrontale. Ces voies sont là pour être les médiateurs de l'éveil, de l'attention, et de la concentration. Généralement, les médicaments qui accroissent la transmission et la disponibilité de la dopamine et la norépinéphrine semblent améliorer la concentration et l'attention, et ainsi décroître l'hyperactivité/impulsivité chez les adultes et les enfants THADA.
Comorbidité et Diagnostique différentiel
Comme chez les enfants, il existe un niveau élevé de comorbidité chez les adultes THADA. Spencer et al a reporté des taux importants de troubles de l'anxiété (50%), d'abus de substance toxique (27% à 47%), et troubles de personnalité antisociale (12% à 27%). A cause du chevauchement significatif avec d'autres diagnostiques psychiatriques, il a été spéculé que le THADA pourrait simplement être un précurseur d'autres conditions psychiatriques au lieu d'être une entité indépendante. Cependant, comme Spencer et al l'ont souligné, si cela était vrai, le THADA chez l'adulte serait rarement présent sans autre diagnostique. En fait, approximativement 40% des adultes THADA ne souffrent pas de troubles coexistants de l'anxiété, affectif, ou de personnalité, mais ont tout de même reporté une déficience significative. Néanmoins, les patients souffrant de THADA adulte visitent souvent leur médecin généraliste pour cause d'anxiété, de crises de panique, de dépression, ou d'abus de substance toxique. Parce que le THADA est un trouble de l'attention et de la prioritisation, les patients sont souvent accablés, dépressifs, anxieux et irritables. De même, les patients anxieux et dépressifs peuvent apparaître éparpillés ; cependant, des issues importantes du diagnostique sont si le commencement des symptômes est survenu pendant l'enfance et si les difficultés d'attention et de concentration ont précédé ou suivi le début des symptômes affectifs ou anxieux. L'obtention de diplômes supérieurs n'exclut pas un diagnostique de THADA, mais les adultes avec THADA reportent souvent avoir eu à travailler beaucoup plus dur que leurs camarades de classe, ou avoir des difficultés extraordinaires lorsque l'attention aux détails ou l'attention maintenue est essentielles.
Il y a un chevauchement significatif entre le THADA et le trouble bipolaire. Dans une étude de 56 patients bipolaires, Sachs et al ont conclu que le THADA chez les enfants pourrait identifier les enfants comme ayant un risque plus élevé de début précoce de trouble bipolaire. L'hyperactivité chez l'adulte peut imiter un épisode maniaque ; cependant, les patients maniaques décrivent habituellement de distincts épisodes de dépenses accrues, de grandiosité, de religiosité excessive ou d'hyper sexualité, par rapport à leur comportement habituel. Par contraste, les patients THADA reportent généralement une difficulté chronique, continue, du comportement impulsif, de la gestion de l'argent, et de la procrastination.
L'abus de substance toxique peut être un effort d'automédicamenter ses problèmes de trouble de l'attention, d'anxiété, ou d'humeur. Les substances peuvent également troubler le diagnostique, et leur effet peut imiter le THADA si l'abus de la substance toxique est continu. Ainsi, il faudra s'intéresser à la présence ou à l'absence d'abus de substance toxique et à sa relation temporelle aux difficultés de concentration et de mémoire si on veut que le traitement soit un succès.
Encore une fois, un historique de l'enfance des symptômes THADA est requis pour établir le diagnostique chez l'adulte. Un début nouveau de difficulté de concentration, de mauvaise mémoire, et de brève durée d'attention suggèrent un diagnostique autre que le THADA et méritent des analyses biologiques et une évaluation psychiatrique ou pour d'autres causes médicales. Le diagnostique médical qui pourrait se manifester de manière similaire inclut l'hyperthyroïdie ou l'hypothyroïdie, les troubles de convulsion, l'apnée pendant le sommeil, les interactions médicamenteuses, les troubles de l'audition, l'insuffisance de vitamine B12, une blessure crânienne, et un empoisonnement par métaux lourds. Une évaluation médicale devrait inclure un examen neurologique et un examen du statut mental. Les études de laboratoire de base pourraient inclure des tests de fonction thyroïdienne, une mesure de la vitamine B12, un examen sanguin complet, des tests des fonctions électrolyse et du foie, et un examen de dépistage pour les métaux lourds. La détermination de la tension artérielle et un électrocardiogramme (ECG) devrait être considéré si le patient a un passé d'hypertension ou d'arythmie, ou si un traitement avec un stimulant ou un antidépresseur tri-cyclique est sous considération. Si les problèmes d'attention et de concentration sont nouveau, un IRM ou un CT crânien et un EEG pourraient être considérés également.
Traitement
Parce qu'il y a une comorbidité significative chez les adultes THADA, les troubles coexistants de dépression, anxiété, et d'abus de substance toxique devront être considérés dans le traitement pour qu'il réussisse. Si les symptômes de THADA sont déterminés primaires ou si les autres troubles sont sous contrôle adéquat, médicaments et traitement de comportement devraient être envisagés.
Les stimulants sont les plus largement utilisés pour traiter le THADA chez l'enfant et ont montré leur efficacité également chez l'adulte. Récemment, une étude par Horrigan et Barnhill a montré des améliorations chez les adultes THADA traités avec de l' Adderall (sels d'amphétamine). Comme on pouvait le prévoir, certaines des personnes qui ne répondaient pas avaient un trouble comorbides d'anxiété et avaient une anxiété accrue associée à la prise de stimulant. De la même manière, Paterson et al ont aussi trouvé une certaine amélioration chez les adultes THADA traités avec de la dextroamphétamine. Le méthylphénidate ( Ritaline, Concerta ) a été le traitement principal chez l'enfant et a une efficacité significative chez les adultes également. En passant en revue la littérature, Spencer et al ont trouvé que le taux de réponse au méthylphénidate chez les adultes THADA est de 25% à 75% dans plusieurs études contrôlées ; ceci a significativement moins de corrélation que le taux de réponse chez les enfants, mais pourrait être expliqué par une variété de facteurs, parmi eux la comorbidité psychiatrique, des différences de doses, et les différences méthodologiques. Une études de 1995 sur la réponse du méthylphénidate des adultes THADA reporta un taux de réponse de 78%.
Le pémoline ( Cylert ) a un mécanisme d'action similaire à celui des stimulants et a l'avantage de ne pas être un médicament contrôlé. Cependant, le pémoline doit être utilisé avec précaution à cause de son risque de toxicité hépatique. Si le pémoline est prescrit, des tests réguliers et de comparaison de la fonction hépatique sont essentiels. La méthamphétamine est rarement prescrite à cause de son potentiel d'abus et sa valeur marchande élevée.
Plusieurs antidépresseurs ont également une certaine efficacité dans le traitement du THADA. Les antidépresseurs tri-cycliques noradrénergiques, imipramine et désipramine ont été reportés être efficaces dans le traitement du THADA chez l'enfant et le sont très probablement chez l'adulte également. L'antidépresseur atypique dopaminergique et noradrénergique bupropion ( Wellbutrin ) a démontré le plus d'évidence d'efficacité des antidépresseurs les plus récents. Plusieurs études ont indiqué que le bupropion pourrait être utile dans le traitement du THADA chez l'enfant. Barrickman et al en 1995 et Connors et al en 1996 ont également trouvé une efficacité pour le bupropion dans le traitement du THADA chez les patients plus jeunes. De plus, l' Effexor (venlafaxine), un inhibiteur sélectif d'assimilation de sérotonine et norépinéphrine s'est montré prometteur dans le traitement du THADA dans plusieurs essais ouverts chez l'adulte.
On pense généralement que les inhibiteurs sélectifs d'assimilation de sérotonine et norépinéphrine ne sont pas utiles dans les traitement des symptômes essentiels du THADA. Ils sont cependant souvent utiles dans l'amélioration des plaintes comorbides d'anxiété et affectives et devrait être considérés comme traitement complémentaire.
Le choix du traitement médical approprié dépendra du passé psychiatrique, médical, et d'abus de substance toxique du patient demandeur de traitement. Si le patient rapporte un historique d'une réponse positive à un médicament particulier étant enfant, il semble sensé d'essayer ce médicament sur l'adulte. Il faut considérer l'existence de dépression comorbides ou d'anxiété, et un historique complet, pour éliminer la présence de trouble bipolaire, est essentiel. Si le patient a un passé d'abus de substance toxique, en particulier d'abus de stimulants, le médecin généraliste doit être prudent dans la prescription d'un stimulant comme thérapie principale. Si les stimulants sont choisis comme option, on doit vérifier la tension artérielle, il est indiqué de considérer un ECG, et il faut être attentif à tout accroissement anxiété, d'agitation ou d'irritabilité chez les patients susceptibles d'en souffrir. Les stimulants tels que le méthylphénidate, la dextroamphétamine, et l' Aderall (sel amphétamine) doivent être commencés à une dose peu élevée de 5 ou 10 mg, deux ou trois fois par jour, et progressivement accrue suivant les besoins pour amélioration de la concentration et de l'attention. Les patients doivent être prévenus que prendre un stimulant plus tard dans la soirée pourrait causer des difficultés de sommeil, bien que certains patients, à cause de retour des symptômes essentiels du THADA quand l'effet du stimulant s'estompe, reportent des difficultés à se calmer pour pouvoir s'endormir s'ils ne prennent pas une dose plus tard dans la journée. Parfois les stimulants peuvent causer une exacerbation de tics. Habituellement, tout accroissement de mouvements anormaux s'arrêtera après arrêt du stimulant, mais une exacerbation ou un apparition de tics doit entraîner une recherche du syndrome de Gilles de la Tourette sous-jacent. Lorsque la réponse au stimulants est positive, les patients constatent souvent une amélioration de leurs symptômes essentiels en quelques jours ou même quelques heures après le début de la prise de médicament stimulant.
Si les stimulants ne sont pas efficaces ou tolérés ou s'il y a une contraindication à leur utilisation, une autre option viable serait des antidépresseurs à mécanisme d'action améliorant la production de dopamine et/ou norépinéphrine. Alors que le début de l'action n'est pas aussi rapide ou dramatique, les antidépresseurs tels que le bupropion, le venlafaxine, ou la désipramine peuvent également être utilisés pour traiter la dépression ou l'anxiété comorbides. De plus, ils ne font pas partie des médicaments contrôlés et ont peu ou pas de potentiel d'abus.
Les interventions non-médicamenteuses sont également utiles dans le traitement du THADA. Il est important de s'informer sur ce trouble. Les adultes THADA sont souvent soulagés de trouver un nom et une cause pour leur difficultés de toute leur vie, et connaître la nature exacte de leur problème leur permet de trouver des moyens de faire face plus efficacement. Des exemples de mécanisme pour faire face à la mauvaise durée d'attention ou la distraction pourraient inclure la réduction des distractions externes au bureau ou sur le lieu de travail, l'établissement de listes, l'achat d'un organiser informatique, et l'établissement de multiples courts délais pour terminer les projets à long terme. Les patients avec THADA doivent être encouragés à s'éduquer sur le trouble et considérer se joindre à un groupe de soutien tel que « Children and Adults With Attention Deficit Disorder ». Les adultes THADA doivent être informés des risques accrus d'abus de substance toxique et des dangers d'automédication et doivent être fortement encouragés de minimiser leur consommation d'alcool. Egalement, une orientation vers un thérapiste pour aider dans les capacités d'organisation, de prioritisation, et de gestion de la colère est souvent utile.
Des dommages à long termes des relations peuvent survenir avant le diagnostique et le traitement à cause du fait que les patients THADA ont des difficultés à terminer leurs tâches, avec la procrastination, et les éclats émotionnels. Souvent un effet imprévisible du succès du traitement médicamenteux ou de comportement est qu'il peut changer « l'équilibre du pouvoir » dans la relation, provoquant un conflit quand le membre traité de la relation se conduit d'une manière moins réactive et plus proactive. Ainsi, l'éducation de l'époux(se) ou du/de la partenaire est important et l'orientation vers une thérapie de couple est parfois nécessaire pendant ou après le traitement médicamenteux.
Conclusion
A une époque estimé être un trouble de l'enfance uniquement, le THADA peut persister et en effet persiste à l'age adulte chez un nombre substantiel de patients. Les symptômes présents pendant l'enfance sont une condition prérequise pour un diagnostique de THADA adulte. A cause du chevauchement significatif avec d'autres troubles, un historique développemental complet, un historique d'abus de substance toxique, un examen médical et neurologique, et des tests comparatifs biologiques sont indiqués pour éliminer d'autres causes de mauvaise attention et de concentration. L'échelle de Utah, Copeland et Brown peut être utile pour établir le diagnostique chez l'adulte.
Les médicaments qui accroissent la disponibilité de la dopamine ou de la norépinéphrine sont les plus efficaces dans le traitement du THADA. Les stimulants sont les principaux médicaments du traitement, mais les antidépresseurs avec des propriétés d'assimilation de la dopamine ou norépinéphrine sont également efficaces et doivent être considérés quand les stimulants ne sont pas efficaces ou tolérés, ou quand l'abus de substance toxique est un problème. Les interventions médicales telles que l'éducation, les groupes de soutien, les thérapies de couple ou individuelles sont aussi efficaces dans l'amélioration de la réponse aux traitements et la diminution de la comorbidité. Si le diagnostique n'est pas clair ou si la réponse au traitement est inadéquate, l'orientation vers un psychiatre ou un psychologue est indiquée.
Prenez le temps de délibérer, mais quand le moment d'agir arrive, cessez de penser et attaquez. –Andrew Jackson
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Les adultes TDA/H en Belgique : situation actuelle et besoins futurs
Résumé conférence de presse 07.06.2005
Introduction
par le Professeur J.Peuskens
Le TDA/H est le trouble comportemental neurologique le plus commun de l'enfance.
Le TDA/H fait partie des troubles chroniques les plus répandus parmi les enfants en âge scolaire. Sa prévalence est de 3 à 5 %.
Les principaux symptômes du TDA/H sont l'inattention, l'hyperactivité et l'impulsivité.
Le TDA/H est souvent la cause de problèmes fonctionnels importants : difficultés scolaires, résultats en dessous des capacités…
18 à 35 % des enfants affectés par le TDA/H ont un trouble psychiatrique autre associé.
Les stimulants sont les traitements efficaces pour les enfants TDA/H.
Une intervention psychosociale est indiquée pour améliorer les contacts sociaux et la réussite scolaire.
Plus de 60 % des enfants TDA/H présenteront encore des symptômes cliniques importants à l'âge adulte.
Les médicaments et les traitements psychosociaux ont tous deux prouvés leur efficacité dans l'amélioration des syptômes chez l'adulte TDA/H.
Le TDA/H chez les adultes reste sous-diagnostiqué et sous-traité en Belgique.
Nécessité d'augmenter et améliorer les connaissances des professionnels et des prestataires de soins, du TDA/H chez les adultes.
En complément des traitements pharmacologiques appropriés, les interventions psychosociales bien menées, telle que la psycho-éducation, peuvent améliorer les résultats cliniques du TDA/H chez les adultes.
Il existe un besoin important d'une prise en charge globale des adultes TDA/H.
Par le Docteur P. Oswald
Un questionnaire a été envoyé à tous les spécialistes de Belgique : neurologues, neuro-pédiatres, psychiatres, pédo-psychiatres, afin de se rendre compte de leurs connaissances en matière de TDA/H chez l'adulte.
373 (185 en Flandre, 188 en Wallonie) médecins ont répondus.
1ere question : A combien estimez-vous la prévalence du TDA/H dans la population adulte générale ?
52 % d'entre eux estiment la prévalence du TDA/H chez l'adulte à 1-5 %, ce qui correspond à ce que l'on trouve dans la littérature.
35 % répondent 0-1 %
10 % répondent + de 10%
3 % répondent 6-10 %
Ces chiffrent sont encourageants, une majorité de médecins spécialistes estime correctement la prévalence du TDA/H chez l'adulte.
2 ème question : A quelle fréquence diagnostiquez-vous le TDA/H chez un adulte ?
Réponse : + de 35 % = moins de 1 par trimestre.
+ de 35 % = jamais.
+ de 10 % = 1 tous les 2 à 3 mois.
+ de 5 % = 1 par mois.
2 à 3 % = 1 par semaine.
Ces chiffres ne correspondent pas à la prévalence du trouble. Autrement dit, le diagnostic est posé chez un trop petit nombre de personnes atteintes.
3 ème : Connaissez-vous suffisamment de professionnels ayant une expérience avec les adultes TDA/H ?
Réponse : 71 % : non
29 % : oui
On remarque ici une grande différence entre la Flandre et la Wallonie. Beaucoup plus de réponses négatives en Wallonie.
Même si les médecins spécialistes semblent mieux connaître la pathologie qu'on ne le pensait, il en existe trop peu qui soient capables de traiter ces patients.
4 ème : Quel est l'approche la plus efficace en matière de traitement des adultes TDA/H ?
Réponse : Pharmacothérapie : 9,3 %
Interventions psychosociales : 3,4 %
La combinaison des deux : 87,3 %
La combinaison des deux est bien sûr le traitement idéal, mais il existe trop peu de centres de référence.
5 ème : Traitez-vous actuellement des patients adultes TDA/H ?
En Flandre, 43% des médecins spécialistes répondent par l'affirmative, contre seulement 27% en Wallonie. Les réponses positives émanent plus des psychiatres que des neurologues.
6 ème : Combien de patients traitez-vous actuellement pour un TDA/H adulte ?
Parmi les 27% de réponses positives en Wallonie à la question précédente, nous obtenons à cette question :
19 % traitent entre 1 et 4 patients.
4 % traitent plus de 10 patients.
4 % traitent entre 5 et 10 patients.
En Flandre, pour les 43% de la question précédente :
23 % traitent entre 1 et 4 patients.
12 % traitent plus de 10 patients.
8 % traitent entre 5 et 10 patients.
7 ème : Que pensez-vous des stimulants pour traiter les patients correctement diagnostiqués TDA/H ?
Pas d'opinion : 8,6 % des NL
41,9 % des FR
Mauvaise opinion : 9 % des FR
17,2 % des NL
Bonne opinion : 49,1 % des FR
74,2 % des NL
Conclusion : les francophones ont une moins bonne opinion sur les psycho-stimulants que les néerlandophones.
Par le Dr P. Oswald
Ce programme a été initié par le Service de Psychiatrie de l'Hôpital Erasme. Il est le résultat d'un consensus associant plusieurs experts néerlandophones et francophones.
Son but majeur est d'améliorer les connaissances du TDA/H chez l'adulte auprès des médecins spécialistes et des prestataires de soins, ainsi que d'améliorer la qualité des soins.
Le programme a comme projet :
L'impression d'une brochure, destinée aux patients, aux familles, aux médecins… ayant comme but de donner une information basique sur ce qu'est le TDA/H chez l'adulte.
Mise en place de séances de psycho-éducation pour les patients et leur famille.
Mise en place d'un réseau belge, en développant la création de centres de référence (formation, diagnostic, traitement etc.), et en mettant en place un outil informatique de mise en commun des données systématiques, sur les patients adultes présentant un TDA/H.
Brochure :
Il en existe déjà une en néerlandais.
Elle servira à fournir aux patients et à leur famille une information claire et basique sur le TDA/H chez l'adulte et à améliorer la communication entre les différents prestataires de soins.
Brochure contenant 6 chapitres.
Les associations de patients seront un partenaire important dans la distribution de ces brochures.
Psycho-éducation :
Elle a pour but :
Améliorer la compréhension du trouble (symptômes, conséquences dans la vie quotidienne,…) et de ses traitements auprès des patients et leur famille.
Apporter des trucs, des conseils, pour mieux vivre au quotidien.
Apprentissage de la maîtrise du stress.
Augmenter la conscience de la maladie.
La psycho-éducation consistera en une série de 6 séances de 2 h chacune. Avec un nombre de 12 participants, patients + familles. Ces séances seront interactives. Du matériel concret, tel un questionnaire à remplir par les participants entre deux séances, sera proposé.
1ere séance : Introduction – Symptômes du TDA/H.
2 ème séance : TDA/H dans la vie quotidienne.
3 ème séance : Etiologie – Médication.
4 ème séance : Organisation du temps – Gestion du DA ?
5 ème séance : Gestion de l'hyperactivité et de l'impulsivité. Amélioration des relations inter-personnelles (stratégies de communication).
6 ème séance : Autres traitements – Sommeil – Questions spécifiques – Conclusions générales.
Lors de ces séances, l'animateur pose des questions (avez-vous des difficultés à gérer plusieurs stimuli simultanément ? Avez-vous du mal à passer d'une activité à une autre ? etc.). Ces questions font prendre conscience aux patients de leurs difficultés, ils peuvent ensuite essayer de trouver, et partager, des trucs et astuces. Des stratégies seront également conseillées par l'animateur.
La création de centres de références :
Un des objectifs, est de former les prestataires de soins (médecins, psychologues etc.) à l'animation de séances de psycho-éducation, en leur fournissant par exemple un kit de transparents, afin que le déroulement des séances soit uniformisé partout.
Création d'une base de données informatique, contenant entre autres, des tests structurés et systématiques, de manière à uniformiser les critères de diagnostic et de faciliter la pose de celui-ci.
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Parent avec un déficit d'attention
source : http://apamm.endirect.qc.ca/guideenfant.htm#pare
De plus en plus d'adultes découvrent à travers leur enfant qu'eux-mêmes souffrent du déficit d'attention avec ou sans hyperactivité. Combien de fois n'ont-ils pas été traités à la maison ou à l'école de paresseux, d'énervés, de tête-en-l'air, d'imbéciles... Même dans leur vie de couple, ne reçoivent-ils pas encore des reproches semblables de leur conjoint(e) parce qu'ils ont oublié d'aller acheter de la viande pour le souper, qu'ils n'ont pas terminé ce qu'ils ont commencé, qu'ils ont oublié l'anniversaire de leur conjoint(e), ou encore parce qu'ils s'emportent facilement.
Nous savons maintenant que 30 à 50% des enfants souffrant de déficit d'attention vont continuer d'avoir des difficultés à l'âge adulte et ce, à des degrés divers. L'agitation motrice (hyperactivité) diminuera à l'adolescence alors que l'inattention et l'impulsivité demeureront présentes.
Depuis plus de quatre ans aux États-Unis, on reconnaît que des adultes peuvent souffrir d'un trouble du déficit d'attention avec ou sans hyperactivité. Ces adultes reçoivent de l'aide médicale et psychologique.
Au Québec, on commence à reconnaître cette réalité. Récemment, le Dr Angelo Fallu 19, psychiatre au CUSE, a donné de la formation aux médecins et aux intervenants de notre région à ce sujet. Il a constaté que de nombreux patients psychiatriques avaient un déficit d'attention. Selon lui, 10% des personnes anxieuses souffriraient d'un déficit d'attention et bénéficieraient de l'aide de méthylphénidate ou d'un autre médicament approprié. Il a aussi constaté combien la souffrance de ces personnes était grande et méconnue.
Cette souffrance est accrue lorsque l'adulte se rend compte que son enfant vit les mêmes difficultés que lui. Bien des parents se sentent alors démunis devant la découverte de cette réalité et demandent qu'on les aide à leur tour.
Reconnaître notre difficulté.
Ce n'est jamais facile de nous avouer à nous-mêmes que nous vivons une difficulté, mais c'est la première étape à tout changement. Souvent c'est lorsque la souffrance apparaît que nous nous mettons en contact avec notre difficulté. Lorsque nous vivons une série de pertes: emplois, amitiés, amours, etc., nous commençons à nous poser des questions sur nous-mêmes, pourquoi cela nous arrive, etc. Le fait de voir notre enfant réagir comme nous vient nous bousculer également et nous amène à trouver ce qui ne va pas chez nous. Pour reconnaître ce qui se passe en nous, il faut alors prendre du temps pour réfléchir.
Pour alimenter cette réflexion, lire des livres sur le déficit d'attention, remplir des questionnaires, écouter des émissions de télé sur le sujet sont autant de moyens de voir un peu plus clair. Le questionnaire qui suit est un point de départ. Nous pouvons demander à notre conjoint(e) d'y répondre également pour voir comment il (elle) nous perçoit. Le fait de parler de notre difficulté avec la personne qui partage notre vie permet déjà d'enlever bien des malentendus.
Voici une série de questions pour vous aider à identifier si vous souffrez d'un déficit d'attention avec ou sans hyperactivité. Indiquez, pour chaque réponse, si cela vous arrive une, deux ou trois fois et plus par semaine.
Plus vous vous reconnaîtrez dans ces questions, plus il est possible que vous souffriez d'un déficit d'attention avec ou sans hyperactivité. Il est alors important d'oser aller chercher de l'aide.
| GRILLE D'OBSERVATION DES TROUBLES DU DÉFICIT D'ATTENTION CHEZ L'ADULTE | ||||
| JAMAIS | NOMBRE DE FOIS PAR SEMAINE | |||
| 0 | 1 | 2 | 3+ | |
| 1. Je ne prête pas attention aux détails. | ||||
| 2. J'ai du mal à maintenir mon attention sur un travail, une tâche ou une lecture. | ||||
| 3. Souvent, je ne semble pas écouter. | ||||
| 4. a) Je ne me conforme pas aux consignes. | ||||
| 4. b) Je ne termine pas mes tâches. | ||||
| 5. J'ai de la difficulté à organiser et à planifier mon travail et mes activités. | ||||
| 6. Je cherche à éviter, ou je fais à contrecoeur les tâches qui me demandent un effort mental soutenu. | ||||
| 7. Je perds souvent des objets nécessaires à mon travail ou à mes activités. | ||||
| 8. Je suis facilement distrait par des bruits autour de moi. | ||||
| 9. J'ai des oublis fréquents dans la vie quotidienne, comme par exemple oublier ce que j'ai fait, ce que je dois faire, etc. | ||||
| 10. Je remue souvent les mains, les pieds. | ||||
| 11. Je me lève souvent au travail ou dans d'autres situations ou je dois rester assis. | ||||
| 12. Je suis porté à courir, à grimper partout: j'ai le sentiment qu'il faut que je bouge. | ||||
| 13. J'ai du mal à rester tranquille au travail, ou dans mes loisirs. | ||||
| 14. a) Dans une activité, je suis souvent en avant des autres. | ||||
| 14. b) J'agis comme si j'étais monté sur des ressorts. | ||||
| 15. Souvent, je parle trop. | ||||
| 16. Je réponds aux questions sans attendre qu'on ait terminé de les poser. | ||||
| 17. J'ai de la difficulté à attendre mon tour. | ||||
| 18. a) J'interromps souvent les autres. | ||||
| 18. b) J'impose ma présence aux autres. | ||||
| 19. J'ai beaucoup de difficulté à vivre des stress. | ||||
| 20. Je suis porté à exploser, à m'emporter facilement. | ||||
| 21. Je cherche souvent à diriger les autres. | ||||
| 22. Je suis porté à être têtu. | ||||
| 23. Mon humeur est inégale: une journée, je suis de bonne humeur, le lendemain, je suis découragé. | ||||
| 24. a) Je tiens à ce que mes besoins soient répondus sur le champ. | ||||
| 24. b) J'ai de la difficulté à attendre. | ||||
| 25. Je suis porté à être facilement inquiet (anxieux). | ||||
| 26. J'ai
de la difficulté dans mes relations avec les autres. Je ne réussis pas à garder mes amis, conjoint(e), etc. |
OUI | NON | ||
| 27. Je trouve que je ne vaux pas grand chose. | OUI | NON | ||
| 28. a) À l'école, j'ai eu des difficultés à apprendre. | OUI | NON | ||
| 28. b) À l'école, j'ai eu des problèmes de comportement. | OUI | NON | ||
| 28. c) À
l'école, j'ai doublé une ou des années. Précisez: |
OUI | NON | ||
| 28. d) J'ai abandonné l'école avant le secondaire V | OUI | NON | ||
Lorsque nous reconnaissons notre souffrance ou notre difficulté, il est important de pouvoir nous confier à une personne neutre qui n'est pas dans notre problème et qui peut nous aider à prendre du recul. Consulter notre médecin de famille, un psychologue, un travailleur social est un excellent moyen pour départager ce que nous vivons.
Le professionnel devra prendre le temps de nous écouter, de poser des questions, de vérifier notre état de santé, de nous suggérer des examens supplémentaires au besoin, afin de bien cerner notre difficulté. Le déficit d'attention commence à être reconnu comme un trouble de santé mentale distinct chez les adultes, et peu de professionnels sont à jour dans leurs connaissances à ce sujet.
Normalement, le professionnel devrait prendre le temps de faire notre histoire personnelle, de faire un examen neuropsychologique à l'aide de questionnaires ou de tests psychologiques, de vérifier nos antécédents médicaux (accidents à la tête, maladies, etc.) et nos habitudes de vie. Le médecin devrait également faire un examen neurologique sommaire. Enfin, le professionnel devrait essayer d'éliminer toutes les autres causes possibles à la difficulté d'attention, de façon à poser le bon diagnostic et surtout apporter le soulagement approprié à notre état.
Il est enfin important que nous puissions poser des questions au professionnel sur notre difficulté et que ce professionnel puisse y répondre. Le climat de confiance entre le professionnel et le patient est essentiel dans le traitement du déficit d'attention. Il faudra peut-être oser nous adresser à plusieurs professionnels tant que nous ne trouvons pas quelqu'un qui peut nous rassurer et nous éclairer.
Une fois que nous avons identifié nos difficultés, il est plus facile de savoir ce que nous devons améliorer. À l'aide des échelles du test de Brown sur le déficit d'attention, nous pouvons situer nos difficultés. Le Dr Brown 20 a répertorié cinq catégories de comportements qui sont présents à des degrés différents chez les personnes qui souffrent d'un déficit d'attention.
1. La capacité d'organiser et de commencer notre travail
2. La capacité de maintenir notre concentration et notre attention.
3. La capacité de maintenir notre énergie et notre effort.
4. La capacité d'assumer les problèmes affectifs divers.
5. La capacité d'utiliser notre mémoire de travail à court terme.
Il arrive que certaines personnes aient plus de difficultés que d'autres à fonctionner et s'épuisent à la longue à chercher des moyens pour être bien. Cet épuisement amène parfois une dépression ou d'autres problèmes de santé mentale. Nous pouvons alors avoir besoin de prendre des médicaments pour refaire nos forces et soulager l'épuisement, de même que des médicaments pour soulager notre déficit d'attention. Les médecins québécois commencent à reconnaître que les patients peuvent souffrir d'un déficit d'attention et acceptent de les soulager avec du méthylphénidate comme pour les enfants. Rappelons que c'est au médecin de juger quel médicament convient le mieux à son patient, et au patient d'accepter de faire confiance au médecin et au traitement proposé.
Il n'y a pas de moyens miracles
Toutes ces alternatives peuvent être utilisées, en autant qu'elles nous conviennent. L'important, c'est que nous arrivions à nous apprécier et à nous accepter comme nous sommes, avec nos défauts et nos qualités. En faisant cela, nous aiderons encore davantage notre enfant qui vit le même problème que nous, car nous agirons comme un modèle quotidien pour lui: «Moi aussi, je peux être bien malgré mes difficultés, comme papa (ou maman) est bien.»
Des ressources qui aident
Des ressources pour les adultes commencent à voir le jour. La plus ancienne est l'Association québécoise des enfants ayant des troubles d'apprentissage 21. Une association est aussi en formation dans la région de Sherbrooke pour les adultes avec troubles du déficit de l'attention/hyperactivité. En parlant avec d'autres adultes de nos difficultés, nous apprenons à mieux accepter notre réalité, nous pouvons partager des trucs, des expériences et mieux nous soutenir dans les moments difficiles. Surtout, nous cessons de douter de nous-mêmes.
Les questions 1 à 9
Elles correspondent aux critères pour la catégorie INATTENTION selon le DSM IV.
La personne doit obtenir six critères sur neuf pour que le résultat soit significatif.
Les questions 10 à 18
Elles correspondent aux critères pour la catégorie HYPERACTIVITÉ/IMPULSIVITÉ selon le DSM IV.
La personne doit obtenir six critères sur neuf pour que le résultat soit significatif.
Les questions 19 à 28
Elles correspondent à des caractéristiques qui sont souvent observées chez les personnes ayant un trouble de déficit d'attention avec ou sans hyperactivité, tel que précisé par le Dr Angelo Fallu, psychiatre au CUSE de Sherbrooke.
L'intensité des symptômes
L'intensité des symptômes notés par la personne sur une échelle de 1 à 3 permet au professionnel de connaître comment cette personne est affectée par sa difficulté. Elle ne sert qu'à titre indicatif.
19. FALLU (Angelo), Trouble du déficit d'attention/hyperactivité (T: DA/H) chez l'adulte, CUSE, Téléconférence AMPQ, 1998. Retour
20. Brown (Thomas), Brown attention deficit disorder scales manual, San Antonio, The Psychological Corporation, 1996. Retour
21. AQETA - 284, rue Notre-Dame, Bureau 300, Montréal (Québec) H2Y 1T7, Téléphone (514) 847-1324. Retour
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Source: http://panda.cyberquebec.com/TDA_ad.html
Le trouble de déficit de l'attention (TDA) chez les enfants a fait l'objet de multiples recherches au cours des dernières années, ce qui a conduit à une meilleure compréhension de celui-ci. Jusqu'à récemment, on croyait que les symptôme du TDA disparaissaient à l'adolescence avec le développement du cerveau, les changements hormonaux et développementaux. Or, on reconnaît maintenant que plusieurs des symptômes persistent chez les adultes pour une majorité des individus présentant le trouble. En fait, l'hyperactivité se résorbe dans plusieurs cas à l'adolescence, mais les déficit d'attention persistent chez l'Adulte dans 30 à 70% des cas (Boisvert, 1999) Ainsi, en 1980, on reconnaissait dans la troisième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), pour la première fois, que le TDA se poursuit à l'âge adulte chez certains individus, Par ailleurs, en 1990, le Dr. Alan Zametkin et ses collègues publiaient le premier article traitant du TDA chez l'adulte.
Plusieurs adultes présentant un TDA n'ont pas été diagnostiqués pendant l'enfance ou ont été sous-diagnostiqués. Les parents se reconnaissent alors dans les explications, par les spécialistes, des symptômes du TDAH. D'ailleurs, on croit de plus à une composante génétique dans la compréhension du trouble.
L'autodiagnostic est un des principaux dangers lorsque l'individu entend parler de ce trouble pour la première fois. Une évaluation par des spécialistes est essentielle pour éliminer toutes autres conditions maladives. Le diagnostic chez l'adulte requiert l'examen de l'histoire académique et comportementale lors de l'enfance (questionnaire rempli par le sujet et un parent). Il est important d'insister sur le fait que le TDA n'apparaît pas à l'âge adulte : il est forcément présent dès l'enfance, c'est-à-dire avant l'âge de sept ans.
Une entrevue clinique permet d'évaluer l'intensité des symptômes actuels et les répercussions sur la vie globale de l'individu. Pour être retenus, les symptômes doivent nuire au fonctionnement académique, social ou occupationnel. L'anamnèse, qui inclut l'histoire scolaire, au travail (capacité à garder son emploi, relations interpersonnelles au travail), l'histoire amoureuse et familiale, permet de vérifier la présence du trouble au cours de l'enfance et son évolution au fil des différentes étapes de la vie. L'évaluation des habiletés intellectuelles et d'autres composantes psychologiques a pour objectif d'obtenir des informations sur le fonctionnement (cognitif, émotionnel, comportemental) spécifique de la personne.
Hallowell et Ratey (1994) proposent différents critères pour établir le diagnostic du déficit d'attention )voir encadré). Il ne s'agit toutefois que d'une suggestion de critères basés sur une vaste expérience clinique, ne reposant pas encore sur une validation statistique. Les critères doivent être retenus seulement s'ils sont plus fréquents , et de façon considérable, chez l'individu potentiellement atteint que chez la majorité des gens du même âge.
Ces critères font référence à un portrait général des difficultés. Comme vous pouvez le constater, les manifestations du trouble ont une composante subjective importante et leur spectre peut s'étendre à plusieurs autres diagnostics. Il est alors important d'éviter l'autodiagnostic et de consulter des professionnels spécialisés. Afin de faciliter la compréhension de cette problématique, nous pouvons nous référer à la perspective de Brown (1996), selon laquelle le TDA serait davantage un trouble de l'inhibition affectant les cinq champs d'activités suivantes: la mise en œuvre et l'organisation ; la vigilance et l'attention soutenue ; l'effort soutenu et la planification ; la mémoire de travail.
Comme chez les enfants, tous les individus diagnostiqués ne présentent pas les mêmes manifestations du trouble. Afin de mieux illustrer ces champs, voici quelques vignettes tirées de Driven to distraction (1994), qui mettent en perspective les différentes difficultés rencontrées.
Le bureau de pierre est plutôt difficile à décrire. On y retrouve des piles et chaque chose va dans l'une d'entre elles. Il y a un peu partout, de grosses et de petites piles de livres et de magazines, ainsi que des paquets de papiers. Il n'y a pas d'organisation réelles, mais plutôt une multitude de tentatives d'organisation qui handicapent Pierre lorsqu'il se met au travail. Il commence alors à "butiner", cherchant dans chaque pile, trouvant des choses intéressantes, qui l'amènent loin de son premier objectif premier.
Élizabeth et ses parents ont toujours cru qu'elle ne pouvait rester concentrée longtemps parce qu'elle n'était pas assez "brillante". Le fait qu'elle "tombait continuellement dans la lune" ou oubliait des choses était causé, estimaient-ils, par un manque de volonté. Quoi qu'elle fasse pour tenter de se souvenir (moyens mnémoniques), elle finissait toujours pas oublier quelque chose.
Georges a longtemps tenté de travailler dans un bureau. Toutefois, aussitôt installé, il était incapable de soutenir un effort constant. Au travail, une tendance à la procrastination s'installait et le travail planifié était rarement accompli. Depuis qu'il est entrepreneur et effectue la grande majorité de son travail sur la route, ses efforts sont plus soutenus. Il respecte la planification établie et la procrastination a presque totalement disparu de son quotidien.
Lorsqu'il était jeune, se souvient Henri, les lettres du directeur ou du professeur débutaient toujours de la même façon : "Nous avons le regret de…" Il réussissait bien les tests d'aptitudes, mais cela ne se reflétait pas dans ses résultats scolaires. Henri n'aimait pas l'école et manquait de confiance en ses capacités. Aujourd'hui encore, il manifeste une faible estime de soi.
Jocelyne fréquente l'université. Ses résultats sont bons, mais elle a toujours eu de la difficulté à prendre des notes. La préparation des examens est composée d'une période intense d'étude et, le lendemain matin, c'est le néant. Jocelyne souffre d'une grande difficulté à se remémorer, dans un bref délai, les informations emmagasinées.
Le diagnostic du TDA chez l'adulte est complexe étant donné le taux élevé de troubles y étant associés tels la dépression, l'anxiété, la dépendance et l'abus de substances, les troubles d'apprentissage, le TOC, la fatigue chronique et les troubles alimentaires. Or l'adulte présentant un TDA vit souvent plusieurs difficulté, notamment au travail et dans ses relations interpersonnelles. Des années à composer avec un désordre non traité constitue un risque de développement d'autres problématiques comme un faible estime de soi ou de sentiment d'être inadéquat. L'individu a souvent l'impression de manqué de volonté ou de motivation. Les habiletés sociales, la résolution de problèmes et la maîtrise de soi (pas de contrôle interne) sont souvent déficitaires.
L'éducation est la première stratégie d'intervention. La plupart des adultes aux prises avec le TDA ont une compréhension limitée, voire inexistante, du trouble. L'information sur le TDA, permet d'acquérir des connaissances sur la nature et l'impact du trouble (à savoir notamment qu'il ne s'agit pas d'une question de volonté, mais de capacité, que le trouble est de nature biologique et que chaque individu possède un portrait clinique spécifique). Lors du diagnostic, plusieurs adultes sentent un voile se lever. Ils peuvent enfin donner un sens aux difficultés qu'ils ont toujours rencontrées. Certains diront qu'ils se percevaient comme peu intelligent, stupide ou paresseux. En fait, l'individu doit comprendre que le TDA n'est pas une excuse, mais une explication.
L'intervention consiste aussi à établir des suggestions spécifiques, permettant un ajustement, selon les difficultés particulières. Une modification du rythme de vie par une sélection réaliste des activités peut s'avérer bénéfique. Des moyens palliatifs tel le réaménagement de l'environnement, l'utilisation d'un agenda ou d'une liste quotidienne des tâches à effectuer, du codage-couleur pour attirer l'attention, le suivi d'une routine et des activités physiques régulières peuvent permettre une meilleure adaptation. En fait, l'adulte TDA doit développer des habiletés d'organisation et de gestion du temps.
La thérapie a souvent pour objectif la modification du comportement, l'entraînement a des habiletés spécifiques et le traitement des composantes affectives. Losqu'il y a présence de comorbidité, cette dernière est traitée de façon prioritaire. Par ailleurs, la médication (psychostimulants) peut être efficace sur le plan de l'attention. Toutefois lorsqu'il y a comorbidité, l'usage pharmacologique diffère en fonction de la problématique. L'usage d'antidépresseurs ou d'anxiolytiques est parfois approprié.
Il est important de souligner que le TDA chez l'adulte est un trouble nouvellement reconnu par les professionnels d'ici. Peu de ressources sont disponibles afin d'évaluer le trouble et d'intervenir auprès de cette population. Cependant, la situation est différente pour les États-Unis, où une loi, The American with disabled act, reconnaît le droit à chaque individu d'obtenir les mêmes chances à l'emploi et à l'éducation. De ce fait, plusieurs ressources spécialisées sont disponibles tant pour l'étudiant que le travailleur (Golstein, 1996).
Compte tenu de la complexité diagnostique de ce trouble et de son impact sur le développement et le fonctionnement de l'individu, des ressources adéquates devraient être mises sur pied afin de répondre aux besoins grandissants des personnes vivant avec cette problématique.
En fait, le TDA ne doit pas être perçu comme une déficience, mais comme une différence dans la façon de porter attention à l'environnement, différence qui ne cadre pas toujours facilement avec le style de vie propre à notre culture. Les particularités du TDA entraînent donc des difficultés. Cependant, elles comportent aussi des aspects positifs. Ces personnes démontrent souvent une énergie remarquable, de l'enthousiasme, de la créativité, de la spontanéité… En fait, ils ne sont pas déficients, mais différents.
Critères de Hallowell et Ratey pour le diagnostic du TDA
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Les psychologues Mélanie Larochelle et Sherley Racine pratiquent à la Clinique des déficits de l'attention et de l'hyperactivité.
Bibliographie
Nous désirons remercier Mme Diane Côté, rédactrice en chef du Magazine Psychologie-Québec, édition Novembre 2000, pour avoir généreusement accepté que ce dossier sur le TDAH soit rendu possible sur le site de l'Association Panda de la MRC L'Assomption : http://mhttp://panda.cyberquebec.com
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le TDA/H chez l'adulte
http://www.guardian.co.uk/Archive/Article/0,4273,4148139,00.html
info venant d'Additude : Website: www.chadd.org
Traduction effectuée par Geneviève.
Inattention, ennui, manque de tact
si cela vous ressemble, dit Jane Bartlett, vous pouvez avoir une maladie rencontrée plus fréquemment chez les enfants
Jane Bartlett
Vous vous surprenez a taper du pied sans arrêt? Ou à claquer vos doigts? Vous vous ennuyez facilement? Et vous trouvez quil est difficile de vous concentrer? Faites-vous souvent des erreurs dinattention?
Tout cela pourrait bien être les symptômes de la version adulte du Trouble Déficitaire de lAttention avec hyperactivité (TDA/H). Nous nous sommes récemment relativement habitués à la théorie selon laquelle un nombre croissant denfants peuvent être si turbulents, impulsifs et difficiles à gérer quils sont en fait malades (bien que tout le monde ne soit pas daccord avec ceci). Mais jusquà récemment, on pensait que cette condition, qui peut atteindre jusquà 5% de la population denfants britanniques, disparaissait pendant ladolescence, grâce au développement du cerveau et aux changements hormonaux.
Maintenant, cependant, des scientifiques et des médecins croient que ce trouble peut persister dans la vie future. Edwina Mitchell, 38 ans, est lune des quelques adultes à avoir été officiellement diagnostiquée : lannée dernière, on lui a dit quelle était une adulte THADA. «Cétait un tel soulagement,» dit-elle. «Je peux mettre un nom, maintenant, sur ce quil se passe. Je navais aucune idée de ce qui nallait pas avec moi. Jai fréquemment été diagnostiquée dépressive, mais quand je minformais sur la dépression, les symptômes ne semblaient jamais correspondre».
« Vous ne pouvez pas stimuler une personne qui a une dépression, ou la faire rire. Quand vous êtes avec quelquun qui est THADA, il peut sembler calme ou renfermé, mais si vous pouvez capter son attention, vous voyez comme ils saniment subitement. A linstant où je trouve quelque chose dans lequel mengager, tel que léducation adulte, la décoration, la couture ou le tricot, je suis heureuse, complètement impliquée. »
La première chose que vous remarquez chez Mitchell, cest quelle parle très vite, et pour de longues périodes. « Mon plus gros problème, cest que les gens me prennent toujours à tord pour quelquun dagressif. Ceci ma mis en larmes un bon nombre de fois, parce que je ne suis pas agressive ». Elle ne tient pas non plus en place, et joue constamment avec une balle de mouchoir en papier pour que ses mains aient quelque chose à faire. Elle sennuie facilement, trouve difficile de se rappeler certaines choses, est fréquemment distraite et a besoin de dresser de nombreuses listes pour pouvoir maintenir une certaine organisation dans sa vie. Mitchell est impulsive, et le tact nest pas son point fort. « Je ny peux rien. Je dit la vérité. Si quelquun dit, « Est-ce que jai lair dun sac de patate là dedans ? », ils obtiendront : « oui, cest à ça que tu ressembles ». Vous pouvez imaginer le nombre de problèmes que cela occasionne. »
Comme beaucoup dadultes souffrant de THADA, Mitchell a une longue histoire de difficultés denfance. Socialement isolée à lécole, elle faisant souvent école buissonnière et passait pour une fauteuse de troubles. Les médecins la diagnostiquèrent dépressive à lage de 12 ans, et à 14 ans elle fut expulsée de école et prononcée inéducable. Elle commença a prendre de la drogue à ladolescence. « Les recherches américaines montrent que les enfants qui ne reçoivent pas de traitement peuvent, à lage adulte, sauto médicamenter avec des substance illicites, » dit le Dr Clive Jones, neuro-scientifique au Collège Universitaire de Londres. La drogue choisie par Mitchell était les amphétamines, qui a leffet paradoxal de ralentir les gens souffrant de THADA. « Les amphétamines me rendaient calme et en paix. Les gens riaient : « donnez-lui des amphétamines pour la faire taire. »
Mitchell sest mariée à 17 ans, pour divorcer et élever ses deux fils seule. Elle na jamais travaillé, probablement, en partie, parce quelle fait mauvaise impression pendant les entretiens. « Je leur fait terriblement peur », dit-elle.
Léducation adulte à lUniversité Ouverte la sauvée. Elle sest complètement adonnée aux études avec la sorte dénergie typique des THADA, bien quelle ait eu dénormes difficultés à se rappeler des informations et à structurer ses dissertations. Cétait comme si elle était dyslexique, et cest au cours dun tests de dyslexie quun psychologue déducation suggéra quelle pouvait être THADA.
« Je nen avait jamais entendu parler », dit Mitchell. Aucun des services de santé de sa région non plus. Son généraliste na pas pu trouver quelquun du Service de Santé National pour faire les tests de diagnostic, et finalement, son université a payé pour avoir une évaluation privée à lHôpital « Marchwood Priory » de Southampton. Une fois quun diagnostic positif fut obtenu, son généraliste ne savait pas du tout comment laider. « Il dit, « si vous mapportez les informations, jagirai en fonction. » Mitchell et son compagnon ratissèrent Internet et trouvèrent une liste de médicaments utilisés aux États-Unis, lun dentre eux étant le Dexedrine, un médicament à base damphétamines « Je lui dit que je voulais essayer celui-là cétait ce que je prenais quand jétais adolescente. »
Dr Brian Toone, psychiatre consultant à lhôpital Maudsley, et lun des rares psychiatres à traiter les adultes THADA. Il dit que ce médicament est le traitement le plus efficace. On prescrit à la plupart de la Ritaline (chlorhydrate de methylphenidate), le même médicament à base damphétamines utilisé pour les enfants hyperactifs. On pense quil fonctionne en stimulant les régions du cerveau qui marchent moins bien.
La composition des amphétamines est très similaire à celle de certains neurotransmetteurs, telles que la dopamine et la noradrénaline, qui existent naturellement dans le cerveau. Une théorie veut que les enfants et les adultes hyperactifs aient une anomalie dans la forme des molécules réceptrices sur la surface des cellules nerveuses auxquelles les neurotransmetteurs sattachent. Daprès le Dr Toone, qui à ce jour a vu 200 patients adultes, plus de la moitié répondent au traitement médicamenteux.
Mitchell prend maintenant son médicament quand elle se sent sous pression. Je trouve quil me ralentit. Je peux rédiger de meilleures dissertations, et je suis plus capable de me concentrer. Je suis plus heureuse et plus satisfaite.
Comment savoir si vous avez le THADA
Il est très difficile de distinguer un réel THADA dune attitude énergique normale. Pour vous guider, si vous répondez oui à 15 ou plus de ces questions, il y a peut-être une raison de sinterroger.
1. Jai des difficultés à morganiser.
2. Quand jai un travail à faire, jai tendance à la procrastination.
3. Je travaille sur plusieurs projets à la fois mais semble incapable de les terminer.
4. Jai tendance à prendre des décisions et à les exécuter de manière impulsive.
5. Je mennuie facilement.
6. Je narrive pas à atteindre mes buts, quelle que soit ma volonté pour y arriver.
7. Je suis souvent distrait quand des gens parlent.
8. Je mabsorbe tellement dans ce que je fais que je peux difficilement faire une pause ou faire autre chose.
9. Jai tendance à trop en faire, même quand ce nest pas bon pour moi.
10. Je suis facilement frustré et impatient.
11. Jai peu damour propre.
12. Jai besoin de beaucoup de stimulations du genre films, jeux dordinateur, nouveaux achats, amis enjoués, conduite rapide, sports extrêmes.
13. Je dis ou fais des choses sans réfléchir.
14. Jaime faire les choses à ma manière.
15. Je maperçois que je tapote fréquemment avec mon crayon, je balance ma jambe, etc. pour évacuer un surplus énergie nerveuse.
16. Je me sens soudainement déprimé si je suis séparé de gens ou de choses que jaime.
17. Je vois les choses de manière différente des autres, et quand quelquun se fâche parce que je fais quelque chose qui les dérange, je suis souvent surpris.
18. Jai tendance à être inattentif et susceptible aux accidents.
19. On me prend pour un preneur de risque.
20. Je fais beaucoup de bêtises dinattention.
21. Des membres de ma famille souffrent de THADA, dépression, maniaco-dépression ou dabus de substances.
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Le THADA chez ladulte par le Docteur W. Van den Bergh
Les patients sollicitent de plus en plus les professionnels pour le diagnostic et la prise en charge du THADA (Trouble Hyperactivité avec Déficit de lAttention)*. Dans lunivers de la psychiatrie adulte, cette demande suscite souvent bien des interrogations, faute dune place suffisante pour ce sujet dans la formation des psychiatres et dans leur mode de réflexion traditionnel. Un bref survol de cette problématique nétait donc pas superflu.
Une pathologie méconnue
Le THADA est reconnu depuis de nombreuses années en pédopsychiatrie. Selon le DSM-IV, il concernerait de 2 à 5 % des enfants (1). Le concept diagnostique de THADA, dorigine américaine, comporte, outre le sous-type hyperactif, un sous-type non hyperactif. Cette distinction ne se retrouvant pas dans le concept beaucoup plus restrictif de syndrome hyperkinétique de la classification ICD-10, fort usitée en Europe.
Chez 30 à 50 % des enfants présentant un THADA, la cause est génétique (2). Les adultes qui souffrent toujours de THADA présentent, quant à eux, 84 % de chances davoir un enfant atteint (3). On sait aussi que dans 30 à 50 % des cas, le problème persiste à lâge adulte (4). Cependant, on constate que cette problématique est très peu connue dans le monde de la psychiatrie adulte.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette méconnaissance :
1) Chez ladulte, lhyperactivité motrice diminue fréquemment. Les troubles de lattention et les difficultés dorganisation restent à lavant-plan, mais on y accorde moins dimportance.
2) Chez ladulte, le THADA est souvent associé à une labilité de lhumeur et à une hyperréactivité émotionnelle, souvent interprétées comme les manifestations dun trouble de la personnalité.
3) Selon les critères plus restrictifs de lICD-10, on ne peut poser le diagnostic de syndrome hyperkinétique en présence dune comorbidité de dépression, par exemple.
4) Le DSM-IV mentionnant le THADA dans le chapitre des troubles à début infantile, la psychiatrie adulte est moins familiarisée avec le sujet et y accorde moins dintérêt.
5) Tant dans la formation que dans la pratique, les pédopsychiatres et les psychiatres pour adultes nont que peu déchanges. Une fois devenus adultes, les enfants atteints de THADA ne bénéficient donc pas dune prise en charge systématique.
6) On admet plus volontiers que des enfants aient du mal à se contrôler, mais cette notion est moins évidente pour des adultes ne souffrant par ailleurs daucune pathologie psychique.
Diagnostic
Comme chez lenfant, lanamnèse et lhétéroanamnèse sont les pierres angulaires du diagnostic. Il est important que les difficultés soient présentes depuis lenfance. Le clinicien doit toujours tenir compte de la possibilité dun THADA, et réaliser une anamnèse orientée, en sabstenant surtout de se focaliser a priori sur des axes exclusivement psychodynamiques ou systémo-théoriques. Il peut toutefois être difficile, chez ladulte, dévaluer correctement le statut fonctionnel dans lenfance. Une difficulté supplémentaire réside dans le fait que, à lâge adulte, la vie est teintée par de nombreux autres facteurs, de sorte quil nest pas toujours simple de cadrer correctement la problématique (diagnostic différentiel et comorbidité).
Les critères du DSM-IV sont également applicables à ladulte. Plusieurs auteurs ont cependant proposé de ramener les critères minimaux à quatre ou à cinq, sur les neuf caractéristiques du syndrome (contre un minimum de six, selon la définition du DSM-IV), car la gravité des symptômes diminue avec lâge.
Les critères de lUtah pour le diagnostic du THADA chez ladulte sont également utiles (bien que ces critères aient uniquement été définis pour le sous-type hyperactif):
1. Les symptômes doivent être présents de façon continue depuis lenfance.
2. Le sujet doit présenter à la fois des troubles de lattention manifestes et une impatience motrice.
3. Au moins deux des cinq critères suivants doivent être présents: labilité de lhumeur, difficultés dorganisation, caractère emporté, hyperréactivité émotionnelle, impulsivité.
Les examens complémentaires utiles pour objectiver les troubles de lattention sont létude neuropsychologique de lattention et des fonctions frontales, ainsi que les potentiels évoqués cognitifs. La spécificité et la sensibilité de ces tests sont toutefois limitées. Ils peuvent toutefois savérer utiles, associés à lanamnèse, pour aider le patient à comprendre et à accepter quil existe des bases objectives à ses difficultés, dautant plus que les données anamnestiques sont souvent douteuses et subjectives.
Diagnostic différentiel et comorbidité
1. Dépression et dysthymie: la dépression concerne 20 à 30 % des patients atteints de THADA (contre 15 % dans la population générale) (5). Le diagnostic différentiel avec la dysthymie peut être difficile car cette dernière est également caractérisée par des troubles de lattention. Cependant, en cas de dysthymie, le vécu négatif, avec incapacité à ressentir du plaisir, est clairement à lavant-plan.
2. On observe des dépendances chez 10 à 40 % des patients atteints de THADA (5).
3. Troubles de la personnalité borderline, antisociaux et histrioniques: le diagnostic différentiel peut être difficile. Dans les troubles de la personnalité borderline, la distorsion de la personnalité est plus nette, et est associée à des sentiments de vide, un comportement plus manipulateur, un comportement suicidaire et automutilateur, des angoisses dabandon, avec des problèmes dattachement, ainsi que des troubles de lidentité. Limpulsivité est plus intense dans les troubles de la personnalité borderline, et souvent autodestructrice (tandis que limpulsivité du THADA est de plus courte durée et plus irréfléchie). Il faut toutefois aussi tenir compte de la possibilité dune combinaison, et la rechercher via une anamnèse orientée.
Traitement
1. Psycho-éducation
Poser et expliquer le diagnostic a déjà, en soi, une valeur thérapeutique. Souvent, on a en effet affaire à des patients présentant différents problèmes depuis des années, sans savoir eux-mêmes (ou leur entourage) ce qui ne va pas. Ils ont souvent des années de psychothérapie derrière eux, sans résultat, si ce nest une accumulation de déceptions et dincompréhensions. Il faut toutefois souligner que le diagnostic ne peut être utilisé comme excuse pour tout ce qui pose problème: il doit précisément inciter à prendre des mesures pour trouver des solutions. Il faut par ailleurs souvent expliquer au patient quil existe une comorbidité, et que, en dautres termes, le diagnostic de THADA ne suffit pas toujours à expliquer tous ses problèmes. Dans la prise en charge, il est certes très important que le soignant connaisse la liste des symptômes, mais il doit aussi être familiarisé avec les modèles neuropsychologiques explicatifs comme celui de Barkley, afin davoir une vision plus large du problème. Il doit aussi être conscient de limpact du THADA sur la vie quotidienne, la vie professionnelle, et les relations socio-affectives.
2. Traitement médicamenteux
Si, en Europe, on est traditionnellement plutôt réticent vis-à-vis des psychostimulants (surtout la Rilatine, mais aussi les antidépresseurs thymérétiques comme le Pertofran), aux États-Unis on considère comme une faute médicale grave de ne pas prescrire ce médicament. La meilleure attitude consiste à proposer un traitement dépreuve dun mois (3 fois par jour, toutes les 4 h), à doses croissantes (en augmentant toutes les semaines de 5 mg 3 fois par jour). Dans 25 à 78 % des cas, on observe un résultat positif, même si des problèmes peuvent persister sous une forme atténuée (6). Le résultat positif se manifeste sur tous les plans : non seulement lattention, lhyperactivité et limpulsivité, mais aussi le contrôle de soi global vis-à-vis des variations dhumeur, la motivation et lhyperréactivité émotionnelle.
3. Psychothérapie
Le coaching, pour apprendre à organiser sa vie, est un point important. Il faut toutefois être conscient du fait que le planning bien établi, les conseils pratiques et le bonnes intentions savèrent souvent insuffisants, car par définition les patients atteints de THADA savent généralement ce quils doivent faire, mais ne le font pas. Une véritable psychothérapie est uniquement indiquée en cas de difficultés à gérer les échecs dans le passé, y compris si le patient éprouve des difficultés à sadapter au nouveau mode de fonctionnement après linstauration du traitement médicamenteux, en cas de comorbidité, de problèmes relationnels Il faut toutefois sabstenir dexpliquer les symptômes du THADA de façon psychodynamique ou systémo-théorique.
4. Groupes dentraide
En Flandre, des groupes régionaux dentraide ont vu le jour pour les patients atteints de THADA, sous le patronage de Zit Stil (tél.: 03/830.30.25). Il existe un site web spécifique: www.adhd-volwassenen.be. La reconnaissance mutuelle est une révélation et un soutien pour beaucoup de patients. Les échanges dexpériences, de conseils et dinformation, et la recherche conjointe de solutions, jouent souvent un rôle important pour les patients et leur entourage.
Dr Werner Van den Bergh - Neuropsychiatre
source : Agenda Psychiatrie, No.19, Mai 2001
* mieux connu sous son acronyme anglais ADHD (Attention Deficit / Hyperactivity Disorder)
Références statistiques
(1) American Psychiatric Association (1994), Diagnostic and Statistic Manual of Mental Disorders, 4th ed. Washington DC : APA
(2) Barkley R.A. (1990), Attention Deficit hyperactivity disorder: a handbook for diagnosis and treatment, New York: Guilford Press
(3) Biederman J., Faraone S.V., Mick E. e.a. (1995), High Risk for attention deficit hyperactivity disorder among children of parents with childhood onset of the disorder: a pilot study, American Journal of Psychiatry, 152, 431-435
(4) Shekim W.O., Asarnau R.F., Hess E. e.a. (1990), A clinical and demographic profile of a sample of adults with attention deficit hyperactivity disorder, residual state, Comprehensive Psychiatry, 31, 416-425.
(5) Biederman J., Faraone SV, Spencer T. e.a. (1993), Patterns of psychiatric comorbidity, cognition and psychosocial functioning in adults with attention deficit hyperactivity disorder, American Journal of Psychiatry, 160, 1792-1798.
(6) Spencer T., Biederman J., Wilen T. e.a. (1996), Pharmacotherapy of attention deficit hyperactivity disorder across the life cycle, Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, 35, 409-432.
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Hyperactivité de ladulte : un outil de dépistage
Lhyperactivité de ladulte bénéficie désormais dun questionnaire visant à en faciliter le dépistage.
Validé par lOrganisation mondiale de la santé (OMS), il se décline en deux versions, tandis que lune comporte 18 critères, lautre, en 6 questions, peut facilement être utilisée par le patient.
Jusquà aujourdhui, la recherche, le diagnostic et la prise en charge des troubles dhyperactivité avec déficit de lattention étaient surtout orientés vers les enfants et les adolescents. Certes, ces troubles sont moins fréquents chez les adultes que chez les plus jeunes, leur fréquence étant estimée à 4% contre 6-9% chez les enfants. Pourtant, lhyperactivité peut aussi être handicapante pour un adulte, dans sa vie sociale, professionnelle, voire personnelle.
Afin de combler un manque dans ce domaine, des experts ont réalisé une adaptation des outils de dépistage naguères réservés aux enfants. Ils mettent ainsi à disposition un questionnaire de dépistage en 18 critères, lequel a été validé par lOMS.
Cet outil a lavantage dêtre doublé dune version simplifiée en 6 questions auxquelles le patient peut répondre rapidement avant daller consulter un médecin.
Evidemment, ces tests ne permettent pas à eux seuls de porter un diagnostic. Ils doivent conduire à un examen clinique plus approfondi, centré sur lhistoire du patient et lampleur de la gêne occasionnée par ces troubles dans la vie quotidienne.
Questionnaires en 6 items
Nombre dadultes présentent des troubles dhyperactivité sans forcément les reconnaître, car ils sont facilement masqués par le stress de la vie de tous les jours.
Le questionnaire ci-dessous peut aider à identifier certains signes et symptômes, lesquels seront le point de départ dune consultation avec un professionnel de santé.
Au cours des 6 derniers mois :
(jamais : 0 ; rarement : 1 ; parfois : 2 ; souvent : 3 ; très souvent : 4)
1. Avez-vous des difficultés dorganisation lorsque la réalisation dune tâche requiert méthode ?
2. Quand vous devez réaliser une tâche nécessitant de lattention, avez-vous souvent tendance à léviter ou à retarder sa mise en uvre ?
3. Etes-vous facilement distrait par le bruit ou les activités qui vous entourent ?
4. Vous arrive-t-il de quitter votre place en réunion ou dans dautres situations où vous êtes censé rester assis ?
5. Vous sentez-vous souvent nerveux, agité, impatient, avec limpression de ne pas tenir en place ?
6. Avez-vous du mal à attendre votre tour, par exemple dans une file dattente ?
Un score de 11 points ou plus indique que vos symptômes peuvent être compatibles avec un trouble dhyperactivité avec déficit de lattention. Vous devriez consulter un professionnel de santé afin de réaliser une évaluation plus approfondie.
Sources :
Messerschmitt P, Rev. Prat., 52 (18): 2009-12, 2002. The ASRS ADHD Self report symptoms checklist (18 questions). The ASRS adult self report screener (6 question)
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Points clés
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Club DAH.A - AFPB :club DAH.A a été fondé fin 2006 dans le but de promouvoir l'évaluation, le diagnostic et l'étude clinique, psychologique et thérapeutique des Déficits de l'Attention – Hyperactivité chez l'adulte .
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